- Grayle le Marchemonde
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- Enregistré le : 08 sept. 2024 12:58
Le soleil du petit matin embrasait les sommets enneigés qui dominaient la vallée, leurs pics acérés déchirant un ciel d'un bleu profond et pur. Dans la vallée où nichait le village, l'air était doux, presque tiède, portant avec lui l'odeur de la terre humide et des pins qui tapissaient les pentes basses.
— Il arrive ! Grayle arrive !
Grayle ne put s'empêcher de sourire, alors qu'une demi-douzaine d'enfants sautaient des rochers surplombant le petit chemin de terre qu'il empruntait, atterrissant avec douceur sur le sol rocailleux, avant de courir à travers le terrain accidenté, laissant derrière eux rires enjoués et une odeur de terre fraîchement remuée. Le pérégrin, lui, continuait sa marche avec la vigueur qui le caractérisait. Sur son dos, l'immense sac en cuir de yak lui donnait l'apparence d'un colporteur chargé de marchandises démesurées, si ce n'est qu'il ne transportait pas des ballots de tissus, mais quatre chèvres sauvages, dont les cornes et sabots dépassaient légèrement du cuir tanné.
Il poussa un bref « holà ! » alors qu'il dérapait sur la petite pente, mais parvint à retrouver son équilibre, solidement appuyé sur son bâton de marche. Il resta un instant immobile, fouillant dans son sac sans fond, accroché en bandoulière, duquel il tira une gourde d'eau fraîche, buvant généreusement au goulot. Une partie de l'eau coula contre son menton, avant de tacher sa goncha, sa veste courte en peau de mouton retournée.
— Bon, fini le calme... c'est parti.
Lorsqu'il arriva au village, le nombre d'enfants avait doublé, et une poignée de villageois venaient l'accueillir, scandant son nom avec plaisir. Les drapeaux de prières multicolores allant du bleu au rouge en passant par le vert et le jaune claquaient au vent du matin entre les maisons de pierre serrées les unes contre les autres, leurs toits plats formant comme une cascade de terrasses descendant vers la place centrale. De fines volutes de fumée s'échappaient des cheminées, portant l'odeur du bois brûlé et du pain matinal.
Grayle n'était pas du coin. Sa peau claire, ses yeux bleus et ses cheveux bruns montraient qu'il était un étranger. Et pourtant, voilà qu'il revenait avec non pas une, ni deux, mais quatre bharals, là où leurs meilleurs groupes de chasseurs revenaient généralement avec une paire d'entre elles, et toujours fatigués. Mais lui, qui n'était arrivé que depuis deux semaines, était pourtant en pleine forme, comme s'il avait fait ça toute sa vie. Face à lui, Melanilek, la chef du village, ouvrit des bras acceuillants, l'enlacant comme une tante acceuille son neveu, le regardant avec fierté.
- Quelle offrande tu nous fait Grayle ! Je dois t'avouer, nous pensions que te lancer ce genre de défi était imprudent, mais tu t'en es sorti avec un tel brio ! Nos chasseurs vont se faire moquer par leurs femmes ce soir !
- N'y allez pas trop fort quand même, je ne veux pas de maris jaloux à mes trousses aujourd'hui. J'ai déjà donné !
Ils explosèrent de rire ensemble, alors qu'une poignée de villageois venaient se saisir du butin pour l'emmener à l'air de découpe, située à quelques centaines de mètres du reste du village. Les habitants de Rokorlek manquaient rarement de nourriture, les montagnes étant généreuses en fruits, baies, et les terasses en contrebas étant fertiles malgré le froid typique de la région, mais quatre chèvres d'un coup représentait une parfaite occasion pour faire la fête. Après quelques félicitations d'usages et tapes sur l'épaule, les hommes disparurent, laissant Grayle seul avec Melanilek, qui chassa les enfants, prenant Grayle par l'épaule.
- Comment étaient les montagnes ? As tu aperçu quelque chose de particulier ?
Il fronça les sourcils. Le ton de la femme, une solide courtaude d'âge mur, était inquiet et intriguant. Cette demande n'était pas innocente...
- Rien de particulier. Pas de glissement de terrain, ni de monstre ou autre voyageur. Le calme plat comme toujours, ce qui est bon signe vu que je dois bientôt partir il sentit les épaules de la chef de village s'affaisser. Mais pourquoi cette question ? Elle le fixa dans les yeux.
- Des étrangers sont venus. Ils cherchent quelqu'un...
- Ha ? Silence. Moi ?
- Non, d'autres personnes. Deux jeunes filles... ils semblent très inquiets pour elles, je me suis dit, peut-être que tu les auraient croisées, ou aperçues...
Il se gratta les cheveux, l'air gêné. L'arrivée d'un étranger était bienvenue. Mais celle de plusieurs étrangers, qui se cherchaient les uns les autres et posaient des questions à la ronde ? Personne n'aimait ca...
- Ecoute, je vais aller leur parler. peut-être que je peux les rassurer et leur filer un coup de main, ca les rassurera et ils rentreront bien gentiment chez eux. Clin d'oeil, sourire, rendus. Allez, où sont-ils ?
- A l'auberge, suis moi Grayle ! Je t'avoue, je les trouve un peu inquiétant...
Elle avait raison.
Lorsqu'ils arrivèrent à l'auberge, c'est un groupe de 4 personnes qui les attendaient. L'un d'entre eux, un nain à la barbe de feu et équipé pour la montagne, avec une épaisse tunique, tenait déjà une chopine, et les regardaient d'un oeil torve. Un autre membre du quatuor était une femme, grande, belle et musclée, que Grayle estimait âgée d'une trentaine d'année. Elle était adossée contre un mur, bras croisés, une longue et élégante rapière à sa hanche, de longs cheveux noirs cascadant sur ses épaules. Enfin, deux autres humains, un homme et une femme d'apparence quelconque, aux traits tirés mais au regard d'acier, fixaient Grayle avec perplexité. Il vit, à leur ceinture, des livres épais et de courtes épées. Des magiciens, peut-être ?
- Vous. Vous n'êtes pas du coin. Madame Melanilek, qui est cet homme ? Elle fit un signe de tête à Grayle.
- Je m'appelle Grayle, et oui, je ne suis pas du coin. Je suis ici depuis deux semaines, le temps de me reposer entre deux voyages. J'ai appris que vous cherchiez quelqu'un, je peux peut-etre vous aider ? Je reviens d'une chasse.
Ils se regardèrent les uns les autres, lançant un conciliabule à voix basse, avant de s'accorder d'un hochement de tête. Nous sommes envoyés par le comte De Brazier.
Silence. Grayle fronça les sourcils. Etait-il sensé connaître ce pégu. Il décida d'être diplomate.
- Comme vous le savez, je ne suis pas du coin... désolé, je ne connais pas. La magicienne haussa les épaules, avant d'ouvrir un étui, et d'en tirer un parchemin, qu'elle déroula. Un avis de recherche, qu'elle donna à Grayle.
- Nous cherchons ces deux jeunes femmes. Des adolescentes, plutot petites et fines. L'une a de longs cheveux roux, l'autre des cheveux roses. Ca vous dit quelque chose ?
Il regarda l'avis de recherche. Deux portraits très bien réalisés, montraient en effet, deux jeunes femmes, à peine adultes. Vialyna Nephoël et Féhanor de Brazier. Cette dernière avait de grands yeux, qui semblaient percer à travers son âme. Il fouilla dans sa longue et infinie mémoire, mais aucun souvenir ne surgit.
- Désolé, jamais vu ici. De Brazier ? C'est la fille de votre Duc ?
- Oui, confirma le magicien, alors que le nain buvait allègrement dans sa chope, semblant se ficher de toute l'affaire. Notre maître cherche à la sauver de cette Néphoël ?
- La sauver ? Il rejeta un oeil à l'avis de recherche. Avant de sourire.
- Ooooooh, je vois ! Elle s'est carapatée avec son amoureuse ? Laissez moi deviner, un mariage raté, un amant éconduit et furieux...
- Si seulement ce n'était que ca ! se lamenta la magiciene. Non, il s'agit d'une sorcière ! Une perverse dégénérée qui utilise la magie rose, et profite de son apparence innocente pour séduire hommes et femmes et en faire des esclaves.
- Elle est extrêmement dangereuse. Elle a ensorcelée la pauvre Féhanor, et son père cherche désespérement à retrouver sa fille. Elle est si jeune...
Grayle continuait de fixer le parchemin. Grayle continuait de fixer le parchemin. L'histoire tenait la route, il devait l'admettre. Des sorciers et sorcières utilisant la magie rose pour enlever ou assujettir de beaux jeunes hommes et femmes, Grayle en avait déjà croisé. Et fait les frais. Les deux magiciens semblaient sincères, presque trop peut-être... Mais quelque chose dans leur ton, leur empressement, l'intriguait, et une petite voix lui chuchotait qu'ils ne disaient pas tout. Il décida de garder cette impression pour lui.
- Et ca remonte à combien de temps ?
- Des mois ! De notre côté, nous traquons Vialyna depuis des semaines, et savons qu'elle et Féhanor se dirigent par ici, probablement pour atteindre Nessemade. Il n'y a pas trente-six chemins pour l'atteindre, et elles ont été repérées il y a deux semaines à quelques jours d'ici.
- Nous ne les avons jamais croisées, je le jure, affirma Melanilek. Le magicien fit une courbette et lui jeta un doux sourire.
- Je vous crois madame. Il n'y a aucune trace d'ensorcellement chez vous.
- Il y a d'autres chemins à travers les montagnes commenta Grayle. Je comptais rester encore quelques jours, mais je peux partir demain ou ce soir si nécessaire. Je doute qu'elles soient plus rapides que moi, elles n'ont pas l'air particulièrement taillées pour la montagne. J'ai quelques chances de les rattraper.
- Vous feriez ca pour nous ?!
Il haussa les épaules.
- J'ai eu une amie, un jour, qui avait été ensorcelée, comme votre petite Féhanor. Ca ne me coûte rien d'essayer.
- Si vous les trouvez, essayez de convaincre Féhänor !Son père l'aime beaucoup et sera dévasté qu'elle soit blessée ou mutilée ! lui demanda la magicienne en prenant ses mains, le regardant avec un air suppliant. Nous sommes tous très inquiets pour elle !
- Quant à la récompense...
Grayle haussa la main.
- Non, je fais ca gratuitement.
- On parle pas d'argent, gamin, cracha le nain avec une voix grave. Notre employeur est riche d'autres choses. Il a des relations. Des artefacts...
Grayle se mit à sourire.
- Vous aviez ma curiosité, maintenant vous avez mon attention... Le nain se mit à ricaner. La bretteuse, toujours adossée au mur, ne dit rien. Le magicien fouilla dans son manteau, et en tira une pierre blanche et plate.
- C'est un...
- Une pierre de communication, je connais, le coupa Grayle en se saisissant de l'objet. La bretteuse se redressa imperceptiblement, ses yeux noirs fixant l'immortel avec une intensité nouvelle, comme si elle réévaluait l'homme devant elle.
Il caressa doucement la pierre, et les poches des deux magiciens se mirent à hululer comme un hibou au loin. Il le regarda d'un air interloqué.
- Vous connaissez ?!
Clin d’œil.
- Je suis pas né de la dernière pluie, dit-il d'un air mystérieux, sentant les regards du quatuor soudainement bien plus attentifs.
Il tira de son sac une carte de la région, la déplia sur la table de l'auberge, et pointa plusieurs chemins du doigt.
- Il y a trois passages principaux pour rejoindre Nessemade depuis ici. Le col de Karnak, le plus direct mais le plus élevé et difficile. Le passage des Pierres Chantantes, plus long mais praticable. Et enfin, la vallée de Shenkor, qui contourne les montagnes par l'ouest. Si elles veulent éviter d'être repérées, elles ont probablement choisi l'un des deux derniers. Nous pourrions nous séparer pour couvrir plus de terrain : je prends Karnak et Pierres Chantantes, ils sont proches l'un de l'autre et je peux me déplacer rapidement. Vous, prenez Shenkor. Si l'un d'entre nous les trouve, on utilise les pierres de communication.
Le magicien étudia la carte avec attention, hochant la tête d'un air approbateur.
- C'est un bon plan. Nous partons demain à l'aube ?
Grayle secoua la tête en souriant.
- Vous partez à l'aube. Moi, je pars ce soir après la fête. J'aime bien marcher de nuit, et je veux avoir le ventre plein
— Il arrive ! Grayle arrive !
Grayle ne put s'empêcher de sourire, alors qu'une demi-douzaine d'enfants sautaient des rochers surplombant le petit chemin de terre qu'il empruntait, atterrissant avec douceur sur le sol rocailleux, avant de courir à travers le terrain accidenté, laissant derrière eux rires enjoués et une odeur de terre fraîchement remuée. Le pérégrin, lui, continuait sa marche avec la vigueur qui le caractérisait. Sur son dos, l'immense sac en cuir de yak lui donnait l'apparence d'un colporteur chargé de marchandises démesurées, si ce n'est qu'il ne transportait pas des ballots de tissus, mais quatre chèvres sauvages, dont les cornes et sabots dépassaient légèrement du cuir tanné.
Il poussa un bref « holà ! » alors qu'il dérapait sur la petite pente, mais parvint à retrouver son équilibre, solidement appuyé sur son bâton de marche. Il resta un instant immobile, fouillant dans son sac sans fond, accroché en bandoulière, duquel il tira une gourde d'eau fraîche, buvant généreusement au goulot. Une partie de l'eau coula contre son menton, avant de tacher sa goncha, sa veste courte en peau de mouton retournée.
— Bon, fini le calme... c'est parti.
Lorsqu'il arriva au village, le nombre d'enfants avait doublé, et une poignée de villageois venaient l'accueillir, scandant son nom avec plaisir. Les drapeaux de prières multicolores allant du bleu au rouge en passant par le vert et le jaune claquaient au vent du matin entre les maisons de pierre serrées les unes contre les autres, leurs toits plats formant comme une cascade de terrasses descendant vers la place centrale. De fines volutes de fumée s'échappaient des cheminées, portant l'odeur du bois brûlé et du pain matinal.
