- Leon Redgrave
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Andrews resta silencieux un instant, le temps de digérer la requête. Wayne Knight, toujours tétanisé dans son coin, retenait son souffle, n'osant pas esquisser le moindre geste qui aurait pu attirer l'attention sur lui.
« Harmon, » répéta finalement Andrews, comme s'il testait le mot dans sa bouche. Il connaissait Nick depuis des années, savait à quel point son inspecteur pouvait se montrer tenace, obstiné... et visiblement, incapable de garder son sang-froid face à cette femme. C'était précisément pour cette raison qu'il hésitait.
« Madame Duhamel, je crains que l'inspecteur Harmon ne soit pas dans les meilleures dispositions pour mener cet interrogatoire. Vous avez pu le constater vous-même il y a quelques instants. »
Réalisant que son interlocutrice était déterminée, Andrews ne put que se soumettre.
« Enfin, si vous insistez… »
Andrews serra la mâchoire. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenait la situation, mais il savait aussi qu'ils n'avaient rien de concret contre elle. Aucune preuve tangible, aucun mobile clairement établi, rien qu'un parallèle troublant avec un roman et l'attitude étrange d'une femme qui, de toute évidence, maîtrisait parfaitement ses droits.
Il pesa le pour et le contre. Refuser, c'était risquer qu'elle change d'avis, qu'elle appelle son avocat, et qu'ils perdent toute chance d'obtenir quoi que ce soit d'elle, même volontairement. Accepter, c'était remettre Nick dans l'arène, avec le risque qu'il perde à nouveau ses moyens.
« Très bien, » finit-il par dire, la voix tendue. « Mais cette fois, ce sera différent. L'inspecteur Harmon posera les questions liées au protocole du détecteur de mensonges, sous ma supervision directe. Le moindre débordement, et j'arrête tout. C'est clair ? »
Andrews sortit dans le couloir pour aller chercher Nick, qui faisait toujours les cent pas, la respiration encore saccadée par la colère.
« Harmon. » Andrews le fixa droit dans les yeux. « Elle vous veut, vous, pour l'interrogatoire du polygraphe. »
Nick cligna des yeux, surpris. « Quoi ? »
« Vous m'avez très bien entendu. Et avant que vous ne disiez quoi que ce soit : oui, j'ai accepté. On n'a rien sur elle, Harmon. Rien de solide. Si on la laisse partir maintenant, on ne la reverra plus. Alors vous allez retourner là-dedans, et cette fois, vous allez garder votre calme. Compris ? »
Nick passa une main sur son visage, tentant de retrouver contenance. « Compris, chef. »
« J'espère bien, » grommela Andrews en le précédant vers la salle. « Parce que la prochaine fois que vous perdez les pédales devant elle, c'est moi qui perds mon poste. »
La salle avait été réaménagée. Un technicien du département, un certain Ferguson, était venu installer l'appareil : trois capteurs — respiration, tension artérielle, réponse galvanique de la peau — reliés à une petite machine crachant un tracé sur du papier millimétré. Katherine observa l'installation avec la curiosité amusée d'une femme qui regarde un enfant monter un jouet compliqué.
Nick s'assit en face d'elle, un dossier fermé posé devant lui. Andrews se tenait debout contre le mur du fond, bras croisés, silencieux mais attentif. Bob avait pris position près de la porte. Wayne Knight, lui, avait été chargé de surveiller le tracé du polygraphe aux côtés de Ferguson — une excuse commode pour ne pas avoir à croiser le regard de Katherine.
Ferguson fixa les capteurs sur ses doigts, puis autour de sa poitrine, par-dessus son chemisier. Katherine ne broncha pas, même quand la main du technicien effleura sa peau.
« On va commencer par des questions de calibrage, » annonça Ferguson d'une voix neutre. « Répondez simplement par oui ou par non. Vous appelez-vous Katherine Duhamel ? Êtes-vous née à Los Angeles ? »
Le stylet traçait des lignes régulières sur le papier. Ferguson hocha la tête, satisfait de la ligne de base, puis fit un signe à Nick.
Nick ouvrit son dossier, prit une inspiration, et commença.
« Le pic à glace décrit dans votre roman — celui qui a servi à tuer Boz — d'où vous est venue l'idée ? »
« Harmon, » répéta finalement Andrews, comme s'il testait le mot dans sa bouche. Il connaissait Nick depuis des années, savait à quel point son inspecteur pouvait se montrer tenace, obstiné... et visiblement, incapable de garder son sang-froid face à cette femme. C'était précisément pour cette raison qu'il hésitait.
« Madame Duhamel, je crains que l'inspecteur Harmon ne soit pas dans les meilleures dispositions pour mener cet interrogatoire. Vous avez pu le constater vous-même il y a quelques instants. »
Réalisant que son interlocutrice était déterminée, Andrews ne put que se soumettre.
« Enfin, si vous insistez… »
Andrews serra la mâchoire. Il n'aimait pas du tout la tournure que prenait la situation, mais il savait aussi qu'ils n'avaient rien de concret contre elle. Aucune preuve tangible, aucun mobile clairement établi, rien qu'un parallèle troublant avec un roman et l'attitude étrange d'une femme qui, de toute évidence, maîtrisait parfaitement ses droits.
Il pesa le pour et le contre. Refuser, c'était risquer qu'elle change d'avis, qu'elle appelle son avocat, et qu'ils perdent toute chance d'obtenir quoi que ce soit d'elle, même volontairement. Accepter, c'était remettre Nick dans l'arène, avec le risque qu'il perde à nouveau ses moyens.
« Très bien, » finit-il par dire, la voix tendue. « Mais cette fois, ce sera différent. L'inspecteur Harmon posera les questions liées au protocole du détecteur de mensonges, sous ma supervision directe. Le moindre débordement, et j'arrête tout. C'est clair ? »
Andrews sortit dans le couloir pour aller chercher Nick, qui faisait toujours les cent pas, la respiration encore saccadée par la colère.
