Il s’était écoulé deux semaines depuis que Héraclès était revenue à la vie. Deux semaines qui avaient été consacrées à sa rééducation martiale. Sur le plan strictement physique, Héraclès s’habituait assez vite au fait d’avoir un corps féminin, ce qui impliquait une absence de pénis entre les jambes, et des seins. Héraclès avait de plus une belle poitrine. Volontaire, elle avait sollicité dès le lendemain un duel avec Diana. Elles s’entraînaient dans le colisée de Themyscira, et, s’il y avait eu beaucoup de curieuses au début, le duel avait été très bref. Héraclès avait un nouveau corps, il fallait qu’elle s’habitue à le maîtriser, qu’elle trouve ses repaires, ses points d’appui. Diana n’avait eu aucun mal à la battre, et avait ensuite consacré chaque jour avec elle à diverses formes d’entraînement. À Themyscira, il ne fallait pas simplement savoir se battre, une Amazone devait avoir de nombreuses cordes à son arc. Poésie, culture, mais aussi participer à des tâches manuelles jugées bien trop souvent comme inférieures. L’agriculture, le ménage, le nettoyage de la lingerie, la couture… Diana savait faire tout cela. Elle se chargeait pour l’essentiel de la formation de Héraclès, même si celle-ci voyait parfois des formatrices et autres perceptrices. La couture n’était pas le domaine dans lequel Héraclès excellait, alors que cette discipline permettait d’enseigner la maîtrise, la patience, et l’efficacité.
Société antique grecque, Themyscira comprenait aussi un forum très animé, une agora où les Amazones se réunissaient hebdomadairement pour discuter des affaires de l’île. En y assistant, Héraclès put constater que la majeure partie des discussions portaient sur l’avenir de Themyscira. Avec la chute des Dieux olympiens, le manteau divin qui protégeait Themyscira n’était plus assuré. Les Amazones discutaient donc de leur place dans le monde. Diana et sa mère ayant été les deux Wonder Woman, elles avaient un avis plus nuancé et plus approfondi que bien des Amazones. Réunir les différents clans amazones éparpillés à travers le monde pour envisager une organisation commune était quelque chose que Diana envisageait. Héraclès put également noter que Diana n’était pas aussi populaire qu’on aurait pu le penser. Quand elle était devenue la Reine de Themyscira, elle avait pris la décision d’ouvrir l’île, notamment pour y accueillir des réfugiés, et avait publiquement révélé certains secrets honteux des Amazones, notamment les raids que les Amazones faisaient sur des bateaux pour se reproduire avec des marins, qu’elles livraient ensuite dans les mines d’Hephaïstos.
Lorsque Héraclès interrogea Diana à ce sujet, elle lui confirma qu’elle avait dû faire face à une guerre civile sur Themyscira. Des Amazones extrémistes l’avaient accusé de vouloir vendre l’île au monde des hommes, et avaient utilisé leur magie impie pour créer un clone d’elle-même, Donna Troy, afin qu’elle tue Diana. Diana avait restauré l’ordre au sein de Themyscira. Elle confirma à Héraclès que le monde des hommes n’était pas aussi noir qu’on le disait, qu’elle y voyait constamment une bravoure qui l’impressionnait, et que vivre enfermée et coupée du monde n’était pas la bonne solution. Elle voulait que Themyscira soit un exemple à suivre pour les humains, mais elle avait elle-même constaté que son paradis n’était qu’illusion. Dès qu’elle avait ouvert son île à des réfugiés, les mêmes tensions sociales que celles existant dans les sociétés du monde des hommes avaient vu le jour.
De tous les modèles de Diana, elle parlait dès qu’elle le pouvait de Superman et de Batman, le jour et la nuit. Elle évoquait surtout l’Homme d’Acier, et révéla notamment à Héraclès qu’elle fut son amante pendant un temps, et que, quand elle l’avait vu pour la première fois, elle avait eu l’impression d’être tombée sur une réincarnation d’Héraclès… Des propos qui faisaient rejaillir chez Diana une étonnante gêne.
