Une succession de territoires mornes et ravagés par d'anciens cataclysmes...

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Rini Koken
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Cette fois-ci, la blafarde s'était endormie pour de vrai. Et pendant un bon bout de temps, qui plus est. Soit un peu plus d'une moitié de nuit de sommeil. Rini veilla donc. Les quatre autres n'avaient plus rien tenté. Elle leur en fut secrètement reconnaissante. Les tuer aurait sans doute eu un impact sur sa conscience.

En se réveillant, Marischka bondit de son lit. La blafarde avait toujours aussi mauvais caractère, mais Rini la sentait requinquée. Elle s'imagina que son humeur sombre n'était là que pour masquer sa joie d'être en vie ET en bonne forme.

- Très bien, fit la première année en réponse à son intention de quitter les lieux.

Marischka ne perdit pas de temps à se venger des Quatre ; elle leur lança simplement une réplique acerbe avant de se retirer. Rini s'immobilisa sur le seuil au moment où le Casqué était sur le point d'ouvrir la bouche pour la héler.

- Votre partenaire va de mieux en mieux, pas vrai ? (Elle lui décocha un malin petit sourire.) Son état va continuer à s'améliorer. Vous n'avez donc plus besoin de mes services.

- Salope, siffla casqué entre ses dents. Tu nous as bernés.

- Non, dit-elle en secouant la tête. Je vous ai sauvé la vie.

Et puis elle claqua la porte, son regard levé sur le visage froid de la survivante aguerrie. Rini soupira à sa remarque.

- Je n'ai pas de gras.

Ou en tout cas, pas un gramme en trop.
C'est que ça en devenait presque vexant à force...

Elles retrouvèrent leur interminable et ô combien dangereux parcours du combattant, aux couloirs si ressemblants les uns les autres. Rini ne parlait plus. Marischka encore moins. Mais il n'y avait plus autant de tension qu'avant entre les deux femmes. Il n'y en avait plus jusqu'à ce que la première, dans son imprévisibilité, y aille soudainement de son inexplicable animosité. Rini se retrouva le dos collé à un mur, deux doigts de son « agresseuse » fourrés en travers de ses lèvres. Son regard couleur noisette se fit aussitôt farouche. Ses sourcils de la même couleur s'étaient froncés. Elle se retint de cogner de justesse et écouta. L'haleine de Marischka était chaude tout contre son visage. Rini n'aurait jamais cru que sa proximité tendrait à l'exciter autant qu'en cet instant... dérangeant.
La blafarde exprima ni plus ni moins son envie de la baiser.
D'un mouvement de menton, la pugiliste dégagea sa bouche de ses doigts sales.

- J'en dis que tu es malade, répliqua-t-elle, une lueur combative dans les yeux.

Son cœur battait fort. Ce n'était pas normal avec tout l'entrainement qu'elle avait suivi. Cette décharge d'adrénaline la troublait. Son sens la perturbait. Probablement autant que ses joues légèrement rouges si elle avait pu les voir. Mais elle n'allait pas en perdre ses moyens pour autant. Rini n'avait pas oublié ses enseignements martiaux, aussi parvint-elle à inverser leur position. Marischka sentit le mur froid dans son dos avec, en prime, un avant-bras de sa partenaire plaqué sous ses clavicules.

- Ce n'est ni le moment ni l'endroit pour faire ça, Marischka.

Alors pourquoi l'embrassa-t-elle si soudainement ? Pourquoi lui mangeait-elle la bouche sans plus aucune retenue, son autres main cherchant à se glisser sous le haut de cette folle à lier ?
Tout simplement parce que la raison s'en était allée, littéralement bouffée par l'excitation du moment.
Un moment que Marischka n'avait sans doute pas vraiment choisi non plus, d'ailleurs...

- Je sens que je vais vite finir par le regretter, souffla Rini juste après avoir reculé ses lèvres de cette bouche insolente.

Elle avait cessé de faire pression sur le haut du corps de sa compagne. Marischka était aussi libre de ses mouvements que celle avec qui elle envisageait de « forger un lien. »
Pour survivre parmi les fous, il est nécessaire d'en devenir un soi-même.
Modifié en dernier par Rini Koken le 15 avr. 2026 16:44, modifié 1 fois.
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Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

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« Ah !... » lâcha-t-elle après s’être fait galoché.

« Ah ah ah ! » ne put-elle finalement se retenir, découvrant le visage de cette compagne d’infortune qui avait veillé sur elle le temps d’une looongue demi-nuit.