« Harmon. » Andrews le fixa droit dans les yeux. « Elle vous veut, vous, pour l'interrogatoire du polygraphe. »
Nick cligna des yeux, surpris. « Quoi ? »
« Vous m'avez très bien entendu. Et avant que vous ne disiez quoi que ce soit : oui, j'ai accepté. On n'a rien sur elle, Harmon. Rien de solide. Si on la laisse partir maintenant, on ne la reverra plus. Alors vous allez retourner là-dedans, et cette fois, vous allez garder votre calme. Compris ? »
Nick passa une main sur son visage, tentant de retrouver contenance. « Compris, chef. »
« J'espère bien, » grommela Andrews en le précédant vers la salle. « Parce que la prochaine fois que vous perdez les pédales devant elle, c'est moi qui perds mon poste. »
La salle avait été réaménagée. Un technicien du département, un certain Ferguson, était venu installer l'appareil : trois capteurs — respiration, tension artérielle, réponse galvanique de la peau — reliés à une petite machine crachant un tracé sur du papier millimétré. Katherine observa l'installation avec la curiosité amusée d'une femme qui regarde un enfant monter un jouet compliqué.
Nick s'assit en face d'elle, un dossier fermé posé devant lui. Andrews se tenait debout contre le mur du fond, bras croisés, silencieux mais attentif. Bob avait pris position près de la porte. Wayne Knight, lui, avait été chargé de surveiller le tracé du polygraphe aux côtés de Ferguson — une excuse commode pour ne pas avoir à croiser le regard de Katherine.
Ferguson fixa les capteurs sur ses doigts, puis autour de sa poitrine, par-dessus son chemisier. Katherine ne broncha pas, même quand la main du technicien effleura sa peau.
« On va commencer par des questions de calibrage, » annonça Ferguson d'une voix neutre. « Répondez simplement par oui ou par non. Vous appelez-vous Katherine Duhamel ? Êtes-vous née à Los Angeles ? »
Le stylet traçait des lignes régulières sur le papier. Ferguson hocha la tête, satisfait de la ligne de base, puis fit un signe à Nick.
Nick ouvrit son dossier, prit une inspiration, et commença.
« Le pic à glace décrit dans votre roman — celui qui a servi à tuer Boz — d'où vous est venue l'idée ? »
- Reine Alice Korvander
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- Demande de RP
Le détecteur de mensonges, donc… Katherine se dit sans doute qu’ils devaient être désespérés. Le détecteur de mensonges n’était pas recevable devant les juridictions, car la méthode n’était pas jugée fiable. Le polygraphe partait du principe qu’une personne étant en train de mentir aurait des réactions émotionnelles différentes de quand elle disait la vérité. Pour cela, on commençait donc l’interrogatoire par poser des questions évidentes, afin que l’appareil enregistre les réactions quand la personne disait la vérité, et ses réactions quand elle mentait. Seulement, le problème était que la frontière entre le mensonge et la vérité était parfois floue, et qu’il fallait donc poser des questions très précises, fermées. De plus, un suspect pouvait parfois mentir sans même le réaliser, en croyant dire la vérité. Les études réalisées sur le détecteur de mensonges n’avaient pas permis de conclure à son efficacité. Katherine ne semblait donc guère inquiète. Le fait qu’elle demande à revoir l’inspecteur Harmon était surprenant, mais, après tout, cet interrogatoire était déjà totalement compromis.
On lui brancha donc l’appareil, et un technicien s’installa derrière son ordinateur. Le rythme cardiaque de Katherine était constant. Katherine sourit doucement face à la question du détective. Elle haussa les épaules.
« Le processus créatif, c’est quelque chose, vous savez. D’où nous vient une idée ? Voilà une bonne question, Inspecteur. D’où est venu à Stephen King l’idée d’écrire Misery ? Il avait tellement peur de perdre cette idée créatrice qu’il était persuadé que son talent venait de la cocaïne. Le pic à glaces, c’est un objet très symbolique. Un instrument de cuisine, qu’on associe donc naturellement à une femme, mais c’est aussi une arme par destination. Les Siciliens l’utilisaient. Vous connaissez Abe Reles ? C’était un tueur à gages pendant l’entre-deux-guerres. Il tuait ses victimes pour le compte de la Mafia italienne avec un pic à glace. Alors… Qui sait ? Peut-être que cette symbolique m’a plu. »
Elle écrasa sa cigarette dans son cendrier. Katherine avait à nouveau croisé les jambes, sensuellement.
« Vous savez, je ne suis pas avocate, mais je sais déjà que tout ça, là, ça ne pourra pas figurer dans la procédure. Le détecteur de mensonges sur une femme qui n’est accusée de rien… N’importe quel avocat ferait sauter votre procédure pour ça. Alors… J’ai envie de jouer à un petit jeu, Inspecteur Harmon. Je veux que vous vous soumettiez vous aussi à un détecteur de mensonges. Là, maintenant. Vous me devez bien ça, si vous ne voulez pas que je ruine votre réputation en répandant partout dans la presse que la police a menacé une jeune femme parce qu’elle a le malheur d’être lesbienne. »
On lui brancha donc l’appareil, et un technicien s’installa derrière son ordinateur. Le rythme cardiaque de Katherine était constant. Katherine sourit doucement face à la question du détective. Elle haussa les épaules.
« Le processus créatif, c’est quelque chose, vous savez. D’où nous vient une idée ? Voilà une bonne question, Inspecteur. D’où est venu à Stephen King l’idée d’écrire Misery ? Il avait tellement peur de perdre cette idée créatrice qu’il était persuadé que son talent venait de la cocaïne. Le pic à glaces, c’est un objet très symbolique. Un instrument de cuisine, qu’on associe donc naturellement à une femme, mais c’est aussi une arme par destination. Les Siciliens l’utilisaient. Vous connaissez Abe Reles ? C’était un tueur à gages pendant l’entre-deux-guerres. Il tuait ses victimes pour le compte de la Mafia italienne avec un pic à glace. Alors… Qui sait ? Peut-être que cette symbolique m’a plu. »
Elle écrasa sa cigarette dans son cendrier. Katherine avait à nouveau croisé les jambes, sensuellement.
