Cette grande région située au sud de l'Empire constitue un ancien Empire qui s'opposa jadis à Mijak, et qui est aujourd'hui l'une de ses plus riches et puissantes provinces.
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Le poids de la famille [Ft. Clan Viscarion]

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Kalima Maestre
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Eh bien, voilà qui est fort embêtant.

La liste des crimes que Kalima a commis est étonnamment longue, il faut se le dire. Du meurtre patricide au vol à l'étalage, en passant par l'indécence publique, le vandalisme, la possession et la vente de substances illégales, et même du tapage nocturne - vous ne serez pas étonnés d'apprendre qu'elle n'est pas du genre à s'adonner à des activités intimes de manière discrète - la métisse est clairement une criminelle d'expérience malgré son jeune âge. Et le plus beau dans tout ça, c'est qu'elle a toujours réussi à s'en tirer. En fuyant la scène avant de se faire prendre, en jouant la comédie pour en blâmer un autre, ou en usant de ses charmes et de son sang noble pour lever les accusations, elle a toujours su échapper aux grandes mains de la justice, qui n'ont jusqu'ici jamais pu la serrer dans leur étouffante étreinte.

Mais toute bonne chose a une fin, comme il est dit, et même le talent de Kalima pour l'évitement leste de toute conséquence légale a apparemment ses limites. Des limites autrement rendues plus absurdes par le fait qu'elle ne s'est pas faite attraper pour meurtre, pour distribution de drogues, pour vol ni même pour indécence publique, mais pour un crime purement accidentel, et encore plus absurde qu'elle n'a l'habitude d'en commettre.

Voyez-vous, la veille au soir, la jeune bourgeoise itinérante a enfin atteint la ville de Tour Royale, la Lumen de Mijak, la perle du Domaine, cette capitale régionale où la dignité et la noblesse des Viscarii s'expriment en hauteur, aussi bien métaphorique que très littérale ; une étape importante dans son long voyage, où l'objectif principal est de s'éloigner tranquillement de Braavos, idéalement en faisant le tour de toutes les cités qui pourraient receler une quelconque source d'amusement pour elle. Tour Royale, de toute évidence, n'est pas exactement le centre de la débauche, puisqu'elle est habitée d'une large population de nobles avec des balais profondément ancrés dans le derrière, mais elle demeure une large cité, et comme toutes les villes de cet acabit, elle ne manque pas d'opportunités pour se relâcher. Il suffit de savoir comment les chercher - et Kalima un don inné pour ce genre de chose.

Utilisant ses talents de détective en herbe et sa capacité à interroger les âmes les plus insalubres que l'on puisse trouver dans les ruelles d'une telle cité, trouver l'endroit où terminer sa soirée en beauté a été un véritable jeu d'enfant. Ce lieu s'avéra être l'Auberge du Dragon Rose, une institution vieille de plus d'un siècle, se spécialisant dans la dépravation et le vice, ouverte à tous - autant les citoyens de basse classe que les nobles en quête de plaisirs honteux, tant qu'ils sont en mesure de payer et de garder ce qui se passe dans l'Auberge à l'intérieur de l'Auberge. Ce n'est pas pour rien que l'expression « sauf une fois au Dragon Rose » est devenue populaire parmi la population locale. C'est un centre culturel de grande importance, dont tous un chacun connaissent la véritable nature, mais qui est de facto protégé par une entente implicite entre ses clients et les forces de l'ordre. On peut voir l'Auberge comme une sorte d'éponge à vices, un lieu stratégiquement placé pour contenir à lui seul les vices combinés des citoyens de Tour Royale, et auquel les autorités ne portent aucune attention tant et aussi longtemps que ces dits vices n'en débordent pas de manière impossible à décemment ignorer. Un véritable centre local pour les âmes en quête d'un peu de je-ne-sais-quoi pour pimenter leur soirée, l'agrémentant d'un parfum d'alcool, de drogues, de jeux et de sexe.

