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Mrs Claus
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Elles auraient déjà dû partir.
Elles restèrent à observer cette paysanne qui s’était « réveillée ».
Mais ni la mère ni la fille ne prirent la parole de suite.

Alors le silence les engloba. Cet ASSOURDISSANT silence, que même les bruits de bataille au-delà de la Locomotive contre les aberrations ne parvenaient pas.

ImageCruelle : « Tu n’as pas compris ! »

ImageComtesse Lumière : « Ne sois pas si intense dans ton expression, ma fille. Elle est vierge dans cet anti-monde. Elle doit tout désapprendre pour enfin comprendre. Mais ne vois-tu pas cette lumière qui brûle dans ces yeux ? C’est…magnifique. »

Dans un autre contexte, cette intonation dans la voix aurait pu être l’aveu d’un désir sexuel. S’il y avait de ça, c’était plutôt à rapprocher d’une faim et d’une fascination. Le feu, ici-bas, semblait encore plus important que dans le monde de Marisa où il permettait de repousser « simplement » les ténèbres. Ici, il était une ressource aussi précieuse que le temps. Peut-être même encore plus précieux dans cet anti-monde.

ImageCruelle : « Nous ne possédons pas l’âme de cette femme avec nous. »

ImageComtesse Lumière : « Et quand elle dit « nous », elle parle de ma personne et de mes lanternes. Je puis au mieux te proposer une de ces âmes disciplinées qui me serviront d’intermédiaire tout en étant en protection dans mon sanctuaire. »

La monstruosité géante faites de bras et de lumières contenues ne quittaient plus des yeux Marisa. Ces flammes dans ces cheveux ! Cette intensité dans ses yeux ! Elle en perdait toute prudence. Elle le savait. Mais c’était comme essayer d’éloigner un junkie de sa « sainte » poudre. La Comtesse Lumière était pourtant bien consciente de cette faiblesse. Sa fille ne manqua pas de lui le rappeler d’une manière plutôt brusque.

ImageCruelle : « Ce n’est pas le moment de s’extasier sur un spectacle du bas-peuple. Nous devons nous sauver avant que Père nous retrouver et nous capture. Il est HORS DE QUESTION que je retourne chez lui. Tu m’entends, mère ? Je ne vous le pardonnerais jamais à tous les deux. »

Pendant ce temps, Mrs Claus restait pareil à un macchabée.
Ou une « grosse poupée ».

Si la notion de temps n’était pas la même que là d’où était née et vécue la paysanne, il s’écoulait tout de même. Tout le monde aurait pu jurer qu’au lieu de grain de sable dans un sablier, ce devrait plutôt ressembler à une boue épaisse et noiratre… Mais du temps allait d’un point donné à une destination. C’était une certitude. Il ne pouvait pas y avoir de vie sans temps. Cela revenait-il à dire que Mrs Claus était prisonnière ? A l’écart du temps ?

ImageCruelle : « Mère ! »

ImageComtesse Lumière : « … »

Les doigts d’un de ses bras étaient à moitié tendus en direction de Marisa. La pulpe de ses doigts se caressant les uns les autres. Comme un gourmet s’apprêtant à goûter à un plat unique et savoureux. Et pourtant…
Elle savait qu’elle devait partir.
Le refuge ne durerait pas…

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Demande de RP
Comtesse de Lumière et Cruelle ne détenaient pas ce qu'elle voulait. L'« âme » de la mercenaire se trouvait ailleurs. Quant à savoir en quel endroit de ce monde lugubre... ?
Mieux vaut son corps que rien du tout d'elle.
Marisa ne partageait pas son avis. Elle se voulait extrêmement têtue à ce sujet.
Ses yeux, redevenus incandescents, fixaient ce visage perché plus haut que les lanternes. Ils ne se souciaient pas tellement de cette main grisâtre qui hésitait à la « goûter ». Les craintes de la fermière se situaient bien ailleurs. Et, pour le moment, elles n'étaient pas aussi éveillée que sa conscience de pyrône que l'influence de la dryade rendait plus ou moins stable.

- Vous ne pouvez donc pas m'aider à la ramener entière...

Elle soupira. C'était ainsi. Marisa ne voyait guère l'intérêt d'insister. Cruelle avait urgemment envie de décamper. Sa mère ne trainait la patte qu'à cause de ce feu mystique qu'irradiait la silhouette de Pyra.

- Ne vous mettez pas en danger pour moi. J'ai l'impression que vous en avez déjà trop fait pour une simple inconnue.

Baissait-elle les bras ? Non, c'était plutôt le contraire.
Qu'importe les risques, la Fleur des Champs refusait d'abandonner son alliée à ses ennemis.
Elle était beaucoup trop jeune et naïve pour faire montre d'un tel égoïsme à l'égard de celle qui avait tout risqué pour l'aider à sauvegarder sa petite ferme.