« Vous savez, je ne suis pas avocate, mais je sais déjà que tout ça, là, ça ne pourra pas figurer dans la procédure. Le détecteur de mensonges sur une femme qui n’est accusée de rien… N’importe quel avocat ferait sauter votre procédure pour ça. Alors… J’ai envie de jouer à un petit jeu, Inspecteur Harmon. Je veux que vous vous soumettiez vous aussi à un détecteur de mensonges. Là, maintenant. Vous me devez bien ça, si vous ne voulez pas que je ruine votre réputation en répandant partout dans la presse que la police a menacé une jeune femme parce qu’elle a le malheur d’être lesbienne. »

DC de l'Observateur !
Pour toute demande de RP, envoyez un MP sur mon compte central, ce sera plus simple pour moi, et, ainsi, je ne risque pas de vous oublier !
Vous trouverez sur ce topic la liste de tous mes personnages jouables !
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Nick resta silencieux quelques secondes.
Il regarda l'appareil fixé au poignet de Katherine, puis le technicien installé derrière son écran. Le polygraphe affichait des courbes régulières, presque monotones. Aucun emballement. Aucun signe visible de nervosité. Katherine venait pourtant de parler pendant plusieurs minutes d'un meurtre dont l'arme correspondait précisément à celle de son roman.
Et maintenant, elle voulait le mettre à sa place.
Bob, derrière la vitre, observait la scène avec une attention nouvelle. Il connaissait suffisamment Nick pour savoir qu'il détestait perdre le contrôle d'une situation. Or, depuis le début de cet interrogatoire, Katherine n'avait cessé de déplacer les règles autour de lui.
Harmon resta immobile un long moment, le regard rivé sur celui de Katherine. Dans le silence tendu de la pièce, le léger bzzzz du matériel du polygraphe paraissait presque assourdissant. Nick se leva de son siège et quitta la pièce. Il croisa Andrews, la mâchoire serrée, sa voix baissée d'un ton mais chargée d'une autorité cassante.
« Nick, pas question. On arrête tout. On remballe le matériel et on la laisse filer avec ses avocats s'il le faut. Vous avez deja crée assez d'emmerdes comme ça »
À côté, Bob secoua vivement la tête, l'air grave, abandonnant pour une fois ses airs détendus.
« Nick, fais pas ça, vieux. Elle essaie de te faire déraper. C'est exactement ce qu'elle cherche : inverser les rôles et transformer cet interrogatoire en cirque. Ne lui donne pas cette satisfaction. »
Même le technicien, les doigts suspendus au-dessus de son clavier, observait la scène avec une nervosité palpable, prêt à débrancher les capteurs au moindre ordre de la hiérarchie.
Harmon ne se retourna pas. Il ne quitta pas des yeux le visage de Katherine, savourant la posture calculée de la romancière. Il leva simplement une main pour imposer le silence à ses collègues, étouffant leurs protestations d'un geste ferme.
« Laissez, Andrews, » déclara Nick d'une voix d'une neutralité désarmante, presque glaciale. « Madame Duhamel veut jouer. Et après tout, si son polygraphe n'a aucune valeur juridique, le mien n'en aura pas plus. »
Il déboutonna sa veste d'un geste lent et méthodique, la retira et la jeta sur une chaise qui traînait dans le coin. Il roula ses manches de chemise jusqu'aux coudes, révélant ses avant-bras, avant de retourner dans la salle d’interrogatoire et de tendre les mains vers le technicien abasourdi.
« Ferguson. Branche-moi. »
« Nick, bordel... » marmonna Andrews en se prenant la tête dans les mains, comprenant qu'il ne ferait plus faire marche arrière à son inspecteur.
L'inspecteur s'assit bien droit face à Katherine, posant ses mains à plat sur la table, le corps parfaitement relâché en apparence, même si une tension électrique vibrait sous sa peau. Il laissa le technicien lui fixer les capteurs sur les doigts et ajuster la sangle thoracique par-dessus sa chemise.
Une fois l'installation terminée, les deux tracés-enregistreurs se mirent à défiler côte à côte sur l'écran, dessinant deux lignes parallèles dans le calme revenu de la pièce.
Nick se pencha légèrement en avant, ancrant son regard dans celui de la jeune femme avec un défi à peine voilé.
« À vous l'honneur, Katherine. Posez votre première question. Voyons ce que vous avez dans le ventre. »
Il regarda l'appareil fixé au poignet de Katherine, puis le technicien installé derrière son écran. Le polygraphe affichait des courbes régulières, presque monotones. Aucun emballement. Aucun signe visible de nervosité. Katherine venait pourtant de parler pendant plusieurs minutes d'un meurtre dont l'arme correspondait précisément à celle de son roman.
Et maintenant, elle voulait le mettre à sa place.
Bob, derrière la vitre, observait la scène avec une attention nouvelle. Il connaissait suffisamment Nick pour savoir qu'il détestait perdre le contrôle d'une situation. Or, depuis le début de cet interrogatoire, Katherine n'avait cessé de déplacer les règles autour de lui.
Harmon resta immobile un long moment, le regard rivé sur celui de Katherine. Dans le silence tendu de la pièce, le léger bzzzz du matériel du polygraphe paraissait presque assourdissant. Nick se leva de son siège et quitta la pièce. Il croisa Andrews, la mâchoire serrée, sa voix baissée d'un ton mais chargée d'une autorité cassante.
« Nick, pas question. On arrête tout. On remballe le matériel et on la laisse filer avec ses avocats s'il le faut. Vous avez deja crée assez d'emmerdes comme ça »
À côté, Bob secoua vivement la tête, l'air grave, abandonnant pour une fois ses airs détendus.
« Nick, fais pas ça, vieux. Elle essaie de te faire déraper. C'est exactement ce qu'elle cherche : inverser les rôles et transformer cet interrogatoire en cirque. Ne lui donne pas cette satisfaction. »
Même le technicien, les doigts suspendus au-dessus de son clavier, observait la scène avec une nervosité palpable, prêt à débrancher les capteurs au moindre ordre de la hiérarchie.