Grayle n'était pas du coin. Sa peau claire, ses yeux bleus et ses cheveux bruns montraient qu'il était un étranger. Et pourtant, voilà qu'il revenait avec non pas une, ni deux, mais quatre bharals, là où leurs meilleurs groupes de chasseurs revenaient généralement avec une paire d'entre elles, et toujours fatigués. Mais lui, qui n'était arrivé que depuis deux semaines, était pourtant en pleine forme, comme s'il avait fait ça toute sa vie. Face à lui, Melanilek, la chef du village, ouvrit des bras acceuillants, l'enlacant comme une tante acceuille son neveu, le regardant avec fierté.
- Quelle offrande tu nous fait Grayle ! Je dois t'avouer, nous pensions que te lancer ce genre de défi était imprudent, mais tu t'en es sorti avec un tel brio ! Nos chasseurs vont se faire moquer par leurs femmes ce soir !
- N'y allez pas trop fort quand même, je ne veux pas de maris jaloux à mes trousses aujourd'hui. J'ai déjà donné !
Ils explosèrent de rire ensemble, alors qu'une poignée de villageois venaient se saisir du butin pour l'emmener à l'air de découpe, située à quelques centaines de mètres du reste du village. Les habitants de Rokorlek manquaient rarement de nourriture, les montagnes étant généreuses en fruits, baies, et les terasses en contrebas étant fertiles malgré le froid typique de la région, mais quatre chèvres d'un coup représentait une parfaite occasion pour faire la fête. Après quelques félicitations d'usages et tapes sur l'épaule, les hommes disparurent, laissant Grayle seul avec Melanilek, qui chassa les enfants, prenant Grayle par l'épaule.
- Comment étaient les montagnes ? As tu aperçu quelque chose de particulier ?
Il fronça les sourcils. Le ton de la femme, une solide courtaude d'âge mur, était inquiet et intriguant. Cette demande n'était pas innocente...
- Rien de particulier. Pas de glissement de terrain, ni de monstre ou autre voyageur. Le calme plat comme toujours, ce qui est bon signe vu que je dois bientôt partir il sentit les épaules de la chef de village s'affaisser. Mais pourquoi cette question ? Elle le fixa dans les yeux.
- Des étrangers sont venus. Ils cherchent quelqu'un...
- Ha ? Silence. Moi ?
- Non, d'autres personnes. Deux jeunes filles... ils semblent très inquiets pour elles, je me suis dit, peut-être que tu les auraient croisées, ou aperçues...
Il se gratta les cheveux, l'air gêné. L'arrivée d'un étranger était bienvenue. Mais celle de plusieurs étrangers, qui se cherchaient les uns les autres et posaient des questions à la ronde ? Personne n'aimait ca...
- Ecoute, je vais aller leur parler. peut-être que je peux les rassurer et leur filer un coup de main, ca les rassurera et ils rentreront bien gentiment chez eux. Clin d'oeil, sourire, rendus. Allez, où sont-ils ?
- A l'auberge, suis moi Grayle ! Je t'avoue, je les trouve un peu inquiétant...
Elle avait raison.
Lorsqu'ils arrivèrent à l'auberge, c'est un groupe de 4 personnes qui les attendaient. L'un d'entre eux, un nain à la barbe de feu et équipé pour la montagne, avec une épaisse tunique, tenait déjà une chopine, et les regardaient d'un oeil torve. Un autre membre du quatuor était une femme, grande, belle et musclée, que Grayle estimait âgée d'une trentaine d'année. Elle était adossée contre un mur, bras croisés, une longue et élégante rapière à sa hanche, de longs cheveux noirs cascadant sur ses épaules. Enfin, deux autres humains, un homme et une femme d'apparence quelconque, aux traits tirés mais au regard d'acier, fixaient Grayle avec perplexité. Il vit, à leur ceinture, des livres épais et de courtes épées. Des magiciens, peut-être ?
- Vous. Vous n'êtes pas du coin. Madame Melanilek, qui est cet homme ? Elle fit un signe de tête à Grayle.
- Je m'appelle Grayle, et oui, je ne suis pas du coin. Je suis ici depuis deux semaines, le temps de me reposer entre deux voyages. J'ai appris que vous cherchiez quelqu'un, je peux peut-etre vous aider ? Je reviens d'une chasse.
Ils se regardèrent les uns les autres, lançant un conciliabule à voix basse, avant de s'accorder d'un hochement de tête. Nous sommes envoyés par le comte De Brazier.
Silence. Grayle fronça les sourcils. Etait-il sensé connaître ce pégu. Il décida d'être diplomate.
- Comme vous le savez, je ne suis pas du coin... désolé, je ne connais pas. La magicienne haussa les épaules, avant d'ouvrir un étui, et d'en tirer un parchemin, qu'elle déroula. Un avis de recherche, qu'elle donna à Grayle.
- Nous cherchons ces deux jeunes femmes. Des adolescentes, plutot petites et fines. L'une a de longs cheveux roux, l'autre des cheveux roses. Ca vous dit quelque chose ?
Il regarda l'avis de recherche. Deux portraits très bien réalisés, montraient en effet, deux jeunes femmes, à peine adultes. Vialyna Nephoël et Féhanor de Brazier. Cette dernière avait de grands yeux, qui semblaient percer à travers son âme. Il fouilla dans sa longue et infinie mémoire, mais aucun souvenir ne surgit.
- Désolé, jamais vu ici. De Brazier ? C'est la fille de votre Duc ?
- Oui, confirma le magicien, alors que le nain buvait allègrement dans sa chope, semblant se ficher de toute l'affaire. Notre maître cherche à la sauver de cette Néphoël ?
- La sauver ? Il rejeta un oeil à l'avis de recherche. Avant de sourire.
- Ooooooh, je vois ! Elle s'est carapatée avec son amoureuse ? Laissez moi deviner, un mariage raté, un amant éconduit et furieux...
- Si seulement ce n'était que ca ! se lamenta la magiciene. Non, il s'agit d'une sorcière ! Une perverse dégénérée qui utilise la magie rose, et profite de son apparence innocente pour séduire hommes et femmes et en faire des esclaves.
- Elle est extrêmement dangereuse. Elle a ensorcelée la pauvre Féhanor, et son père cherche désespérement à retrouver sa fille. Elle est si jeune...
Grayle continuait de fixer le parchemin. Grayle continuait de fixer le parchemin. L'histoire tenait la route, il devait l'admettre. Des sorciers et sorcières utilisant la magie rose pour enlever ou assujettir de beaux jeunes hommes et femmes, Grayle en avait déjà croisé. Et fait les frais. Les deux magiciens semblaient sincères, presque trop peut-être... Mais quelque chose dans leur ton, leur empressement, l'intriguait, et une petite voix lui chuchotait qu'ils ne disaient pas tout. Il décida de garder cette impression pour lui.
- Et ca remonte à combien de temps ?
- Des mois ! De notre côté, nous traquons Vialyna depuis des semaines, et savons qu'elle et Féhanor se dirigent par ici, probablement pour atteindre Nessemade. Il n'y a pas trente-six chemins pour l'atteindre, et elles ont été repérées il y a deux semaines à quelques jours d'ici.
- Nous ne les avons jamais croisées, je le jure, affirma Melanilek. Le magicien fit une courbette et lui jeta un doux sourire.
- Je vous crois madame. Il n'y a aucune trace d'ensorcellement chez vous.
- Il y a d'autres chemins à travers les montagnes commenta Grayle. Je comptais rester encore quelques jours, mais je peux partir demain ou ce soir si nécessaire. Je doute qu'elles soient plus rapides que moi, elles n'ont pas l'air particulièrement taillées pour la montagne. J'ai quelques chances de les rattraper.
- Vous feriez ca pour nous ?!
Il haussa les épaules.
- J'ai eu une amie, un jour, qui avait été ensorcelée, comme votre petite Féhanor. Ca ne me coûte rien d'essayer.
- Si vous les trouvez, essayez de convaincre Féhänor !Son père l'aime beaucoup et sera dévasté qu'elle soit blessée ou mutilée ! lui demanda la magicienne en prenant ses mains, le regardant avec un air suppliant. Nous sommes tous très inquiets pour elle !
- Quant à la récompense...
Grayle haussa la main.
- Non, je fais ca gratuitement.
- On parle pas d'argent, gamin, cracha le nain avec une voix grave. Notre employeur est riche d'autres choses. Il a des relations. Des artefacts...
Grayle se mit à sourire.
- Vous aviez ma curiosité, maintenant vous avez mon attention... Le nain se mit à ricaner. La bretteuse, toujours adossée au mur, ne dit rien. Le magicien fouilla dans son manteau, et en tira une pierre blanche et plate.
- C'est un...
- Une pierre de communication, je connais, le coupa Grayle en se saisissant de l'objet. La bretteuse se redressa imperceptiblement, ses yeux noirs fixant l'immortel avec une intensité nouvelle, comme si elle réévaluait l'homme devant elle.
Il caressa doucement la pierre, et les poches des deux magiciens se mirent à hululer comme un hibou au loin. Il le regarda d'un air interloqué.
- Vous connaissez ?!
Clin d’œil.
- Je suis pas né de la dernière pluie, dit-il d'un air mystérieux, sentant les regards du quatuor soudainement bien plus attentifs.
Il tira de son sac une carte de la région, la déplia sur la table de l'auberge, et pointa plusieurs chemins du doigt.
- Il y a trois passages principaux pour rejoindre Nessemade depuis ici. Le col de Karnak, le plus direct mais le plus élevé et difficile. Le passage des Pierres Chantantes, plus long mais praticable. Et enfin, la vallée de Shenkor, qui contourne les montagnes par l'ouest. Si elles veulent éviter d'être repérées, elles ont probablement choisi l'un des deux derniers. Nous pourrions nous séparer pour couvrir plus de terrain : je prends Karnak et Pierres Chantantes, ils sont proches l'un de l'autre et je peux me déplacer rapidement. Vous, prenez Shenkor. Si l'un d'entre nous les trouve, on utilise les pierres de communication.
Le magicien étudia la carte avec attention, hochant la tête d'un air approbateur.
- C'est un bon plan. Nous partons demain à l'aube ?
Grayle secoua la tête en souriant.
- Vous partez à l'aube. Moi, je pars ce soir après la fête. J'aime bien marcher de nuit, et je veux avoir le ventre plein
Modifié en dernier par Grayle le Marchemonde le 02 janv. 2026 21:18, modifié 1 fois.
- Vialyna & Féhanor
- Messages : 28
- Enregistré le : 21 déc. 2025 13:56
- Fiche
- Demande de RP
Nessemade, blanche cité de la vie et de toutes sortes de plaisirs, plantée comme un bouton de fièvre en plein centre d'une couronne montagneuse et enneigée. C'était là leur objectif ! Vialyna et Féhanor n'étaient pas pressé par le temps. Elles avaient quitté un bâtiment de la Guilde des aventuriers avec une avance pour le moins confortable. De Brazier avait elle-même choisi l'itinéraire, optant pour le plus sûr des trois chemins. La piste des Pierres Chantantes répondait à leurs exigences. Les deux jeunes femmes y évoluaient à un rythme soutenu, laissant derrière leurs bottes de belles empreintes. Parmi ces aventurières, Féhanor était celle qui possédait le pas le plus léger. Elle supportait bien mieux le froid que sa compagne, qui s'était pourtant équipée en conséquence. Comme il était dépaysant de ne pas pouvoir poser les yeux sur la blancheur presque éthérée de son buste féminin ! La bretteuse rousse approuvait cette expédition, bien plus pudique pour sa compagne que toutes les précédentes.
Elle s'arrêta pour la regarder.
- Tu tiens le coup, Vialyna ?
- Je supporte, répondit paresseusement la Rose.
La première sourit. Sous les pans de son épais manteau rouge, la belle prêtresse s'efforçait de contrôler ses tremblements. Ses magnifiques yeux rouges fixaient un point dans ce faste paysage bien plus blanc et gris que vert. De toute évidence, il lui tardait d'atteindre le bout de ce passage. Autant dire qu'avec son degré de concentration, c'était Féhanor, la plus alerte, qui veillait à leur sûreté.
Avisant une modeste cavité susceptible de leur servir d'abri temporaire, De Brazier la lui indiqua d'un mouvement de tête conciliant.
- Nous marchons depuis deux bonnes heures. Accordons-nous une petite pause, tu en conviens ?
- Ce... ce n'est pas de refus.
Elles durent lever un peu plus les genoux. Vialyna s'installa sur un rocher suffisamment large pour accueillir leurs paires de fesses. Féhanor ne la rejoignit pas tout de suite. La bretteuse avait déposé son sac de voyage à côté du sien avant de partir en quête de pierres et de bois sec pour aménager un feu de camp. Celui que la rouquine alluma ensuite avec l'appui du Rouge.
- Voilà ! Allez, Vialyna. Réchauffe-toi de tout tout soûl.
Tendant les mains au-dessus des flammes, l'intéressée renifla son assentiment.
- Il va sérieusement falloir que je songe à apprendre une bénédiction antifroid...
- Pour quand tu te retrouveras toute seule ? la taquina son amie.
- Ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu sous-entendre.
- Je le sais très bien, va !
Elle laissa un confortable petit silence flotter avant d'en venir au sujet de leur prochaine mission :
- Alors ? Qu'en penses-tu, de cette quête ? Du feu coulant dans la Vallée d'Ancarla, c'est franchement pas banal.
- Mystérieuse, résuma la prêtresse, qui préférait économiser ses mots comme pour éviter de se geler la langue. Il n'y a pas de volcan connu, dans la région.
- Exactement ! Les bonnes gens de Nessemade ont eu raison de soumettre cette requête à la Guilde, parce si jamais ce feu s'étend jusqu'à leur verdoyante plaine circulaire...
- Elle se convertira en une étouffante mer de flammes.
Féhanor hocha la tête.