- Je vais attendre ici, dans ce refuge, que votre père ou un de ses... compagnons vienne à moi.

C'est de la folie.
Yggdrasia ne criait plus à l'intérieur de sa tête. Son hôte en déduisit qu'elle aussi était résignée à attendre l'adversité. Qu'elle savait qu'il était inutile d'essayer de la raisonner. Que cela se passerait ainsi - point.
La demi-pyrône remercia le duo d'un simple sourire.

- Bonne chance. Où que vous alliez.

Le chapitre de son existence allait-il s'achever ici ? entre ces cloisons découpés ? sous ce toit imparfait ?
Marisa n'avait plus peur de la fin.
Elle attendait de la voir arriver.
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ImageComtesse Lumière : « Nous allons partir, ma fille. Une dernière chose, jeune fille : ne meurs pas. Pardon, ne mourrez pas, quoi que soit l’âme qui cohabite avec toi. Et si cette âme m’entend et est capable d’action : protège cette jeune femme. Son feu qui est aussi son âme est… précieux. Si intense. Si...obsédante. »

ImageCruelle : « Mère ! Mes oreilles ! Tu donnes l’impression de parler de sexe. C’est dérangeant pour tout le monde. »

La mère et la fille finirent par partir, laissant la toute petite et faible Marisa toute seule dans une sorte de refuge qui défiait les lois de la physique. L’épaisseur des murs semblait inexistante. Comme s’il y avait une face recto et une face verso sans matière entre les deux. Cela avait de quoi perturber. Surtout qu’en s’intéressant à la « matière » de ce mur, on réalisait qu’il n’y en avait pas. Comme si la surface était sombre. Trop exposé. Et pourtant les doigts pouvaient sentir une texture. L’esprit humain la rattachant à des planches de bois tout en étant presque certain que ce n’était pas ça.

Marisa se retrouva donc seule dans cette bulle de « blanc ». Et il ne fallut pas longtemps avant que le phénomène de régression survienne. La bulle de « blanc » se mit à rapetisser très rapidement maintenant que la Comtesse Lumière n’était plus. Les rigoles qui formaient des sortes de serpentins autour du refuge donnèrent l’impression de prendre vie et de se barrer en serpentant comme des serpents d’environnement.

Et avant de vraiment le réaliser, Marisa était de nouveau dans les ténèbres de l’anti-monde du Comte Kowaï. Dans une ruine sans toit et aux murs noirs. Les quelques arbres décharnés qui étaient alors dans la bulle de « blanc » s’étaient ployés comme des vieux grabataires, leurs branches tendus vers la ruine qu’avait été le refuge. Comme si l’environnement lui-même était sous le commandement du Baron.

Puis ce fut l’attente.

Au loin la bataille faisait toujours rage. La Locomotive bougeait rapidement de ses pattes arachnéennes et « criait » à coup de « tchou-tchou ». Les animObjets faisaient divers bruits de ferrailles, d’attaques assénées et subies.

Encore de l’attente.

Et puit soudain du feu !
Des flammes rouges.
Quel étrange phénomène ! Le feu donnait l’impression d’être fumée.
Sans oublier son origine insolite ! Le feu rouge qui nimbait comme d’une aura la personne en costume sortait du trou au bout de ses dents et de ses orbites.

Crâne : « Le réflexe de tout le monde aurait été de fuir. Pourquoi n’as-tu pas fui ? Pourquoi es-tu restée là ? Ou plus important peut-être : qui attendais-tu exactement ? »

Crâne n’était qu’un surnom qui lui avait été délivré pour le nommer. Et encore maintenant, son nom n’était pas sorti de son absence de cordes vocales. Ses yeux, ou tout du moins les lumières à l’intérieur du crâne, regardèrent au-delà de l’épaule de Marisa pour se poser sur l’épouse du Père Noël qui en était réduite à incarner l’état de morte-vivante.


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Demande de RP
Même si l'Esprit de la sylve ne parlait plus dans sa tête, Marisa ne se sentait pas seule et démunie. Yggdrasia avait beau être en désaccord avec elle, la dryade ne l'abandonnerait pas si facilement. Elles étaient toutes les deux liées, et aussi effroyable que fût cet environnement cela ne changeait absolument rien à leur synergie éprouvée par de tendres années de labeur.
Les ténèbres se referment autour de la maison. Nous allons nous retrouver piégées...
La fermière la sentait lasse. Un sentiment qu'elle ne partageait pas ; elle était beaucoup trop soucieuse du sort de Madame Noël pour se le permettre. Même sa peur passait au second plan.
Du moins pour le moment...

Au loin résonnaient les bruits d'un combat qui ne la regardait plus. Une cacophonie de métal et de vapeur. Des sons discordants produits par une infernale gigantomachie. Se recentrant sur elle-même, Marisa détourna son attention de cet abominable spectacle auditif.
La seule fuite qu'elle avait le luxe de pouvoir s'offrir.