Harmon ne se retourna pas. Il ne quitta pas des yeux le visage de Katherine, savourant la posture calculée de la romancière. Il leva simplement une main pour imposer le silence à ses collègues, étouffant leurs protestations d'un geste ferme.
« Laissez, Andrews, » déclara Nick d'une voix d'une neutralité désarmante, presque glaciale. « Madame Duhamel veut jouer. Et après tout, si son polygraphe n'a aucune valeur juridique, le mien n'en aura pas plus. »
Il déboutonna sa veste d'un geste lent et méthodique, la retira et la jeta sur une chaise qui traînait dans le coin. Il roula ses manches de chemise jusqu'aux coudes, révélant ses avant-bras, avant de retourner dans la salle d’interrogatoire et de tendre les mains vers le technicien abasourdi.
« Ferguson. Branche-moi. »
« Nick, bordel... » marmonna Andrews en se prenant la tête dans les mains, comprenant qu'il ne ferait plus faire marche arrière à son inspecteur.
L'inspecteur s'assit bien droit face à Katherine, posant ses mains à plat sur la table, le corps parfaitement relâché en apparence, même si une tension électrique vibrait sous sa peau. Il laissa le technicien lui fixer les capteurs sur les doigts et ajuster la sangle thoracique par-dessus sa chemise.
Une fois l'installation terminée, les deux tracés-enregistreurs se mirent à défiler côte à côte sur l'écran, dessinant deux lignes parallèles dans le calme revenu de la pièce.
Nick se pencha légèrement en avant, ancrant son regard dans celui de la jeune femme avec un défi à peine voilé.
« À vous l'honneur, Katherine. Posez votre première question. Voyons ce que vous avez dans le ventre. »
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- Demande de RP
Katherine n’était pas surhumaine, elle ne pouvait pas mentir sans que l’appareil ne le remarque pas. Mais elle était agile de sa langue, elle savait comment répondre de façon ambiguë, de manière à interpréter les choses. Ce qu’elle proposait était évidemment impensable, tout comme il était à vrai dire impensable de l’emmener au poste et de l’interroger comme une potentielle suspecte alors que le dossier était vide. En pratique, et même légalement, une garde-à-vue ne pouvait s’envisager que quand la police disposait d’éléments de preuve. C’était d’ailleurs logique, car, quand un suspect mentait, on pouvait le piéger si on disposait d’éléments. Mais, en l’occurrence, Johnny Boz étant mort depuis quelques heures à peine, toute investigation scientifique n’avait encore rien donné.
Croisant le regard de l’inspecteur Harmon, on pouvait lire dans les yeux de Katherine un certain amusement. Elle faisait preuve d’un calme troublant. Une starlette comme elle se serait de base insurgée à l’idée d’être emmenée ici. Tout donnait le sentiment qu’elle jouait avec eux. Elle évoquait son avocat, mais sans demander à l’appeler, et en venait maintenant à demander à l’un des inspecteurs de se soumettre au détecteur de vérité.
Comme elle s’y attendait, Nick Harmon accepta. Il retira sa veste, déboutonna une manche de chemise, puis son collègue le brancha. Katherine avait de nouveau sorti une cigarette, et ses jambes restaient toujours somptueusement croisées. Son tailleur blanc se relevait de plus en plus, surtout quand elle s’amusait à déplier les jambes.
« Je me doutais que vous accepteriez mon petit jeu, inspecteur Harmon. Ne croyez pas que je prends tout cela à la légère, c’est juste… Mon esprit romanesque. Quand vous vous êtes énervé tout à l’heure, j’ai trouvé ça… Très spontané. Et cela m’intrigue. C’est la seule raison pour laquelle je suis restée ici. Vous m’avez dit que vous n’étiez pas l’un de mes personnages, mais vous m’avez désormais inspiré. »
Elle exhala un peu de fumée, ménageant ainsi une pause, avant de reprendre.
« Je cherche à être réaliste. C’est un casse-tête dans la fiction, vous savez. Les lecteurs sont exigeants. Ils veulent rêver, ils veulent s’évader, ils veulent qu’on les surprenne, qu’on défie la réalité… Mais on se doit aussi de rester cohérent. Nous ne sommes plus dans les années 1980’s. Regardez les films de cette époque. Le premier Halloween, qu’on considère comme un chef-d’œuvre, était truffé d’incohérences scénaristiques. On ne peut plus se permettre de faire ça, et cela vaut aussi pour l’écriture. Alors, votre cas m’intéresse. »
Katherine enchaîna :
« Vous m’avez qualifié de ‘‘princesse’’. J’en déduis que vous devez être d’origine prolétaire. La lutte des classes, c’est un peu cliché, mais, quand on voit la manière dont notre société évolue, ça n’a jamais été d’autant d’actualité. Qu’est-ce que le trumpisme, si ce n’est une conséquence de la lutte des classes ? Vous avez aussi insisté sur le fait que j’étais ‘‘riche et célèbre’‘… »
Après cette longue introduction, Katherine en arrivait au but :
« Vous êtes devenu flic pour ça ? Pour lutter contre les injustices ? Au fond, vous ne fantasmez peut-être pas sur mes jambes, mais peut-être sur mes poignets. Je veux dire, vous avez foncé sur moi en partant du principe que j’avais tué ce pauvre type. Quels sont les biais cognitifs qui ont conduit votre instinct affuté à voir en moi une suspecte ? Le fait que je sois riche ? Que je sois une femme ? Est-ce que c’est parce que vous venez d’une famille modeste ? Ou alors, c’est votre égo d’homme refoulé qui refait surface ? Vous avez peut-être grandi avec une mère autoritaire. La castration, c’est tout un concept. Alors, dites-moi, Inspecteur Harmon… Pourquoi avoir fait de moi votre cible, puisque mes magnifiques jambes fuselées ne vous attirent pas ? »
Croisant le regard de l’inspecteur Harmon, on pouvait lire dans les yeux de Katherine un certain amusement. Elle faisait preuve d’un calme troublant. Une starlette comme elle se serait de base insurgée à l’idée d’être emmenée ici. Tout donnait le sentiment qu’elle jouait avec eux. Elle évoquait son avocat, mais sans demander à l’appeler, et en venait maintenant à demander à l’un des inspecteurs de se soumettre au détecteur de vérité.
