Entre Uatis et Auris, on trouve ici des États qui sont encore indépendants, ou des terres à l'état sauvage...
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Fons vitae infernalis [PV Maurice Malné]

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Marisa Teritt
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Suite à son affrontement avec le Projet, Yggdrasia était tombée. Le lien entre la Fleur des Champs et la Nymphe des Bois s'était rompu en même temps que le fil de vie de la seconde. Son âme traumatisée n'avait cependant point rejoint l'autre monde ; elle demeurait toujours présente au sein des Terres Neutres, au fin fond ce ces contrées sauvages et humides qui s'étaient transformées en un immense territoire marécageux.

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Tel un éternel mauvais présage, l'endroit était constamment cerné par les nuages. Les arbres tordus et malades avaient déformé le sol déjà lourdement accidenté à travers leurs tortueuses racines. Il n'y avait pas l'ombre d'une feuille saine qui brillait dans ce grisonnant paysage. L'eau croupie sentait la mort et la décomposition. Quelques nénuphars flottaient à sa surface, de laquelle s'élevait une brume fantomatique.
La zone était la définition même du mot « sinistre. »
Pourtant, c'était ce genre de paysage que le peu d'énergie qu'il restait de la Dryade arpentait...

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Son esprit meurtri et abruti par une mort fraîche ignorait sans doute tout du Mal qu'il l'avait prise pour cible. Une envoyée issue des ténèbres les plus profondes qui, à l'instar de l'innocente luminosité verdâtre, explorait silencieusement le marais.

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Ironiquement, ce pion cauchemardesque ignorait aussi qu'un autre acteur allait occuper un rôle clef dans cette potentielle histoire de résurrection. Un homme qui n'avait pas froid aux yeux. Un dirigeant sournois et avide de pouvoir ayant déjà fait des siennes au sein d'une réalité alternative, avec à sa botte une belle poignée de Sœurs de Péchés à l'ambivalente loyauté...
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Pour toute demande de RP, me MP sur le compte Ryanne Hilaris ou se référer à ce topic.

Re: Fons vitae infernalis [PV Maurice Malné]

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Maurice Malné
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Il se rendit dans cette nature que beaucoup aurait jugé, au minimum, d’inhospitalière. Mais lui n’était pas de cette masse nombreuse. Il faisait partie d’une minorité et avait donc un grand avantage sur les autres : une personnalité. Un caractère. Un dessein. Une force de mouvement. Tout ce qui manquait au troupeau de « moutons ».

Il s’arrêta en plein milieu de nulle part. Ce qui était vrai uniquement pour ceux qui, lorsqu’ils avaient vu un arbre, juraient les avoir tous vus. Mais pour un esprit de la Nature ? Quelle hérésie ce devait être ! Lui n’avait pas cette vision. A la limite, il voyait dans une forêt autant de source de départ de feu… Mais il respectait la Nature pour la force qu’elle détenait.

Aujourd’hui ? Il se situait donc dans un carrefour au sein de cette forêt transformée. Mutilée. Souillée… Un endroit où deux lignes convergeaient et produisaient un nœud. Combien d’histoires de diables et de démons avaient débuté par un pacte à la croisée des chemins ? Tant. Tant et tant qu’il y avait nécessairement un fond de vérité. Et comme une autre expression le voulait : il n’y a pas de fumée sans feu.

Droit, dans son costume noir et absolument seul : il attendit.

Il était sorti de nulle part pour se rendre dans cet endroit particulier.

Aucune peur. Aucun doute. Qui était cet homme ni jeune ni vieux ? Quelle était cette assurance qui l’animait ? De la confiance ou de l’inconscience ?

Eventuellement, il finit par s’exprimer. A voix haute. Alors qu’il n’y avait personne devant lui.

« Je me nomme Maurice Malné. Je suis envoyé par le Baron dans un objectif de recrutement pour peuple les rangs du Cirque. »

Il attendit un instant que sa voix soit portée par le vent mourant et les remugles.

« Je sais que tu m’écoutes. J’ai reçu une information de qualité depuis le monde souterrain. Enfin…un autre monde souterrain que celui qui permet au champignons de tisser une toile de communication. Disons, un monde souterrain plus…chaleureux. »

C’était un rictus parfaitement détestable qui avait ponctué sa tirade.

