Entre Uatis et Auris, on trouve ici des États qui sont encore indépendants, ou des terres à l'état sauvage...
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Fons vitae infernalis [PV Maurice Malné]

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Marisa Teritt
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Suite à son affrontement avec le Projet, Yggdrasia était tombée. Le lien entre la Fleur des Champs et la Nymphe des Bois s'était rompu en même temps que le fil de vie de la seconde. Son âme traumatisée n'avait cependant point rejoint l'autre monde ; elle demeurait toujours présente au sein des Terres Neutres, au fin fond ce ces contrées sauvages et humides qui s'étaient transformées en un immense territoire marécageux.

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Tel un éternel mauvais présage, l'endroit était constamment cerné par les nuages. Les arbres tordus et malades avaient déformé le sol déjà lourdement accidenté à travers leurs tortueuses racines. Il n'y avait pas l'ombre d'une feuille saine qui brillait dans ce grisonnant paysage. L'eau croupie sentait la mort et la décomposition. Quelques nénuphars flottaient à sa surface, de laquelle s'élevait une brume fantomatique.
La zone était la définition même du mot « sinistre. »
Pourtant, c'était ce genre de paysage que le peu d'énergie qu'il restait de la Dryade arpentait...

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Son esprit meurtri et abruti par une mort fraîche ignorait sans doute tout du Mal qu'il l'avait prise pour cible. Une envoyée issue des ténèbres les plus profondes qui, à l'instar de l'innocente luminosité verdâtre, explorait silencieusement le marais.

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Ironiquement, ce pion cauchemardesque ignorait aussi qu'un autre acteur allait occuper un rôle clef dans cette potentielle histoire de résurrection. Un homme qui n'avait pas froid aux yeux. Un dirigeant sournois et avide de pouvoir ayant déjà fait des siennes au sein d'une réalité alternative, avec à sa botte une belle poignée de Sœurs de Péchés à l'ambivalente loyauté...
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Maurice Malné
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Il se rendit dans cette nature que beaucoup aurait jugé, au minimum, d’inhospitalière. Mais lui n’était pas de cette masse nombreuse. Il faisait partie d’une minorité et avait donc un grand avantage sur les autres : une personnalité. Un caractère. Un dessein. Une force de mouvement. Tout ce qui manquait au troupeau de « moutons ».

Il s’arrêta en plein milieu de nulle part. Ce qui était vrai uniquement pour ceux qui, lorsqu’ils avaient vu un arbre, juraient les avoir tous vus. Mais pour un esprit de la Nature ? Quelle hérésie ce devait être ! Lui n’avait pas cette vision. A la limite, il voyait dans une forêt autant de source de départ de feu… Mais il respectait la Nature pour la force qu’elle détenait.

Aujourd’hui ? Il se situait donc dans un carrefour au sein de cette forêt transformée. Mutilée. Souillée… Un endroit où deux lignes convergeaient et produisaient un nœud. Combien d’histoires de diables et de démons avaient débuté par un pacte à la croisée des chemins ? Tant. Tant et tant qu’il y avait nécessairement un fond de vérité. Et comme une autre expression le voulait : il n’y a pas de fumée sans feu.

Droit, dans son costume noir et absolument seul : il attendit.

Il était sorti de nulle part pour se rendre dans cet endroit particulier.

Aucune peur. Aucun doute. Qui était cet homme ni jeune ni vieux ? Quelle était cette assurance qui l’animait ? De la confiance ou de l’inconscience ?

Eventuellement, il finit par s’exprimer. A voix haute. Alors qu’il n’y avait personne devant lui.

« Je me nomme Maurice Malné. Je suis envoyé par le Baron dans un objectif de recrutement pour peuple les rangs du Cirque. »

Il attendit un instant que sa voix soit portée par le vent mourant et les remugles.

« Je sais que tu m’écoutes. J’ai reçu une information de qualité depuis le monde souterrain. Enfin…un autre monde souterrain que celui qui permet au champignons de tisser une toile de communication. Disons, un monde souterrain plus…chaleureux. »

C’était un rictus parfaitement détestable qui avait ponctué sa tirade.