- Adieu les touristes.
- Adieu la vie tout court, surenchérit la prêtresse.
Nouveau petit silence. Vialyna détacha son regard des flammes pour jeter un regard en coin à son amie d'enfance.
- Il ne te manque pas ?
- Qui ça ?
- Notre village. Ou ta vie d'avant, si tu préfères.
Féhanor eut un léger froncement de sourcils.
- Pourquoi cette question maintenant ?
Haussant les épaules, la prêtresse du Rose reporta son regard sur les flammes dansantes.
- Je ne sais pas. Cela m'est venu ainsi ?
De Brazier ferma les yeux, entremêla les doigts derrière sa tête et soupira.
- Rien ne me manque dans mon ancienne vie. Je suis une femme d'action, moi, madame ! et non pas une petite aristo' planquée derrière son bureau. (Cette réponse la fit sourire.) Je dois tenir ça de ma mère.
- Tu aurais aimé mieux la connaître, devina Vialyna.
- Vrai.
- Tu n'as jamais cherché à la retrouver ?
- Non. Elle m'a abandonnée, je te rappelle. A cause de l'influence de mon aaaaadorable père, mais tout de même...
- C'est triste.
- Tout à fait. On peut parler d'autre chose ?
- Oui. Je suis désolée d'avoir abordé ce sujet délicat.
- Tu n'as pas à l'être : je suis une dure à cuire, gloussa Féhanor. Et sinon, tu te sens mieux ?
- Avec ce feu de camp et la chaleur que me procure le contact de ton épaule ? Je suis en droit de m'estimer choyée.
- Parfait, parfait.
Elles ne se remirent pas tout de suite en route. Yeux bleus et yeux rouges se perdant chaleureusement dans le mouvement grâcieux d'un feu crépitant.
Elle s'arrêta pour la regarder.
- Tu tiens le coup, Vialyna ?
- Je supporte, répondit paresseusement la Rose.
La première sourit. Sous les pans de son épais manteau rouge, la belle prêtresse s'efforçait de contrôler ses tremblements. Ses magnifiques yeux rouges fixaient un point dans ce faste paysage bien plus blanc et gris que vert. De toute évidence, il lui tardait d'atteindre le bout de ce passage. Autant dire qu'avec son degré de concentration, c'était Féhanor, la plus alerte, qui veillait à leur sûreté.
Avisant une modeste cavité susceptible de leur servir d'abri temporaire, De Brazier la lui indiqua d'un mouvement de tête conciliant.
- Nous marchons depuis deux bonnes heures. Accordons-nous une petite pause, tu en conviens ?
- Ce... ce n'est pas de refus.
Elles durent lever un peu plus les genoux. Vialyna s'installa sur un rocher suffisamment large pour accueillir leurs paires de fesses. Féhanor ne la rejoignit pas tout de suite. La bretteuse avait déposé son sac de voyage à côté du sien avant de partir en quête de pierres et de bois sec pour aménager un feu de camp. Celui que la rouquine alluma ensuite avec l'appui du Rouge.
- Voilà ! Allez, Vialyna. Réchauffe-toi de tout tout soûl.
Tendant les mains au-dessus des flammes, l'intéressée renifla son assentiment.
- Il va sérieusement falloir que je songe à apprendre une bénédiction antifroid...
- Pour quand tu te retrouveras toute seule ? la taquina son amie.
- Ce n'est pas du tout ce que j'ai voulu sous-entendre.
- Je le sais très bien, va !
Elle laissa un confortable petit silence flotter avant d'en venir au sujet de leur prochaine mission :
- Alors ? Qu'en penses-tu, de cette quête ? Du feu coulant dans la Vallée d'Ancarla, c'est franchement pas banal.
- Mystérieuse, résuma la prêtresse, qui préférait économiser ses mots comme pour éviter de se geler la langue. Il n'y a pas de volcan connu, dans la région.
- Exactement ! Les bonnes gens de Nessemade ont eu raison de soumettre cette requête à la Guilde, parce si jamais ce feu s'étend jusqu'à leur verdoyante plaine circulaire...
- Elle se convertira en une étouffante mer de flammes.
Féhanor hocha la tête.
- Adieu les touristes.
- Adieu la vie tout court, surenchérit la prêtresse.
Nouveau petit silence. Vialyna détacha son regard des flammes pour jeter un regard en coin à son amie d'enfance.
- Il ne te manque pas ?
- Qui ça ?
- Notre village. Ou ta vie d'avant, si tu préfères.
Féhanor eut un léger froncement de sourcils.
- Pourquoi cette question maintenant ?
Haussant les épaules, la prêtresse du Rose reporta son regard sur les flammes dansantes.
- Je ne sais pas. Cela m'est venu ainsi ?
De Brazier ferma les yeux, entremêla les doigts derrière sa tête et soupira.
- Rien ne me manque dans mon ancienne vie. Je suis une femme d'action, moi, madame ! et non pas une petite aristo' planquée derrière son bureau. (Cette réponse la fit sourire.) Je dois tenir ça de ma mère.
- Tu aurais aimé mieux la connaître, devina Vialyna.
- Vrai.
- Tu n'as jamais cherché à la retrouver ?
- Non. Elle m'a abandonnée, je te rappelle. A cause de l'influence de mon aaaaadorable père, mais tout de même...
- C'est triste.
- Tout à fait. On peut parler d'autre chose ?
- Oui. Je suis désolée d'avoir abordé ce sujet délicat.
- Tu n'as pas à l'être : je suis une dure à cuire, gloussa Féhanor. Et sinon, tu te sens mieux ?
- Avec ce feu de camp et la chaleur que me procure le contact de ton épaule ? Je suis en droit de m'estimer choyée.
- Parfait, parfait.
Elles ne se remirent pas tout de suite en route. Yeux bleus et yeux rouges se perdant chaleureusement dans le mouvement grâcieux d'un feu crépitant.
- Grayle le Marchemonde
- Messages : 154
- Enregistré le : 08 sept. 2024 12:58
- Tu devrais prendre ceci.
Le soleil commençait à se coucher derrière les pics rocheux, baignant le village de lueurs orangées. Aux portes, Grayle faisait face à Melanilek, dont les deux mains ouvertes vers le ciel tenaient une épée, présentée de manière honorifique au jeune homme.
- Je la reconnais. Je ne savais pas que tu l'avais encore... n'est-elle pas à ton fils, techniquement ?
Elle se mit à rire. Heniklorak n'a que neuf ans Grayle, que fera-t-il d'une telle arme ? Notre village est en paix. Nous n'en avons pas besoin... pour l'instant.
Il tendit la main, saisissant doucement le manche de l'arme. La lame de l'épée était plus grande que dans ses souvenirs. Plus d'un mètre, et tout en courbes, ondulantes comme la mer, avec un manche vert faisant penser au corps d'un serpent. Il caressa l'acier du plat de la main, sentant le vent magique qui parcourait la longueur de l'épée. Je n'ai jamais eu tes dons magiques, Melanilek.
- Es-tu sûre que c'est une bonne idée ?
Les yeux pétillants de la chef couvaient Grayle d'une affection qui aurait fait jaser le reste des habitants s'ils n'étaient pas en train de rouler sous les tables.
- Te souviens-tu lorsque tu m'a aidé à sauver le village ?
- Bien sûr. C'était il y a plus de trente ans. Et c'est toi qui a porté le coup final à l'Oni avec cette épée. Pas moi.
- J'ai grandi, j'ai murît, et j'ai vieilli, dit-elle avec une nostalgie empreinte d'un soupçon d'aigreur et de jalousie. Mais toi... tu es toujours le même. Tu n'as pas changé d'un poil. Tant physiquement, que mentalement. Le visage tendu vers lui, elle recoiffa e jeune homme avec une chaste tendresse.
Elle poussa l'épée contre son torse, se rapprochant subrepticement de lui.
- Tu étais digne de confiance hier. Tu l'es toujours aujourd'hui. Et le seras demain.
Il garda le silence, et la pris doucement contre ses bras, avant d'embrasser son front.
- Merci d'être venu me rendre visite, chuchota-t-elle.
Le ciel passa de l'orange au bleu.
Et ils se séparèrent, une seconde fois
----
La piste des Pierres Chantantes était l'un des rares chemins qui permettaient de traverser la chaîne de montagnes tout en restant praticable pour les amateurs, simples voyageurs et les caravanes. Serpentants entre les pics montagneux, composée majoritairement de douces montées et descentes, elle passait devant de nombreuses grottes qui étaient autant de refuges viables pour les visiteurs, au point qu'il était devenu fréquent de voir certaines grottes déjà équipées, avec une large caisse et quelques bûches laissées pour les prochains occupants.
Il suffisait d'une semaine de marche à un bon rythme pour parvenir au bout du long chemin. Pour Grayle, parti après le duo qu'il poursuivait, le travail était simple : les rattraper avant qu'elles n'atteignent Nessemade. Bonne chance pour trouver une adepte de la magie rose là bas. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Il poursuivi sa route dans la nuit, jusqu'au petit matin. L'immortel n'avait pas besoin de se reposer, ni de dormir. S'il était devenu un jeune homme aimable et peu dangereux, Grayle était un cauchemar absolu dans le contexte particulier de la traque. Infatiguable, innarêtable, il se rapprochait inéluctablement de ses proies, et échappait toujours à ses poursuivants qui, eux, devaient fatalement se reposer, se désaltérer, ou dormir.
Il avançait d'un pas régulier, son regard balayant constamment le terrain. Deux jeunes femmes inexpérimentées laisseraient forcément des traces... et c'est au petit matin qu'il trouva la première. Un petit campement abandonné, niché au pied d'un surplomb rocheux, légèrement à l'écart de la route. Grayle s'accroupit près des cendres encore tièdes du feu. Il passa la main au-dessus sans les toucher. Pas de chaleur résiduelle. Hm. Sûrement un reste d'il y a deux jours...
Ca collerait avec les dires des mages.
Il examina l'emplacement avec attention. Le feu avait été construit trop près d'un buisson sec – dangereux. Une erreur de débutante. Il n'y avait pas de pierre de foyer, ce qui lui fit penser qu'il était sur la bonne piste. De ce que lui avaient dit les mercenaires, la jeune du Brazier maîtrisait la magie du feu, ce qui fait qu'elles n'avaient pas besoin d'en démarrer un "manuellement". Il fit quelques pas, sa démarche légère faisant qu'ils s’enfonçaient à peine dans la legère couche de neige, qui datait d'il y a plusieurs jours. Des restes de pain dur traînaient sur une pierre plate, aux trois quarts dévorés par les fourmis.
Il était sur la bonne voie. Il ne prévint pas pour autant les mercenaires. Son instinct lui disait de rester discret et de ne pas se précipiter. Alors, l'épée de Melanilek accrochée au dos, son manteau de montagne flottant au gré du vent léger, il reprit la route.
À leur rythme, avec la fatigue qui commencerait à se manifester, elles avaient peut-être un jour d'avance. Il calcula rapidement. A deux jours de marche, le passage se rétrécissait entre deux parois rocheuses. Impossible de le manquer, impossible de le contourner. Si elles continuaient sur cette piste, il les rattraperait là-bas, ou juste après, afin d'être sûr de ne pas les manquer. Il allait donc pouvoir ralentir le rythme. S'il avait appris une chose après des siècles de pérégrination c'est qu'il fallait mieux tomber sur son adversaire au meilleur moment et non pas le plus tôt possible.
Au fur et à mesure de sa marche, Grayle inspectait les grottes connues, afin de s'assurer qu'il ne dépasse pas bêtement le duo. Il ne trouva aucune trace des deux jeunes filles, et dû se carapater à toute jambes lorsqu'un ours passablement énervé se mit à le poursuivre. Manifestement, l'un des "refuges" les plus populaire était désormais la demeure des ours. Tant pis pour les prochains qui passeraient par là.
Il réfléchit.
- Hum... j'ai le temps.
Saisissant une hache, il arracha un épais morceau d'écorce à un tronc d'arbre, avant de couper plusieurs branches épaisses. Il se mit à lisser le gros morceau d'écorce et le trancher pour en faire un panneau vaguement rectangulaire, et avec sa machette, traca un gros "OURS" dessus, avant de l'attacher aux branches épaisses, créant un panneau de fortune, qu'il planta dans le sol, non loin de la grotte, espérant qu'il permettrait d'éviter qu'un voyageur se fasse dévorer tout cru.
Sa bonne action effectuée, il reprit la route, avalant les kilomètres.
L'après-midi, son regard se posa sur un morceau de tissu, ou plutot, de fourrure, accroché à une ronce. Rouge vif. Il le décrocha délicatement, le faisant tourner entre ses doigts. Des restes d'un manteau. Pas le genre de vêtement qu'on porte pour traverser les montagnes. Il se mit à sourire.
- Touristes.
Un peu plus loin, il remarqua des empreintes de pas dans la terre humide après la fonte des neiges. Petites, fines. Deux paires différentes. L'une des empreintes montrait une usure inégale sur le talon gauche. Pas les traces de quelqu'un qui boîte, mais plutôt de quelqu'un qui a mal aux pieds.
Peut-être moins si l'une d'elles souffrait vraiment du pied.
Trop tôt.
Il posa son sac, sortit sa gourde, et but lentement en réfléchissant, regardant le paysage. Le vent se leva soudainement, balayant la vallée étroite. Grayle releva la tête, écoutant. Les pics rocheux qui l'entouraient, sculptés par des millénaires d'érosion, étaient percés de centaines de cavités et de trous naturels. Lorsque le vent s'y engouffrait, il créait une symphonie étrange et mélodieuse, un sifflement aigu qui montait et descendait comme un chant. Les Pierres Chantantes. Voilà pourquoi ce passage portait ce nom. Certains disaient que c'étaient les esprits de la montagne qui chantaient. D'autres, plus pragmatiques, y voyaient simplement le vent jouant avec la roche. Grayle, lui, trouvait ça... apaisant. Il ferma les yeux un instant, se laissant bercer par cette mélodie minérale, avant de reprendre sa gourde et de se remettre en route.