Au bout de ce qui lui avait semblé une éternité, une lumière rouge apparut dans le noir d'encre. Un feu dansant, beaucoup plus rouge que nature. Cet élément sentait mauvais. D'un point de vue karmique, et non pas olfactif.
Nous avons de la visite.
La Fleur des Champs se releva sans prononcer un seul mot. Ses globes incandescents tournés sur cette figure squelettique et enflammée qu'elle avait eu tout le loisir d'observer à l'intérieur de la locomotive. Si le combat de cette dernière avait toujours lieu, Marisa ne l'entendait plus ; la distraction qui était venue à elle s'accaparant son entière attention.
Il y eut un blanc sonore, seulement ponctué par l'agitation des flammes surnaturelles de Crâne, avant que la fermière ne retrouve enfin sa langue :

- Je n'en sais rien.

Véridique : elle ne savait pas qui elle attendait ainsi. En revanche, Marisa savait très bien pourquoi elle n'avait pas pris ses jambes à son cou.
Comme prête à passer à l'action, la demi-pyrône ajouta quelques centimètres d'écart entre ses pieds bottés.

- Je ne peux pas me résoudre à la laisser comme ça...

Elle parlait bien sûr de la musculeuse mercenaire, sur laquelle les lumières oculaires du squelette ardent étaient braquées.

- Vous en avez fait un légume. Vous ou quelqu'un d'autre - ça aussi, je l'ignore. (Elle eut un geste de dénégation.) Je me fiche du coupable ! Le plus important, c'est qu'elle redevienne comme avant.

Oui. Énerve-toi, Marisa ! Pour cette fois, j'ai bon espoir que la colère te protégera.
Son hôte à la crinière rousse ne le sentit pas, mais Yggdrasia avait détaché de sa petite personne un soupçon de son essence verte qui s'était mis à ramper dans le décor, contournant discrètement le sinistre Crâne.
Je vais m'arranger pour guider tes mains. Si combat il doit y avoir, tu gagneras, Pyra. Car nos destins sont liés.
Un demi-mensonge, en l'état !
Au moindre geste brusque, Crâne se retrouverait embroché par derrière. Par une longue pointe végétale en guise de pieu.
Dans le cas contraire, la discussion se poursuivrait entre ces deux entités opposées qui, pourtant, bénéficiaient d'un pouvoir étrangement similaire...
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Un bruit au loin avait fait se retourner précipitamment le surnommé Crâne. En réaction de ce geste qu’une certaine entité qualifia de « brusque » : une lance rurale le perfora au niveau de la cage thoracique !

Crâne : « Une si belle chemise. Même la cravate y est passée. »

Mais à aucun moment l’intonation indiqua de la souffrance ou de la surprise. Sa véritable motivation semblait bel et bien être les dommages vestimentaires. D’ailleurs, il apparaissait dans le trou provoqué par l’esprit niché dans la fermière, un ensemble d’os et rien d’autre. L’interlocuteur de la paire qui ne faisait qu’une était somme toute un « classique » squelette. Mais un qui s’était hissé sur les barreaux de l’échelle sociale.

Crâne : « Ceci est dû à la fougue de la vitalité. Elle ne m’habite plus. Sans compter que les conditions de vie dans l’anti-monde semblent très éloignées de ton monde. Je dois avouer que je trouve ça fascinant. Tu es si vigoureuse. Si pleine d’un désir de sauver une autre vie. Ça ne se pratique pas ce genre de comportement par ici. La trahison prime. Et le marchandage. Enormément de marchandage, pacte et contrat. »

Il prit ensuite le temps de tirer sur sa cigarette. Une flamme rouge revint lécher l’extrémité de la cigarette pour lui redonner sensation de vie dû à ces braises semblables à un petit soleil luttant dans les ténèbres de leur environnement. Puis un reliquat de fumée s’échappa du trou après ses dents. Et enfin stationna un temps dans sa cage thoracique transpercée. Avant de s’échapper et de disparaitre en s’étiolant au-dessus de leurs têtes.

Crâne : « Très curieuse. Définitivement. Tu m’apparais puissante. Tes flammes ne se laissent pas mater. Tu es toute seule. Toute petite. Entourée de tant de monstres et de phénomènes qui échappent à ta compréhension. Et pourtant tu brûles comme si tu allais réchauffer et relumiérer ce monde. A côté de ça… »

Sa main gantée caresse les déchirures de sa chemise blanche.

Crâne : « Cet autre pouvoir est bien plus faible. Et d’un autre élément. Une nature d’un autre monde, assurément. Mais il n’y a pas de racine dans cette terre pour ce genre de fleurs. Et l’émotion de cette attaque était différente. Déjà, elle m’a prise à revers. Ce n’est pas ton style, petit feu-follet. »

Increvable et potentiellement doué d’une grande sagacité ?