Et sans rien ajouter de plus, les bras croisés dans son dos, il attendit patiemment que l’entité de ses marais infects viennent à lui. Bien entendu, le démoniste était préparé à un affrontement. En ce cas, il aurait un ou plusieurs démons pour l’épauler. Qui apparaitrait suite à une offensive contre sa personne, se matérialiserait sous la forme d’un dôme invisible puis l’apparition de glyphes faisant saigner le tissu même (de la Grande Tapisserie) de la Réalité.

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Tandis qu'elle flottait dans le néant de la sylve, l'ancienne nymphe des bois capta une présence autrement plus remarquable que celle des batraciens et autres créatures inférieures des marécages. Sans raison apparente, le globe de lumière verdâtre s'embrasa doucement. Celle qui avait été autrefois Yggdrasia réfléchissait, non plus à son sort, mais bien à l'intérêt qu'elle aurait de se rendre sur les lieux de la rencontre. Elle visualisa l'ensemble, qu'elle avait déjà arpenté durant son séjour ici bas et, sans trop savoir comment, entendit cette voix grave...
Cet humain est-il en train de me parler ? Ou bien est-il tout simplement devenu fou à cause d'une trop longue solitude ?
Un mal qui, insidieusement, la guettait...
L'âme en peine craignait ce moment. Elle était morte, certes, mais une partie de sa conscience subsistait encore au cœur de ces flammes inoffensives. Une faiblesse qui la fit cogiter et manquer le coche de cette réponse que le visiteur des marais attendait de pied ferme. Ce dernier insista donc ; après avoir fait mention d'un certain Baron et de son Cirque, l'homme glauque parla de son lien avec le monde souterrain.
Je ne comprends pas... S'agit-il d'un sorcier ?
Ressentait-il réellement sa présence ? Ou bien... s'attendait-il à en trouver une autre que la sienne ?
Le feu follet ignorait toujours qu'un serviteur du Cauchemar rôdait dans les parages car, contrairement à l'humain, l'entité hautement maléfique, soutenue par ses pouvoirs lugubres, était restée tapie dans l'ombre.

Quelques minutes s'écoulèrent avant que la flamme sans but prenne la décision d'approcher le dénommé Maurice Malné. Plutôt que de s'exposer naïvement, la défunte Dryade, qui se trouvait non loin du carrefour, puisa dans ses maigres ressources pour arracher à la terre malade un reliquat de ce qu'elle avait été ; une tête livide, coiffée d'un entrelac de branchages chaotiques, poussa à deux pas de l'humain hautain.

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- Cir...que, croassa-t-elle avec une indubitable difficulté, ses lèvres sèches remuant laborieusement. Qu...el ...Cirque ?

Elle allait devoir économiser ses mots car, même si l'ancienne Yggdrasia ne ressentait plus ni chaleur ni froid, les efforts qu'elle produisait pour s'exprimer relevaient du supplice. Une preuve flagrante de sa vulnérabilité et de son déclin. Depuis son duel avec la machine tueuse, cette misérable étincelle de vie à laquelle elle s'accrochait de façon tout à fait désespérée lui pesait bien plus qu'elle ne pouvait le supporter. Malheureusement, son caractère obstiné demeurait, au fond de son âme décatie, trop bien ancré.
Quel espoir de rédemption lui restait-il ?
Y en avait-il seulement un au sein des rangs du Cirque ?
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Quelle pénibilité que d’assister à cette parodie de renaissance. Cette femme, entité ou peu importait ce qu’elle avait été avant : elle n’était plus rien. Maurice Malné, un seul sourcil relevé face à ce spectacle désolant, les mains croisées dans le dos : assista en silence. Mais il jugea. Ô que oui il se dit et se répéta qu’il aurait pu tuer cette revenante craquante de ses propres mains épaisses. Il en conçut même du doute. Etait-ce vraiment pour cette zombie de lierre qu’il avait fait le déplacement ?

« Le seul et unique. Avec une majuscule. »

Une fois la réponse apportée, le démoniste, employé d’un certain Baron, patienta encore un moment en silence.