Le soir, il s'arrêta devant une petite grotte, l'une de celles équipées pour les voyageurs. La caisse de provisions avait été ouverte, quelques bûches manquaient. Mais ce qui attira son attention, ce fut le message gravé maladroitement sur la paroi avec un morceau de charbon :
"Merci pour le bois. Nous laisserons de quoi remplacer à Nessemade. "
Il toucha le message de la main. Le charbon lui resta sur la peau. Il sourit malgré lui. Des fugitives polies. C'était nouveau.
Elles avaient dormi ici, c'était évident. Hier, probablement. Cela signifiait qu'elles avaient maintenant moins de vingt-quatre heures d'avance. Ce qui confirma sa première conclusion : à son rythme, il les rattraperait demain midi. Le plan était simple : les suivre, en restant hors de vue tout en les gardant dans sa ligne de mire, pour peut-être voir à qui il avait affaire avant d'engager les discussions.
Grayle rassembla quelques branches, alluma un petit feu, et s'installa pour la nuit. Il sortit la lame serpentine, regardant son propre reflet. L'arme n'avait pas été utilisée depuis bien longtemps. Fouillant dans son sac sans fond, il sortit huile, éponge metallique et tissu, et commença à nettoyer l'épée de Melanilek. Il lui devait bien ca. Demain, il aurait ses réponses.
----
Le lendemain, en début d'après-midi, il les vit enfin.
Le sentier amorçait une longue descente, vers une partie moins neigeuse et plus verdoyante de la chaîne de montagnes. Là, à peut-être une heure de marche devant lui, deux silhouettes avançaient d'un pas régulier. L'une d'elles, celle aux cheveux roses qui semblaient presque irréels sous le soleil boitait légèrement, s'appuyant de temps en temps sur l'épaule de sa compagne. La seconde aux cheveux roux flamboyants, portait son sac en plus du sien. Elles s'arrêtaient parfois pour contempler le paysage ou consulter ce qui ressemblait à une carte, et même de cette distance, Grayle pouvait voir qu'elles prenaient leur temps, sans précipitation.
Il ouvrit son sac, se saisissant de jumelles modernes. L'avantage de passer à travers les mondes était qu'il avait un ascendant technologique certain par rapport aux habitants de Terra. Il ne faisait aucun effort pour se cacher lui-même, et pour cause : à moins de le chercher spécifiquement, les chances qu'elles le repère étaient quasiment nulles. Et si c'était le cas, qu'elles le voient en train de se cacher ne ferait que les rendre plus méfiantes. Avec son poncho de montagne orangé, son sac et son arme, il passait pour un voyageur parfaitement lambda.
Ses yeux bleus étaient fixés sur les visages des deux jeunes filles. Elles souriaient, un peu rouges, fatigués, le nez froid, mais semblaient de bonne humeur. Elles correspondaient aux dessins de l'avis de recherche. Non. Elles étaient plus jolies. Surtout la petite rousse...
*Concentre toi, gros nigaud* lui chuchota une voix. Il se concentra sur sa tâche, examinant leurs attitudes.
Aucune aura menaçante. Aucun comportement de sorcière manipulatrice. Juste deux jeunes femmes en voyage, tentant de traverser la montagne avec plus de détermination que d'expérience.
Grayle fronça les sourcils. Quelque chose ne collait pas avec l'histoire des mercenaires. A moins que cette Vialyna soit si douée que ca , Il ajusta son sac sur ses épaules, vérifia que l'épée serpentine était bien sanglée dans son dos, et commença sa descente en gardant ses distances. Il resterait invisible encore un moment. Le temps d'observer. Le temps de comprendre.
Le soleil commençait à se coucher derrière les pics rocheux, baignant le village de lueurs orangées. Aux portes, Grayle faisait face à Melanilek, dont les deux mains ouvertes vers le ciel tenaient une épée, présentée de manière honorifique au jeune homme.
- Je la reconnais. Je ne savais pas que tu l'avais encore... n'est-elle pas à ton fils, techniquement ?
Elle se mit à rire. Heniklorak n'a que neuf ans Grayle, que fera-t-il d'une telle arme ? Notre village est en paix. Nous n'en avons pas besoin... pour l'instant.
Il tendit la main, saisissant doucement le manche de l'arme. La lame de l'épée était plus grande que dans ses souvenirs. Plus d'un mètre, et tout en courbes, ondulantes comme la mer, avec un manche vert faisant penser au corps d'un serpent. Il caressa l'acier du plat de la main, sentant le vent magique qui parcourait la longueur de l'épée. Je n'ai jamais eu tes dons magiques, Melanilek.
- Es-tu sûre que c'est une bonne idée ?
Les yeux pétillants de la chef couvaient Grayle d'une affection qui aurait fait jaser le reste des habitants s'ils n'étaient pas en train de rouler sous les tables.
- Te souviens-tu lorsque tu m'a aidé à sauver le village ?
- Bien sûr. C'était il y a plus de trente ans. Et c'est toi qui a porté le coup final à l'Oni avec cette épée. Pas moi.
- J'ai grandi, j'ai murît, et j'ai vieilli, dit-elle avec une nostalgie empreinte d'un soupçon d'aigreur et de jalousie. Mais toi... tu es toujours le même. Tu n'as pas changé d'un poil. Tant physiquement, que mentalement. Le visage tendu vers lui, elle recoiffa e jeune homme avec une chaste tendresse.
Elle poussa l'épée contre son torse, se rapprochant subrepticement de lui.
- Tu étais digne de confiance hier. Tu l'es toujours aujourd'hui. Et le seras demain.
Il garda le silence, et la pris doucement contre ses bras, avant d'embrasser son front.
- Merci d'être venu me rendre visite, chuchota-t-elle.
Le ciel passa de l'orange au bleu.
Et ils se séparèrent, une seconde fois
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La piste des Pierres Chantantes était l'un des rares chemins qui permettaient de traverser la chaîne de montagnes tout en restant praticable pour les amateurs, simples voyageurs et les caravanes. Serpentants entre les pics montagneux, composée majoritairement de douces montées et descentes, elle passait devant de nombreuses grottes qui étaient autant de refuges viables pour les visiteurs, au point qu'il était devenu fréquent de voir certaines grottes déjà équipées, avec une large caisse et quelques bûches laissées pour les prochains occupants.
Il suffisait d'une semaine de marche à un bon rythme pour parvenir au bout du long chemin. Pour Grayle, parti après le duo qu'il poursuivait, le travail était simple : les rattraper avant qu'elles n'atteignent Nessemade. Bonne chance pour trouver une adepte de la magie rose là bas. Autant chercher une aiguille dans une botte de foin.
Il poursuivi sa route dans la nuit, jusqu'au petit matin. L'immortel n'avait pas besoin de se reposer, ni de dormir. S'il était devenu un jeune homme aimable et peu dangereux, Grayle était un cauchemar absolu dans le contexte particulier de la traque. Infatiguable, innarêtable, il se rapprochait inéluctablement de ses proies, et échappait toujours à ses poursuivants qui, eux, devaient fatalement se reposer, se désaltérer, ou dormir.
Il avançait d'un pas régulier, son regard balayant constamment le terrain. Deux jeunes femmes inexpérimentées laisseraient forcément des traces... et c'est au petit matin qu'il trouva la première. Un petit campement abandonné, niché au pied d'un surplomb rocheux, légèrement à l'écart de la route. Grayle s'accroupit près des cendres encore tièdes du feu. Il passa la main au-dessus sans les toucher. Pas de chaleur résiduelle. Hm. Sûrement un reste d'il y a deux jours...
Ca collerait avec les dires des mages.
Il examina l'emplacement avec attention. Le feu avait été construit trop près d'un buisson sec – dangereux. Une erreur de débutante. Il n'y avait pas de pierre de foyer, ce qui lui fit penser qu'il était sur la bonne piste. De ce que lui avaient dit les mercenaires, la jeune du Brazier maîtrisait la magie du feu, ce qui fait qu'elles n'avaient pas besoin d'en démarrer un "manuellement". Il fit quelques pas, sa démarche légère faisant qu'ils s’enfonçaient à peine dans la legère couche de neige, qui datait d'il y a plusieurs jours. Des restes de pain dur traînaient sur une pierre plate, aux trois quarts dévorés par les fourmis.
Il était sur la bonne voie. Il ne prévint pas pour autant les mercenaires. Son instinct lui disait de rester discret et de ne pas se précipiter. Alors, l'épée de Melanilek accrochée au dos, son manteau de montagne flottant au gré du vent léger, il reprit la route.
À leur rythme, avec la fatigue qui commencerait à se manifester, elles avaient peut-être un jour d'avance. Il calcula rapidement. A deux jours de marche, le passage se rétrécissait entre deux parois rocheuses. Impossible de le manquer, impossible de le contourner. Si elles continuaient sur cette piste, il les rattraperait là-bas, ou juste après, afin d'être sûr de ne pas les manquer. Il allait donc pouvoir ralentir le rythme. S'il avait appris une chose après des siècles de pérégrination c'est qu'il fallait mieux tomber sur son adversaire au meilleur moment et non pas le plus tôt possible.
Au fur et à mesure de sa marche, Grayle inspectait les grottes connues, afin de s'assurer qu'il ne dépasse pas bêtement le duo. Il ne trouva aucune trace des deux jeunes filles, et dû se carapater à toute jambes lorsqu'un ours passablement énervé se mit à le poursuivre. Manifestement, l'un des "refuges" les plus populaire était désormais la demeure des ours. Tant pis pour les prochains qui passeraient par là.
Il réfléchit.
- Hum... j'ai le temps.
Saisissant une hache, il arracha un épais morceau d'écorce à un tronc d'arbre, avant de couper plusieurs branches épaisses. Il se mit à lisser le gros morceau d'écorce et le trancher pour en faire un panneau vaguement rectangulaire, et avec sa machette, traca un gros "OURS" dessus, avant de l'attacher aux branches épaisses, créant un panneau de fortune, qu'il planta dans le sol, non loin de la grotte, espérant qu'il permettrait d'éviter qu'un voyageur se fasse dévorer tout cru.
Sa bonne action effectuée, il reprit la route, avalant les kilomètres.
L'après-midi, son regard se posa sur un morceau de tissu, ou plutot, de fourrure, accroché à une ronce. Rouge vif. Il le décrocha délicatement, le faisant tourner entre ses doigts. Des restes d'un manteau. Pas le genre de vêtement qu'on porte pour traverser les montagnes. Il se mit à sourire.
- Touristes.
Un peu plus loin, il remarqua des empreintes de pas dans la terre humide après la fonte des neiges. Petites, fines. Deux paires différentes. L'une des empreintes montrait une usure inégale sur le talon gauche. Pas les traces de quelqu'un qui boîte, mais plutôt de quelqu'un qui a mal aux pieds.
Peut-être moins si l'une d'elles souffrait vraiment du pied.
Trop tôt.
Il posa son sac, sortit sa gourde, et but lentement en réfléchissant, regardant le paysage. Le vent se leva soudainement, balayant la vallée étroite. Grayle releva la tête, écoutant. Les pics rocheux qui l'entouraient, sculptés par des millénaires d'érosion, étaient percés de centaines de cavités et de trous naturels. Lorsque le vent s'y engouffrait, il créait une symphonie étrange et mélodieuse, un sifflement aigu qui montait et descendait comme un chant. Les Pierres Chantantes. Voilà pourquoi ce passage portait ce nom. Certains disaient que c'étaient les esprits de la montagne qui chantaient. D'autres, plus pragmatiques, y voyaient simplement le vent jouant avec la roche. Grayle, lui, trouvait ça... apaisant. Il ferma les yeux un instant, se laissant bercer par cette mélodie minérale, avant de reprendre sa gourde et de se remettre en route.
Le soir, il s'arrêta devant une petite grotte, l'une de celles équipées pour les voyageurs. La caisse de provisions avait été ouverte, quelques bûches manquaient. Mais ce qui attira son attention, ce fut le message gravé maladroitement sur la paroi avec un morceau de charbon :
"Merci pour le bois. Nous laisserons de quoi remplacer à Nessemade. "
Il toucha le message de la main. Le charbon lui resta sur la peau. Il sourit malgré lui. Des fugitives polies. C'était nouveau.
Elles avaient dormi ici, c'était évident. Hier, probablement. Cela signifiait qu'elles avaient maintenant moins de vingt-quatre heures d'avance. Ce qui confirma sa première conclusion : à son rythme, il les rattraperait demain midi. Le plan était simple : les suivre, en restant hors de vue tout en les gardant dans sa ligne de mire, pour peut-être voir à qui il avait affaire avant d'engager les discussions.
Grayle rassembla quelques branches, alluma un petit feu, et s'installa pour la nuit. Il sortit la lame serpentine, regardant son propre reflet. L'arme n'avait pas été utilisée depuis bien longtemps. Fouillant dans son sac sans fond, il sortit huile, éponge metallique et tissu, et commença à nettoyer l'épée de Melanilek. Il lui devait bien ca. Demain, il aurait ses réponses.
----
Le lendemain, en début d'après-midi, il les vit enfin.
Le sentier amorçait une longue descente, vers une partie moins neigeuse et plus verdoyante de la chaîne de montagnes. Là, à peut-être une heure de marche devant lui, deux silhouettes avançaient d'un pas régulier. L'une d'elles, celle aux cheveux roses qui semblaient presque irréels sous le soleil boitait légèrement, s'appuyant de temps en temps sur l'épaule de sa compagne. La seconde aux cheveux roux flamboyants, portait son sac en plus du sien. Elles s'arrêtaient parfois pour contempler le paysage ou consulter ce qui ressemblait à une carte, et même de cette distance, Grayle pouvait voir qu'elles prenaient leur temps, sans précipitation.
