Entre Uatis et Auris, on trouve ici des États qui sont encore indépendants, ou des terres à l'état sauvage...
Répondre

Une nouvelle génération de légumes... et de problèmes ? [PV Valéria]

Message par Marisa Teritt »

Avatar du membre
Marisa Teritt
Messages : 106
Enregistré le : 16 août 2024 16:17
Fiche
Demande de RP
Les affaires avaient brillamment évolué depuis la visite de « Monsieur Bhouta » comme Marisa Teritt était le seule à l'appeler, au sein de la ferme, avec autant de respect. Plutôt que de la fatiguer, leurs... exercices de chambre avaient fourni à la belle rouquine un énorme surplus d'énergie ! Une autre que la demi-pyrône aurait largement eu droit à son petit trésor dans le coffret, mais l'artefact que notre jeune héroïne portait au poignet la préservait toujours de ce type d'incident corporel. Au lieu d'assurer la continuité de sa vigoureuse lignée, il avait donc résulté de ces unions répétées, à la limite du frénétique, une vitalité recyclable par pur procédé magique. Yggdrasia, la seconde concernée par cette fabuleuse nourriture, eut tôt fait d'en communiquer les particularités à sa protégée qui, en compagnie d'Actaïa, sa plus fidèle amie, avait établi un grand projet potentiellement lucratif.
Ainsi, de ce travail d'équipe naquit leur premier produit mutant ! Non pas une de ces créatures de la forêt transformées comme la Dryade avait déjà eu l'occasion d'en modifier - à des fins aussi défensives qu'expérimentales. Le légume miracle n'était autre qu'un cucurbitaceae d'une couleur exotique :

Image

Un concombre rosé. Et un gros, s'il vous plaît ! Une merveille de la nature et de la magie, goûtée par la Fleur des Champs en personne - avec sa gardienne sylvestre postée non loin, en cas d'empoisonnement involontaire. De ce dernier, il n'y en eut heureusement aucun. C'était même tout le contraire : le légume avait des faux airs de sucrerie avec son côté étonnamment juteux, et sa tendance à pétiller comme à fondre sur la langue ! Il fournissait un gain de peps tel qu'on eût l'impression de consommer une de ces célèbres boissons énergisantes !
Après s'être elle-même « sacrifiée », Actaïa en avait fait la promotion au marché.
Son succès fut quasi immédiat, pour ne pas dire retentissant !
Dès lors, la ferme des Teritt en avait développé la culture dans un carré potager consacré. Marisa ne pouvant pas les surveiller 24h/24, Yggdrasia en personne se chargeait de cette mission, plantée au beau milieu des légumes à la manière d'un épouvantail au sein d'un champs. Elle en avait d'ailleurs chassé Thérésias à plusieurs reprises. Ce faune aux allures de satyre qui, le plus souvent, tournait autour de la Fleur des Champs.
Bref ! Les vita-concombres étaient placés sous bonne garde avec pareil cerbère.

Mais il y avait un problème. D'un genre climatique. Une pluie diluvienne qui, depuis quelques jours, s'abattait assidûment sur la région avec une violence exceptionnelle. Un orage si puissant et capricieux qu'il avait fallu construire un abri pour sauver les fameux légumes !
Debout sur le perron, Marisa, les poings plantés sur les hanches, évacua un soupir en regardant les cordes tomber.

- Ça devient fatigant ! Même pour moi qui, pourtant, adorais patauger dans la gadoue étant petite.

La Fille de l'Eau contemplait le même spectacle. Elle avait croisé les bras sur sa poitrine, le nez levé sur ce ciel tristement grisâtre.

- Cela dure depuis trop longtemps, grommela Actaïa. Mon instinct me souffle que ce n'est pas très naturel, tout ça. Un peu comme tes nouveaux concombres, si tu veux tout savoir.

- Eux, ils sont à deux cent pourcent naturel ! contre-attaqua Marisa en songeant aussitôt à ses propres efforts en compagnie du Buta. Mais tu as raison : je n'ai jamais vu le ciel aussi encombré qu'en ces derniers temps...