Là, à la croisée de deux chemins dans la forêt, il tendit une main vers elle. Avant qu’il ne reprenne la parole, il baissa les yeux sur un cercle de champignons. Ceux-là avaient-ils toujours été là ? Rejetons de ce monde et d’un autre, ils avaient poussé durant le précédent échange. « Fruits » gorgés d’une noirceur et d’un potentiel.

« Ton apparence me crache à la gueule ta faiblesse. Mais cette faiblesse persiste à essayer de redevenir force. Ce qui signifie que tu t’accroches. Pour une raison qui t’échappe ou non, tu ne peux pas quitter ce monde. Mais tu ne pourras rien faire en cet état. Et tu ne tireras plus aucune force de ce biome déjà mort. »

Ce n’était pas exactement le cas. La forêt survivait, tout comme celle qui avait été Yggdrasia. Mais aux yeux du démoniste ? La situation devait être manichéenne. Ne pas s’embarrasser de détails. Les cas particuliers rejoindraient les petites lignes de son contrat démoniaque. C’est-à-dire portée à la connaissance de la maudite un temps trop tard.

« Il te suffit de me serrer la main pour accepter mon pacte. Se faisant, tu entreras dans ce cercle de champignons. Dis-moi, rassure-moi, tu sais ce que sont encore des champignons ? Mettons que tu sois trop faible ou que je n’ai pas la patience d’attendre que tu essaies de finir une phrase et clamser entre temps. Les champignons sont les mal-aimés d’une forêt. Laids, difformes et potentiellement meurtriers pour les abrutis n’y connaissant rien. Mais que serait une forêt sans son réseau mycélien ? »

Maurice Malné eut un rictus en coin. Il était satisfait d’avoir procédé à une recherche avant de se déplacer. Sortir un tel terme, à savoir celui de « mycélien » donnerait la sensation qu’il maîtrisait son domaine. Ce qui n’était pas le cas. Mais si la zombie asséchée le croyait, alors il aurait gagné son pari.

« Serre moi la main. Entre dans le cercle de champignons. Et je te promets un retour de tes forces. »

Il retira lentement sa main pour s’arrêter à mi-chemin qu’elle soit à nouveau tendue le long de son bras. Avec un sourire foncièrement mauvais, mais une intonation impeccablement maîtrisée (voyait-elle correctement de ses yeux flous et à demi clos ?...), il conclut :

« Bien entendu, il te faudra travailler un temps pour le Cirque et le Baron. Mais tout le monde doit bien travailler pour quelqu’un pour atteindre ses objectifs personnels, n’est-ce pas ? »

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Bien sûr, son apparence aussi morbide que puérile n'échappa guère à la cruelle évaluation de l'humain ténébreux. Il était d'une froide intelligence. Un homme calculateur qui, elle le sentait malgré son triste état de faiblesse, s'était associé à bien des puissances obscures. Cet individu était quelqu'un de dangereux, de malsain. Elle aurait grand tort de marchander avec lui, parce qu'il aurait tôt fait de l'exploiter comme nul autre ne l'avait jamais fait avant lui. Plutôt qu'à la rédemption, il pourrait tout aussi bien l'amener à sa fin. Une fin autrement plus vicieuse et abominable que celle qui lui tendait les bras mais que la dryade ne parvenait pas à saisir...
Parce que le souvenir flou d'une jeune femme à la crinière de feu la hantait toujours.
Ma... Mar...
La presque morte avait oublié son nom. Son esprit périclitait. Bientôt, la conscience du feu follet vert s'éclipserait elle aussi avant de se mettre à vagabonder sans but aucun.
Cet homme avait raison sur un point : ce marécage puant ne lui serait d'aucun secours.
A quoi bon... continuer ?
Dépouillée en grande partie de son essence vitale, elle avait perdu son corps. Son identité aussi menaçait de lui être dérobée, comme tout le reste. On ne pourrait même pas parler d'une coquille vide dans la mesure où la coquille, justement, n'existerait plus que par intermittence et que la tranquillité de ce vide lui serait refusée.
L'homme qui ne connaissait visiblement pas la peur lui parla d'un cercle de champignons. Elle n'en avait pas oublié la définition, mais son interlocuteur insista. Il avait l'air de s'y connaître. Il lui donnait l'impression de s'y connaître. Et c'était ce qu'il voulait, sans qu'elle ne le sache...
L'homme du Cirque et de son Baron inconnus lui tendait la main pour l'inviter à pénétrer dans ce cercle curieux.
La dryade sentait qu'il détenait un certain pouvoir, et que ce pouvoir il l'avait obtenu par l'intermédiaire d'un autre...
Alors pourquoi ne se laisserait-elle pas tentée à son tour ?
Tandis que ses yeux malades observaient cette main propre, l'Esprit de la Sylve s'imagina un autre stratagème de survie. Un coup de poker. Une dernière chance de s'en tirer en s'enfonçant dans cette main pour en parasiter son hôte. Elle le dépouillerait de sa vie comme on l'avait dépouillée de la sienne. Elle pousserait en lui comme un champignon avant d'éclore à la surface comme une fleur. Sa chair humaine lui servirait d'engrais afin qu'elle puisse renaître de nouveau, et alors...
Avec un gros effort de conscience, la dryade mourante façonna une main qu'elle leva vers cette autre dans une série de craquements ignobles.