Il ouvrit son sac, se saisissant de jumelles modernes. L'avantage de passer à travers les mondes était qu'il avait un ascendant technologique certain par rapport aux habitants de Terra. Il ne faisait aucun effort pour se cacher lui-même, et pour cause : à moins de le chercher spécifiquement, les chances qu'elles le repère étaient quasiment nulles. Et si c'était le cas, qu'elles le voient en train de se cacher ne ferait que les rendre plus méfiantes. Avec son poncho de montagne orangé, son sac et son arme, il passait pour un voyageur parfaitement lambda.
Ses yeux bleus étaient fixés sur les visages des deux jeunes filles. Elles souriaient, un peu rouges, fatigués, le nez froid, mais semblaient de bonne humeur. Elles correspondaient aux dessins de l'avis de recherche. Non. Elles étaient plus jolies. Surtout la petite rousse...
*Concentre toi, gros nigaud* lui chuchota une voix. Il se concentra sur sa tâche, examinant leurs attitudes.
Aucune aura menaçante. Aucun comportement de sorcière manipulatrice. Juste deux jeunes femmes en voyage, tentant de traverser la montagne avec plus de détermination que d'expérience.
Grayle fronça les sourcils. Quelque chose ne collait pas avec l'histoire des mercenaires. A moins que cette Vialyna soit si douée que ca , Il ajusta son sac sur ses épaules, vérifia que l'épée serpentine était bien sanglée dans son dos, et commença sa descente en gardant ses distances. Il resterait invisible encore un moment. Le temps d'observer. Le temps de comprendre.
- Vialyna & Féhanor
- Messages : 28
- Enregistré le : 21 déc. 2025 13:56
- Fiche
- Demande de RP
Elles passèrent ainsi plusieurs jours à marcher sans rencontrer autre chose que des animaux craintifs et petits monticules de rochers enneigés. Vialyna ne demanda jamais à faire la moindre pause, mais Féhanor la connaissait suffisamment bien pour l'inciter à en écouler quelques-unes aux moments propices. Le duo essaya donc quelques refuges, sur le chemin, sans s'attarder sur celui qui avait été squatté par un ours irritable. Le monstre hirsute avait eu vite fait de les en chasser. Fuite précipitée qui ne valut aucune perte matérielle aux aventurières, si ce n'était le pan d'un certain manteau rouge dont il manquait désormais un petit morceau. Cela avait eu un impact minime sur le moral de la prêtresse du Rose... ce qui n'aurait pas été le cas si l'ours avait réussi à croquer dans le corps svelte de sa meilleure amie.
- C'est quand même très joli comme endroit, non ?
- Joli mais glacé, précisa Vialyna.
- Et ce son... on dirait comme une chanson !
- Le charme des Pierres Chantantes, siffla cérémonieusement l'Oiseau de Désir, elle aussi rêveuse malgré le froid.
Leur prochain arrêt s'était fait dans un silence de cathédrale. Dans ce nouveau refuge sobrement aménagé, elles avaient découvert une caisse remplie de bois et de quelques denrées impérissables. Tout cela avait remis des couleurs aux joues de Vialyna non sans motiver Féhanor à inscrire quelque chose sur le mur du fond.
- Ce ne serait pas du vandalisme ?
- Les hommes des cavernes en sont donc les précurseurs, avait souri la bretteuse. Mais il est vrai que je ne dessine pas, moi : j'écris.
- Quoi donc ?
Sans se détourner de son mur, Féhanor avait haussé les épaules.
- Des mots gentils pour des gens qui l'ont été avec nous. C'est normal, non ?
- Non. Je dirais plutôt que c'est exemplaire.
Cette nuit-là avait été un peu spéciale. Elles avaient dormi ensemble près du feu, comme d'habitude, mais en échangeant tout de même quelques caresses qui trouvèrent une fin reposante. Elles n'étaient pas allé au bout des choses, cela dans l'optique de pouvoir repartir en bonne forme le lendemain. Ce qu'elles avaient fait avec une énergie renouvelée.
- Ça commence a bien descendre, par ici. M'est avis que le pire est derrière nous, Vialyna !
- Tant mieux ! J'ai l'impression que si jamais je pose le pied au mauvais endroit, je vais dévaler la pente avec mon sac.
- Donne-le moi alors.
- Tu en es sûre ?
- Oui, si cela peut éviter que tu te transformes en un énorme boulet de neige.
- C'est très prévenant de ta part.
- Exemplaire, lui répondit Féhanor avec un clin d'œil. En revanche, je suis au regret de t'annoncer que tu écopes de la carte.
- Vraiment ? Les bras vont m'en tomber, plaisanta Vialyna en accomplissant l'échange.
La suite se passa très bien. Entre les moments de contemplation, les innocentes discussions au sujet de tout et de rien... et le soleil qui découvrait cette resplendissante verdure ! En hommage à ce trajet qu'elles avaient presque surmonter, Féhanor ressentit presque le besoin d'engager une bataille de boules de neige avec son amie. Aucune d'elles ne vit l'homme qui les suivait et les observait de loin. Oui : tout se passait très bien jusqu'à ce que le surnaturel fasse parler de lui.
Perturbée par une drôle de sensation, Vialyna s'arrêta soudain. Sourcils froncés, elle promena son regard sur le paysage partiellement enneigé. Féhanor, qui avait inconsciemment pris une légère avance sur la prêtresse du Rose, finit par s'en rendre compte et s'immobilisa à son tour.
- Un problème ?
- La chanson a changé...
La bretteuse la regarda en silence, un brin confuse. Elle avait tendu l'oreille mais...
- Ah bon ? Je n'entends rien d'étrange, moi, pourtant.
- Ecoute mieux. Il y a comme une plainte diffuse et... ?!
Soudain, une brume légère parut s'élever de nulle part. Inexplicablement, elle avait jailli du sol pour se mettre à tourner doucement autour de Féhanor. En l'observant se densifier de façon alarmante, cette dernière laissa tout de suite choir les sacs à ses pieds. Puis elle dégaina son fleuret avec vitesse et élégance, incitant de ce fait le froid possédé à s'écarter de sa trajectoire.
Il se matérialisa alors sous plusieurs formes, toujours plus moches et inquiétantes les unes que les autres...


- Des spectres, souffla Vialyna en faisant léviter son Disque d'Obédience.
- Voilà qui est presque rassurant, sourit Féhanor, prête au combat. J'avais comme la sensation que quelqu'un nous observait depuis tout à l'heure...
- Pourquoi ne l'as-tu pas dit ?
La bretteuse haussa les épaules.
- Les impressions sont parfois trompeuses. Et je n'avais pas envie de t'inquiéter.
- Maintenant, je suis inquiète. Pour deux.
- Parfait ! Alors défendons-nous~
Les entités cauchemardesques rugirent ; les aventurière se collèrent dos à dos, puis engagèrent le combat.
- C'est quand même très joli comme endroit, non ?
- Joli mais glacé, précisa Vialyna.
- Et ce son... on dirait comme une chanson !
- Le charme des Pierres Chantantes, siffla cérémonieusement l'Oiseau de Désir, elle aussi rêveuse malgré le froid.
Leur prochain arrêt s'était fait dans un silence de cathédrale. Dans ce nouveau refuge sobrement aménagé, elles avaient découvert une caisse remplie de bois et de quelques denrées impérissables. Tout cela avait remis des couleurs aux joues de Vialyna non sans motiver Féhanor à inscrire quelque chose sur le mur du fond.
- Ce ne serait pas du vandalisme ?
- Les hommes des cavernes en sont donc les précurseurs, avait souri la bretteuse. Mais il est vrai que je ne dessine pas, moi : j'écris.
- Quoi donc ?
Sans se détourner de son mur, Féhanor avait haussé les épaules.
- Des mots gentils pour des gens qui l'ont été avec nous. C'est normal, non ?
- Non. Je dirais plutôt que c'est exemplaire.
Cette nuit-là avait été un peu spéciale. Elles avaient dormi ensemble près du feu, comme d'habitude, mais en échangeant tout de même quelques caresses qui trouvèrent une fin reposante. Elles n'étaient pas allé au bout des choses, cela dans l'optique de pouvoir repartir en bonne forme le lendemain. Ce qu'elles avaient fait avec une énergie renouvelée.
- Ça commence a bien descendre, par ici. M'est avis que le pire est derrière nous, Vialyna !
- Tant mieux ! J'ai l'impression que si jamais je pose le pied au mauvais endroit, je vais dévaler la pente avec mon sac.
- Donne-le moi alors.
- Tu en es sûre ?
- Oui, si cela peut éviter que tu te transformes en un énorme boulet de neige.
- C'est très prévenant de ta part.
- Exemplaire, lui répondit Féhanor avec un clin d'œil. En revanche, je suis au regret de t'annoncer que tu écopes de la carte.
- Vraiment ? Les bras vont m'en tomber, plaisanta Vialyna en accomplissant l'échange.
La suite se passa très bien. Entre les moments de contemplation, les innocentes discussions au sujet de tout et de rien... et le soleil qui découvrait cette resplendissante verdure ! En hommage à ce trajet qu'elles avaient presque surmonter, Féhanor ressentit presque le besoin d'engager une bataille de boules de neige avec son amie. Aucune d'elles ne vit l'homme qui les suivait et les observait de loin. Oui : tout se passait très bien jusqu'à ce que le surnaturel fasse parler de lui.
Perturbée par une drôle de sensation, Vialyna s'arrêta soudain. Sourcils froncés, elle promena son regard sur le paysage partiellement enneigé. Féhanor, qui avait inconsciemment pris une légère avance sur la prêtresse du Rose, finit par s'en rendre compte et s'immobilisa à son tour.
- Un problème ?
- La chanson a changé...
La bretteuse la regarda en silence, un brin confuse. Elle avait tendu l'oreille mais...
- Ah bon ? Je n'entends rien d'étrange, moi, pourtant.
- Ecoute mieux. Il y a comme une plainte diffuse et... ?!
Soudain, une brume légère parut s'élever de nulle part. Inexplicablement, elle avait jailli du sol pour se mettre à tourner doucement autour de Féhanor. En l'observant se densifier de façon alarmante, cette dernière laissa tout de suite choir les sacs à ses pieds. Puis elle dégaina son fleuret avec vitesse et élégance, incitant de ce fait le froid possédé à s'écarter de sa trajectoire.
Il se matérialisa alors sous plusieurs formes, toujours plus moches et inquiétantes les unes que les autres...


- Des spectres, souffla Vialyna en faisant léviter son Disque d'Obédience.
- Voilà qui est presque rassurant, sourit Féhanor, prête au combat. J'avais comme la sensation que quelqu'un nous observait depuis tout à l'heure...
- Pourquoi ne l'as-tu pas dit ?
La bretteuse haussa les épaules.
- Les impressions sont parfois trompeuses. Et je n'avais pas envie de t'inquiéter.
- Maintenant, je suis inquiète. Pour deux.
- Parfait ! Alors défendons-nous~
Les entités cauchemardesques rugirent ; les aventurière se collèrent dos à dos, puis engagèrent le combat.
- Grayle le Marchemonde
- Messages : 154
- Enregistré le : 08 sept. 2024 12:58
L'apparition des spectres rappella à Grayle qu'aucun plan, aussi bien ficelé soit-il, ne survivait au premier contact avec la réalité.
Il aurait du s'en douter !
Lui, qui pourtant avait déjà arpenté ces montagnes il y a 30 ans, lorsqu'il avait aidé Melanilek à retrouver l'épée sacrée de son village, en fouillant les mausolées souterrains ancestraux de ses aieux. Ici, la concentration magique était à son comble. Si les voyageurs ordinaires ne s'en rendaient pas compte, magiciens et ensorceleurs avaient la fâcheuse tendance à attirer l'attention des esprits locaux comme la lumière attire les insectes. Les fameux Petra tourbillonaient autour du duo. Une demi-douzaine pour l'instant, mais Grayle savait qu'ils seraient rejoints par d'autres, attirés par le déluge de magie et les émotions fortes des deux jeunes femmes qui allaient sans nul doute êtres générées dans un combat à mort.
- Merde !
La rousse avait dégainé une épée -impossible pour lui de voir précisément quoi- et s'était plaçée instinctivement contre, puos devant sa compagne aux cheveux roses. Celle-ci levait les mains, murmurant quelque chose, mais même de loin, Grayle pouvait voir qu'elle tremblait
Il avait rangé ses jumelles et immédiatement sprinté vers l'escarmouche en contrebas. Se révéler était-il un danger ? Assurément, mais il ne pouvait pas se permettre de laisser les jeunes filles se débrouiller seules, pour un raison très simple : il se sentirait extrêmement con si Féhanor passait l'arme à gauche sous ses yeux. La distance qui le séparait des jeunes femmes était de deux kilomètres. En descente. Sur un terrain rocailleux et instable. Un coureur expérimenté mettrait quinze minutes, peut-etre vingt en prenant son temps, en faisant attention à ne pas se briser une cheville. Il n'avait pas un tel luxe de temps.
Il sauta par dessus un rocher, flottant dans l'air quelques instants, avant de se réceptionner lourdement sur le sol, glissant sur l'herbe et la terre. Ses jambes puissantes retrouvèrent leur équilibre et il reprit sa course. Dans ce terrain accidenté et traître, courir était une folie pure, mais Grayle n'était pas un homme ordinaire. Là où un homme normal aurait dû ralentir, calculer, hésiter, Grayle accélérait.
Un rocher s'effrita sous son pied droit. Sans même réfléchir, il transféra son poids et bondit vers le prochain appui, un bloc de pierre à trois mètres de là. L'impact aurait pulvérisé les genoux de n'importe qui. Grayle ne sentit rien. Il était déjà reparti. Le sentier disparut sous ses pieds alors qu'il coupait directement à travers la pente.
Des graviers roulaient sous ses pas, créant de petites avalanches dans son sillage. Il se laissa glisser sur un long pan de terre meuble, contrôlant sa trajectoire d'infimes ajustements de son poids, ses bras tendus pour l'équilibre, l'épée serpentine claquant contre son dos.En contrebas, les cris continuaient. Un éclair de feu explosa, annihilant un esprit. Les esprits reculèrent un instant, puis revinrent à la charge, plus agressifs.