Comme elle s’y attendait, Nick Harmon accepta. Il retira sa veste, déboutonna une manche de chemise, puis son collègue le brancha. Katherine avait de nouveau sorti une cigarette, et ses jambes restaient toujours somptueusement croisées. Son tailleur blanc se relevait de plus en plus, surtout quand elle s’amusait à déplier les jambes.
« Je me doutais que vous accepteriez mon petit jeu, inspecteur Harmon. Ne croyez pas que je prends tout cela à la légère, c’est juste… Mon esprit romanesque. Quand vous vous êtes énervé tout à l’heure, j’ai trouvé ça… Très spontané. Et cela m’intrigue. C’est la seule raison pour laquelle je suis restée ici. Vous m’avez dit que vous n’étiez pas l’un de mes personnages, mais vous m’avez désormais inspiré. »
Elle exhala un peu de fumée, ménageant ainsi une pause, avant de reprendre.
« Je cherche à être réaliste. C’est un casse-tête dans la fiction, vous savez. Les lecteurs sont exigeants. Ils veulent rêver, ils veulent s’évader, ils veulent qu’on les surprenne, qu’on défie la réalité… Mais on se doit aussi de rester cohérent. Nous ne sommes plus dans les années 1980’s. Regardez les films de cette époque. Le premier Halloween, qu’on considère comme un chef-d’œuvre, était truffé d’incohérences scénaristiques. On ne peut plus se permettre de faire ça, et cela vaut aussi pour l’écriture. Alors, votre cas m’intéresse. »
Katherine enchaîna :
« Vous m’avez qualifié de ‘‘princesse’’. J’en déduis que vous devez être d’origine prolétaire. La lutte des classes, c’est un peu cliché, mais, quand on voit la manière dont notre société évolue, ça n’a jamais été d’autant d’actualité. Qu’est-ce que le trumpisme, si ce n’est une conséquence de la lutte des classes ? Vous avez aussi insisté sur le fait que j’étais ‘‘riche et célèbre’‘… »
Après cette longue introduction, Katherine en arrivait au but :
« Vous êtes devenu flic pour ça ? Pour lutter contre les injustices ? Au fond, vous ne fantasmez peut-être pas sur mes jambes, mais peut-être sur mes poignets. Je veux dire, vous avez foncé sur moi en partant du principe que j’avais tué ce pauvre type. Quels sont les biais cognitifs qui ont conduit votre instinct affuté à voir en moi une suspecte ? Le fait que je sois riche ? Que je sois une femme ? Est-ce que c’est parce que vous venez d’une famille modeste ? Ou alors, c’est votre égo d’homme refoulé qui refait surface ? Vous avez peut-être grandi avec une mère autoritaire. La castration, c’est tout un concept. Alors, dites-moi, Inspecteur Harmon… Pourquoi avoir fait de moi votre cible, puisque mes magnifiques jambes fuselées ne vous attirent pas ? »

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Pour toute demande de RP, envoyez un MP sur mon compte central, ce sera plus simple pour moi, et, ainsi, je ne risque pas de vous oublier !
Vous trouverez sur ce topic la liste de tous mes personnages jouables !
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Nick demeura silencieux pendant quelques secondes.
Il avait laissé Katherine dérouler son raisonnement jusqu'au bout, sans l'interrompre une seule fois. Il avait entendu parler de sa famille, de son milieu social, de son enfance supposée, de sa mère, de sa prétendue castration symbolique, de son rapport aux femmes et même de ce qu'elle imaginait pouvoir déduire de son physique. Elle venait de construire en quelques minutes le portrait psychologique d'un homme qu'elle ne connaissait pratiquement pas.
Un sourire discret apparut finalement sur les lèvres de Nick.
« Vous avez une conception trop matérialiste de la psyché humaine. Vous prenez un élément, vous lui trouvez une cause : Une enfance difficile produit un adulte violent ; une mère autoritaire produit un homme complexé ; un milieu modeste produit un policier qui en veut aux riches ; une femme séduisante produit chez un homme des pulsions qu'il chercherait ensuite à réprimer. Tout doit avoir une explication. Tout doit pouvoir être ramené à quelque chose. C'est très pratique pour écrire un roman, beaucoup moins pour comprendre un être humain. »
Cette fois, son sourire s'élargit à peine.
« Je pense que vous avez trop lu Freud. Freud avait certainement raison sur certaines choses, mais s’il y’a bien quelqu’un qui a complétement échoué à comprendre la dimension ontologique, c’est bien Freud. Le freudisme prétend analyser le fonctionnement de la conscience sans avoir la moindre idée de ce que c’est. »
Nick joigna ses mains, dans une posture dominante, qui donnait déjà le ton.
« L'être humain n'est pas uniquement le produit de son passé. Ça, les chamans l’avaient compris des lustres avant. En s’injectant des drogues naturelles, qui faisaient taire leur mental, ils ont découvert qu’ils avaient accès à un océan de conscience infini qui transcendait la personnalité. C’est aujourd’hui cette conscience, mademoiselle Duhamel, que vous essayez de réduire à un sujet pensant. Sujet pensant qui est en réalité la création d’un mental ego-centré, incapable de comprendre la réalité à un niveau ontologique, et qui confond donc le sujet relatif avec le sujet absolu qui est la conscience. »
Nick haussa légèrement les épaules.
« Donc, non, je ne suis pas devenu flic parce que j’ai été maltraité par une mère autoritaire dans ma jeunesse, ou parce que des riches m’ont piétiné quand j’étais gosse, Mademoiselle Duhamel. Quelqu'un peut avoir grandi dans une famille pauvre et devenir policier sans nourrir la moindre haine envers les riches. Quelqu'un peut avoir eu une mère autoritaire sans passer sa vie à chercher des femmes qu'il pourrait dominer. Quelqu'un peut avoir connu la violence sans devenir violent. Et quelqu'un peut avoir grandi dans une famille parfaitement respectable et devenir quand-même un salaud. »
Nick ensuite esquissa un sourire provocateur.