- KrUuU KruUu KrUuU ! Mais qu'avons-nous par IiIiIiciIiIi ?

L'ancienne Nymphe des Bois se figea. Ses yeux se tournèrent mollement vers la propriétaire de cette voix féminine, mais bizarrement teintée de malice. Elle découvrit une femme aux cheveux rouges, avec un regard de la même composante ; des yeux qui ressortaient, qui luisaient sous les ténèbres crasseuses de sa frange étonnamment équilibrée. A partir de la taille, son corps était couvert d'épais filets noirâtres, presque aussi gluants que le pétrole mais avec un petit côté filandreux en supplément. Ses jambes nues brillaient d'humidité. Et elles semblaient presque humaines. Contrairement à son sourire, triangulaire et si large qu'il menaçait de lui fendre le visage en deux. L'intrigante se tenait voûtée. Elle avait des tics, de temps en temps, ce qui la faisait se secouer tantôt d'un côté tantôt de l'autre.
Tout comme Yggdrasia, l'homme pouvait percevoir sa noirceur. Car le Rouge et le Noir transpiraient de son enveloppe au point d'en être oppressants.

- DémoniIiIiste, siffla-t-elle d'une voix traînante avec une désagréable touche d'humour. Sache qu'en lui serrant ainsi la maiIiIiIn, c'est ton destiIiIiIin qui sombrera dans le décliIiIiIin.

Alors que cela aurait pu paraître impossible, le membre fraîchement formé de la dryade se raidit davantage. Cette observatrice avait vu clair dans son jeu. Des yeux qui, en l'occurrence, brillaient d'une effroyable sagesse. Un regard qui sous-entendait une impossibilité de la tromper.

- Rassure-toi, mon mignon : il existe un moyen autrement plus sûÛûÛûr d'en faire ta créatuUuUure.

Elle pointa un doigt crochu vers la tête cadavérique. La dryade sentit sa création morbide s'arracher à la terre humide. Entourée d'un halo rouge, elle s'aperçut qu'elle lévitait aussi sûrement que sous sa forme de feu follet vert abandonnée plus tôt. Un entrelac de racines sèches et amaigries pendouillaient depuis son cou tranché. Elles étaient encore reliées à ce sol putride.

- Qu'... es... tu ? croassa la condamnée.

Celle qui aurait tout aussi bien pu être une sorcière ne lui répondit rien. Elle semblait beaucoup plus intéressée par le « démoniIiIiste ».

- Attrape-la ! lanca-t-elle à l'intéressé.

Avant d'effectivement lui jeter la tête coupée entre les mains. L'humain avait toutes les raisons de craindre le parasitage. Pourtant, la lumière rouge qui entourait le visage de la dryade empêchait cette dernière d'exercer son influence dessus. Et de nouveau, Maurice Malné put sentir le pouvoir cauchemardesque de l'étrangeté de Noir et de Rouge. Il brûlait paresseusement entre ses doigts comme s'il attendait le bon moment pour se réveiller. Quand il leva les yeux pour regarder la sorcière, il s'aperçut que celle-ci tenait quelque chose entre les doigts de cette main dont elle ne s'était pas encore servie.
De quoi s'agissait-il ? D'une graine ? D'une perle ? Difficile de le dire à cette distance. Difficile d'en discerner les petits crânes noir qui flottaient à l'intérieur de l'objet, oui...