Grayle sauta par-dessus un éboulis, atterrit en pleine course sur un rocher incliné, pivota, et se propulsa vers le bas. Ses muscles ne brûlaient pas. Ses poumons ne le suppliaient pas de ralentir. Son corps qui ne connaissait ni la fatigue ni la peur de la blessure, chauffait néanmoins sous l’effort, de la sueur dégoulinant de son front. Dans une glissade contrôle, il se saisit du manche de l’épée dans son dos. Les esprits pouvaient être vaincus comme des humains, à condition que la conviction de celui ou celle qui les frappait était parfaite. Toute peur, toute hésitation, même infime, rendait les coups inefficaces, et l’esprit se reformait peu après être frappé.
En bas, il vit la rousse lever son épée, et flammes jaillirent de nulle part pour percuter un esprit dans une explosion si violente que des morceaux de roches volaient partout.
Coup de bol, les esprits craignaient aussi le feu. Bon, au moins, elles étaient couvertes de ce côté là. En réalité, elles avaient une chance non négligeable de s’en sortir sans lui. Une poignée d’esprits avait déjà été dissipés, et, alors qu’il n’était qu’à quelques centaines de mètres d’elles, aucune de ses ex proies ne semblait blessée.
Mais d’autres esprits arrivaient derrière elles. La jeune femme aux cheveux roses, qui avait été séparée de son amie – ou sa captive ? - traça des symboles lumineux qui repoussèrent faiblement les créatures. Les esprits se resserraient, leurs formes vaporeuses se solidifiant progressivement.
Cent mètres.
Grayle arracha l'épée serpentine de son dos en pleine course, la lame chantant en sortant de son fourreau. Le vent magique qui parcourait l'acier se réveilla instantanément, résonnant avec sa propre énergie, mais faiblement. Melanilek, elle, était capable de lancer des lames d’air capables de fendre la roche et même dissiper les nuages. Mais entre ses mains à lui, cette arme n’était qu’une simple épée.
Ses pieds trouvèrent un dernier rocher plat, et il se propulsa dans les airs.
Le temps sembla ralentir.
Il vola au-dessus des derniers mètres, son manteau orange déployé derrière lui comme les ailes d'un rapace, l'épée brandie haut alors qu’il se précipitait vers un esprit qui attaquait Vialanya.
Momentanément, les esprits hésitèrent, pivotant leur attention vers le nouveau venu. Il ne maîtrisait pas la magie, mais tous pouvaient sentir en lui quelque chose de différent. De puissant. De divin. Le brasier couvert d’un pouvoir d’une autre réalité.
L’épée fendit l’air de haut en bas, déchirant un des spectres en deux avant que ses griffes ne lacèrent le bras de la prêtresse. L’esprit hurla et se dissipa dans l’air, frappé par la conviction absolue d'un immortel qui n’avait pas une ombre d’hésitation en lui. Il se redressa, et tendit son bras sur le côté, formant une barrière physique entre la prêtresse et les esprits. Un geste muet de protection.
Sa respiration était parfaitement calme. Pas un souffle d'essoufflement, malgré sa sueur. Comme s'il venait de faire une promenade tranquille. Pendant un bref instant, ses yeux plongèrent dans ceux de Fehanor, alors que le temps était suspendu.
- Ces esprits craignent le feu et se nourrissent de vos peur ! Rugit-il avec une voix puissante qui détonnait avec la jeunesse de son visage imberbe. Frappez sans hésitation !
Il aurait du s'en douter !
Lui, qui pourtant avait déjà arpenté ces montagnes il y a 30 ans, lorsqu'il avait aidé Melanilek à retrouver l'épée sacrée de son village, en fouillant les mausolées souterrains ancestraux de ses aieux. Ici, la concentration magique était à son comble. Si les voyageurs ordinaires ne s'en rendaient pas compte, magiciens et ensorceleurs avaient la fâcheuse tendance à attirer l'attention des esprits locaux comme la lumière attire les insectes. Les fameux Petra tourbillonaient autour du duo. Une demi-douzaine pour l'instant, mais Grayle savait qu'ils seraient rejoints par d'autres, attirés par le déluge de magie et les émotions fortes des deux jeunes femmes qui allaient sans nul doute êtres générées dans un combat à mort.
- Merde !
La rousse avait dégainé une épée -impossible pour lui de voir précisément quoi- et s'était plaçée instinctivement contre, puos devant sa compagne aux cheveux roses. Celle-ci levait les mains, murmurant quelque chose, mais même de loin, Grayle pouvait voir qu'elle tremblait
Il avait rangé ses jumelles et immédiatement sprinté vers l'escarmouche en contrebas. Se révéler était-il un danger ? Assurément, mais il ne pouvait pas se permettre de laisser les jeunes filles se débrouiller seules, pour un raison très simple : il se sentirait extrêmement con si Féhanor passait l'arme à gauche sous ses yeux. La distance qui le séparait des jeunes femmes était de deux kilomètres. En descente. Sur un terrain rocailleux et instable. Un coureur expérimenté mettrait quinze minutes, peut-etre vingt en prenant son temps, en faisant attention à ne pas se briser une cheville. Il n'avait pas un tel luxe de temps.
Il sauta par dessus un rocher, flottant dans l'air quelques instants, avant de se réceptionner lourdement sur le sol, glissant sur l'herbe et la terre. Ses jambes puissantes retrouvèrent leur équilibre et il reprit sa course. Dans ce terrain accidenté et traître, courir était une folie pure, mais Grayle n'était pas un homme ordinaire. Là où un homme normal aurait dû ralentir, calculer, hésiter, Grayle accélérait.
Un rocher s'effrita sous son pied droit. Sans même réfléchir, il transféra son poids et bondit vers le prochain appui, un bloc de pierre à trois mètres de là. L'impact aurait pulvérisé les genoux de n'importe qui. Grayle ne sentit rien. Il était déjà reparti. Le sentier disparut sous ses pieds alors qu'il coupait directement à travers la pente.
Des graviers roulaient sous ses pas, créant de petites avalanches dans son sillage. Il se laissa glisser sur un long pan de terre meuble, contrôlant sa trajectoire d'infimes ajustements de son poids, ses bras tendus pour l'équilibre, l'épée serpentine claquant contre son dos.En contrebas, les cris continuaient. Un éclair de feu explosa, annihilant un esprit. Les esprits reculèrent un instant, puis revinrent à la charge, plus agressifs.
Grayle sauta par-dessus un éboulis, atterrit en pleine course sur un rocher incliné, pivota, et se propulsa vers le bas. Ses muscles ne brûlaient pas. Ses poumons ne le suppliaient pas de ralentir. Son corps qui ne connaissait ni la fatigue ni la peur de la blessure, chauffait néanmoins sous l’effort, de la sueur dégoulinant de son front. Dans une glissade contrôle, il se saisit du manche de l’épée dans son dos. Les esprits pouvaient être vaincus comme des humains, à condition que la conviction de celui ou celle qui les frappait était parfaite. Toute peur, toute hésitation, même infime, rendait les coups inefficaces, et l’esprit se reformait peu après être frappé.
En bas, il vit la rousse lever son épée, et flammes jaillirent de nulle part pour percuter un esprit dans une explosion si violente que des morceaux de roches volaient partout.
Coup de bol, les esprits craignaient aussi le feu. Bon, au moins, elles étaient couvertes de ce côté là. En réalité, elles avaient une chance non négligeable de s’en sortir sans lui. Une poignée d’esprits avait déjà été dissipés, et, alors qu’il n’était qu’à quelques centaines de mètres d’elles, aucune de ses ex proies ne semblait blessée.
Mais d’autres esprits arrivaient derrière elles. La jeune femme aux cheveux roses, qui avait été séparée de son amie – ou sa captive ? - traça des symboles lumineux qui repoussèrent faiblement les créatures. Les esprits se resserraient, leurs formes vaporeuses se solidifiant progressivement.
Cent mètres.
Grayle arracha l'épée serpentine de son dos en pleine course, la lame chantant en sortant de son fourreau. Le vent magique qui parcourait l'acier se réveilla instantanément, résonnant avec sa propre énergie, mais faiblement. Melanilek, elle, était capable de lancer des lames d’air capables de fendre la roche et même dissiper les nuages. Mais entre ses mains à lui, cette arme n’était qu’une simple épée.
Ses pieds trouvèrent un dernier rocher plat, et il se propulsa dans les airs.
Le temps sembla ralentir.
Il vola au-dessus des derniers mètres, son manteau orange déployé derrière lui comme les ailes d'un rapace, l'épée brandie haut alors qu’il se précipitait vers un esprit qui attaquait Vialanya.
Momentanément, les esprits hésitèrent, pivotant leur attention vers le nouveau venu. Il ne maîtrisait pas la magie, mais tous pouvaient sentir en lui quelque chose de différent. De puissant. De divin. Le brasier couvert d’un pouvoir d’une autre réalité.
L’épée fendit l’air de haut en bas, déchirant un des spectres en deux avant que ses griffes ne lacèrent le bras de la prêtresse. L’esprit hurla et se dissipa dans l’air, frappé par la conviction absolue d'un immortel qui n’avait pas une ombre d’hésitation en lui. Il se redressa, et tendit son bras sur le côté, formant une barrière physique entre la prêtresse et les esprits. Un geste muet de protection.
Sa respiration était parfaitement calme. Pas un souffle d'essoufflement, malgré sa sueur. Comme s'il venait de faire une promenade tranquille. Pendant un bref instant, ses yeux plongèrent dans ceux de Fehanor, alors que le temps était suspendu.
- Ces esprits craignent le feu et se nourrissent de vos peur ! Rugit-il avec une voix puissante qui détonnait avec la jeunesse de son visage imberbe. Frappez sans hésitation !
- Vialyna & Féhanor
- Messages : 28
- Enregistré le : 21 déc. 2025 13:56
- Fiche
- Demande de RP
Alors que Féhanor les défendait toutes les deux en agitant son fleuret, un fantôme s'éleva du sol, préparant une attaque aérienne. La bretteuse le vit faire. Elle leva son Fer Bâtard et cria :
- Flammes, tombez du ciel !
Trois répliques incandescentes de Dégénéré-Sang se matérialisèrent en hauteur, encadrant les épaules voûtées du spectre. Elles l'embrochèrent à l'unisson, provoquant une explosion qui l'annihila purement et simplement.
- Oui ! Et un de moins~
Le souffle ardent bouscula certains esprits. Mais les plus éloignés, eux, en profitèrent pour gagner de l'élan et fondre sur le duo.
- Prends garde ! s'écria Vialyna.
Une des pierres magiques serties dans le Disque d'Obédience s'illumina d'un feu blanc. Un bouclier apparut alors devant leurs ennemis, qui durent reculer, aveuglés par son puissant éclat. La Prêtresse du Rose remua les mains ; son artefact en suivit les consignes, projetant la barrière temporaire sur un ennemi qu'elle sonna dans une explosion de verre.
- Superbe ! Maintenant, glisse-toi dans mon dos.
- Tout de suite.
Rodée à force de combattre ensemble, elles menèrent cette danse-relais d'une main de maître, repoussant sans cesse les tentatives d'approche des spectres. Féhanor incarnait le fer de lance là où Vialyna les protégeait magiquement et renforçait les attaques de sa camarade. La Prêtresse du Rose n'avait néanmoins guère l'occasion d'attaquer - ce qui, d'une certaine façon, l'arrangeait bien.
- Flammes, pourfendez cet olibrius !
La pointe de son fleuret brilla au-dessus de sa tête rousse. Une fine et longue lame jaillit du sol, empalant par le bas un fantôme rampant qui se croyait à l'abri dans la brume volatile. Il disparut dans un petit déluge d'éclats rocailleux que ses congénères, intangibles, n'eurent pas besoin d'éviter.
- Leur nombre a diminué ! On ne va en faire qu'une bouchée.
Féhanor avait parlé trop vite car, derrière elles, d'autres abominations d'entre les deux mondes apparurent comme pour les narguer. L'une d'entre-elles utilisa un pouvoir qui attira Vialyna dans sa direction. Cette dernière, surprise, dut braquer son Disque d'Obédience vers le monstre afin de lui opposer ses propres forces magiques.
- Vial' !
- Non, fit-elle en tendant une main vers son amie. Reste où tu es ! Je peux les contenir.
La prêtresse n'attendit pas de réponse de sa part. Elle agita les doigts, cette fois-ci, et son artefact y répondit avec davantage de précision, dessinant dans l'air des lettres complexes et lumineuses. Les spectres ne purent s'en approcher, ce qui confirma la formation d'une sorte de cordon de sécurité autour de Vialyna.
- C'est beaucoup trop risqué, souffla la bretteuse en faisant la grimace.
Une griffe fusa dans sa direction. Féhanor se déhancha, reculant l'épaule, et frappa dans la foulée ! Malheureusement, sa lame passa au travers du spectre, qui lui fit décrire un petit bond en arrière.
- Damnée créature !
La barrière de Vialyna, trop étendue, céda à la hargne de ses assaillants. Ils la brisèrent, puis se ruèrent sur son invocatrice comme une tempête glaciale quand soudain...
- ... ?!
Quelqu'un tomba au milieu de la mêlée, les pans de son manteau orange soulevés par son atterrissage spectaculaire. Les mauvais esprits hésitèrent, sauf un qui était déjà proche de Bénédicta. Ses griffes volèrent dans un souffle funèbre ! Le nouveau venu agita sa lame serpentine, neutralisant son offensive en même temps qu'il se débarrassa du monstre. Une frappe nette et précise, dénuée de doute. Dans la continuité de son mouvement, il dressa son bras armé entre sa protégée et les damnés esprits.
Féhanor s'était retournée pour les regarder. Elle avait vu sa riposte qui, sans feu, avait suffi à désagréger un de ces spectres.
- Très belle frappe, l'étranger !
Dans un cri salutaire, il leur donna la clé de la réussite. Les spectres craignaient autant le feu que la détermination d'un bras armé. A l'inverse, la peur éprouvée par leur adversaire les renforçait.