« Alors, je vous inspire toujours ? »
Il avait laissé Katherine dérouler son raisonnement jusqu'au bout, sans l'interrompre une seule fois. Il avait entendu parler de sa famille, de son milieu social, de son enfance supposée, de sa mère, de sa prétendue castration symbolique, de son rapport aux femmes et même de ce qu'elle imaginait pouvoir déduire de son physique. Elle venait de construire en quelques minutes le portrait psychologique d'un homme qu'elle ne connaissait pratiquement pas.
Un sourire discret apparut finalement sur les lèvres de Nick.
« Vous avez une conception trop matérialiste de la psyché humaine. Vous prenez un élément, vous lui trouvez une cause : Une enfance difficile produit un adulte violent ; une mère autoritaire produit un homme complexé ; un milieu modeste produit un policier qui en veut aux riches ; une femme séduisante produit chez un homme des pulsions qu'il chercherait ensuite à réprimer. Tout doit avoir une explication. Tout doit pouvoir être ramené à quelque chose. C'est très pratique pour écrire un roman, beaucoup moins pour comprendre un être humain. »
Cette fois, son sourire s'élargit à peine.
« Je pense que vous avez trop lu Freud. Freud avait certainement raison sur certaines choses, mais s’il y’a bien quelqu’un qui a complétement échoué à comprendre la dimension ontologique, c’est bien Freud. Le freudisme prétend analyser le fonctionnement de la conscience sans avoir la moindre idée de ce que c’est. »
Nick joigna ses mains, dans une posture dominante, qui donnait déjà le ton.
« L'être humain n'est pas uniquement le produit de son passé. Ça, les chamans l’avaient compris des lustres avant. En s’injectant des drogues naturelles, qui faisaient taire leur mental, ils ont découvert qu’ils avaient accès à un océan de conscience infini qui transcendait la personnalité. C’est aujourd’hui cette conscience, mademoiselle Duhamel, que vous essayez de réduire à un sujet pensant. Sujet pensant qui est en réalité la création d’un mental ego-centré, incapable de comprendre la réalité à un niveau ontologique, et qui confond donc le sujet relatif avec le sujet absolu qui est la conscience. »
Nick haussa légèrement les épaules.
« Donc, non, je ne suis pas devenu flic parce que j’ai été maltraité par une mère autoritaire dans ma jeunesse, ou parce que des riches m’ont piétiné quand j’étais gosse, Mademoiselle Duhamel. Quelqu'un peut avoir grandi dans une famille pauvre et devenir policier sans nourrir la moindre haine envers les riches. Quelqu'un peut avoir eu une mère autoritaire sans passer sa vie à chercher des femmes qu'il pourrait dominer. Quelqu'un peut avoir connu la violence sans devenir violent. Et quelqu'un peut avoir grandi dans une famille parfaitement respectable et devenir quand-même un salaud. »
Nick ensuite esquissa un sourire provocateur.
« Alors, je vous inspire toujours ? »
- Reine Alice Korvander
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- Demande de RP
Nick déduisit des déclarations de Katherine qu’elle avait une vision simpliste de l’être humain. Cela amusa Katherine. On osait assez rarement la contredire, en vérité. Elle était après tout une écrivaine riche et populaire, ce qui était plutôt une exception dans ce milieu. Une fortune qu’elle devait à son talent, mais aussi et surtout à sa naissance. Elle avait réussi à faire fructifier son capital, même si le domaine littéraire n’était pas le plus productif. Elle le laissa donc parler, jusqu’à ce qu’il termine en essayant de retourner ce jeu. Katherine fumait lentement sa cigarette, avec ce croisement toujours aussi réussi de ses interminables jambes fuselées.
« Je vous avoue que je ne m’attendais pas à ce que vous évoquiez le chamanisme. »
Katherine remua lentement sur sa chaise.
« Peut-être bien que vous m’inspirez… Évidemment, cela ne justifie pas le fait d’avoir voulu me menacer, ou de m’accuser d’un crime abominable simplement parce que vous avez le regard rivé sur mes cuisses… J’ai toujours eu de grandes facilités dans la vie, vous savez. Je crois que ce sont mes jambes, j’ai vite compris que les garçons les aimaient, et que les filles me les enviaient. Mais, si ce n’est pas ma richesse qui vous a attiré à moi, qu’est-ce qui perturbe votre instinct ? Vous devez vous dire que je suis une manipulatrice. Sur ce point, vous auriez raison de le penser. »
Katherine se racla la gorge à nouveau.
« J’ai récupéré l’empire de ma famille à leur mort. Si vous vous renseignez sur les Duhamel, vous verrez que ma famille a des liens troubles. C’est une grande famille française qui a fait fortune il y a des siècles lors de la traite négrière. Les Duhamel faisaient partie du commerce triangulaire, ils étaient installés à des ports en France pour envoyer vers le Nouveau Continent les esclaves capturés dans les pays africains. Une fortune qu’ils ont ensuite su faire fructifier en se rapprochant de la famille royale, et en mettant en avant leurs relations avec les seigneurs de guerre locaux. Après la décolonisation, les Duhamel ont fait partie de ce qu’on a appelé la Françafrique, jouant les rôles d’intermédiaires entre les dictateurs africains et la démocratie française. Moi, j’étais la fille modèle de cette famille. J’ai été élevée dans un pensionnat, dans les plus prestigieuses écoles privées. Les portes m’ont toujours été ouvertes, soit parce que j’étais riche, soit parce que j’étais belle. Riche ou non, on subit toujours les brimades des autres. À l’école, il y avait une bande de filles qui me harcelaient. J’ai très vite appris qu’on ne pouvait pas attendre grand-chose des voies légales. Le directeur ne voulait pas entendre parler de ces histoires, et mes parents s’en moquaient. J’ai donc appris très tôt à user de ma beauté, et j’ai séduit le petit-ami de celle qui me harcelait. J’ai pris des photographies de lui nu, en menaçant de les diffuser si on ne me fichait pas la paix. Ce fut efficace. Bien sûr, je n’ai jamais diffusé ces photos. »
Sous les sourires, une femme forte, et potentiellement dangereuse.