L'endroit idéal, donc, pour que Kalima y écoule sa nuit et y trouve une chambre, soit en la louant elle-même, soit, idéalement, en empruntant celle d'un autre client. Ou de plusieurs autres clients. Et c'est bien ce qui est arrivé, au bout d'une soirée enlevante et explosive, durant laquelle la belle métisse mêla tous les plaisirs possibles, se produisant sur scène en usant de sa magie illusoire de manière libérale, ou empruntant le poteau de métal érigé en son centre pour s'afficher en une danse sensuelle et étonnamment technique, que seule une personne aussi souple et agile qu'elle puisse espérer accomplir. Elle absorba des substances légales autant qu'interdites, par la bouche, par le nez et même par les yeux - et elle a presque failli en tester une en suppositoire, à vrai dire, mais son attention fut détournée juste à temps par le début d'une bagarre qui se transforma d'ailleurs inexplicablement en orgie. Bref, ce fut une soirée mémorable... enfin, au sens métaphorique. En vérité, elle était plutôt du genre à ne laisser que des souvenirs confus et décousus, mais tout de même largement plaisants.

La jeune descendante de Démons a-t-elle été victime d'un raid surprise par les forces de l'ordre, vous demanderez-vous alors ? A-t-elle été surprise en train d'ingérer une drogue expérimentale, ou en train de se dénuder en lieu public ? Est-ce qu'elle a, accidentellement ou pas, brisé le nez d'un noble rancunier, ou causé une scène d'adultère au sein d'un couple qui se croyait soudé, ou peut-être même glissé l'appendice au bout de sa queue dans un orifice dont le propriétaire n'avait pas (encore) explicitement exprimé son consentement ?
Tout cela s'est très probablement produit à un moment ou à un autre (à l'exception d'un raid qui, comme nous l'avons établi, serait fort inusité en ces lieux) - mais ce n'est pour aucune de ces raisons pourtant très valables qu'elle a fini derrière les barreaux.

Non, la véritable raison est à la fois plus ridicule et plus simple que tout cela. Ce n'est pas lors de sa soirée qu'elle a commis le fait irréparable, mais le lendemain matin. Voyez-vous, Kalima s'est éveillée bien trop tôt pour son propre bien, frappée par inadvertance par les mouvements de son voisin de couche - une couche, il faut le dire, habitée par beaucoup trop de gens à la fois. À moitié endormie, assaillie par une migraine incroyable, la gorge sèche et la bouche pâteuse, la pauvre jeune dame, à moitié habillée, s'est dirigée vers les latrines de l'Auberge, dans le but très compréhensible de vider une vessie depuis trop longtemps ignorée. Malheureusement pour elle, les latrines de son étage se sont trouvées condamnées - saccagées, semble-t-il, par les activités un peu trop enjouées d'un couple de mages, qui a décidé de se faire l'amour de manière figurativement et littéralement explosive, et ce, sans prendre la peine d'atteindre leur chambre. Une occurrence tristement fréquente au Dragon Rose, à vrai dire.

Irritée et désespérée, sa migraine s'accentuant et son besoin de se vider se faisant de plus en plus vif, Kalima n'a même pas songé à la solution évidente, c'est-à-dire à tenter d'aller aux latrines du rez-de-chaussée, ou même à celles de l'étage supérieur. Non, à la place, pour une raison qui lui échappe désormais complètement, la jeune métisse s'est inspirée de ses partenaires masculins et de leur utile appendice, qui leur permet d'uriner n'importe où à leur guise. Ouvrant la fenêtre de sa chambre, elle dirigea ses besoins vers l'extérieur, usant de son pouvoir pour se fabriquer une espèce de tuyau improvisé qui, stratégiquement placé dans son intimité, permit au liquide doré de s'écouler sans dégât dans le vide. Franchement, sur le coup, Kalima s'est trouvée drôlement maligne, et cette manière absurde d'imiter ses congénères masculins eut le mérite de ponctuer une matinée désagréable d'un peu d'amusement enfantin.

Tout cela n'aurait été qu'une petite anecdote puérile et légèrement lubrique, si seulement elle avait pris la peine de regarder dehors avant d'y diriger ses besoins. Malheureusement, aussi maligne soit-elle, notre jeune héroïne, à l'esprit encore à moitié engourdi par une panoplie de substances fusionnées à un évident manque de sommeil, n'a pas eu cette idée salvatrice et, par conséquent, il s'avère que son urine est bêtement tombée en plein sur la tête d'un noble de passage, qui avait de surcroît choisi de ne pas porter de chapeau en cette chaude matinée.