- Tout paraît clair à présent, souffla Vialyna.
Elle s'était rapprochée de son bienfaiteur, autour duquel le Disque d'Obédience gravitait comme un satellite.
- Acceptez que je vous prête mes forces~
La prêtresse du Rose passa sous son bras pour se dresser face à lui. Elle dut se hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser, ses mains plaquées de chaque coté de ses joues imberbes. Le courant magique circula entre leurs lèvres, rendant le baiser fugace mais particulièrement intense. L'homme en fut secoué mais, l'instant d'après, il reçut une véritable décharge d'énergie Rose qui boosta chacun de ses paramètres.
Vialyna s'écarta du brave, à qui elle adressa un clin d'œil complice.
- Ayez le bras leste.
Il allait bien falloir qu'il l'ait, parce que les spectres renouvelèrent leurs assauts par vagues suggestives ! La prêtresse comptait bien le suppléer avec son artefact volant.
- Après avoir reçu ce cadeau, il pourrait même lui en pousser un troisième, de bras, s'amusa Féhanor qui, en se fiant au bon conseil de l'inconnu, pulvérisa un ennemi d'une quarte bien placée.
Sa plainte résonna dans l'air, très vite suivie par un flamboyant rugissement. Le fleuret de la rouquine s'était embrasé d'un seul coup ! Une main dans le dos, elle fendit l'air à trois reprises. Autant de slashs brûlants barrèrent l'espace droit devant elle, coupant en plusieurs morceaux une belle poignée d'esprits revanchards.
- Le vent a tourné, siffla-t-elle.
La main plus sûre que jamais, elle se fraya un chemin jusqu'à ses alliés, éliminant spectre après spectre avec autant d'élégance que de puissance.
- Flammes, tombez du ciel !
Trois répliques incandescentes de Dégénéré-Sang se matérialisèrent en hauteur, encadrant les épaules voûtées du spectre. Elles l'embrochèrent à l'unisson, provoquant une explosion qui l'annihila purement et simplement.
- Oui ! Et un de moins~
Le souffle ardent bouscula certains esprits. Mais les plus éloignés, eux, en profitèrent pour gagner de l'élan et fondre sur le duo.
- Prends garde ! s'écria Vialyna.
Une des pierres magiques serties dans le Disque d'Obédience s'illumina d'un feu blanc. Un bouclier apparut alors devant leurs ennemis, qui durent reculer, aveuglés par son puissant éclat. La Prêtresse du Rose remua les mains ; son artefact en suivit les consignes, projetant la barrière temporaire sur un ennemi qu'elle sonna dans une explosion de verre.
- Superbe ! Maintenant, glisse-toi dans mon dos.
- Tout de suite.
Rodée à force de combattre ensemble, elles menèrent cette danse-relais d'une main de maître, repoussant sans cesse les tentatives d'approche des spectres. Féhanor incarnait le fer de lance là où Vialyna les protégeait magiquement et renforçait les attaques de sa camarade. La Prêtresse du Rose n'avait néanmoins guère l'occasion d'attaquer - ce qui, d'une certaine façon, l'arrangeait bien.
- Flammes, pourfendez cet olibrius !
La pointe de son fleuret brilla au-dessus de sa tête rousse. Une fine et longue lame jaillit du sol, empalant par le bas un fantôme rampant qui se croyait à l'abri dans la brume volatile. Il disparut dans un petit déluge d'éclats rocailleux que ses congénères, intangibles, n'eurent pas besoin d'éviter.
- Leur nombre a diminué ! On ne va en faire qu'une bouchée.
Féhanor avait parlé trop vite car, derrière elles, d'autres abominations d'entre les deux mondes apparurent comme pour les narguer. L'une d'entre-elles utilisa un pouvoir qui attira Vialyna dans sa direction. Cette dernière, surprise, dut braquer son Disque d'Obédience vers le monstre afin de lui opposer ses propres forces magiques.
- Vial' !
- Non, fit-elle en tendant une main vers son amie. Reste où tu es ! Je peux les contenir.
La prêtresse n'attendit pas de réponse de sa part. Elle agita les doigts, cette fois-ci, et son artefact y répondit avec davantage de précision, dessinant dans l'air des lettres complexes et lumineuses. Les spectres ne purent s'en approcher, ce qui confirma la formation d'une sorte de cordon de sécurité autour de Vialyna.
- C'est beaucoup trop risqué, souffla la bretteuse en faisant la grimace.
Une griffe fusa dans sa direction. Féhanor se déhancha, reculant l'épaule, et frappa dans la foulée ! Malheureusement, sa lame passa au travers du spectre, qui lui fit décrire un petit bond en arrière.
- Damnée créature !
La barrière de Vialyna, trop étendue, céda à la hargne de ses assaillants. Ils la brisèrent, puis se ruèrent sur son invocatrice comme une tempête glaciale quand soudain...
- ... ?!
Quelqu'un tomba au milieu de la mêlée, les pans de son manteau orange soulevés par son atterrissage spectaculaire. Les mauvais esprits hésitèrent, sauf un qui était déjà proche de Bénédicta. Ses griffes volèrent dans un souffle funèbre ! Le nouveau venu agita sa lame serpentine, neutralisant son offensive en même temps qu'il se débarrassa du monstre. Une frappe nette et précise, dénuée de doute. Dans la continuité de son mouvement, il dressa son bras armé entre sa protégée et les damnés esprits.
Féhanor s'était retournée pour les regarder. Elle avait vu sa riposte qui, sans feu, avait suffi à désagréger un de ces spectres.
- Très belle frappe, l'étranger !
Dans un cri salutaire, il leur donna la clé de la réussite. Les spectres craignaient autant le feu que la détermination d'un bras armé. A l'inverse, la peur éprouvée par leur adversaire les renforçait.
- Tout paraît clair à présent, souffla Vialyna.
Elle s'était rapprochée de son bienfaiteur, autour duquel le Disque d'Obédience gravitait comme un satellite.
- Acceptez que je vous prête mes forces~
La prêtresse du Rose passa sous son bras pour se dresser face à lui. Elle dut se hisser sur la pointe des pieds pour l'embrasser, ses mains plaquées de chaque coté de ses joues imberbes. Le courant magique circula entre leurs lèvres, rendant le baiser fugace mais particulièrement intense. L'homme en fut secoué mais, l'instant d'après, il reçut une véritable décharge d'énergie Rose qui boosta chacun de ses paramètres.
Vialyna s'écarta du brave, à qui elle adressa un clin d'œil complice.
- Ayez le bras leste.
Il allait bien falloir qu'il l'ait, parce que les spectres renouvelèrent leurs assauts par vagues suggestives ! La prêtresse comptait bien le suppléer avec son artefact volant.
- Après avoir reçu ce cadeau, il pourrait même lui en pousser un troisième, de bras, s'amusa Féhanor qui, en se fiant au bon conseil de l'inconnu, pulvérisa un ennemi d'une quarte bien placée.
Sa plainte résonna dans l'air, très vite suivie par un flamboyant rugissement. Le fleuret de la rouquine s'était embrasé d'un seul coup ! Une main dans le dos, elle fendit l'air à trois reprises. Autant de slashs brûlants barrèrent l'espace droit devant elle, coupant en plusieurs morceaux une belle poignée d'esprits revanchards.
- Le vent a tourné, siffla-t-elle.
La main plus sûre que jamais, elle se fraya un chemin jusqu'à ses alliés, éliminant spectre après spectre avec autant d'élégance que de puissance.
- Grayle le Marchemonde
- Messages : 154
- Enregistré le : 08 sept. 2024 12:58
- Acceptez que je vous prête mes forces…
Grayle allait se retourner pour lui dire de se mettre à l’abri, sentant que la magicienne aux cheveux roses, clairement complètement inconsciente du danger, se rapprochait de lui. Mais il avait à peine eu le temps d’amorcer son mouvement qu’elle était passée sous son bras, se retrouvant devant lui.
- Arrê…
Il n’eut même pas le temps de continuer son mot qu’elle l’avait déjà capturé. Les doux doigts de la jeune femme se posèrent délicatement sur son visage, et ses lèvres entrouvertes se retrouvèrent entre celles de Vialyna, qui, sans le quitter des yeux, l’embrassa fougueusement, collant son corps frêle contre le sien. Les pupilles de la prêtresse devinrent roses, alors que sa magie se déversait dans le corps de Grayle. Tandis que sa langue rencontrait celle du jeune homme pétrifié, elle put sentir en lui la puissance divine et l’énergie infinie qui sommeillait en lui, comme si elle était connecté à un puit sans fond de mana. Lorsqu’elle se retira, Grayle était encore sous le choc. Ses pupilles virèrent elles aussi au Rose, alors qu’une décharge de puissance et de plaisir secoua son corps. Ses muscles se contractèrent et gonflèrent, alors que son cœur battait à une vitesse folle qu’il cru un instant qu’il allait exploser.
- Que…
Si Vialyna avait déjà utilisé ce genre de méthode pour renforcer quelqu’un, c’était probablement la première fois qu’elle voyait sa cible réagir de manière aussi violente. Le corps secoué de spasme, son pantalon fin déformé par une énorme érection, le visage rouge d’envie et les pupilles dilatées, Grayle irradiait de puissance, et surtout, d’une envie primale de dominer et d’écraser ses ennemis. Le cerveau complètement matrixé par l’énergie Rose, il devait lutter de toute ses forces pour se concentrer sur son but : protéger les deux femmes, et non pas tuer à l’aveugle. Se focaliser sur les ennemis, et non pas sur les formes fines de la rousse et plantureuses de la rose.
Alors qu’un ennemi attaquait, Grayle s’élanca. C’est à ce moment qu’il réalisait que tout semblait se dérouler au ralenti. Des flammes émises par la rapière de Féhänor aux mouvements des spectres, le monde bougeait avec la lenteur d’un guerrier répétant avec lenteur les gestes enseignés par son tuteur.
Le spectre juste en face de lui avait levé son bras, et fendit l’air. Le temps qu’il finisse son geste, Grayle le transperca trois fois, avant de faire un pas de côté. Jambe droite, appui, jambe gauche, appui. Envoyant valser de la terre et de la neige à chaque pas, Grayle bondissait, volait. Il poussa un cri à la fois de joie et de colère et de plaisir, n’ayant jamais goûté à une telle puissance, jouissant de ce sentiment d’invincibilité, alors qu’une paire de spectre étaient envoyés à la tombe en un instant. Leurs coups, d’ordinaires vifs, étaient lents et maladroits de son point de vue. Même Fehänor, pourtant si agile et aérienne, bougeait au ralenti.
Leurs cris qui gelaient les cœurs ne l’atteignaient même pas. C’était au point qu’il ne réalisa pas tout de suite qu’un autre, attiré par le chaos et le carnage fantomatique, était sorti du sol. Bien plus grand que les autres, ils dominaient complètement les humains, dépassant de loin les 3 mètres de haut, agrippant une naginata spectrale encore plus grande. Derrière un casque de samurai, son armure dégingandée cachant ses faux « os », il fixait les intrus avec une haine froide et calculée. Grayle, qui avait du mal à stopper ses nombreuses excitations, trottina sur le nouvel arrivant, qui faisait face à Fehanor.
Le spectre gigantesque leva lentement ses bras.
Puis frappa.
Si vite que même Grayle eut du mal à la suivre. Sans réfléchir, il se jeta en avant, et parvint à intercepter la lame de la naginata quelques centimètres avant qu’elle ne tranche la rousse en deux, dans un « CLANG » sonore, qui projeta des gerbes d’étincelles.
Le pire ne fut pas la lame gigantesque qui percuta son épée -heureusement imbrisable- ce fut la vibration démesurée qui se répercuta dans tout son corps, vrillant ses muscles et fendant ses os. Le souffle fut tel que Fehanor fut projetée en arrière avec lui, sur un mètre, cinq mètres, dix mètres, vingt mètres avant de retomber au sol, Grayle sentant tout son corps crier grâce alors s’écrasait contre le sol rocailleux dans un craquement sinistre. Son sang rouge et chaud se répandait par terre et ses yeux croisèrent le regard inquiet de la bretteuse, qui s’était réceptionnée avec l’agilité d’un chat.
- Je vais…
Il se mit à cracher, puis vomir du sang, avant de lever le bras vers elle, comme pour la stopper.
- Je vais bien ! Je vais récupérer !
Déjà, il sentait son corps se régénérer, les blessures se refermant et les os retrouvant leur forme. Dans une dizaine de secondes, tout au plus, il serait comme neuf. Mais, contrairement à lui, les deux jeunes filles n’auraient pas droit à une seconde chance…
Grayle allait se retourner pour lui dire de se mettre à l’abri, sentant que la magicienne aux cheveux roses, clairement complètement inconsciente du danger, se rapprochait de lui. Mais il avait à peine eu le temps d’amorcer son mouvement qu’elle était passée sous son bras, se retrouvant devant lui.
- Arrê…
Il n’eut même pas le temps de continuer son mot qu’elle l’avait déjà capturé. Les doux doigts de la jeune femme se posèrent délicatement sur son visage, et ses lèvres entrouvertes se retrouvèrent entre celles de Vialyna, qui, sans le quitter des yeux, l’embrassa fougueusement, collant son corps frêle contre le sien. Les pupilles de la prêtresse devinrent roses, alors que sa magie se déversait dans le corps de Grayle. Tandis que sa langue rencontrait celle du jeune homme pétrifié, elle put sentir en lui la puissance divine et l’énergie infinie qui sommeillait en lui, comme si elle était connecté à un puit sans fond de mana. Lorsqu’elle se retira, Grayle était encore sous le choc. Ses pupilles virèrent elles aussi au Rose, alors qu’une décharge de puissance et de plaisir secoua son corps. Ses muscles se contractèrent et gonflèrent, alors que son cœur battait à une vitesse folle qu’il cru un instant qu’il allait exploser.