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Maurice Malné tiqua. Il ne s’était pas attendu à être interrompu par une tierce entité. Est-ce que son contact avait vendu son information à plusieurs acheteurs ? C’était bien possible. Tout était possible quand on frayait avec les démons, les pactes et donc les trahisons à foison. Seulement, maintenant, il allait falloir être le plus rusé pour obtenir le butin. C’était soit ça, soit filer la queue entre les jambes. Et Maurice Malné préférait s’en servir plutôt que d’en être dépendant tel un poids de chair morte…

En toute logique, quand la créature de Rouge et de Noir lui ordonna d’attraper la tête seule, il fit un pas de côté pour la laisser choir et rebondir sans grâce sur le sol de cette terre agonisante.

Puis il la fixa.
Il la jugea.
Et il se posa nombre de questions.

*Qui es-tu ? Me connais-tu ? Et que me caches-tu, sale catin ténébreuse ?... *

Autant de questions dont il n’était pas en possession des réponses.

« Je me nomme Maurice Malné. Je ne suis qu’un pion envoyé par le terrible Baron Kowai pour peupler les rangs de son Cirque. »

Ce à quoi il posa sa grosse paluche contre sa poitrine et s’inclina pour clore sa présentation. Une preuve de politesse, oui. Mais il ne s’abaissa pas trop pour qu’elle quitte son champ de vision et que cela lui donne une opportunité de l’attaquer. Maurice Malné n’était ni idiot ni suicidaire. Sans compter qu’il avait jeté sur le champ de bataille oral le nom du Baron Kowai et de l’entité du Cirque. Si son interlocutrice était au moins son égal dans le jeu des pouvoirs, elle saurait réfléchir à deux fois avant d’attenter quoi que ce soit contre sa personne.

En attendant, sa proie pouvait attendre, la gueule dans la boue putride qu’on statue de son destin…

« Je serais tenté d’être charmé par ta voix, ta façon familière de m’appeler « mon mignon ». Malheureusement, je n’ai pas survécu aussi longtemps en étant si servile de mes pulsions masculines. »

Il se redressa de toute sa stature et la fixa dans les yeux avec un nouveau rictus.

« Mais je peux arrêter de bien parler et parler crument. Quelque chose me susurre à l’oreille que si je te traitais de catin, tu aurais tendance à en rire. Me trompes-je ? »

Si seulement la tête avait pu échoue dans le cercle des champignons…
Mais sa proie avait voulu échanger les rôles selon la Beauté Fatale. En y repensant, il tiqua et son visage s’assombrit. Il avait manqué se faire avoir à son propre jeu de duperie ? Satanerie !...

Re: Fons vitae infernalis [PV Maurice Malné]

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La tête pâlichonne avait rebondi dans un bruit dégoûtant. Jamais Yggdrasia ne s'était senti aussi diminuée qu'en cet instant. Couchée sur la tempe, elle regarda de travers cette maudite sorcière qui l'avait enveloppée de son pouvoir impie. Elle l'avait neutralisée au pire moment possible ! La dryade lui en voulait pour cela. Ses yeux blancs et malades jonglèrent mollement entre le noir pactisant et la mégère rouge.
Cette dernière souriait toujours. Comme si l'évitement du démoniste faisait partie de ses sinistres projets, qu'aucune de ses actions ne changerait quoi que ce soit à son destin. Que c'était elle qui choisissait, et non lui.

- Maurice Malné, caqueta suavement la morbide créature. Tu es un « pion » drôlement prudent...

