Le palais divin, situé aux confins du monde connu, a été chargé de veiller sur la Tour et sur Terra, et constitue la demeure des Dieux olympiens.
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Entraînement divin [Arès]

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Aphrodite
Aphrodite
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« Tu devrais t’entraîner auprès de Arès, ma chère. »

Aphrodite faisait tournoyer le dernier cadeau forgé par son mari à son attention : une superbe lance dorée. De l’or récupéré dans les mines de l’Olympe, et fondu dans un moule par Héphaïstos en personne. Il était l’un de ceux qui avaient survécu à l’Olympomachie, et qui avaient aidé à mettre fin à l’emprise de Chaos sur l’Olympe. Héphaïstos restait le mari dévoué d’Aphrodite, avec qui il partageait régulièrement les innombrables amantes et amants de sa femme. Leur mariage n’avait jamais reposé sur l’amour. La preuve la plus palpable était qu’aucun enfant n’était né de leur union. Leur amour était avant tout symbolique, voulu par Héra pour féminiser leur grande famille divine. Héphaïstos restait toujours aussi proche d’Aphrodite, et, quand celle-ci lui avait fait part de sa volonté d’apprendre à se battre, Héphaïstos avait forgé pour elle une lance. Elle lui avait rappelé qu’il avait forgé pour Athéna ses armures divines destinées à ses Chevaliers après un épisode complexe où Athéna avait donné naissance à Érichtonios, selon une liaison qu’on disait non consentie de la part de la Déesse. Une affaire surprenante, car Athéna n’était pas du genre à se laisser faire, et Héphaïstos avait beau être le plus talentueux de tous les forgerons, il n’était pas un guerrier.

L’Olympe venait de connaître sa plus grave crise. Les cendres de l’Olympomachie redescendaient encore tandis que Héra s’efforçait de reconstruire le panthéon. Ses plus puissantes divinités avaient perdu la vie, dont la légendaire Trinité de l’Olympe : Zeus, Hadès, et Poséidon. Aphrodite avait aussi fait le deuil de celui qu’elle avait profondément aimé et désiré quand elle était plus jeune, Apollon. Mais Aphrodite n’était pas qu’Aphrodite, elle était aussi la réincarnation de la Déesse Ishtar. Déesse de l’amour et de la guerre, Ishtar avait été une divinité redoutable, l’équivalente de Zeus à tout le moins à l’époque de la Mésopotamie. Aphrodite savait maintenant qu’Ishtar s’était scindée en deux quand elle était tombée sous l’influence des Grands Anciens. Cette histoire, Aphrodite l’avait entendu de la part d’un ancien Dieu qui était venu au sein de l’Olympe, Fulron. Fulron avait eu plusieurs réincarnations, et avait expliqué à Aphrodite qu’elle était une partie de ce que Ishtar fut jadis. Fulron lui avait expliqué qu’Ishtar était devenue une Déesse maléfique en faisant confiance, comme Héra, à la mauvaise personne. Elle avait suivi les conseils du même magicien que celui que Héra avait fait venir à l’Olympe, et qui avait profité de sa venue pour ouvrir la Boîte de Pandore. Le Magicien, comme on l’appelait simplement, avait confirmé à Ishtar que ses craintes sur la chute de Babylone étaient fondées. Après trois millénaires de règne, sa civilisation allait chuter en vénérant les cultes maudits et en vénérant les Grands Anciens. Pour repousser ces derniers, Ishtar avait ainsi choisi de se séparer de la partie en elle qui était dédiée à l’amour, la voyant comme une faiblesse. En faisant cela, elle avait scindé son être en deux parties : Aphrodite, la « partie faible » d’Ishtar, et Inanna, qui avait de ce fait succomber aux puissances néfastes de la ruine, et avait disparu avec la chute de Babylone.

Fulron avait expliqué à Aphrodite qu’elle disposait en elle de la puissance d’Ishtar, et l’avait encouragé à se battre. Aphrodite avait pris la chose très au sérieux, mais il était très difficile de trouver quelqu’un avec qui se battre. Elle avait sollicité ses fils et ses prêtresses, mais aucun n’osait porter sa main sur elle.