- Dans ce cas, on devrait peut-être demander à Thérésias d'arrêter de jouer ? Qui sait, c'est peut-être lui qui nous a mis dedans ?

Elle plaisantait, comme en témoignait son petit sourire en coin et ses yeux légèrement plissés.
Le concerné n'en perçut guère la nuance. Assis le dos contre la façade, il croisa lui aussi les bras sur sa poitrine et se mit à bouder :

- Toi, t'es toujours aussi méchante. Tout l'inverse de Pyra !

Le surnom affectif de Marisa, qu'il utilisait lui aussi. En partie pour agacer Actaïa, qui en était l'inventrice.
La fermière rousse poussa un petit gloussement.

- C'était une boutade, Biquet ! Ne te rembrunis pas pour s'y peu.

Au loin, Yggdrasia prenait l'eau. Une longue douche qui ne l'incommodait point, comme c'était hélas le cas pour les animaux de la ferme qui avaient trouvé refuge dans leur enclos.
Combien de temps les caprices de la météo allaient-ils encore durer ?
Cela faisait déjà trop longtemps que la Fleur des Champs n'avait pas reçu de visiteur. Actaïa avait beau être quelqu'un de chouette, sa meilleure amie n'était pas aussi encline qu'elle à s'offrir à des inconnus ou à batifoler entre filles dans une de leurs chambres.
En somme, une période d'abstinence non consentie pour la plus grande fornicatrice de cette ferme !
Modifié en dernier par Marisa Teritt le 13 mai 2026 18:20, modifié 1 fois.
Image

Pour toute demande de RP, me MP sur le compte Ryanne Hilaris ou se référer à ce topic.

Re: Une nouvelle génération de légumes... et de problèmes ? [PV Valéria]

Message par Valeria »

Avatar du membre
Valeria
Démons
Messages : 569
Enregistré le : 21 août 2024 12:06
Fiche
Une fois n’étant pas coutume, Valeria avait du temps devant elle. Elle se promenait tranquillement dans les plaines relevant des terres neutres de Tekworld, ainsi nommées pour le non-assujettissement aux puissants Royaumes dirigeants, tout comme aux plus petits d’ailleurs. C’était rafraîchissant de se retrouver ainsi au milieu de nulle part, libérée pour quelques temps des contraintes du pouvoir et des complots.

Adepte du voyage en solitaire, elle avait parfois eu maille à partir avec des brigands ou des cherche-misère, mais rien de sérieux. Et puis, elle pouvait invoquer ses sbires aisément si nécessaire. C’était rafraîchissant de pouvoir se frotter au menu fretin après des mois de pressions et de missions en tous genres. Sans parler de l’évolution de ses projets pour Herzeleid via ses nouveaux adeptes.

C’est sous une pluie battante qu’elle avait rejoint le gros bourg de Val-Moisson, ainsi nommé pour sa position centrale dans des terres arables situées entre collines et forêts, avec un contrefort montagneux au nord-ouest.

Elle trouva une chambre dans l’unique auberge du bourg et profita d’un bon bain chaud avant de se sustenter dans la salle commune en écoutant les discussions des habitants. Elle avait pris soin de ne pas se mettre trop en avant afin de ne pas trop attirer l’attention, mais néanmoins, la présence d’une voyageuse seule était une source de discussions évidente pour les habitants en fin de journée.

Le plat qui lui fut servi était bon, mais ce qui la surprit était la cucurbitacée moelleuse et savoureuse, totalement inhabituelle. Après s’en être ouverte à la serveuse, elle apprit que ce produit venait d’une ferme du coin, celle des Teritt. Apparemment, les exploitantes avaient réussi le tour de force de créer ce nouveau produit quelques mois auparavant.

C’était intéressant et peut-être même commercialisable. Ca méritait surtout une visite car les innovations n’étaient pas légion dans le coin et celle-ci avait le mérite d’être très originale. La serveuse – Meredith – lui vanta les autres points d’intérêt de la ferme ainsi que quelques cancans, le moindre n’étant pas, aux yeux de la succube, les mœurs légères de la Maîtresse de maison.