Les deux femmes dormaient ensemble. Themyscira avait connu bon nombre de catastrophes récemment, et, compte tenu de plus du passif de Héraclès, il avait été jugé plus prudent de la laisser en compagnie de Wonder Woman. Elles passaient donc leurs soirées ensemble, à parler de leurs souvenirs. Diana parlait aussi souvent du monde des hommes, de toutes ces choses que Héraclès ignorait : le cinéma, Internet, les machines, les voitures, l’évolution des arts… Héraclès pouvait sentir chez Diana une véritable passion en évoquant cela. Pour elle qui avait toujours adoré la musique, le monde des hommes était un ravissement comme elle n’en avait jamais connu. Diana lui parla aussi de ces choses adorables qu’elle avait pu manger chez le monde des humains, à savoir des glaces.
Deux semaines après, Héraclès commençait à aller mieux. Les séances d’entraînement étaient plus rythmés, mais, au-delà de ça, les deux femmes… Commençaient à se rapprocher. Diana se surprenait à se lover davantage contre le corps de Héraclès en dormant avec elle, et Héraclès avait commencé à sentir, sous la Princesse invincible, les fragilités. Diana avait connu des épreuves terribles, comme Héraclès. Un désir affectif qui se rapprochait de celui de Héraclès.
Diana comptait avancer en proposant à Héraclès de quitter Themyscira, de découvrir le monde des hommes. Une perspective qui avait tendance à refroidir Héraclès, tant le monde des hommes lui rappelait la personne qu’elle avait été avant, et les crimes qu’elle avait commis. Diana savait que Héra avait encore des projets pour Héraclès, car elle n’aurait pas permis autrement sa renaissance. La Mère des Dieux ne faisait jamais rien par hasard.
Un peu nerveuse, Diana rejoignit donc des thermes dans le Palais où Héraclès faisait des longueurs. Quand elle entra, elle vit que la puissante guerrière se trouvait sur le rebord du bassin, visiblement pensive. Celle-ci lui indiqua qu’elle réfléchissait.
« Hum… Si ma mère était là, elle dirait que cela doit être bien difficile pour toi, en effet, de réfléchir… »
Parmi les nombreux méfaits historiques et sanglants de Héraclès, il y avait eu le massacre perpétré par Héraclès à Themyscira, où il avait tué la grand-mère de Diana, Hippolyte, pour s’emparer de sa couronne, ainsi que d’autres Amazones. Un acte qui avait contraint ensuite les Dieux à devoir séparer Themyscira du monde des hommes pour éviter de déclencher une guerre.
Diana se rapprocha rapidement, et s’assit à côté d’Héraclès, non sans retirer auparavant ses sandales. Elle mit ses pieds dans l’eau, et la regarda. Voyant que celle-ci restait toujours pensive, Diana avança sa main, et caressa doucement le visage de Héraclès, relevant l’une de ses mèches de cheveux. Sa cicatrice lui apparut alors.
« Si les Dieux t’ont ramené et t’ont accordé une seconde chance, c’est parce qu’ils ont estimé que tu le méritais, Héraclès. Ils auraient pu t’effacer la mémoire, purger intégralement ton âme, mais ils ne l’ont pas fait. Ils ont lié ton esprit à celle de ton épouse. »
Dans ses rêves, Héraclès revoyait sa femme. Mégara lui avait dit qu’elle l’aimerait toujours. Elle lui avait aussi confirmé que le choix de transformer Héraclès en femme émanait de la Déesse Aphrodite, qui souhaitait ainsi que Héraclès se montre plus maternelle, et porte elle-même la vie. Elle devait après tout ressusciter ses enfants.
« Je suis venue pour te dire que je souhaite toujours sortir avec toi ce soir. J’ai un Portail qui pourra nous emmener dans ma modeste résidence secondaire à Los Angeles, ou à l’ambassade amazone à New York… Mais je comprends ton angoisse… Tu vas voir quantité de gens qui vont loucher sur toi, sur ton corps musclé, sculpté comme si tu étais une statue grecque. Et puis, il y a tous ces gens qui me demandent des autographes ! C’est l’horreur ! »
Diana lui sourit encore, et l’embrassa alors sur la joue.
« Mais je serais là pour te protéger, ma grande. Tu peux compter sur moi ! »
Elle se redressa ensuite, et acheva de se déshabiller, finissant toute nue près de Héraclès, qui aurait ainsi une belle vue sur son corps, lui aussi finement sculpté, avec un postérieur rebondi qu’on aurait dit ciselé par Aphrodite en personne.
« Tu veux faire quelques longueurs pour moi ? Il faut entretenir tes jolis muscles, tu sais ! »