Crâne : « Mais je n’ai pas besoin de tout savoir sur toi. Tu peux conserver tes secrets. En fait, tu dois les conserver. Ils te serviront de richesse. Une unité pour faire du troc. Qui sait jusqu’où tes flammes se propageront ? Combien de personnes elles continueront de charmer. Comme la Femelle Alpha. Pour ne citer qu’elle… »

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Demande de RP
Marisa sursauta ! L'empalement en traître de son opposant au crâne incandescent l'avait surprise. Elle reconnut néanmoins la patte de sa protectrice issue de la sylve, avec le bois qui composait essentiellement cet épieu de facture somme toute assez grossière.
La fermière eut un mouvement de recul.
Ne panique pas ! Il n'est pas mort...
La lance ne se retira pas de sa cage thoracique défoncée : elle s'effrita aussi vite qu'elle l'avait traversée.
Marisa en était restée sans voix ; à la place de Crâne, elle serait déjà morte.
Leur adversaire était d'une tout autre trempe mais, pour le moment, même avec ce premier geste d'agression, il ne paraissait guère enclin à échanger des coups. Non : le squelettique spécimen parlait des conditions de non-vie dans ce monde, et du marchandage relatif à sa triste survie.
La Fleur des Champs se garda de tout commentaire. Elle se tenait sur la défensive tandis que le beau parleur fumait sa clope tout en l'analysant.
Il sait maintenant que je suis là. Et il me jauge aussi.
Marisa percevait sa gêne. Yggdrasia n'était pas au mieux de sa forme à cause de leur récente fusion - très ( trop ? ) énergivore.
Qu'est-ce que je dois faire ?
Elle n'aimait pas se battre. Surtout pas sans une colère aveugle. Or, ici, l'esprit d'Yggdrasia contrôlait une partie de ses émotions. Pour leur bien à toutes les deux.
Devait-elle leur ôter cette bride ?
Cela signifierait alors...
Bizarrement, Crâne parlait de la demi-pyrône comme si elle était susceptible d'avoir un avenir en cet anti-monde.
Nous ne pouvons pas le tuer. En revanche, nous avons de quoi marchander.
Son regard brûlant rivé sur la tête de mort en feu, Marisa hocha doucement la tête.

- Nous avons un problème.

Elle pointa un doigt en direction de Madame Noël.

- Vous êtes venu ici pour récupérer son corps.

Elle ramena cette main contre sa propre poitrine, le choc contre celle-ci produisant quelques inquiétantes flammèches.

- Alors que moi, j'ai choisi de rester dans l'espoir de récupérer son âme.

Une secousse de la tête.

- Je ne peux rien vous offrir d'autre que mon feu. Et je ne suis pas sûre qu'il vous fasse autant de bien que le vôtre...

En effet, ils n'étaient pas de la même nature...
Elle fronça les sourcils. Deux petites lignes rousses qui s'embrassèrent d'un seul coup !

- Je n'ai aucune envie de vous faire de mal, déclara-t-elle. Mais si vous cherchez à vous en prendre à l'un des miens, je troquerai mon sang-froid contre une colère sourde. A ce moment-là, croyez-moi : vous en souffrirez autant que nous.

J'y survivrai, lui assura mentalement la dryade. Mieux encore, Pyra : j'apporterai le combustible nécessaire à ta réussite.
Le regard de la Fleur des Champs brillait de défiance. Elle avait serré les poings.
Rien qu'une petite étincelle et alors...
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Crâne : « Ainsi, tu décides de te plier aux règles de ce monde. Marchander ton feu, donc. »

Rien dans sa voix permettait de savoir s’il acceptait ou non. Crâne semblait hors d’atteinte de toute urgence ou de toute menace. Pourquoi ? Parce qu’il ne craignait plus de mourir ? Parce qu’il avait vécu trop longtemps pour devenir lassé de tout ? C’était des possibilités. Mais il n’allait pas se confier si aisément. Pas en plein milieu de nulle part avec une (deux) femmes qui menaçaient de l’oblitérer définitivement.

Les mains dans les poches, Crâne se rapprocha négligemment de Marisa. Puis il pencha son buste pour rapprocher son visage d’os de celle encore couverte de chairs expressives.

Crâne : « Et si je t’avertis que ton feu est ta vitalité, ton âme, ton nombre d’années qui te reste avant que le froid de la mort te saisisse dans tes entrailles ? Et si je double cet avertissement en te révélant que j’ai un appétit sans fond ? Que je pourrais bien te siphonner jusqu’à ce qu’il ne te reste plus rien et que tu perdes toute possibilité de sauver ceux que tu appelles les tiens ? Qui, selon mes orbites, ne sont que des traîtres qui ne se sont pas encore révélés à tes yeux. »

Il resta un long et pesant instant à fixer la petite paysanne dans cette position. Puis il se redressa et se retourna pour suivre au loin la continuité du combat de la Locomotive. Cette machine-créature qui cherchait à l’emmener à destination. Là où le craint Baron devait régner en maître absolu. Les bruits métalliques étaient assourdissant comme des coups de tonnerre ou d’explosifs.