« Le problème est qu’ils t’aiment trop, ma chère femme. Tu fais cet effet à tout le monde.
- Alors, que me suggères-tu ?
- Arès est revenu, tu sais. Il a été le premier de nos frères tombés à se réincarner, à tel point que j’en viens à me demander s’il n’avait pas prévu de se réincarner dès le début. »

Arès… Les sentiments d’Aphrodite envers son frère étaient assez nébuleux. Dieu de la Guerre, il était l’éternel rival d’Athéna, protecteur de Sparte là où Athéna était l’égérie d’Athènes. Un nom qui évoquait la guerre, le meurtre, et les tueries liées aux guerres. Étant l’un des enfants de Héra et de Zeus, Arès avait toujours été une divinité majeure en Olympe. Il avait la réputation d’être haï par l’ensemble des autres Dieux ; L’Iliade rapportait de Zeus qu’il avait dit à Arès être le plus haï par lui des Dieux vivant en Olympe, en ce qu’Arès ne rêverait que de guerres et de combats. Aphrodite ne savait donc pas à quoi s’attendre de lui… Et en avait peur. Plus petite, Arès était toujours impressionnant, et Aphrodite se débrouillait toujours pour être avec Athéna quand elle rencontrait Arès.

Devant admettre que Héphaïstos avait raison, Aphrodite délaissa sa forge. Du Palais de l’Olympe, il ne restait plus grand-chose. Le palais central avait été totalement détruit, et, en attendant que Hestia puisse le reconstruire, Héra avait conçu un grand jardin avec un cour d’eau et une structure centrale abritant la table de réunion du « Conseil de l’Olympe », une sorte d’institution provisoire chargée de diriger la reconstruction de l’Olympe, la protection de Terra, et retrouver les Dieux perdus.

Arès disposait encore de son temple, et Aphrodite s’y dirigeait, sa lance nichée dans son dos. Elle était reconnaissable à son armure brillante qu’elle portait, un autre cadeau d’Héphaïstos. La jeune femme se dirigeait ainsi vers le temple d’Arès, sans trop savoir à quoi s’attendre avec lui…
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Re: Entraînement divin [Arès]

Message par Ares »

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Ares
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Demande de RP
Le temple d’Arès avait survécu à l’Olympomachie. Cela, en soi, tenait presque du miracle.

Une partie des hauteurs de l’Olympe portait encore les cicatrices laissées par Chaos. Certaines colonnes du palais central demeuraient noircies ; des statues gisaient toujours dans les jardins suspendus comme les membres brisés d’un titan ; et, lorsque le vent soufflait depuis les profondeurs du Palais d’Hadès, il arrivait encore que les prêtres se taisent brusquement, comme si quelque chose, sous la montagne, respirait toujours.
Mais le domaine d’Arès persistait.

Bien sûr, quelques fissures lézardaient désormais les marches du sanctuaire. Quelques statues avaient perdu des visages. Une immense fresque représentant la Gigantomachie avait été éventrée par une entaille noire qui traversait la pierre du sol jusqu’au plafond.
Pourtant, rien ici ne donnait l’impression d’un lieu vaincu. Le temple du Dieu de la Guerre ressemblait à son maître : debout par insolence plus que par sagesse.

Il n’y avait presque personne à cette heure. Quelques prêtresses circulaient silencieusement dans les galeries supérieures, vêtues d’étoffes rouges et noires. Une odeur de cuir chauffé, de bronze ancien et d’encens flottait dans l’air. Des trophées tapissaient encore les murs du sanctuaire : lances brisées, glaives tordus, dépouilles tannées, boucliers arrachés à des royaumes oubliés depuis longtemps par les mortels mais pas par les Dieux.

Arès gardait tout ; les victoires, les humiliations, les serments, les guerres, les amants. Le temple du Dieu ressemblait moins à un lieu de culte qu’à la mémoire violente d’un monde ayant passé des millénaires à s’entre-tuer.

Le sanctuaire principal s’ouvrait sous une immense coupole de bronze où dansaient des reflets rougeoyants. Plusieurs braseros brûlaient encore autour d’un bassin circulaire rempli d’une eau sombre dans laquelle flottaient quelques pétales écarlates.

Même ici, au milieu des armes et des trophées de guerre, quelque chose rappelait que les hommes avaient toujours mêlé le désir à la violence. L’ensemble avait quelque chose de brutal et de sensuel à la fois.

Et puis il y avait les chiens.

Deux énormes molosses noirs circulaient lentement entre les colonnes du temple, massifs au point de rappeler davantage des bêtes infernales que de simples animaux. Leur fourrure sombre absorbait presque la lumière des braseros, et leurs yeux luisaient d’un éclat rougeâtre lorsqu’ils se tournaient vers Aphrodite.