Et sans rien ajouter de plus, les bras croisés dans son dos, il attendit patiemment que l’entité de ses marais infects viennent à lui. Bien entendu, le démoniste était préparé à un affrontement. En ce cas, il aurait un ou plusieurs démons pour l’épauler. Qui apparaitrait suite à une offensive contre sa personne, se matérialiserait sous la forme d’un dôme invisible puis l’apparition de glyphes faisant saigner le tissu même (de la Grande Tapisserie) de la Réalité.

Re: Fons vitae infernalis [PV Maurice Malné]

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Marisa Teritt
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Tandis qu'elle flottait dans le néant de la sylve, l'ancienne nymphe des bois capta une présence autrement plus remarquable que celle des batraciens et autres créatures inférieures des marécages. Sans raison apparente, le globe de lumière verdâtre s'embrasa doucement. Celle qui avait été autrefois Yggdrasia réfléchissait, non plus à son sort, mais bien à l'intérêt qu'elle aurait de se rendre sur les lieux de la rencontre. Elle visualisa l'ensemble, qu'elle avait déjà arpenté durant son séjour ici bas et, sans trop savoir comment, entendit cette voix grave...
Cet humain est-il en train de me parler ? Ou bien est-il tout simplement devenu fou à cause d'une trop longue solitude ?
Un mal qui, insidieusement, la guettait...
L'âme en peine craignait ce moment. Elle était morte, certes, mais une partie de sa conscience subsistait encore au cœur de ces flammes inoffensives. Une faiblesse qui la fit cogiter et manquer le coche de cette réponse que le visiteur des marais attendait de pied ferme. Ce dernier insista donc ; après avoir fait mention d'un certain Baron et de son Cirque, l'homme glauque parla de son lien avec le monde souterrain.
Je ne comprends pas... S'agit-il d'un sorcier ?
Ressentait-il réellement sa présence ? Ou bien... s'attendait-il à en trouver une autre que la sienne ?
Le feu follet ignorait toujours qu'un serviteur du Cauchemar rôdait dans les parages car, contrairement à l'humain, l'entité hautement maléfique, soutenue par ses pouvoirs lugubres, était restée tapie dans l'ombre.

Quelques minutes s'écoulèrent avant que la flamme sans but prenne la décision d'approcher le dénommé Maurice Malné. Plutôt que de s'exposer naïvement, la défunte Dryade, qui se trouvait non loin du carrefour, puisa dans ses maigres ressources pour arracher à la terre malade un reliquat de ce qu'elle avait été ; une tête livide, coiffée d'un entrelac de branchages chaotiques, poussa à deux pas de l'humain hautain.

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- Cir...que, croassa-t-elle avec une indubitable difficulté, ses lèvres sèches remuant laborieusement. Qu...el ...Cirque ?

Elle allait devoir économiser ses mots car, même si l'ancienne Yggdrasia ne ressentait plus ni chaleur ni froid, les efforts qu'elle produisait pour s'exprimer relevaient du supplice. Une preuve flagrante de sa vulnérabilité et de son déclin. Depuis son duel avec la machine tueuse, cette misérable étincelle de vie à laquelle elle s'accrochait de façon tout à fait désespérée lui pesait bien plus qu'elle ne pouvait le supporter. Malheureusement, son caractère obstiné demeurait, au fond de son âme décatie, trop bien ancré.
Quel espoir de rédemption lui restait-il ?
Y en avait-il seulement un au sein des rangs du Cirque ?
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Maurice Malné
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Quelle pénibilité que d’assister à cette parodie de renaissance. Cette femme, entité ou peu importait ce qu’elle avait été avant : elle n’était plus rien. Maurice Malné, un seul sourcil relevé face à ce spectacle désolant, les mains croisées dans le dos : assista en silence. Mais il jugea. Ô que oui il se dit et se répéta qu’il aurait pu tuer cette revenante craquante de ses propres mains épaisses. Il en conçut même du doute. Etait-ce vraiment pour cette zombie de lierre qu’il avait fait le déplacement ?

« Le seul et unique. Avec une majuscule. »

Une fois la réponse apportée, le démoniste, employé d’un certain Baron, patienta encore un moment en silence.