Il revint alors donner sa pleine attention à Marisa. Un sourire changea l’expression de son visage. Comment pouvait-il le faire en manquant de muscles ? Et pourquoi paraissait-il gagner en importance au fur et à mesure que cette conversation traînait ? Ses doigts gantés récupèrent la cigarette qui s’était éteinte. Il l’observa, accusa un temps de… deuil ? Puis la jeta. Il y eut un point lumineux. Et celui-ci mourut…

Crâne : « Une dernière chose avant que tu ne me répondes. Je vais te faire le présent du pire fléau des tiens, les vivants. A savoir que je vais te confier l’espoir. Il n’y aura pas de retour en arrière. Un présent ne peut être retourné. Sache une chose, petite vivante, je suis peut-être davantage que ce que je laisse paraitre. Tout comme cet anti-monde est peut-être plus compliqué que ce vaste désert de ténèbres que tes petits yeux inadaptés voient. »

A nouveau, mains dans les poches, il pencha son buste pour rapprocher sa tête de Marisa.

Crâne : « Et si j’étais un souverain-Judas loin de ses frontières ?... »

Sous-entendu ? Crâne avouait à demi-mots qu’il pouvait être un Roi et posséder bien plus de puissance qu’on pouvait à cet instant imaginer. Mais il avait aussi prévenu que ce monde abritait en chacun un traître. Tout simplement, tout ça pouvait simplement embrouiller celle qui n’était pas faite pour réfléchir, régner et manipuler. Un jeu détestable qui la rapprocherait au final du Baron.

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Marisa ne recula pas son minois lorsque le faciès du squelette se confronta au sien. Même si une partie d'elle-même, qui crevait insidieusement de peur, mourrait d'envie de le faire. Heureusement, Yggdrasia, en tant que chouette parasite, contribuait à museler cette émotion négative ; la dryade étant loin, très loin, de se tourner les pouces à l'intérieur de cette grâcieuse enveloppe de chair coiffée d'une imposante crinière de feu.
Son hôte ne trouva aucune réponse percutante à donner au flambant squelette. La Fleur des Champs demeurait immobile, fermement campée sur ses appuis, son regard incandescent braqué dans les orbites ardentes de ce qui ressemblait à un marchand de la Mort.
Ce dernier lui offrit alors une incompréhensible révélation.

- Vous avez beaucoup de feu qui vous sort de la tête mais vos mots sont loin de m'éclairer...

Ce monstre était bien plus futé qu'elle. Marisa fonctionnait à travers son émotivité alors que lui se voulait à la fois calme et prosaïque. Elle refusait pour autant de se laisser intimider. Petite fermière ou pyrône de sang mêlé, la rouquine avait une mission vitale !
Celle de récupérer l'esprit égaré de madame Noël.
Ne te fatigue pas inutilement à comprendre la moindre de ses paroles chargées de mystère. Je vais veiller à ce qu'il ne t'enfume pas.
Marisa croyait en la qualité de son soutien autant qu'en l'espoir de quitter cet anti-monde en un seul morceau.
Ensemble, elles ne pouvaient qu'y arriver !
Un sourire neuf aux lèvres, la fermière secoua gentiment la tête et déclara :

- Que la meilleure équipe gagne, monsieur Tête brûlée.

Elle le défiait ouvertement ? Alors que ce jeu lui paraissait bien trop tortueux et diaboliquement tordu ? Alors que toutes les chances se trouvaient dans le camp opposé ? Et de camp, d'abord, combien y en avait-il au juste ?
C'était le brouillard complet ! Alors à quoi bon réfléchir à tout cela ? Les réponses ne lui tomberaient pas aussi facilement dans le bec.
Marisa incarnait cette douce étincelle qui voltait au cœur des ténèbres insondable d'un univers infini.
La discussion n'étant pas terminée, la Fleur des Champs ajouta positivement :

- A mon tour, laissez-moi vous confier une bonne leçon que m'ont appris les miens : à ne croire qu'en vous au moment de monter trop haut, vous serez le seul à vous fracasser en bas ; il n'y aura personne pour vous accompagner quand surviendra l'inévitable chute.

La trahison, tout comme la camaraderie, possède un coût. Tout le profit généré par la première ne développe aucune immunité, ne protège en rien du malheur ; la seconde, richesse de pauvres gens, privilège pour le cœur, n'est certes pas immuable, réclamant même un entretien régulier, mais n'en demeure pas moins reposante pour les épaules.

