Les affaires avaient brillamment évolué depuis la visite de « Monsieur Bhouta » comme Marisa Teritt était le seule à l'appeler, au sein de la ferme, avec autant de respect. Plutôt que de la fatiguer, leurs... exercices de chambre avaient fourni à la belle rouquine un énorme surplus d'énergie ! Une autre que la demi-pyrône aurait largement eu droit à son petit trésor dans le coffret, mais l'artefact que notre jeune héroïne portait au poignet la préservait toujours de ce type d'incident corporel. Au lieu d'assurer la continuité de sa vigoureuse lignée, il avait donc résulté de ces unions répétées, à la limite du frénétique, une vitalité recyclable par pur procédé magique. Yggdrasia, la seconde concernée par cette fabuleuse nourriture, eut tôt fait d'en communiquer les particularités à sa protégée qui, en compagnie d'Actaïa, sa plus fidèle amie, avait établi un grand projet potentiellement lucratif.
Ainsi, de ce travail d'équipe naquit leur premier produit mutant ! Non pas une de ces créatures de la forêt transformées comme la Dryade avait déjà eu l'occasion d'en modifier - à des fins aussi défensives qu'expérimentales. Le légume miracle n'était autre qu'un cucurbitaceae d'une couleur exotique :

Un concombre rosé. Et un gros, s'il vous plaît ! Une merveille de la nature et de la magie, goûtée par la Fleur des Champs en personne - avec sa gardienne sylvestre postée non loin, en cas d'empoisonnement involontaire. De ce dernier, il n'y en eut heureusement aucun. C'était même tout le contraire : le légume avait des faux airs de sucrerie avec son côté étonnamment juteux, et sa tendance à pétiller comme à fondre sur la langue ! Il fournissait un gain de peps tel qu'on eût l'impression de consommer une de ces célèbres boissons énergisantes !
Après s'être elle-même « sacrifiée », Actaïa en avait fait la promotion au marché.
Son succès fut quasi immédiat, pour ne pas dire retentissant !
Dès lors, la ferme des Teritt en avait développé la culture dans un carré potager consacré. Marisa ne pouvant pas les surveiller 24h/24, Yggdrasia en personne se chargeait de cette mission, plantée au beau milieu des légumes à la manière d'un épouvantail au sein d'un champs. Elle en avait d'ailleurs chassé Thérésias à plusieurs reprises. Ce faune aux allures de satyre qui, le plus souvent, tournait autour de la Fleur des Champs.
Bref ! Les vita-concombres étaient placés sous bonne garde avec pareil cerbère.
Mais il y avait un problème. D'un genre climatique. Une pluie diluvienne qui, depuis quelques jours, s'abattait assidûment sur la région avec une violence exceptionnelle. Un orage si puissant et capricieux qu'il avait fallu construire un abri pour sauver les fameux légumes !
Debout sur le perron, Marisa, les poings plantés sur les hanches, évacua un soupir en regardant les cordes tomber.
- Ça devient fatigant ! Même pour moi qui, pourtant, adorais patauger dans la gadoue étant petite.
La Fille de l'Eau contemplait le même spectacle. Elle avait croisé les bras sur sa poitrine, le nez levé sur ce ciel tristement grisâtre.
- Cela dure depuis trop longtemps, grommela Actaïa. Mon instinct me souffle que ce n'est pas très naturel, tout ça. Un peu comme tes nouveaux concombres, si tu veux tout savoir.
- Eux, ils sont à deux cent pourcent naturel ! contre-attaqua Marisa en songeant aussitôt à ses propres efforts en compagnie du Buta. Mais tu as raison : je n'ai jamais vu le ciel aussi encombré qu'en ces derniers temps...
- Dans ce cas, on devrait peut-être demander à Thérésias d'arrêter de jouer ? Qui sait, c'est peut-être lui qui nous a mis dedans ?
Elle plaisantait, comme en témoignait son petit sourire en coin et ses yeux légèrement plissés.
Le concerné n'en perçut guère la nuance. Assis le dos contre la façade, il croisa lui aussi les bras sur sa poitrine et se mit à bouder :
- Toi, t'es toujours aussi méchante. Tout l'inverse de Pyra !
Le surnom affectif de Marisa, qu'il utilisait lui aussi. En partie pour agacer Actaïa, qui en était l'inventrice.
La fermière rousse poussa un petit gloussement.
- C'était une boutade, Biquet ! Ne te rembrunis pas pour s'y peu.
Au loin, Yggdrasia prenait l'eau. Une longue douche qui ne l'incommodait point, comme c'était hélas le cas pour les animaux de la ferme qui avaient trouvé refuge dans leur enclos.