Elle parvint tout de même à s’étrangler rapidement pour retrouverle contrôle de sa voix. C’est qu’il ne faudrait pas trop jouer longtemps l’alarme hilare pour ramener tous les cinglés des environs. Elle déglutit donc avec douleur en crispant les muscles de son visage.

Et c’est toujours dos au mur qu’elle lui répondit. Elle ne s’était pas dégagée, malgré son obsession du contrôle. Surtout celui de la trajectoire vers la plus proche sortie.

« Donc t’es carrément folle et t’aime dominer. C’est noté. » dit-elle en relevant son haut et en frottant, (davantage comme si c’était un bouton à gratter) son téton libéré.

Sitôt exhibé, sitôt remis à l’abri des regards.

« T’admettras que j’ai quand même un super instinct. Parce qu’avoue, entre toi et moi, que t’avais même pas capté le langage de ton corps pour moi. T’es trop cérébrale. Ou c’est tout ce gras qui fait obstacle à tes sens émoussés, j’en sais rien. Après, j’veux bien croire que tout ça puisse te perturber, hein. P’is, si t’as b’soin d’une excuse : tu peux fuir la situation et t’en trouver une. J’t’en voudrais pas. »

Quelle petite salope provocatrice que Marischka ! Sa langue sortit de ses lèvres pour se les lécher. Et surtout pour en rajouter à la gêne de l’autre. C’est que ça lui allait bien le rouge aux joues. Ce qui lui fit penser que, dans une de ses nombreuses poches, elle avait un truc pour elle.

« Tiens. Cadeau. Notre premier. »

C’était une sorte de pinceau pour se foutre du rouge aux joues. C’était pas le genre de Marischka de se maquiller. Mais elle l’avait gardé, se demandant de combien de façon différente elle pourrait tuer avec ce truc.

Le bras tendu, elle attendit alors de savoir si l’autre prendrait son cadeau. C’est que, il pouvait se passer un événement sacrément important pour la suite. Pas seulement parce que ça allait changer la donne entre ces deux-là, d’une manière ou d’une autre. Romance aliénée. Gêne clinique. Allers-retours passifs-agressifs. Mais aussi parce que, d’une façon ou d’une autre, il y avait toujours un œil qui trainait non loin, repêchant des infos ici et là.

Mais pour le moment, il semblait que les couloirs soient conciliants et leur laisse un peu de temps…

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Rini Koken
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Son rire moqueur (?) la refroidit un peu. Rini inclina légèrement la tête de côté, observant le visage de Marischka de très près. Trop, sans doute, aux yeux de toute personne un tant soit peu prudente. La première année prenait un risque. Elle en avait conscience. Mais elle ne pouvait pas non plus se permettre de passer pour une faible face à cette vicieuse maigrichonne.

- Je ne suis ni folle ni tyrannique, la contredit-elle sans chercher à argumenter.

De nous deux, c'est toi la cinglée en mal de frisson.
Ce dont elle se garda bien de lui cracher au nez. Principalement parce que leur tandem, encore fragile, n'avait pas besoin de souffrir d'un potentiel échange de propos acerbes.
Sans que son regard ne tende à trop piquer vers le bas, Rini la vit se découvrir la poitrine avant de remballer vite fait la marchandise comme pour la narguer. Elle l'écouta se vanter de son instinct surdéveloppé et, hélas pas pour la première fois, lui parler de son « gras. »
L'habitante d'une terre parallèle à celle-ci n'envisageait pas de s'enfuir de sitôt.

- Je n'ai pas l'ombre d'un kilo en trop, grommela-t-elle. Toi, en revanche, tu as les joues creuses parce que tu es mal nourrie. (Elle soupira.) Et je me demande bien pourquoi je m'embête à te le fourrer dans le crâne alors que tout ça, tu le sais déjà...

Rini détourna les yeux de cette langue que Marischka avait eu l'insolence de tirer. Elle était même sur le point de lui tourner le dos quand la survivante attira son attention sur... un cadeau ? Vraiment ?
Un sourcil arqué, elle observa l'objet avec circonspection.

- ... ?