Ils ne grognaient pas, ils observaient seulement. Comme s’ils cherchaient à comprendre pourquoi la Déesse de l’Amour venait jusqu’ici armée d’une lance.

L’un des deux chiens passa lentement devant elle avant de disparaître derrière une rangée de colonnes de bronze. Le second demeura immobile quelques secondes de plus, le regard fixé sur la lance dans son dos, puis détourna finalement la tête avec une étrange dignité.
Quelque part plus loin, un rire étouffé résonna brièvement avant de disparaître. Les braseros projetèrent des reflets mouvants sur les colonnes de bronze lorsqu’une silhouette massive quitta finalement l’ombre du sanctuaire. D’abord une main tenant une coupe de vin noir, puis de larges épaules, puis enfin Arès.

Il portait du noir, évidemment. Pas le noir élégant des courtisans olympiens ni celui des prêtres d’Hadès. Un noir vivant, brut, presque animal. Une étoffe épaisse reposait négligemment sur ses épaules sans réellement chercher à dissimuler quoi que ce soit. Son torse demeurait largement découvert, laissant apparaître la toison sombre qui descendait le long de son poitrail jusqu’à disparaître sous sa ceinture de cuir.

Arès avait l’air d’un roi barbare qu’on aurait, par erreur ou par défi, laissé entrer parmi les Dieux. Et pourtant, il était beau, comme si la guerre elle-même avait décidé de prendre une forme séduisante simplement pour rendre les choses plus compliquées aux mortels. Il n’avait pas la beauté délicate d’ Apollon, ni la beauté irréelle d’Aphrodite, la sienne avait quelque chose de dangereux. Quelque chose qui appartenait davantage aux champs de bataille, aux festins trop arrosés et aux nuits d’excès où les mortels oubliaient soudain toutes les règles qu’ils prétendaient suivre le reste du temps.

Ses cheveux noirs retombaient jusqu’à sa nuque en boucles épaisses légèrement désordonnées. Une barbe sombre taillée en pointe soulignait durement les lignes de son visage. Ses sourcils épais et anguleux accentuaient encore l’intensité de ses yeux gris ; des yeux rapides, brillants, pleins de malice, d’insolence et de cette dangereuse intelligence qu’Arès prenait un plaisir immense à dissimuler derrière son sourire.

Et il y avait son odeur tenace. Un mélange de cuir huilé, de vin épicé et de bois de santal. Quelque chose de musqué, d’agressif et de persistant qui semblait appartenir davantage à un grand fauve qu’à une divinité civilisée. Si l’amant était faible, il pouvait conserver cette odeur sur sa peau plusieurs jours après avoir quitté sa couche.

Ainsi entouré d’armes, de bronze et de flammes vacillantes, Arès paraissait parfaitement à sa place, et parfaitement oisif malgré cela. Il observait la Déesse de l’Amour avec l’assurance tranquille d’un prédateur convaincu que rien n’oserait jamais l’attaquer dans sa propre tanière.

Ses yeux glissèrent lentement sur la silhouette d’Aphrodite avant de s’attarder sur l’armure qu’elle portait. L’observation ne dura qu’un instant. Un instant largement suffisant.

Arès reconnut immédiatement le travail d’Héphaïstos ; les lignes du métal, la manière presque insolente dont l’or épousait les courbes sans jamais sacrifier la solidité, cette précision obsessionnelle que seul le dieu boiteux était capable d’insuffler à ses créations.

Un sourire paresseux étira légèrement les lèvres d’Arès, provocateur. « J’ai pourtant conseillé à ton mari de ne jamais rien offrir à une femme qu’elle ne puisse porter le soir-même. » Sa voix était grave, amusée, dangereusement tranquille.


« Et tu es bien trop vêtue pour venir me demander un service, ma sœur. » Arès avait toujours parlé ainsi ; avec cette insolence scandaleusement confiante qui lui attirait autant de gifles que d’amants. Il provoquait souvent simplement pour voir les réactions, les colères, les regards, les hésitations, et, parfois, les catastrophes.

Arès leva finalement sa coupe à hauteur du visage avant d’en boire une gorgée, sans jamais quitter la sublime Aphrodite des yeux. Puis son regard de loup redescendit vers la lance. Et son sourire changea légèrement. Plus intéressé.

« Même si je dois reconnaître que voir Aphrodite entrer dans mon temple, harnachée d’une lance reste probablement l’une des visions les plus prometteuses que cette journée avait à m’offrir. »
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