- Plutôt que de disparaître toute seule, je préfère m'évaporer avec les autres.

Dans le sens du déclin ou de l'évasion ?
Marisa ne serait pas la seule à en décider.
Elle était discrètement accompagnée, et de sa vie dépendait celle de son précieux renfort.
Au loin, le fracas du combat de la locomotive et de ses divers assaillants ayant momentanément occupé l'attention de Crâne s'était comme adouci...
Bon ou mauvais signe pour la fine équipe ?
Comment se déroulerait donc la suite des opérations ?
Quelle(s) option(s) leur restait-il en ces heures lugubres ?

- Qu'y a-t-il au bout de ces rails ?

Une question qu'elle avait posé à voix haute. Dans le but d'obtenir réponse de la part de Crâne ? Pas forcément !
Parfois, cela lui faisait du bien de réfléchir posément à l'improbable...
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Re: Fermière au Cirque Kowai [avec Marisa Teritt]

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Le susnommé Crâne se courba en arrière pris d’un rire irrésistible.

ImageCrâne : « Alors toi ! Ah ah ! Je ne sais pas si tu es folle ou trop pure pour être touchée par les ténèbres de cet anti-monde, mais tu m’impressionnes. C’est que… »

Et dès ses deux derniers mots, l’instant fragile de joyeusetés creva si rapidement… Celui qui donnait l’impression de pouvoir être immortel, ou un roi, ou d’être trop blasé pour en avoir quelque chose à faire de quoi que ce soit : celui-là reprit un ton bien plus posé. Ce qui, dans cette atmosphère, flirtait avec le sinistre.

ImageCrâne : « Je cesse d’essayer de te modeler aux règles d’ici-bas. Tu en es imperméable. Ou vous l’êtes. Alors un conseil, gratuit, Feu-Follet : prends garde à ce lien intérieur. Sans lui, mon instinct me pousser à croire que ta longévité se comptera en minutes. »

Malgré tous ces mots, aucune réponse n’avait été apporté concernant la destination d’où voulait aller la Locomotive douée d’une conscience. Et surtout d’une agressivité féroce. Quoique, déjà, Marisa pouvait se faire la réflexion que la Locomotive à pattes d’araignée n’avait pas besoin de rails pour aller là où elle le désirait. Ses mouvements erratiques pour combattre les « animobjets » le prouvait.

ImageCrâne : « La réponse courte et concise est le manoir du Baron Kowaï. »

Un court silence fut posé puis il ajouta :

ImageCrâne : « Je peux te faire quitter cet anti-monde dans les instants qui suivent. »

Il tendit son bras pour que celle qu’il avait surnommé Feu-Follet lui serre la main et scelle un contrat entre eux deux.

ImageCrâne : « Le corps de ce colosse viendra avec nous. Tu me serviras et en retour je tirerais les ficelles pour te mettre à portée de bras de récupérer l’âme de celle que tu veux sauver. Qu’en dis-tu, Feu-Follet ? Tu es prête à venir là où les morts et les flammes pullulent ? »

Si Marisa devait croire son instinct : Crâne ne mentait pas. Cela ne signifiait pas qu’il était digne de confiance. Que ce contrat lui garantissait sa vie, sa santé et son temps. Mais malgré ces orbites qui pouvaient donner l’impression de tomber dans un abime sans fond (voire dans la représentation des Enfers) : il y avait une vraie parole. Une vraie promesse. C’était étrange de la part d’un macchabée pseudo-vivant en costume qui l’avait pourtant averti que tôt ou tard, il y avait toujours traîtrise. Mais c’était ainsi.

Re: Fermière au Cirque Kowai [avec Marisa Teritt]

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Elle l'impressionnait ? Lui ? Un immortel ?
Marisa l'observa de ses grands yeux incandescents.
Est-ce qu'il se moquait d'elle ? Non, probablement pas ! Le brûlant squelette n'avait rien du mauvais comique. Il ressemblait davantage à un majordome, voire à un homme d'affaires...
Moi aussi je vais me permettre un petit conseil : ne baisse pas ta garde avec cet individu - en aucun cas.
La fermière fronça doucement les sourcils. Yggdrasia avait raison ; Crâne avait raison. Loin d'être dupes, ces deux-là se doutaient de quelque chose concernant les deux partis.

- Je sais - et je crains - ce qu'il se passerait, avoua Marisa.