Ses luminescentes pupilles gagnèrent brièvement en intensité. Un éclat mauvais mais qui n'était pas destiné à intimider l'humain perverti. C'était plutôt comme une lueur d'intérêt à son égard. Comme le renseignait si bien le passage de cette longue langue sur de fines lèvres craquelées. Maurice Malné était suffisamment attentif et soucieux du détail pour s'en rendre compte.
Le serviteur du malin se permit d'ailleurs de lui adresser une insulte qui, effectivement, lui soutira un gloussement hideux.
D'un index crochu, elle força de nouveau la tête de la dryade à se soulever dans les airs. D'un mouvement circulaire, la sorcière s'amusa à la faire tourner sur place. La dryade n'en fut que plus frustrée - même si son visage crasseux et cadavérique n'en laissait pas paraître grand-chose.

- Le petiIiIiIt démon que tu portes à l'épaule s'est biIiIiIien développé, roucoula la sorcière. Il t'est de bon conseil. Mais, vois-tu, ce n'est pas contrariant du tout pour nos petIiIiIites affaires. Car, dans le fond, en te frottant aux ténèbres les plus sombres, tu n'aspiIiIires toujours qu'à une chose : le pouvoir.

Lorsqu'il sortit de sa bouche, ce mot trouva un écho spectral qui se répandit à travers toute la zone. Courant d'air surnaturel qui froissa les nénuphars, fit grincer les branches sans feuille et décoiffa les rares fleurs marécageuses ayant réussi à forcer le destin. Cette force invisible traversa le caucasien, qui sentit ses entrailles protester, se tordre l'espace d'un instant.
Ce n'était guère agréable pour personne mais ce phénomène seul témoignait de la puissance de celle qui s'était exprimée.
Alors qu'elle n'était qu'un « pion », elle aussi...
D'une force obscure qui lui était inconnu, à ce bon vieux Malné.

- Par... tez, articula l'Esprit mourant de la Sylve.

Elle aussi avait été secouée par ce souffle. Sa source ne lui plaisait pas du tout.
La mégère rouge - qui ne s'était toujours pas présentée - ricana à cette idée.

- Oh, non ! Personne n'iIiIira nulle part.

Son doigt crochu se rétracta dans un craquement. La tête autoritaire cessa de tournoyer et fendit l'air dans sa direction. La sorcière ouvrit la main, refermant ses griffes dessus. A défaut de pouvoir fixer celle qui la tenait, la dryade laissa tomber ses yeux morts sur le visage du démoniste.

- Les faiIiIibles n'ont aucun droit de déciIiIision. (Elle plissa les yeux à l'intention de Maurice Malné.) Ils s'incliIiIinent et subiIiIissent. Telle est la loi qui régiIiIit les mondes que foulent les viIiIivants.

Ce joyau de malice qu'elle tenait entre les doigts, la vilaine le planta dans le front de la tête de poupée défraîchie. Celle qui s'était fait appelée Yggdrasia poussa un cri muet. Ses yeux écarquillés s'illuminèrent de rouge. Lumière qui sortit également de sa bouche. On eût dit une citrouille d'Halloween dans laquelle on avait creusé pour y loger une bougie.
La mégère rouge la relâcha. La tête éclairée se mit à flotter dans les airs en direction de Maurice Malné.

- Il est encore temps pour toi de devenir biIiIien plus que ce que tu t'imagiIiIines être, gentil Malné. (Son sourire crût encore, comme s'il ne possédait point de limites.) Tes pactes font de toi un tendre ; ils te nouriIiIissent d'illusion de grandeur ! Le Cauchemar peut te donner la faculté de les forcer, de les imposer à des éléments clés. D'être celui qui en redéfiIiIiniIiIit les règles.

D'un geste invitatoire, elle lui indiqua l'objet en lévitation.

- Tes petiIiIites mains de mortel en auront-elles peur ? Ou biIiIien... auront-elles l'audace de se refermer dessus et d'assumer un destiIiIin autrement plus grand que celui d'un miIiIisérable pantin ?

Il y eut de nouveau cette curieuse onde de choc. Ce déploiement de force absurde qui déforma l'air sur son passage. Maurice dut une nouvelle fois accuser le coup. Celui-ci lui donna sans doute envie de vomir, le dépouillant de sa concentration et de sa fière allure de façon passagère. Il put alors se rendre compte que ses mains étaient cramponnées à la tête brillante. Que le Rouge et le Noir pulsait entre ses doigts, assombrissant ses veines et faisant se dresser ses poils.
La sorcière de Cauchemar lui désigna le cercle de champignons.

