Très clairement, la robe de Nebéthysia avait de quoi décoiffer n’importe qui. Nathan mit même un certain temps avant de lui répondre. Ses yeux louchèrent dessus, notamment sur son décolleté plongeant, mettant en valeur la poitrine agréable de Nebéthysia. Prenant conscience que ses joues s’étaient légèrement empourprées, Nathan se racla la gorge.
«
Hum… Oui, elle fera l’affaire… »
Avant d’y aller, la Faucheuse invita Nathan à lui dire de quoi son symbiote était capable. Nathan choisit de laisser de côté le fait que le symbiote pouvait parasiter le contrôle de son corps en amplifiant ses émotions, et qu’il était souvent obligé de boire comme un trou pour calmer les appétits du symbiote. Il choisit aussi de taire le fait que le symbiote était très attiré par les femmes, et qu’il avait un appétit sexuel débonnaire. L’aura de Nebéthysia avait endormi le symbiote, que Nathan surnommait « la Bête », mais, à la voir ainsi, il sentait ses bas instincts revenir. La Bête ne sommeillait jamais éternellement.
Le policier se contenta donc d’une présentation sommaire :
«
Eh bien, le symbiote a des capacités polymorphiques, comme tu as pu le voir. Je peux même me transformer en femme si je le veux ! Mais il a aussi des capacités offensives. Il renforce mon endurance, ma force, ma résistance, je peux aussi grimper sur les murs, et même générer des ailes pour voler. En revanche, le symbiote est très sensible au feu, et aux ultrasons. Donc, il ne risque pas de sortir dans une boîte de nuit. »
Des informations qui plairaient sans doute à Nebéthysia, Nathan ne pouvait en effet imaginer qu’elle mène sa mission sans aucune difficulté. Elle généra ensuite un Portail vers Paris. Nathan sourit en se rapprochant d’elle.
«
Avec toi, je ne peux que l’être, mais… On devrait se tenir par la main, tu ne crois pas ? »
Il tendit la sienne, et attrapa la main de La Faucheuse.
Le duo rejoignit ensuite une Paris au crépuscule. Il y avait un décalage de 7 heures entre le Japon et la France. Ils avaient quitté le Japon en pleine nuit. Nathan ignorait si le transfert au palais de Nebéthysia était instantané ou non, car il s’était sans doute écoulé quelques heures pour qu’on se retrouve en pleine soirée. Ils venaient d’atterrir à Montmartre, un quartier de Paris très célèbre dans le monde entier, au cœur de la chanson d’Aznavour,
La Bohème. Ils atterrirent à la place des Abbesses, à côté d’un mur très connu de Paris, le «
Mur des je t’aime », un mur où on avait écrit «
Je t’aime » sous toutes les langues possibles.
En bas de la place des Abbesses, les rues Houdon et André Antoine menaient directement au boulevard de Clichy, et surtout au cœur de Pigalle, un quartier nocturne de Paris, lui aussi mondialement connu pour ses cabarets, dont le célèbre Moulin-Rouge, et pour ses boîtes de nuit. Un léger vent de fraîcheur parvenait à se diffuser à Paris.
«
Je me suis rendu à Paris il y a des années, en vacances, quand j’étais étudiant… »
L’architecture haussmannienne était toujours aussi atypique, donnant à Paris une sorte d’intemporalité, de mélange entre ville moderne et ancienne. On était loin des buildings en verre étouffants. L’habit ne faisait pas le moine, mais il se dégageait toujours de ces rues un charme pittoresque qui ravissait les touristes du monde entier. Nathan marcha avec Nebéthysia. Ils descendirent vers le large boulevard de Clichy, et filèrent vers une boîte de nuit. La Bête continuait à gronder en Nathan.
Le duo rejoignit une boîte de nuit inspirée de l’Égypte, un choix de Nathan, qui se disait que cela plairait sans doute à Nebéthysia. Le
Meret, en référence à une divinité égyptienne liée au chant. La boîte de nuit était accessible depuis une voie privée accessible depuis la place Pigalle, l’avenue Frochot. Une avenue végétalisée et où le
Meret se trouvait, dans les sous-sols climatisés et aménagées de l’une des célèbres maisons de cette allée privée connue pour avoir été la résidence de grands artistes attirés par la verdure importante des lieux. Le duo marcha donc sur les pavés de cette avenue, dont les grandes maisons coupaient le son des voitures, et rejoignirent un escalier qui conduisait à l’entrée de la boîte de nuit, sous une maison luxueuse.
À l’intérieur, dorures et paillettes avec un décor égyptien constitué de hiéroglyphes, mais une musique très française qui diffusait. Quand le duo arriva, ce fut sur l’air de
Get Lucky…