La soirée se passa sans trop de tracas si on excepte les lourdauds qu’il fallut ignorer en allant se coucher avant que leur ivresse ne leur attire des ennuis. Elle passa la nuit dans les bras de Meredith, sans même avoir à la payer. Elle lui laissa néanmoins quelques monnaies ainsi que le souvenir d’une nuit qui resterait gravée dans sa mémoire.

Le lendemain, la pluie n’avait pas cessé. Cela faisait trois désormais qu’il pleuvait sans discontinuer et c’était plutôt surprenant, mais les habitants ne semblaient pas – encore – s’en inquiéter outre mesure.

Valeria monta sur son cheval et prit la route de la ferme Teritt. Il était temps de voir ce qu’il en était de cette courge !

Elle mit deux jours à atteindre la ferme. Trempée et détrempée, elle arriva en milieu d’après-midi. Elle ne savait pas trop à quel accueil s’attendre et ne descendit de cheval qu’une fois arrivée à quelques mètres du corps principal.

Re: Une nouvelle génération de légumes... et de problèmes ? [PV Valéria]

Message par Marisa Teritt »

Avatar du membre
Marisa Teritt
Messages : 106
Enregistré le : 16 août 2024 16:17
Fiche
Demande de RP
L'excédant d'eau n'est pas bon pour les cultures. Marisa le savait tout autant que son amie, maîtresse de l'élément en question. Sans le soutien assidu et indéfectible d'Yggdrasia, les légumes auraient sans doute été noyés sous les trombes d'eau. La dryade ne veillait pas que sur les cucurbitacées. Son influence et sa protection s'étiraient bien au-delà de leur périmètre. Il n'y avait pas de privilégié au sein de la ferme, ni auprès de la forêt alentour. Quand bien même les vita-concombres rapportaient gros.
Il n'empêche que pour bien pousser, ces légumes modifiés avaient grand besoin de magie.
Or, des clients et des entrepreneurs comme le Buta, la ferme des Teritt n'en voyaient pas défiler des masses...
Marisa songeait à cette probable pénurie quand Actaïa pointa du doigt une silhouette montée qui se découpait le long de l'unique voie terrestre.

- Regarde : il semblerait que nous ayons un invité surprise.

- Oh ?

Courbé sous le poids des cordes écrasantes, le cavalier avançait péniblement dans la gadoue. La robe du cheval était d'un brun sale. Rien d'étonnant à cela. C'était surtout le courage du vagabond qui détonait. Chevaucher dans ces conditions ne serait sûrement pas venu à l'idée de la jeune maîtresse des lieux. Même si une fois le premier quart d'heure passé à se les geler, on avait l'impression de ne faire plus qu'un avec les éléments capricieux. Drôle de phénomène d'acclimatation que même la demi-pyrône, malgré son affinité avec le brasier chaud, était capable de comprendre...

- Encore un monsieur avec qui tu vas te mettre à chanter ? anticipa le faune qui n'ignorait... pas grand chose sur les petites habitudes de Marisa.

Cette dernière ne l'avait toujours pas autorisé à « imiter ces messieurs » alors qu'elle avait conscience qu'il rêvait de croquer dans le gâteau.
Une torture pour le faune ?
Que nenni ! Il était plutôt question d'une éducation soutenue par l'étroite vigilance de l'intransigeante Fille de l'Eau.
Marisa hésita à quitter le perron pour accueillir ce profil encore inconnu.
S'agissait-il seulement d'un homme ?
Même en plissant les yeux, la Fleur des Champs, en raison de cet intempestif rideau de flotte, ne voyait pas grand-chose...

- Ne va pas te mouiller inutilement, fit sa collègue. Si nous avons laissé les portes ouvertes, ce n'est pas pour que les passants s'arrêtent bêtement devant.

- Tu as raison.