Combien de temps les caprices de la météo allaient-ils encore durer ?
Cela faisait déjà trop longtemps que la Fleur des Champs n'avait pas reçu de visiteur. Actaïa avait beau être quelqu'un de chouette, sa meilleure amie n'était pas aussi encline qu'elle à s'offrir à des inconnus ou à batifoler entre filles dans une de leurs chambres.
En somme, une période d'abstinence non consentie pour la plus grande fornicatrice de cette ferme !
Ainsi, de ce travail d'équipe naquit leur premier produit mutant ! Non pas une de ces créatures de la forêt transformées comme la Dryade avait déjà eu l'occasion d'en modifier - à des fins aussi défensives qu'expérimentales. Le légume miracle n'était autre qu'un cucurbitaceae d'une couleur exotique :

Un concombre rosé. Et un gros, s'il vous plaît ! Une merveille de la nature et de la magie, goûtée par la Fleur des Champs en personne - avec sa gardienne sylvestre postée non loin, en cas d'empoisonnement involontaire. De ce dernier, il n'y en eut heureusement aucun. C'était même tout le contraire : le légume avait des faux airs de sucrerie avec son côté étonnamment juteux, et sa tendance à pétiller comme à fondre sur la langue ! Il fournissait un gain de peps tel qu'on eût l'impression de consommer une de ces célèbres boissons énergisantes !
Après s'être elle-même « sacrifiée », Actaïa en avait fait la promotion au marché.
Son succès fut quasi immédiat, pour ne pas dire retentissant !
Dès lors, la ferme des Teritt en avait développé la culture dans un carré potager consacré. Marisa ne pouvant pas les surveiller 24h/24, Yggdrasia en personne se chargeait de cette mission, plantée au beau milieu des légumes à la manière d'un épouvantail au sein d'un champs. Elle en avait d'ailleurs chassé Thérésias à plusieurs reprises. Ce faune aux allures de satyre qui, le plus souvent, tournait autour de la Fleur des Champs.
Bref ! Les vita-concombres étaient placés sous bonne garde avec pareil cerbère.
Mais il y avait un problème. D'un genre climatique. Une pluie diluvienne qui, depuis quelques jours, s'abattait assidûment sur la région avec une violence exceptionnelle. Un orage si puissant et capricieux qu'il avait fallu construire un abri pour sauver les fameux légumes !
Debout sur le perron, Marisa, les poings plantés sur les hanches, évacua un soupir en regardant les cordes tomber.
- Ça devient fatigant ! Même pour moi qui, pourtant, adorais patauger dans la gadoue étant petite.
La Fille de l'Eau contemplait le même spectacle. Elle avait croisé les bras sur sa poitrine, le nez levé sur ce ciel tristement grisâtre.
- Cela dure depuis trop longtemps, grommela Actaïa. Mon instinct me souffle que ce n'est pas très naturel, tout ça. Un peu comme tes nouveaux concombres, si tu veux tout savoir.
- Eux, ils sont à deux cent pourcent naturel ! contre-attaqua Marisa en songeant aussitôt à ses propres efforts en compagnie du Buta. Mais tu as raison : je n'ai jamais vu le ciel aussi encombré qu'en ces derniers temps...
- Dans ce cas, on devrait peut-être demander à Thérésias d'arrêter de jouer ? Qui sait, c'est peut-être lui qui nous a mis dedans ?
Elle plaisantait, comme en témoignait son petit sourire en coin et ses yeux légèrement plissés.
Le concerné n'en perçut guère la nuance. Assis le dos contre la façade, il croisa lui aussi les bras sur sa poitrine et se mit à bouder :
- Toi, t'es toujours aussi méchante. Tout l'inverse de Pyra !
Le surnom affectif de Marisa, qu'il utilisait lui aussi. En partie pour agacer Actaïa, qui en était l'inventrice.
La fermière rousse poussa un petit gloussement.
- C'était une boutade, Biquet ! Ne te rembrunis pas pour s'y peu.
Au loin, Yggdrasia prenait l'eau. Une longue douche qui ne l'incommodait point, comme c'était hélas le cas pour les animaux de la ferme qui avaient trouvé refuge dans leur enclos.
Combien de temps les caprices de la météo allaient-ils encore durer ?
Cela faisait déjà trop longtemps que la Fleur des Champs n'avait pas reçu de visiteur. Actaïa avait beau être quelqu'un de chouette, sa meilleure amie n'était pas aussi encline qu'elle à s'offrir à des inconnus ou à batifoler entre filles dans une de leurs chambres.
En somme, une période d'abstinence non consentie pour la plus grande fornicatrice de cette ferme !