Son informateur avait répondu sans détour à cette question vis-à-vis de leur ancienne destination : le manoir du Baron Kowaï.
Madame Noël ne devait pas aller là bas ; elle l'avait mise en garde, lorsque la mercenaire avait négocié à sa table. Ce nom signifiait le Mal. Marisa en avait vu les émissaires à travers les yeux d'Yggrisa, la Pyro-dryade, face aux dangereux satyres.
Elle déglutit aussi discrètement que possible.
Nous n'irons pas le voir.
Cette encourageante pensée tranquillisa instamment la Fleur de Champs.
Main tendue, Crâne lui fit alors une proposition... inquiétante ?
Elle avait tout de même quelques avantages. En premier lieu, celui de quitter cet endroit en un seul morceau avec en prime le corps de Madame Noël. Son âme, à en croire le fin négociateur, réintègrerait son corps par la suite. Seul hic : Marisa comme Yggdrasia ignoraient quand et de quelle manière se résoudrait ce problème.
Quel autre choix nous reste-t-il, hormis arpenter à l'aveuglette cet anti-monde dont on ignore les limites ?
Marisa fixa un moment les orbites flamboyantes du squelette en costume. Elle engagea fidèlement sa main dans la sienne.

- Je suis prête à faire ce qui doit être fait pour sauver mon amie.

Cette poignée de main eut vite son petit effet ; une colonne de feu jaillit de sous les pieds des deux entités de flammes - de chair ou d'os. Autour d'eux, le paysage noir et blanc parut se déformer, puis se tordre sous l'effet d'une étouffante chaleur. Il y eut comme un flou avant que les couleurs ne réapparaissent. Le noir, le jaune, le orange et le marron prédominaient au cœur de ce nouvel enfer.
Lâchant la main de Crâne, Marisa cligna plusieurs fois des yeux en fronçant les narines. Un éternelle odeur de brûlé flottait dans l'air saturé de souffre. Elle se découvrit sur un pont insolite - tout sauf sécurisant avec son absence de balustrade - qui formait un carrefour entre plusieurs monts sulfureux, au-dessus d'une crevasse bouillonnante de lave. Le matériau utilisé était noir comme la suie, et sans doute brûlant pour les orteils - même à travers des chaussures ou des bottes. Mais la demi-pyrône, du fait de sa nature, n'en ressentait guère la morsure sous la plante de ses pieds.

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Si jamais je me montre, je fane aussitôt.
Pour la première fois depuis leur union, ce fut Marisa qui perçut la peur de son hôte.
La rouquine fixa le squelette.

- Si cette aventure se solde par un piège, je risque de très mal le prendre.

Comment réagirait-elle face au déclin de la dryade ?
Marisa préférait ne pas y songer. Parce qu'elle craignait tout simplement le pire.
Son regard détailla les trois espèces de grands crocs qui les encerclaient.

- Je n'aime pas beaucoup cet endroit non plus...

Dans d'autres circonstances, elle se serait instantanément fait dessus. Heureusement pour elle, Marisa avait déjà vidé sa vessie devant la Louve Alpha.
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Sur le pont, un vent chaud traversa les corps de tous. Pas seulement les corps…

La pyro-dryade eut alors une vision si simple et si puissante. Celle de ténèbres troublées à gauche par une main nue, le doigt mollement tendu vers un doigt rigide et enflammé. Tout comme la main qui sortait du bord droit de sa vision.

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Temporairement, le pont sombre dans l’environnement revint. Mais si rapidement qu’une nouvelle vision s’imposa.
Cette fois, il était question d’une estrade dans un lieu de théâtre. Un endroit chic, décoré, ciselé et enflammé. Tout l’étage supérieur souffrait d’un brasier affamé tandis que le public dans la fosse continuait à observer une danseuse de ballet évoluer gracieusement. Et pourtant, le feu dévorait les corps de ceux qui se situaient dans le balcon du premier étage…

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Le pont encore. Et pour quelle utilité ? Une troisième vision s’imposait sans que ni Marisa, ni son hôte affaibli par l’environnement de feu puisse réagir à temps.
Le lieu semblait toujours être le même. Le théâtre. Et toujours en proie au feu. Mais la vision donnait maintenant l’impression d’être assis dans la fosse, sur une chaise, avec tous les autres spectateurs. Un chef d’orchestre agitait les bras. Et il était perturbant de savoir s’il donnait des directives au musicien ou au feu qui brûlait au dernier rang. Là où…des hommes et des femmes continuaient à jouer. Luttant contre la destruction des cordes et du bois de leurs instruments…

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Crâne : « Damné Zéphyr… »

La dernière vision fut probablement la plus intrigante. Elle ne semblait pas rattacher à tout ce qui avait déjà été infligé. Dans la chronologie des faits, se situait-elle après ou avant le (dernier) concert ? Il n’y avait rien visuellement pour faire une hypothèse. Seulement observer qu’un homme flambait en plein milieu d’une foule en plein hiver.

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Crâne : « Zéphyr est le nom d’un vent particulier dans ce monde. Voleur de souvenirs. Généreux donneur sans demander la permission de son propriétaire. Miséricordieux de ne pas les voler ad vitam eternam. »

Venait-il d’avouer que les visions de Marisa étaient liés à sa propre histoire à lui ? Et dans ce cas, est-ce que le surnommé Crâne avait-il eu un aperçu de la vie de Marisa ? Ou peut-être de cette planquée d’Yggdrasia ?