Un pinceau ? Un ustensile pour se maquiller ? A quoi bon... ?
Elle remonta son regard - oblique - sur son alliée de circonstance.
Si Marischka n'était pas du genre à se poudrer les joues, Rini ne l'était pas davantage.
Que veut-elle que j'en fasse dans un environnement pareil ?
Il n'empêche qu'elle avait parlé de cadeau. De premier cadeau, qui plus est.
Sans doute que Marischka se vexerait en cas de refus. La blafarde pourrait même se refermer sur elle-même comme une huître. Or, pour leur bien à toutes les deux, il était indispensable qu'elles parviennent à s'entendre. En somme, l'objet en lui-même pouvait paraître dérisoire alors que ce qu'il représentait en cet instant fatidique...
Rini tendit la main à son tour, refermant ses doigts sur le manche offert.

- Eh bien... merci, Marischka.

Finalement, cette femme n'était peut-être pas aussi monstrueuse et sans-cœur qu'elle le pensait ?
Bien sûr, Rini n'avait pas oublié ses premières incartades. Cela dit... il y avait tout de même une certaine amélioration dans son attitude ! La lycéenne aurait été ingrate, pour ne pas dire injuste, d'ignorer ce fait.
Elle eut un petit sourire en coin.

- Avec un peu de chance, je te trouverais quelque chose en chemin, moi aussi.

Rini ne s'avança pas plus dans leur drôle de relation. Elle n'aurait pas du l'embrasser, et encore moins essayé de la peloter dans cet élan de sauvagerie.
C'était vraiment stupide ! Je ne dois plus perdre le contrôle comme je viens de le faire, se réprimanda-t-elle. Pour que notre collaboration soit saine, il va falloir que j'installe entre nous quelques barrières...
Elle empocha le présent de Marischka avant de lui faire un signe de tête.

- Allez ! on bouge.
Modifié en dernier par Rini Koken le 28 avr. 2026 14:48, modifié 1 fois.
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Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

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Marishka Auschwitz
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« Tu l’essaies pas ? » dit-elle avec, dans le fond de sa voix, l’ombre d’un orage approchant.

Parce que du point de vue de Marischka, Rini avait dédaigné sa poitrine nue. Pas un regard. Pas une tentative d’essayer de la toucher. Les corps physiques, c’était fait pour être battu ou pour le sexe. Pourquoi une personne se priverait d’un tel cadeau ?

Non, et puis il y avait le reste. La façon qu’elle avait eu de dire son prénom. Pourquoi l’avait-elle utilisé de cette façon ? Marischka n’arrivait plus à comprendre ce que ça sous-entendait. Et forcément, son petit cerveau qui avait souffert toute sa vie, imaginait forcément les pires saloperies. Sans compter qu’elle n’avait rien en retour ! La Grasseuse se défilait et reportait l’échange de cadeau à un futur indéterminé.

« Comme si on avait toute la vie devant nous ! Pff !... » lâcha-t-elle à voix haute au lieu dans la continuité de ses pensées silencieuses. Gonflant ses joues creuses et croisant ses bras sur sa poitrine de si peu de valeur…

Elle se mit à taper du pied. Nerveusement. Et avec zéro envie de poursuivre leur chemin.

« … »

Elle observa une nouvelle fois son alliée de labyrinthe. Elle avait bien envie de refermer ses dents sur ce corps bien nourri. PFF ! Elle le lui avait même fait remarquer. Comme si elle avait décidé de sauter des repas ! Comme si elle aimait ça mâchouiller des lacets pour tromper son estomac ! Saloperie de bien-portante !

« … »

Sauf qu’elle ne savait plus. Cette fille-là sortait des sentiers battus. L’embrasser de force comme si elle réclamait sa possession ? Lui montrer sa chatte et une cicatrice parmi d’autres, mais celle-la visible car ne permettant pas la repousse de sa toison ? La frapper ? La machouiller ? Lui dire un truc de censé ? Ou même carrément incensé ?! Marischka ne savait plus. Et la paume de sa main commença à se frotter la tempe. Elle avait des envies de violence… Et pourtant, quelque chose l’empêchait de frappait Rini. C’était son trésor. Sa porte de sortie. L’accès à des choses mieux. C’était…ce détestable espoir qu’elle haïssait tant. Cette bête qui lui ouvrait régulièrement son antre, qu’elle savait dangereuse, mais dont elle retournait au-dedans de ce cloitre petit, minuscule et sombre pour…souffrir une nouvelle fois.