Là, à la croisée de deux chemins dans la forêt, il tendit une main vers elle. Avant qu’il ne reprenne la parole, il baissa les yeux sur un cercle de champignons. Ceux-là avaient-ils toujours été là ? Rejetons de ce monde et d’un autre, ils avaient poussé durant le précédent échange. « Fruits » gorgés d’une noirceur et d’un potentiel.

« Ton apparence me crache à la gueule ta faiblesse. Mais cette faiblesse persiste à essayer de redevenir force. Ce qui signifie que tu t’accroches. Pour une raison qui t’échappe ou non, tu ne peux pas quitter ce monde. Mais tu ne pourras rien faire en cet état. Et tu ne tireras plus aucune force de ce biome déjà mort. »

Ce n’était pas exactement le cas. La forêt survivait, tout comme celle qui avait été Yggdrasia. Mais aux yeux du démoniste ? La situation devait être manichéenne. Ne pas s’embarrasser de détails. Les cas particuliers rejoindraient les petites lignes de son contrat démoniaque. C’est-à-dire portée à la connaissance de la maudite un temps trop tard.

« Il te suffit de me serrer la main pour accepter mon pacte. Se faisant, tu entreras dans ce cercle de champignons. Dis-moi, rassure-moi, tu sais ce que sont encore des champignons ? Mettons que tu sois trop faible ou que je n’ai pas la patience d’attendre que tu essaies de finir une phrase et clamser entre temps. Les champignons sont les mal-aimés d’une forêt. Laids, difformes et potentiellement meurtriers pour les abrutis n’y connaissant rien. Mais que serait une forêt sans son réseau mycélien ? »

Maurice Malné eut un rictus en coin. Il était satisfait d’avoir procédé à une recherche avant de se déplacer. Sortir un tel terme, à savoir celui de « mycélien » donnerait la sensation qu’il maîtrisait son domaine. Ce qui n’était pas le cas. Mais si la zombie asséchée le croyait, alors il aurait gagné son pari.

« Serre moi la main. Entre dans le cercle de champignons. Et je te promets un retour de tes forces. »

Il retira lentement sa main pour s’arrêter à mi-chemin qu’elle soit à nouveau tendue le long de son bras. Avec un sourire foncièrement mauvais, mais une intonation impeccablement maîtrisée (voyait-elle correctement de ses yeux flous et à demi clos ?...), il conclut :

« Bien entendu, il te faudra travailler un temps pour le Cirque et le Baron. Mais tout le monde doit bien travailler pour quelqu’un pour atteindre ses objectifs personnels, n’est-ce pas ? »

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Marisa Teritt
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Bien sûr, son apparence aussi morbide que puérile n'échappa guère à la cruelle évaluation de l'humain ténébreux. Il était d'une froide intelligence. Un homme calculateur qui, elle le sentait malgré son triste état de faiblesse, s'était associé à bien des puissances obscures. Cet individu était quelqu'un de dangereux, de malsain. Elle aurait grand tort de marchander avec lui, parce qu'il aurait tôt fait de l'exploiter comme nul autre ne l'avait jamais fait avant lui. Plutôt qu'à la rédemption, il pourrait tout aussi bien l'amener à sa fin. Une fin autrement plus vicieuse et abominable que celle qui lui tendait les bras mais que la dryade ne parvenait pas à saisir...
Parce que le souvenir flou d'une jeune femme à la crinière de feu la hantait toujours.
Ma... Mar...
La presque morte avait oublié son nom. Son esprit périclitait. Bientôt, la conscience du feu follet vert s'éclipserait elle aussi avant de se mettre à vagabonder sans but aucun.
Cet homme avait raison sur un point : ce marécage puant ne lui serait d'aucun secours.
A quoi bon... continuer ?
Dépouillée en grande partie de son essence vitale, elle avait perdu son corps. Son identité aussi menaçait de lui être dérobée, comme tout le reste. On ne pourrait même pas parler d'une coquille vide dans la mesure où la coquille, justement, n'existerait plus que par intermittence et que la tranquillité de ce vide lui serait refusée.
L'homme qui ne connaissait visiblement pas la peur lui parla d'un cercle de champignons. Elle n'en avait pas oublié la définition, mais son interlocuteur insista. Il avait l'air de s'y connaître. Il lui donnait l'impression de s'y connaître. Et c'était ce qu'il voulait, sans qu'elle ne le sache...
L'homme du Cirque et de son Baron inconnus lui tendait la main pour l'inviter à pénétrer dans ce cercle curieux.
La dryade sentait qu'il détenait un certain pouvoir, et que ce pouvoir il l'avait obtenu par l'intermédiaire d'un autre...
Alors pourquoi ne se laisserait-elle pas tentée à son tour ?
Tandis que ses yeux malades observaient cette main propre, l'Esprit de la Sylve s'imagina un autre stratagème de survie. Un coup de poker. Une dernière chance de s'en tirer en s'enfonçant dans cette main pour en parasiter son hôte. Elle le dépouillerait de sa vie comme on l'avait dépouillée de la sienne. Elle pousserait en lui comme un champignon avant d'éclore à la surface comme une fleur. Sa chair humaine lui servirait d'engrais afin qu'elle puisse renaître de nouveau, et alors...
Avec un gros effort de conscience, la dryade mourante façonna une main qu'elle leva vers cette autre dans une série de craquements ignobles.