« Des individus complexes, j’en connais, Inspecteur. Je ne faisais qu’essayer de me glisser dans votre tête, de comprendre vos motifs. Voyez ma chère Roxy ? Une femme de mon statut ne devrait rien avoir à faire avec elle. C’est une junkie, que j’ai vu un jour où j’étais dans la clinique où elle était, et où je participais à un colloque sur la guérison des troubles mentaux par l’art. Roxy avait un petit côté peintre, ses peintures m’ont plu, alors, quand elle est sortie de sa cure, je l’ai prise sous mon aile. Elle avait un passé criminel constitué de larcins, de vols, de racolage… Je suis officiellement sa tutrice. Son père la violentait, et abusait d’elle. Elle n’était donc pas très ravie quand vous êtes venu jouer votre cow-boy ce matin chez moi, Inspecteur. »
Avec ses gros seins et sa combinaison rouge moulante, le look de Roxy détonait en effet dans un tel quartier.
« Maintenant… Permettez-moi de vous retourner la question, Inspecteur. Vous avez très certainement de nombreux dossiers en souffrance, de nombreuses victimes qui se plaignent de la lenteur des enquêtes. Pourtant, vous avez choisi de consacrer une partie de votre emploi du temps à venir vers moi, à m’emmener au poste, et à m’interroger longuement, sans aucune preuve quelconque. Je ne suis pas spécialiste en droit pénal, mais, normalement, c’est à la fin de l’enquête qu’on interroge un suspect, lorsqu’on dispose d’éléments matériels pour le mettre à mal, et contredire ses déclarations. Pourquoi faire cela, Inspecteur ? Qu’est-ce qui vous fascine tant chez moi ? »
« Je vous avoue que je ne m’attendais pas à ce que vous évoquiez le chamanisme. »
Katherine remua lentement sur sa chaise.
« Peut-être bien que vous m’inspirez… Évidemment, cela ne justifie pas le fait d’avoir voulu me menacer, ou de m’accuser d’un crime abominable simplement parce que vous avez le regard rivé sur mes cuisses… J’ai toujours eu de grandes facilités dans la vie, vous savez. Je crois que ce sont mes jambes, j’ai vite compris que les garçons les aimaient, et que les filles me les enviaient. Mais, si ce n’est pas ma richesse qui vous a attiré à moi, qu’est-ce qui perturbe votre instinct ? Vous devez vous dire que je suis une manipulatrice. Sur ce point, vous auriez raison de le penser. »
Katherine se racla la gorge à nouveau.
« J’ai récupéré l’empire de ma famille à leur mort. Si vous vous renseignez sur les Duhamel, vous verrez que ma famille a des liens troubles. C’est une grande famille française qui a fait fortune il y a des siècles lors de la traite négrière. Les Duhamel faisaient partie du commerce triangulaire, ils étaient installés à des ports en France pour envoyer vers le Nouveau Continent les esclaves capturés dans les pays africains. Une fortune qu’ils ont ensuite su faire fructifier en se rapprochant de la famille royale, et en mettant en avant leurs relations avec les seigneurs de guerre locaux. Après la décolonisation, les Duhamel ont fait partie de ce qu’on a appelé la Françafrique, jouant les rôles d’intermédiaires entre les dictateurs africains et la démocratie française. Moi, j’étais la fille modèle de cette famille. J’ai été élevée dans un pensionnat, dans les plus prestigieuses écoles privées. Les portes m’ont toujours été ouvertes, soit parce que j’étais riche, soit parce que j’étais belle. Riche ou non, on subit toujours les brimades des autres. À l’école, il y avait une bande de filles qui me harcelaient. J’ai très vite appris qu’on ne pouvait pas attendre grand-chose des voies légales. Le directeur ne voulait pas entendre parler de ces histoires, et mes parents s’en moquaient. J’ai donc appris très tôt à user de ma beauté, et j’ai séduit le petit-ami de celle qui me harcelait. J’ai pris des photographies de lui nu, en menaçant de les diffuser si on ne me fichait pas la paix. Ce fut efficace. Bien sûr, je n’ai jamais diffusé ces photos. »
Sous les sourires, une femme forte, et potentiellement dangereuse.
« Des individus complexes, j’en connais, Inspecteur. Je ne faisais qu’essayer de me glisser dans votre tête, de comprendre vos motifs. Voyez ma chère Roxy ? Une femme de mon statut ne devrait rien avoir à faire avec elle. C’est une junkie, que j’ai vu un jour où j’étais dans la clinique où elle était, et où je participais à un colloque sur la guérison des troubles mentaux par l’art. Roxy avait un petit côté peintre, ses peintures m’ont plu, alors, quand elle est sortie de sa cure, je l’ai prise sous mon aile. Elle avait un passé criminel constitué de larcins, de vols, de racolage… Je suis officiellement sa tutrice. Son père la violentait, et abusait d’elle. Elle n’était donc pas très ravie quand vous êtes venu jouer votre cow-boy ce matin chez moi, Inspecteur. »
Avec ses gros seins et sa combinaison rouge moulante, le look de Roxy détonait en effet dans un tel quartier.
« Maintenant… Permettez-moi de vous retourner la question, Inspecteur. Vous avez très certainement de nombreux dossiers en souffrance, de nombreuses victimes qui se plaignent de la lenteur des enquêtes. Pourtant, vous avez choisi de consacrer une partie de votre emploi du temps à venir vers moi, à m’emmener au poste, et à m’interroger longuement, sans aucune preuve quelconque. Je ne suis pas spécialiste en droit pénal, mais, normalement, c’est à la fin de l’enquête qu’on interroge un suspect, lorsqu’on dispose d’éléments matériels pour le mettre à mal, et contredire ses déclarations. Pourquoi faire cela, Inspecteur ? Qu’est-ce qui vous fascine tant chez moi ? »

DC de l'Observateur !