« J’ai aucune foutue idée si j’t’aime ou si j’ai envie de t’cannibaliser. J’crois qu’j’ai envie de tout ça à la fois. Que tu t’peinturlures l’visage et qu’tu sois à moi. Il se passe trop truc dans ma cervelle de crève-la-dalle. Peut-être…ouais, j’crois qu’j’vais r’tourner dans l’dortoir et m’passer les nerfs sur les quatre crétins… »

Elle parlait mal. Un signe de faiblesse. De déchéance. Marischka allait mal. Elle pensait avoir bien fait. Mais elle avait trop d’attente. C’était une saloperie avec l’espoir. Deux des Quatre Cavaliers. Rini n’y pouvait rien si Marischka avait eu et avait toujours une vie à chier. Mais elle payait le prix des traumatismes accumulées et penchant dangereusement. Car un jour, tout ça se casserait inévitablement la gueule…

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Rini Koken
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Mamar prenait ombrage de son attitude, de son volteface. Rini l'entendit râler - ça, oui ! - mais elle ne chercha pas à lui donner la réplique. Elle perçut également son regard bourré de reproches, mais sans se laisser contaminer par les effluves fielleuses qui s'en dégageaient. A ce stade, la première année savait que des idées bizarres tournoyaient et s'entrechoquaient dans la tête de cet esprit malade.
Je n'aime pas ce silence.
Il était dangereusement éloquent.
Rini avait surtout envie de tracer sa route. Avec ou sans Marischka. Bon, de préférence avec elle, et surtout en compagnie du côté le plus sain de son cerveau affligé par une croissance difficile, oui. Mais elle ne pourrait pas tout avoir. Pas tout le temps. Et certainement pas dans un monde comme celui-ci où, parce qu'elle s'était bien nourrie au cours de sa jeune vie, elle passait pour une fichue privilégiée !

- Si tu ne bouges pas, je vais démarrer sans toi, la prévint gentiment Rini...

A son grand dam.
Désorientée, la Blafarde lui fit alors sa crise. La folle lui révéla ses pensées - qu'elle n'avait aucune envie d'entendre - et, par la même occasion, sa confusion grandissante qui, petit à petit, l'amenait à développer des pulsions meurtrières à l'encontre de ceux qu'elle regrettait de ne pas avoir occis dans le dortoir.

- Non. Ce n'est pas une bonne idée.

Devait-elle se vexer pour l'avoir entendue parler de cannibalisme ? Marischka avait tout de même confié vouloir lui croquer un morceau pour se sentir mieux, nom de Dieu ! Ceci dit, elle se balançait toujours un pied sur l'autre entre brutalité et affectuosité...
Avant d'espérer reprendre leur aventure déjantée, Rini se fit une obligation de la calmer autant qu'elle le pouvait :

- J'ai besoin de toi tout comme tu as besoin de moi, Marischka. Tu ne tiens pas seulement qu'à ta propre survie, non. Je sais très bien ce à quoi tu t'accroches en ma compagnie. Tu souhaites rejoindre un monde meilleur, où tu pourras manger à ta faim sans avoir à toujours regarder par dessus ton épaule ; un monde plus juste, où les gens ne s'étripent pas pour une miche de pain ; un monde plus sain, où les esprits dérangés ne sont pas légion.

Elle haussa les épaules... puis ourla finalement un sourire. Plutôt mince, il ne transpirait aucune moquerie ; il représentait même tout le contraire.

- Dans le fond, tu n'es pas aussi mauvaise que tu le penses. Tu recherches autant la confiance que l'espoir. Et l'un comme l'autre ne s'obtiennent pas en faisant cavalier seul.

Et elle lui tendit la main.

- Tu n'es peut-être a encore prête à l'admettre par peur d'être abusée, je peux le comprendre. Mais c'est de ça dont tu as le plus besoin, et tu ne le trouveras nulle part ailleurs qu'ici.

Du poing, elle se tapota le côté gauche de la poitrine.
Contrairement à bien d'autres en ce bas monde, Marischka pouvait encore être sauvée. Et en se sauvant elle-même, elle en épargnerait ainsi d'autres. Pour la convaincre de changer, Rini ne devait rien lui cacher. D'où son honnêteté sans doute un peu niaise aux yeux de la fieffée survivante.
La « Grasseuse » n'avait pas peur du ridicule.
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Pas aussi mauvaise qu’elle le pensait !?! Ca ressemblait foutrement à une sorte d’injure dissimulée dans un truc qui pouvait sembler positif. Marischka n’aima pas ça. Ca alimenta même son moteur à noires émotions. Elle fulminait intérieurement. Qu’aurait-il fallu pour que de la fumée lui sorte des oreilles ?