- Fais-en ton esclave ! Ta chose, pour ou contre le CiIiIirque !

Avec ou à l'encontre du Baron ?
Tout était possible quand on frayait avec les démons, les pactes et donc les trahisons à foison.
Ce serait à lui d'en décider.
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Maurice Malné
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Quelle entité détestable. Maurice Malné haïssait déjà cette nouvelle venue qui était venue contrarier son plan. Il faudrait beaucoup de mots ou d’actes pour effacer cette « première impression » à base de « pion drôlement […] ». Qu’il soit traité de mouton et de bouffon en deux mots collés l’un à l’autre avait tendance à faire pulser une veine à sa tempe et lui donner des envies de meurtre.

*Mais cette salope est puissante. Condescendante. Mouvements chaotiques. Tics de langage. Je retrouve un schéma connu démoniaque. Au final, c’est une folle dangereuse mais qui joue un jeu. Ce qui signifie qu’il y a des règles. Une façon de gagner. Et surtout ? *

Il eut un rictus.

*Un moyen de tricher. *

Et puis le mal-être. L’effort pour ne pas verser de la bile au-dehors de ses lèvres. Qui sait ? Une telle substance pourrait être comme un élixir de jouvence dans un pareil lieu de perdition.

Des mots et des ondes de pouvoir plus tard, le démoniste se retrouvait avec une tête déjà parasitée dans les mains. Foutue entité qui avait la maîtrise actuelle de la partie ! Il la détestait pour cela. Il la révérait donc également car elle avait su être victorieuse. Est-ce que cela signifiait qu’il allait ployer un genou à terre et faire tout ce qu’on attendait de lui ? Non. Maurice Malné travaillait toujours ultimement pour lui-même. Toute entité qui était assez honnête avec elle-même savait que chaque acte visait un but personnel. La gentillesse, l’empathie et toutes ses autres merdes « colorées » ou « sucrées » : tout ça n’était que des mensonges. Une façon de s’auto-manipuler et de laisser les « Grands » régner en usant d’une masse décérébrée et servile.

*En faire mon esclave ? C’était bien évidemment le but principal. Mais pas comme ça. Pas avec un cadeau empoisonné dans son crâne. Pas en la balançant dans le cercle de transmutation. Elle devait y aller par elle-même. « Pure ». Pas…comme ça. Saloperie d’entité ! *

Une chose était certaine : Maurice Malné savait la valeur du temps.

« Et si je refuse de procéder de cette manière-là ? »

Il était impatient, oui. Mais il savait à quel point l’impatience pouvait précipiter des décisions. Et donc que l’avantage pointe ensuite dans sa direction. Même sans lui donner un avantage direct, il pouvait alors prendre le temps de rassembler des informations. Ce qu’il comptait faire. Car il ne savait rien de cette entité. Et il ne voyait pas comment envoyer un messager pour renverser la vapeur.

« J’ai entendu une majuscule à ton Cauchemar. Qu’est-ce que c’est ? Moi je n’entends qu’une façon de prononcer démon d’une autre façon. Tu en as des caractéristiques. Tu cherches toi aussi à passer des pactes. Tout comme tu fais partie de ces êtres qui se croient au-dessus des autres. »

Il baissa les yeux vers la tête de celle qui attendait sa noire résurrection.

« Il n’y a qu’elle qui est inférieure. Incapable d’infléchir son destin comme elle l’entend. Peut-être le pourra-t-elle plus tard, oui. Mais elle aura un Maître ou un autre. »

Maurice Malné avait fait exprès d’utiliser Maître au masculin. Une façon de réclamer son dû. Une façon de la rejeter hors de l’équation.

« Je pourrais partir et chercher un marchandage plus intéressant pour moi. Te laisser cette tête. Me débarrasser des ennuis qui t’entourent comme une nuée de mouches à merde. Alors dis-moi. Soit un peu honnête. Ou au moins suffisamment pour que je puisse faire un pas dans ta direction : pourquoi toi ? Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? »
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