- KrUuU KruUu KrUuU ! Mais qu'avons-nous par IiIiIiciIiIi ?

L'ancienne Nymphe des Bois se figea. Ses yeux se tournèrent mollement vers la propriétaire de cette voix féminine, mais bizarrement teintée de malice. Elle découvrit une femme aux cheveux rouges, avec un regard de la même composante ; des yeux qui ressortaient, qui luisaient sous les ténèbres crasseuses de sa frange étonnamment équilibrée. A partir de la taille, son corps était couvert d'épais filets noirâtres, presque aussi gluants que le pétrole mais avec un petit côté filandreux en supplément. Ses jambes nues brillaient d'humidité. Et elles semblaient presque humaines. Contrairement à son sourire, triangulaire et si large qu'il menaçait de lui fendre le visage en deux. L'intrigante se tenait voûtée. Elle avait des tics, de temps en temps, ce qui la faisait se secouer tantôt d'un côté tantôt de l'autre.
Tout comme Yggdrasia, l'homme pouvait percevoir sa noirceur. Car le Rouge et le Noir transpiraient de son enveloppe au point d'en être oppressants.

- DémoniIiIiste, siffla-t-elle d'une voix traînante avec une désagréable touche d'humour. Sache qu'en lui serrant ainsi la maiIiIiIn, c'est ton destiIiIiIin qui sombrera dans le décliIiIiIin.

Alors que cela aurait pu paraître impossible, le membre fraîchement formé de la dryade se raidit davantage. Cette observatrice avait vu clair dans son jeu. Des yeux qui, en l'occurrence, brillaient d'une effroyable sagesse. Un regard qui sous-entendait une impossibilité de la tromper.

- Rassure-toi, mon mignon : il existe un moyen autrement plus sûÛûÛûr d'en faire ta créatuUuUure.

Elle pointa un doigt crochu vers la tête cadavérique. La dryade sentit sa création morbide s'arracher à la terre humide. Entourée d'un halo rouge, elle s'aperçut qu'elle lévitait aussi sûrement que sous sa forme de feu follet vert abandonnée plus tôt. Un entrelac de racines sèches et amaigries pendouillaient depuis son cou tranché. Elles étaient encore reliées à ce sol putride.

- Qu'... es... tu ? croassa la condamnée.

Celle qui aurait tout aussi bien pu être une sorcière ne lui répondit rien. Elle semblait beaucoup plus intéressée par le « démoniIiIiste ».

- Attrape-la ! lanca-t-elle à l'intéressé.

Avant d'effectivement lui jeter la tête coupée entre les mains. L'humain avait toutes les raisons de craindre le parasitage. Pourtant, la lumière rouge qui entourait le visage de la dryade empêchait cette dernière d'exercer son influence dessus. Et de nouveau, Maurice Malné put sentir le pouvoir cauchemardesque de l'étrangeté de Noir et de Rouge. Il brûlait paresseusement entre ses doigts comme s'il attendait le bon moment pour se réveiller. Quand il leva les yeux pour regarder la sorcière, il s'aperçut que celle-ci tenait quelque chose entre les doigts de cette main dont elle ne s'était pas encore servie.
De quoi s'agissait-il ? D'une graine ? D'une perle ? Difficile de le dire à cette distance. Difficile d'en discerner les petits crânes noirs qui flottaient à l'intérieur de l'objet, oui...

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