Actaïa prenait toujours les meilleurs décisions. Contrairement à elle qui vivait de passion au jour le jour, Aqua, tournée vers le futur le plus favorable, se reposait entièrement sur la raison. Elle ne forniquait que très rarement. Non pas parce qu'elle était frigide. Cette dernière avait un certain passif au sein de sa tribu. Marisa en avait entendu les grandes lignes lors de leurs ébats avec leur récent partenaire commercial. En bref, Actaïa maitrisait beaucoup plus facilement ses pulsions que sa meilleure amie qui, à des occasions mémorables, parvenait difficilement à l'embrigader dans ses aventures d'un soir.

- C'est une cavalière, finit par estimer son aide de camp à la peau brune.

Elle était aussi une excellente chasseuse. D'où son œil pour le moins exercé.
Au fur et à mesure de l'avancée de ladite cavalière, Marisa ne tarda guère à lui apporter raison.
Lorsqu'elle la vit démonter, la rouquine n'eut plus aucun mal à remarquer ce qui faisait de cette cavalière... une cavalière.

- Commençons par lui faciliter la venue.

Actaïa se mit alors à générer des mouvements coulants avec ses mains. Une danse fluide, inhérente à sa maîtresse de l'eau, qui fit s'écarter la pluie comme Moïse avec la mer. L'allée qui menait vers la maison se dégagea comme un beau jour d'automne ; les nuages demeuraient au-dessus d'elles mais c'était comme s'ils refusaient obstinément de se vidanger.
Marisa sauta du perron pour aller recevoir la visiteuse.

- Fais un peu attention, lui lança Aqua.

- J'ai toujours mes bottes !

- Elles ne te préservent pas des chutes, insista la basanée. Et ne vous attardez pas dans ma zone d'influence. Ce n'est jamais qu'un répit que je vous offre.

La pauvre parlait tout en remuant les bras !
Marisa lui décocha un sourire éblouissant de reconnaissance avant de partir à l'assaut de l'étrangère.
Elle s'immobilisa juste devant, prenant garde à ne pas l'éclabousser dans sa hâte.

- Bonjour, voyageuse ! Je m'appelle Marisa Teritt et ceci, fit-elle en indiquant leur environnement d'un grand geste, est mon chez moi~

Vive comme l'éclair, d'une allure primesautière, la rouquine attrapa une main de la cavalière qui tenait toujours les rênes de son cheval.

- Allez, venez par là ! Ici, tout le monde est le bienvenu. On ne fait aaaaaabsolument aucune di-stinc-tion ! ♪

Avant même d'obtenir réponse de la part de son interlocutrice, Marisa adressa un grand geste de la main à la Fille de l'Eau.

- Actaïa ! Tiens-le coup encore un p'tit peu, tu veux bien ? Nous allons conduire le brave cheval aux allures de kelpie dans un compartiment plus adapté~

La concernée hocha sobrement la tête en faisant de grands moulinets avec ses bras. Le vide de la pluie les suivit fidèlement.
Puis, tout aussi rapidement - c'est-à-dire sans prévenir -, Marisa s'adressa à la cavalière.

- Vous l'avez appelé comment ? (Elle rit subitement devant sa propre bêtise.) Oh, pardon ! Quelle gourdiche je fais ! J'aurais dû vous laisser le temps de vous présenter aussi... Désolée, désolée ! Je me suis légèrement emportée ! Ah, ha, ha, ha !

Un rire chantant dans une bouche à croquer ! Sous bonne compagnie, la pile électrique rousse avançait d'un bon pas vers les écuries. Celles-ci n'étaient pas bien loin de la maison et n'étaient pas bien grandes non plus, certes. Mais au moins le bâtiment ne sentait pas trop fort. Ou tout du moins pas suffisamment fort pour incommoder celles qui créchaient juste à côté.
Avec la Fleur des Champs, les hôtes avaient vite fait de se remplir les narines d'un doux fumet de cuisine ou de celui, plus envoûtant encore, d'une chair délicieusement entretenue et odorante d'une saine féminité.
Image

Pour toute demande de RP, me MP sur le compte Ryanne Hilaris ou se référer à ce topic.
Répondre

Retourner vers « Les Terres Neutres »