Mais par une sorte de miracle, elle ferma sa gueule et écouta jusqu’au bout la logorrhée verbale de Rini la Grasseuse.

Elle ne trouva rien de mieux à faire que de cracher dans sa main et d’aller serrer celle que Rini lui tendait.

« C’est comme une sorte de pacte de confiance. Se serrer la main et mélanger nos fluides. Tu vois, dans le cas où l’une comme l’autre cacherait des poisons ou des saloperies ravageuses de corps par l’intérieur comme de grosses traîtresses. »

C’était probablement le meilleur pas que Rini pourrait espérer pour cimenter leur alliance et reprendre la route. Marischka secoua encore quelques fois la main avant de la libérer et d’avoir un œil furtif pour cette bave qui s’étira avant de se rompre dans l’air. Elle s’essuya tout de suite sur son haut, rajoutant une tâche aux autres.

« Bon, allez, on se bouge les miches ! »

Et il n’était plus question de s’adonner à un carnage dans le dortoir. Les Quatre avaient gagné au moins quelques heures de vie. Car qui savait sur quel monstre ils allaient tomber ? Peut-être même que c’était le monstre au sein de leur propre groupe qui causerait leur perte…

Elles reprirent la route. Empruntèrent des couloirs. Bifurquèrent plus d’une fois. A un moment, il y eut une passerelle au-dessus de leurs têtes et quelque chose traversa. Marischka plaqua sa main sur la poitrine de Rini (sans volonté de la pétrir sexuellement) pour l’emmener presto dans une anfractuosité du couloir. Un endroit où des tuyaux se rejoignaient vers une valve. Cette dernière condamnée pour que le premier quidam ne fasse pas n’importe quoi avec. Puis Marischka tapota deux fois les seins de Rini, un signal pour lui dire que la voie était de nouveau libre et qu’elles devaient se remettre en mouvement. Marischka n’eut même pas un regard pour Rini à ce moment. A peine une œillade pour vérifier qu’aucune nouvelle information n’était apparu dans son champ mort.

Le couloir se mit alors à descendre. A s’élargir aussi. Tandis que les deux murs sur leur côté gauche et droite s’élevaient. Rapidement, elles se retrouvèrent dans une espèce de grande fosse métallique dans lequel des engins aériens immenses auraient pu être construits. Auraient pu, car il n’y en avait pas. Seulement des chaînes dans les airs. Des passerelles qui donnaient dans le vide. Ou encore des échelles soudées dans les murs. De toute façon, Maman Missile n’aurait surement pas permis que de telles choses volent sans son autorisation.

Et en parlant de Maman Missile, des visages familiers apparurent de la crevure d’un mur. A peut-être deux cent mètres de Marischka et Rini. Tout le monde se reconnut. Tout le monde s’immobilisa.

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Et puis le clébard sur pattes robotisées ouvrit sa gueule.

Clébard : « Mamar ! Quelle mauvaise surprise que de te voir ici. Foutue cloporte que t’es : waf ! »

C’était trois hommes qui faisait partie du groupe du Dreddeux. Evénement qui avait eu lieu avant que les deux jeunes femmes se réveillent à l’intérieur de Neo-Auschwitz auprès d’une fausse sainte aux jambes amputées dans son fauteuil roulant.

Clébard : « Viens donc par là qu’ton cul soit défoncé : waf ! »

« Même pas dans tes cauchemars ! J’t’ai jamais senti m’fourrailler, toi et ta p’tite bite de chienne en chaleur ! »

Le clébard vérifia rapidement que son arme était chargé puis la pointa vers la Gueularde.

Il y eut alors une alarme qui résonna. Les lumières se coupèrent et plongèrent tout le monde dans le noir. Pas tout était dans le noir, l’homme à moitié fondu à côté du clébard irradiait une sorte de lumière d’or depuis là où aurait du se trouver ses viscères. Enfin des lumières rouges s’allumèrent ici et là.

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Rini Koken
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Tout dans la délicatesse ! Rini ne peut déroger à cette poignée de mains poisseuse, visqueuse, que Mamar avait personnalisé avec sa propre salive. Elle frissonna de dégout à l'intérieur. Mais à l'extérieur, la battante n'exposait rien de sa répugnance. Cela aurait été impoli. Et, du point de vue de la blafarde, extrêmement hostile.

- J'en comprends le principe.