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- Leon Redgrave
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- Messages : 380
- Enregistré le : 14 août 2024 13:28
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Il y avait beaucoup de choses dans ce qu’elle venait de raconter. Certaines étaient parfaitement banales, d’autres beaucoup moins. Une enfance privilégiée, une famille dont l’histoire était loin d’être irréprochable, un apprentissage précoce de la manipulation, puis cette étrange capacité à transformer une faiblesse en moyen de pression. Et, au milieu de tout cela, Roxy. Une relation qui, à première vue, ne ressemblait effectivement pas à celles que l’on attendait d’une femme comme Katherine Duhamel, ce qui signifiait que son personnage était encore plus complexe que ce qu’on l’imaginait.
La ou Katherine avait vu juste, c’est que Nick n’avait effectivement pas respecté le protocole : il avait fait une intevention musclée, beaucoup trop musclée par rapport aux elements dont il disposait. Et une femme comme Katherine pouvait facilement leur mettre une équipe d’avocats sur le dos qui les taillerait en piéce. La question était donc : pourquoi Nick s’était autant acharné sur Katherine ?
Nick resta silencieux quelques instants, le visage hésitant, comme si répondre à cette question allait déclencher une catastrophe nucélaire.
Joignant ses mains, il plonga ses yeux azurés dans ceux de Katherine :
« Si je vous dis que c’est parce que vous me plaisiez, vous me croirez ? »
À peine eut-il terminé sa phrase que la porte de la salle s’ouvrit brusquement.
Deux inspecteurs apparurent dans l’encadrement, suivis de l’inspecteur Andrews. Le visage de ce dernier était fermé, mais il n’y avait plus dans son expression la patience professionnelle qu’il avait affichée jusque-là. Il jeta un bref regard à Katherine, puis au polygraphe, avant de reporter ses yeux sur Nick.
« Ça suffit ! »
Le ton ne souffrait aucune discussion.
L’un des inspecteurs contourna immédiatement la table et se pencha sur l’appareil. Les câbles furent débranchés les uns après les autres, les électrodes retirées avec précaution, tandis que l’autre récupérait les feuilles et les rangeait sans même prendre la peine de consulter les dernières mesures. L’atmosphère venait de changer en quelques secondes. Ce n’était plus une confrontation entre une suspecte et son interrogateur. C’était une intervention hiérarchique.
Andrews s’approcha de Katherine.
« Madame Duhamel, je vous présente mes excuses au nom du département. Cet interrogatoire est terminé. »
Il marqua un temps, puis poursuivit d’une voix plus mesurée :
« Après réexamen des éléments dont nous disposons, vous êtes officiellement écartée des soupçons concernant le meurtre de Johnny Boz. Il n’existe actuellement aucun élément permettant de vous retenir davantage ici. »
L’un des inspecteurs posa les appareils sur le côté avant de s’adresser à elle à son tour.
« Vous êtes libre de partir. Nous aurions dû vous le faire comprendre beaucoup plus tôt. »
Le regard d’Andrews se posa brièvement sur Nick. Il n’avait pas besoin de prononcer le moindre mot. Le message était parfaitement clair. Il reporta ensuite son attention sur Katherine
« Nous allons appeler un taxi pour vous ramener chez vous. »
« Pas la peine, je vais la raccompagner »
La voix de Nick perça la salle alors qu’il était entrain de se lever et de remettre sa veste, sous le regard ébahi d’Andrews qui n’avait pas apprécié la scène.
« Vous venez, Madame Duhamel ? Je vous ramène chez vous »
La ou Katherine avait vu juste, c’est que Nick n’avait effectivement pas respecté le protocole : il avait fait une intevention musclée, beaucoup trop musclée par rapport aux elements dont il disposait. Et une femme comme Katherine pouvait facilement leur mettre une équipe d’avocats sur le dos qui les taillerait en piéce. La question était donc : pourquoi Nick s’était autant acharné sur Katherine ?
Nick resta silencieux quelques instants, le visage hésitant, comme si répondre à cette question allait déclencher une catastrophe nucélaire.
Joignant ses mains, il plonga ses yeux azurés dans ceux de Katherine :
« Si je vous dis que c’est parce que vous me plaisiez, vous me croirez ? »
À peine eut-il terminé sa phrase que la porte de la salle s’ouvrit brusquement.
Deux inspecteurs apparurent dans l’encadrement, suivis de l’inspecteur Andrews. Le visage de ce dernier était fermé, mais il n’y avait plus dans son expression la patience professionnelle qu’il avait affichée jusque-là. Il jeta un bref regard à Katherine, puis au polygraphe, avant de reporter ses yeux sur Nick.
« Ça suffit ! »
Le ton ne souffrait aucune discussion.
L’un des inspecteurs contourna immédiatement la table et se pencha sur l’appareil. Les câbles furent débranchés les uns après les autres, les électrodes retirées avec précaution, tandis que l’autre récupérait les feuilles et les rangeait sans même prendre la peine de consulter les dernières mesures. L’atmosphère venait de changer en quelques secondes. Ce n’était plus une confrontation entre une suspecte et son interrogateur. C’était une intervention hiérarchique.
Andrews s’approcha de Katherine.
« Madame Duhamel, je vous présente mes excuses au nom du département. Cet interrogatoire est terminé. »
Il marqua un temps, puis poursuivit d’une voix plus mesurée :
« Après réexamen des éléments dont nous disposons, vous êtes officiellement écartée des soupçons concernant le meurtre de Johnny Boz. Il n’existe actuellement aucun élément permettant de vous retenir davantage ici. »
L’un des inspecteurs posa les appareils sur le côté avant de s’adresser à elle à son tour.
« Vous êtes libre de partir. Nous aurions dû vous le faire comprendre beaucoup plus tôt. »
Le regard d’Andrews se posa brièvement sur Nick. Il n’avait pas besoin de prononcer le moindre mot. Le message était parfaitement clair. Il reporta ensuite son attention sur Katherine
« Nous allons appeler un taxi pour vous ramener chez vous. »
« Pas la peine, je vais la raccompagner »
La voix de Nick perça la salle alors qu’il était entrain de se lever et de remettre sa veste, sous le regard ébahi d’Andrews qui n’avait pas apprécié la scène.
« Vous venez, Madame Duhamel ? Je vous ramène chez vous »