- Que…
Si Vialyna avait déjà utilisé ce genre de méthode pour renforcer quelqu’un, c’était probablement la première fois qu’elle voyait sa cible réagir de manière aussi violente. Le corps secoué de spasme, son pantalon fin déformé par une énorme érection, le visage rouge d’envie et les pupilles dilatées, Grayle irradiait de puissance, et surtout, d’une envie primale de dominer et d’écraser ses ennemis. Le cerveau complètement matrixé par l’énergie Rose, il devait lutter de toute ses forces pour se concentrer sur son but : protéger les deux femmes, et non pas tuer à l’aveugle. Se focaliser sur les ennemis, et non pas sur les formes fines de la rousse et plantureuses de la rose.
Alors qu’un ennemi attaquait, Grayle s’élanca. C’est à ce moment qu’il réalisait que tout semblait se dérouler au ralenti. Des flammes émises par la rapière de Féhänor aux mouvements des spectres, le monde bougeait avec la lenteur d’un guerrier répétant avec lenteur les gestes enseignés par son tuteur.
Le spectre juste en face de lui avait levé son bras, et fendit l’air. Le temps qu’il finisse son geste, Grayle le transperca trois fois, avant de faire un pas de côté. Jambe droite, appui, jambe gauche, appui. Envoyant valser de la terre et de la neige à chaque pas, Grayle bondissait, volait. Il poussa un cri à la fois de joie et de colère et de plaisir, n’ayant jamais goûté à une telle puissance, jouissant de ce sentiment d’invincibilité, alors qu’une paire de spectre étaient envoyés à la tombe en un instant. Leurs coups, d’ordinaires vifs, étaient lents et maladroits de son point de vue. Même Fehänor, pourtant si agile et aérienne, bougeait au ralenti.
Leurs cris qui gelaient les cœurs ne l’atteignaient même pas. C’était au point qu’il ne réalisa pas tout de suite qu’un autre, attiré par le chaos et le carnage fantomatique, était sorti du sol. Bien plus grand que les autres, ils dominaient complètement les humains, dépassant de loin les 3 mètres de haut, agrippant une naginata spectrale encore plus grande. Derrière un casque de samurai, son armure dégingandée cachant ses faux « os », il fixait les intrus avec une haine froide et calculée. Grayle, qui avait du mal à stopper ses nombreuses excitations, trottina sur le nouvel arrivant, qui faisait face à Fehanor.
Le spectre gigantesque leva lentement ses bras.
Puis frappa.
Si vite que même Grayle eut du mal à la suivre. Sans réfléchir, il se jeta en avant, et parvint à intercepter la lame de la naginata quelques centimètres avant qu’elle ne tranche la rousse en deux, dans un « CLANG » sonore, qui projeta des gerbes d’étincelles.
Le pire ne fut pas la lame gigantesque qui percuta son épée -heureusement imbrisable- ce fut la vibration démesurée qui se répercuta dans tout son corps, vrillant ses muscles et fendant ses os. Le souffle fut tel que Fehanor fut projetée en arrière avec lui, sur un mètre, cinq mètres, dix mètres, vingt mètres avant de retomber au sol, Grayle sentant tout son corps crier grâce alors s’écrasait contre le sol rocailleux dans un craquement sinistre. Son sang rouge et chaud se répandait par terre et ses yeux croisèrent le regard inquiet de la bretteuse, qui s’était réceptionnée avec l’agilité d’un chat.
- Je vais…
Il se mit à cracher, puis vomir du sang, avant de lever le bras vers elle, comme pour la stopper.
- Je vais bien ! Je vais récupérer !
Déjà, il sentait son corps se régénérer, les blessures se refermant et les os retrouvant leur forme. Dans une dizaine de secondes, tout au plus, il serait comme neuf. Mais, contrairement à lui, les deux jeunes filles n’auraient pas droit à une seconde chance…
- Vialyna & Féhanor
- Messages : 28
- Enregistré le : 21 déc. 2025 13:56
- Fiche
- Demande de RP
- Ça alors...
L'épéiste avait certes réagi à son pouvoir, mais à un degré qu'elle n'avait pas du tout anticipé ! Vialyna ne fut vraiment pas déçue du spectacle. Il bougeait si vite que son image paraissait se flouter par saccades. Dans un séduisant ballet d'acier, sa lame dénuée de doute trancha spectre après spectre avec une vivacité incroyable ! La prêtresse du Rose sentit son cœur manquer plusieurs battements.
Me serais-je trompée sur le dosage ?
Elle avait du mal à le croire. Mais en même temps, Bénédicta avait senti quelque chose d'incroyablement puissant au moment du baiser. Une force terrible tapie au fond d'une enveloppe de chair qui n'était humaine que d'apparence. Cette conception concordait avec ce à quoi elle assistait, figée sur place, ses grands yeux ronds d'un parfait étonnement.
- Woaaah !! D'où sort-il, celui-là ?!
Le cri de son amie l'arracha aussitôt à la beauté mouvementée de son sujet masculin. La prêtresse du Rose comme la bretteuse avaient les yeux levés sur un spectre hors norme, coiffé d'un casque et d'une armure orientales. Il n'y avait pas que sa silhouette qui le rendait intimidant ; il en allait également de sa lance, encore plus longue que lui !
Féhanor aligna la pointe de son fleuret sur la créature titanesque.
- Là, je crois que je vais avoir besoin d'un sérieux coup de main, marmonna-t-elle.
Le spectre lui rendit son regard...
Puis il entreprit de la découper en deux d'une frappe impitoyable !
Prise de court, la bretteuse serra les mâchoires et les doigts sur le manche de son épée. Elle crut voir un éclair quand le nouveau venu lui passa devant, interceptant le coup avec sa propre lame.
- Nom d-Ouaaaaaaaaah !!
L'onde de choc la fit littéralement s'envoler ! Tandis que la pierre enneigée filait sous ses yeux écarquillés et que les parois rocheuses se confondaient avec le ciel, Féhanor dut très vite recouvrer ses esprits. En s'aidant de son poids, elle retrouva ses repères puis rebondit souplement sur la terre ferme. Elle plia les jambes en grimaçant, puis renouvela son acrobatie de sorte à absorber totalement l'impact de la chute. Enfin, elle freina en crissant sur ses appuis que plus aucun froid ne parvenait à mordre.
- Pfiouh ! J'ai eu chaud et j'ai ENCORE plus chaud, lâcha-t-elle, son cœur battant à tout rompre.
Elle tourna son regard ahuri vers le guerrier ultra rapide avant de plisser sérieusement les paupières.
Un genou à terre, l'homme était en sang. Son corps n'ayant vraisemblablement pas supporté la pression.
- L-l'étranger !
Bien qu'il eut levé le bras vers elle pour lui signifier de ne pas s'inquiéter, elle le vit cracher du sang en une alarmante quantité.
Comment ça « je vais bien » ?!
Le bretteur le voyait mal récupérer de ses blessures comme par magie, y compris en comptant sur les soins de Vialyna.
La prêtresse du Rose qui choisit d'ailleurs ce moment pour intervenir :
- Écoute-le ! cria-t-elle. Il n'est pas taillé dans le même bois que nous.
Elle s'était placée derrière le blessé qui, en effet, se régénérait beaucoup plus rapidement que la normale. Requiem, son artefact, s'était séparé en quatre morceaux qui, au lieu de trancher le spectre en armure de samouraï, le percutaient, enveloppés dans une protection magique, au tour par tour. Il vacilla à peine, certes, mais fut dans l'incapacité, sur le moment, de brandir sa puissante et lourde naginata.
- Ne comptez pas sur moi pour rester les bras ballants ! rugit Féhanor.
Effectivement, elle avait couru comme une folle pour les rejoindre et fondre le plus rapidement possible sur leur ennemi commun. Son fer embrasé trouva le front du spectre. Cela manqua le faire basculer en arrière... jusqu'à ce qu'il en vienne à forcer dans l'autre sens à la manière d'un levier.
- Comment peut-il être aussi solide ?!
Son acier toujours planté entre ses deux yeux, la bretteuse du rouge intensifia la chaleur de ses flammes. Un grondement infernal jaillit de cette fournaise contre laquelle le spectre paraissait... immunisé ?
- Je rêve ?!
Vialyna, qui possédait une meilleure vue sur l'ensemble guerrier, porta les mains autour de ses lèvres pour l'avertir :
- Décroche-toi de lui ! Il vient de changer d'élément !!
La magicienne ne disait pas de bêtise ; le fantôme avait sensiblement rougi. Un feu qu'il entretenait et qui, par conséquent, le renforçait de l'intérieur.
- Merde !
Une main à la fois osseuse et immatérielle vola vers elle. Féhanor, qui n'était pas parvenue à récupérer son Fer Bâtard, lâcha prise. Elle se rétablit dans un salto juste aux pieds du géant, qui n'en avait pas terminé avec sa misérable personne.
Retrouvant le manche de sa lance des deux mains, le monstre, en dépit des agaçants boucliers volants de la prêtresse du Rose, envisagea alors de balayer la rouquine d'un formidable coup oblique !
L'épéiste avait certes réagi à son pouvoir, mais à un degré qu'elle n'avait pas du tout anticipé ! Vialyna ne fut vraiment pas déçue du spectacle. Il bougeait si vite que son image paraissait se flouter par saccades. Dans un séduisant ballet d'acier, sa lame dénuée de doute trancha spectre après spectre avec une vivacité incroyable ! La prêtresse du Rose sentit son cœur manquer plusieurs battements.
Me serais-je trompée sur le dosage ?
Elle avait du mal à le croire. Mais en même temps, Bénédicta avait senti quelque chose d'incroyablement puissant au moment du baiser. Une force terrible tapie au fond d'une enveloppe de chair qui n'était humaine que d'apparence. Cette conception concordait avec ce à quoi elle assistait, figée sur place, ses grands yeux ronds d'un parfait étonnement.
- Woaaah !! D'où sort-il, celui-là ?!
Le cri de son amie l'arracha aussitôt à la beauté mouvementée de son sujet masculin. La prêtresse du Rose comme la bretteuse avaient les yeux levés sur un spectre hors norme, coiffé d'un casque et d'une armure orientales. Il n'y avait pas que sa silhouette qui le rendait intimidant ; il en allait également de sa lance, encore plus longue que lui !
Féhanor aligna la pointe de son fleuret sur la créature titanesque.
- Là, je crois que je vais avoir besoin d'un sérieux coup de main, marmonna-t-elle.
Le spectre lui rendit son regard...
Puis il entreprit de la découper en deux d'une frappe impitoyable !
Prise de court, la bretteuse serra les mâchoires et les doigts sur le manche de son épée. Elle crut voir un éclair quand le nouveau venu lui passa devant, interceptant le coup avec sa propre lame.
- Nom d-Ouaaaaaaaaah !!
L'onde de choc la fit littéralement s'envoler ! Tandis que la pierre enneigée filait sous ses yeux écarquillés et que les parois rocheuses se confondaient avec le ciel, Féhanor dut très vite recouvrer ses esprits. En s'aidant de son poids, elle retrouva ses repères puis rebondit souplement sur la terre ferme. Elle plia les jambes en grimaçant, puis renouvela son acrobatie de sorte à absorber totalement l'impact de la chute. Enfin, elle freina en crissant sur ses appuis que plus aucun froid ne parvenait à mordre.
- Pfiouh ! J'ai eu chaud et j'ai ENCORE plus chaud, lâcha-t-elle, son cœur battant à tout rompre.
Elle tourna son regard ahuri vers le guerrier ultra rapide avant de plisser sérieusement les paupières.
Un genou à terre, l'homme était en sang. Son corps n'ayant vraisemblablement pas supporté la pression.
- L-l'étranger !
Bien qu'il eut levé le bras vers elle pour lui signifier de ne pas s'inquiéter, elle le vit cracher du sang en une alarmante quantité.
Comment ça « je vais bien » ?!
Le bretteur le voyait mal récupérer de ses blessures comme par magie, y compris en comptant sur les soins de Vialyna.
La prêtresse du Rose qui choisit d'ailleurs ce moment pour intervenir :
- Écoute-le ! cria-t-elle. Il n'est pas taillé dans le même bois que nous.
Elle s'était placée derrière le blessé qui, en effet, se régénérait beaucoup plus rapidement que la normale. Requiem, son artefact, s'était séparé en quatre morceaux qui, au lieu de trancher le spectre en armure de samouraï, le percutaient, enveloppés dans une protection magique, au tour par tour. Il vacilla à peine, certes, mais fut dans l'incapacité, sur le moment, de brandir sa puissante et lourde naginata.
- Ne comptez pas sur moi pour rester les bras ballants ! rugit Féhanor.
Effectivement, elle avait couru comme une folle pour les rejoindre et fondre le plus rapidement possible sur leur ennemi commun. Son fer embrasé trouva le front du spectre. Cela manqua le faire basculer en arrière... jusqu'à ce qu'il en vienne à forcer dans l'autre sens à la manière d'un levier.
- Comment peut-il être aussi solide ?!
Son acier toujours planté entre ses deux yeux, la bretteuse du rouge intensifia la chaleur de ses flammes. Un grondement infernal jaillit de cette fournaise contre laquelle le spectre paraissait... immunisé ?
- Je rêve ?!
Vialyna, qui possédait une meilleure vue sur l'ensemble guerrier, porta les mains autour de ses lèvres pour l'avertir :
- Décroche-toi de lui ! Il vient de changer d'élément !!
La magicienne ne disait pas de bêtise ; le fantôme avait sensiblement rougi. Un feu qu'il entretenait et qui, par conséquent, le renforçait de l'intérieur.
- Merde !
Une main à la fois osseuse et immatérielle vola vers elle. Féhanor, qui n'était pas parvenue à récupérer son Fer Bâtard, lâcha prise. Elle se rétablit dans un salto juste aux pieds du géant, qui n'en avait pas terminé avec sa misérable personne.
Retrouvant le manche de sa lance des deux mains, le monstre, en dépit des agaçants boucliers volants de la prêtresse du Rose, envisagea alors de balayer la rouquine d'un formidable coup oblique !