Méfiante, mais pas trop. D'une certaine façon, Marischka s'ouvrait à elle. Même si ce n'était pas Rini qui se risquerait à l'empoisonner. La première répugnait certes à l'admettre bien qu'elle ait besoin de sa nouvelle partenaire pour tirer le meilleur partie de sa situation. Quant à la deuxième... eh bien, malgré ce costume de guerrière de la nuit qu'elle portait toujours, la jeune femme gardait les pieds sur terre. Sans Marischka et son expérience de ce monde postapocalyptique, elle finirait beaucoup plus tôt que tard capturée et, très probablement, violée. Voire même dévorée par une meute de cinglés affamés, qui sait ?
La pugiliste ferma le poing.
Et en route, mauvaise troupe !

Elles avaient donc repris leur chemin. Un dédale de couloirs à demi obscur à n'en plus finir. Après un énième tournant, le duo passa sous une passerelle. Au bruit, on la devinait visitée ; ce qui n'était pas pour faire leurs affaires. A défaut d'avoir le cerveau encombré d'autre choses que des idées particulièrement lugubres, Marischka avait l'ouïe fine, très développée. Ce fut elle qui les poussa à se retrancher dans un mètre carré sûr, découpé dans un coin parmi les tuyaux. Rini grimaça légèrement en sentant la valve condamnée s'enfoncer dans le bas de son dos. Contact désagréable, tout comme l'était cette main pressée contre sa poitrine qui l'invitait à ne surtout pas bouger. Par chance, la Skull Rider avait conservé son "armure" mixte. Elle ne sentait qu'à peine les doigts de la blafarde. Tout juste assez pour en capter les signaux, traduits à partir d'impacts légers sur la façade de sa maigre cuirasse.
Les bruits de pas se sont éloignés.
Elles quittèrent leur cachette. Puis rebelotte : retour au labyrinthe enténébré.

Plus loin, le sol et le plafond s'inclinaient en une pente de plus en plus affirmée. Au-delà, le boyau de métal et de bitume renforcé débouchait sur une ouverture plus profonde, plus large et plus haute. Spacieuse, oui. Comme l'intérieur d'un silo, ou d'une tour, au fond duquel le sol s'incurvait. Rini leva la tête et plissa les yeux. D'autres passerelles pendaient au-dessus du vide. Plusieurs, cette fois-ci. Elle dénombrait quelques échelles aussi. Certaines dans un état trop pitoyable pour servir à autre chose que de se fracasser en contrebas. Marischka s'immobilisa. Sa compagne de mésaventure se prêta à cette initiative. A plusieurs envergures de leur position, un trio familier les avait repérées. Trois membres du groupe du Dreddeux, dont ce singulier bouledogue monté sur des échasses métalliques. Le porte-parole de cette découpe d'équipe. Un cabot intelligent et tordu qui n'avait pas sa langue dans sa gueule. Il provoquait « Mamar ». Celle-ci lui répondit avec tout l'amour qu'elle avait coutume de cracher à la tronche de ceux qui cherchaient à lui chier dans les pattes. Le chien avait pourtant son fusil entre les siennes. Sans compter son camarade à sa gauche, qui en transportait un encore plus gros en travers de ses épaules desséchées.
Les grands esprits se rencontrent.
Rini s'était abstenue d'invectiver leurs rencontres de bien mauvais goût. De toute manière, si elle avait voulu le faire elle aurait été bien stupide de s'en évertuer ; une alarme assourdissante avait retenti, recouvrant les bruits avant de leur voler cette lumière ambiante qui leur avait permis de se retrouver pour une potentielle revanche.

- Baissons-nous.

C'était le mieux à faire dans ces circonstances. Du moins avant que quelques luminaires se mettent à rougeoyer par intermittence le long des parois circulaires, leur évoquant à tous un sentiment d'urgence.

- Viens ! Cherchons une issue.

Pendant qu'elles le pouvaient encore ?
Grâce à ce cyborg à moitié fondu dont on voyait luire les entrailles jaunâtres, Rini avait un aperçu plus ou moins clair de l'adversité. Presque pliée en deux, elle se lança dans une opération de contournement. L'œil attentif au moindre éclat suspect. L'oreille à l'affût d'un sifflement meurtrier.
En espérant que Marischka, bien sûr, ne la devance pas avec la ferme intention de "défourailler" son homologue canin ?
La blafarde se voulait très revancharde, après tout...
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