Les choses se sont passées vite à partir de ce moment. Ledit noble n'avait pas l'intention de laisser passer cet affront, même en connaissant la réputation libidineuse de l'établissement ; il dépêcha rapidement deux membres de la garde locale qui, malgré leur désir habituel de ne pas se mêler des affaires du Dragon Rose, n'ont pas eu d'autre choix que de lui obéir, par peur de perdre leur travail. Trouver la chambre de Kalima et y pénétrer n'était pas une affaire bien compliquée, et lorsqu'ils ouvrirent une porte qui n'était même pas verrouillée, ce fut pour trouver la dame encore à moitié nue, au milieu de ses partenaires endormis, jouant avec son « tuyau urinaire » comme une gamine excitée par une découverte tenant du génie. Difficile pour elle, dans de telles conditions, de blâmer l'un des mâles endormis, surtout que son esprit ralenti, sous l'effet de la surprise, ne réussit pour une rare fois pas à formuler une excuse vraisemblable.

Compte tenu de son propre statut de noble, on lui laissa la grâce de s'habiller, mais cette fois-ci, son indécence n'a pas pu être simplement balayée, sa victime insistant pour qu'elle soit punie. Elle fut escortée jusqu'à la prison locale, où on confisqua temporairement son havre-sac avant de la jeter derrière les barreaux. Sa noblesse ainsi que sa féminité lui permirent d'avoir une cellule individuelle plutôt que d'être placée avec d'autres criminels, mais ce fut là la seule grâce qu'on lui accorda. Du reste, on lui indiqua qu'elle pourrirait sur place jusqu'à ce que son cas soit traité, ce qui pourrait prendre de plusieurs heures à plusieurs jours. Naturellement, elle a plaidé pour payer son amende aussitôt, avec une large somme supplémentaire s'il le faut, et cela aurait peut-être fonctionné en d'autres circonstances, mais encore une fois, malheureusement, il a fallu que son urine tombe sur la tête d'une personne trop importante pour que ses tactiques habituelles ne portent fruit.

Et c'est là, chers lecteurs, que nous retrouvons donc notre pauvre Kalima. Enfermée, pour la première fois de sa vie, derrière d'épais barreaux de fer, et ce, pour le crime le plus léger et inconséquent qu'elle ait jamais commis - aussi répugnant soit-il. Si l'idée d'user de sa magie pour se tirer de sa situation précaire lui a maintes fois traversé l'esprit, notre jeune Braavienne préférée a au moins la sagesse de s'en retenir, histoire de ne pas aggraver son cas. Après tout, elle reste une membre de la famille Maestre, bien qu'elle déteste avoir à invoquer son nom ; et une dame qui a des liens aussi puissants avec la Banque de Fer ne saurait rester en prison bien longtemps, faute d'avoir commis un meurtre... Ce qui est son cas, bien sûr, mais ce n'est pas là la question, puisque personne n'est au courant de la chose, fort heureusement.

Couchée sur le banc de roc qui fait office de « lit » en ces lieux lugubres et humides, couvant un mal de tête lancinant ainsi qu'une rage justifiée envers sa propre bêtise, Kalima, les dents serrées, attend donc que quelqu'un prenne la peine de traiter son dossier, en espérant que cela sera fait aussi rapidement que possible. Elle ne prend même pas la peine de continuer de plaider son cas aux gardes postés à l'entrée de la salle des cellules, sachant pertinemment que son charisme naturel sera ici inutile, surtout compte tenu des conditions ridicules ayant mené à son arrestation. Difficile, après tout, de charmer un homme lorsque celui-ci nous imagine en train de pisser par la fenêtre. À moins que cela fasse partie de ses fétiches, bien sûr, mais c'est une possibilité que Kalima est trop fatiguée pour tenter d'exploiter.

Le seul bruit qui s'échappe de ses lèvres, alors, est une série de soupirs, ponctuée par quelques râles plaintifs et, à une occasion, par un rot plus bruyant que prévu. Elle digère encore les événements de la veille, après tout, aussi bien mentalement que physiquement, alors difficile de lui en vouloir à ce niveau.
Et elle écoule ainsi les heures, marinant dans son inconfort, s'endormant parfois pour quelques instants avant de s'éveiller en sursaut, soit à cause du cri d'un autre prisonnier, soit simplement parce que ce qui lui sert de couche est tout bonnement invivable. Si elle n'était pas vêtue d'une jolie robe qui jure violemment avec le genre d'endroit où elle se situe, on pourrait presque la prendre pour une criminelle commune, une simple prostituée droguée attrapée au détour d'une ruelle, surprise avec une pipe dans la bouche ou une bite dans la main, ou inversement.

Il va sans dire que la famille Maestre semble, à cet instant précis, être tombée bien bas.
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