Valeria était sous le choc. Camille pouvait le comprendre, le cœur de son laboratoire était très impressionnant. Elle souriait doucement tout en laissant sa Maîtresse digérer les informations que Camille lui avait donnés. Valeria suggéra d’utiliser les cavernes pour générer une sorte de Portail entre Terra et le Tekworld.
«
Ce type de Portail existe déjà, Maîtresse. J’en ai un dans mon manoir. »
Le Rayon Indigo était relié à Terra, ainsi qu’aux autres Rayons liés au Monde Ultime. Il n’était donc pas très difficile de voyager d’une dimension à l’autre. Autant dire que Camille n’avait pas vraiment compris ce que Valeria envisageait !
«
Herzeleid dispose encore de riches gisements magiques que nos carrières exploitent. Toute cette technologie futuriste utilise comme source d’énergie les cristaux et les minerais que nous avons dans les mines. Les Auriens utilisent la magie comme carburant, Maîtresse. Ils ont développé des techniques de forage et de combustion qui leur permettent, dans leurs usines, de transformer les sources magiques en un liquide exploitable, un carburant qu’ils utilisent pour leurs technologies de guerre. »
Les renseignements herzelois étaient formels sur le sujet. Camille aurait bien aimé savoir comment exploiter comme eux les ressources magiques, mais elle manquait encore d’expérience dans ce domaine. Valeria semblait y tenir, mais les Portails ne permettaient pas encore de fonctionner de manière continue, ou de transférer trop de matériel. On pouvait transporter des personnes, leurs tenues, leurs objets, mais, s’il y avait trop de masse, les Portails devenaient instables.
Camille n’avait toutefois pas encore fini sa présentation. Elle attrapa la main de Valeria, et le duo sortit du Cortex. Elles rejoignirent une autre aile du complexe.
La Comtesse montra à Valeria depuis une salle d’observation une grande pièce blanche en contrebas. Des femmes étaient attachées sur des fauteuils futuristes, avec des casques sur leurs visages. Elles portaient des combinaisons moulantes en latex ressemblant à des uniformes, et subissaient un véritable
brainwashing. Des électrodes étaient installés sur leurs corps, des godes remuaient énergiquement dans leurs parties intimes, y compris leur bouche, tandis que les casques futuristes diffusaient des messages elliptiques. Des tentacules plus fins s’étaient enfoncés dans leurs oreilles pour atteindre leurs cerveaux.
«
Voici ma chaîne de fabrication, Maîtresse ! Vous avez vu mes Automatons. Ici, je conçois des guerrières, des femmes aussi belles que fortes. Dans cette partie du complexe, nous remodelons leurs cerveaux. Vous vous souvenez des nonnes de tout à l’heure ? Si je ne les ai pas tués, c’est parce qu’elles sont intégrées dans ce processus. »
La première étape était l’immersion dans les cuves translucides. On changeait leurs formes, on les embellissait en gonflant leurs seins. Les hommes avaient droit à un traitement différent, car il fallait, soit changer leurs sexes, soit en faire des mâles-Alpha, que Camille appelait ses «
Übermensch ».
Les femmes s’appelaient les «
Lycoris ». Quand la transformation se terminait, elles recevaient leur combinaison. Camille le montra à Valeria. Elle put voir une femme remodelée atterrir dans une autre cuve, où on lui injecta sa combinaison, comme une sorte de symbiote en latex qui embellissait ses formes, en terminant ensuite par un code sur les fesses : la lettre «
L » suivie d’un numéro, correspondant à son matricule.
Une fois cela fait, la
Lycoris était envoyée dans la salle avec les fauteuils pour l’étape de remodelage mental et cérébral. Électrochocs, hypnose, il fallait les remodeler pour en faire des esclaves fidèles, sans pour autant écraser leur personnalité.
«
Le spectacle vous plaît ? »
Une voix sensuelle émana derrière Valeria. Elle put voir une Gynoïde magnifique.
«
Voilà mon contact, Maîtresse… Celle qui a permis de construire tout ce complexe, et toute cette technologie. C’est une androïde, comme vous pouvez le sentir. »
Elle était d’une beauté époustouflante, portant une combinaison moulante blanche et dorée. Elle s’appelait
Belladone et se rapprocha des deux femmes. Son corps dégageait de délicieuses odeurs aphrodisiaques, des phéromones qui exprimaient tout son talent.
«
Dame Valeria… Quand Camille a parlé de toi, j’ai eu très envie de te rencontrer. Camille avait un peu peur de te montrer notre installation… Toute cette technologie, c’est assez inhabituel pour une démone, non ? »