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Dans le même élan qu'Yggdrasia qu'elle contenait toujours, Marisa se figea au beau milieu du pont. Elles virent toutes les deux plusieurs images, avec pour chacune d'entre-elles un point commun : le feu. Un feu destructeur et inarrêtable qui brûlait une main, des gradins, ou encore des musiciens sur une scène de théâtre. L'ambiance n'était ni torride ni chaleureuse ; elle était à la fois folle et cauchemardesque!
Frappée par ces visions, la demi-pyrône n'entendit pas les deux mots soupirés par son escorte. Et de toute façon, elle n'aurait même pas eu le temps de lui demander de répéter car une quatrième image la fit tituber dans l'instant.

- Ce... c'était quoi, tout ça ?

Sans l'appui de son pouvoir inné, elle aurait été couverte de sueur. Ici, dans sa première forme du mode Géhenne, la fermière demeurait simplement paralysée, presque en état de choc.
Sont-ce ses souvenirs que nous avons vus ?
Marisa contempla le dos costumé de Crâne. Elle en avait oublié de respirer, ce qui à son grand désarroi lui fit avaler plusieurs goulées d'air à la hâte dans l'espoir de se rattraper.
Calme-toi. Tu hyperventiles.
Ce fut, pour elle, plus facile à dire qu'à faire.
Mais cette fois-ci, les petites oreilles pointues de la demi-pyrône captèrent les explications du squelette, confirmant l'hypothèse partagée en interne par la dryade.

- Un... voleur de souvenirs ?

Voleur étant un bien grand mot dans la mesure où il n'avait pas filé avec son butin, disons plutôt avec une réplique mentale de ce dernier.
Mais qu'avait vu Crâne alors qu'il accompagnait les intruses en Enfer ?
Des scènes aussi lointaines que les siennes ?

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Qui était donc cette gamine au teint vert toute fière de son pouvoir ? Yggdrasia ou bien... quelqu'un d'autre qui prenait soin de la jeune pouce qu'elle était, à l'époque ?
Difficile à dire !

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Et celle-ci ? Qu'inspirait-elle en dehors d'un courroux sylvestre, peut-être même écologique ? Contre qui se déchainait la Dryade ? De sa silhouette s'échappait un pouvoir meurtrier, d'une insupportable beauté. Yggdrasia avait vécu la guerre mais, encore une fois : à quel moment de sa longue existence ?

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En parallèle, la vie de la fermière n'avait pas toujours été très rose. A un tournant de sa vie, le doute s'était emparé d'elle. Probablement avec le départ inexpliqué de ses parents, juste avant l'apparition d'Yggdrasia et l'embauche d'Actaïa. Un sentiment de détresse et d'abandon que la dryade avait probablement fini par capter depuis la forêt voisine ?

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La paysanne aux cheveux de feu avait su rebondir entre-temps. Elle ne chantait pas comme une sirène, mais entendre sa propre voix se perdre parmi les nuages en bordure de route l'avait aidé à surmonter la plus douloureuse épreuve qui lui eut été donnée de traverser en solitaire...
En solitaire, vraiment ?

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Que nenni ! La Fleur des Champs n'aurait jamais pu autant pousser sans obtenir un petit coup de pouce de la part de quelques gens de passage. S'agirait-il de ce bon vieux Yvann sur cette image ? Impossible de le savoir : l'homme, même s'il apparait très enthousiasmé, se tient de dos. Des dorsaux de travailleur qui remuent au-dessus d'une fermière totalement offerte à ses pulsions masculines.

Marisa Teritt - celle du présent - n'en conçut aucun embarras, comme si le sexe avait toujours fait partie de sa vie. En revanche, se revoir aussi attristée avant d'avoir succombé à l'appel de la luxure semblait lui avoir mis un petit coup au moral...

- C'est... vraiment perturbant, souffla-t-elle, ses yeux incandescents baissés sur le pont.

Ce satané courant d'air n'a rien d'un allié, grommela intérieurement la dryade que toutes ces images avaient foncièrement irritée.
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Re: Fermière au Cirque Kowai [avec Marisa Teritt]

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Le dénommé Crâne, les mains croisées dans le dos, laissa un instant à son invitée pour se remettre de ses émotions. De ses… « double » émotions. Point qu’il ne manqua pas d’évoquer rapidement.

Crâne : « Une vie si ordinaire et qui pourtant a résisté brillamment dans l’anti-monde. »

Il se pencha alors sur elle, avec un étrange sourire car ce dernier se trouvait sur un visage osseux sans le moindre muscle à actionner. Cela le rendait inhumain. Ce qu’il était.

Crâne : « Toute cette fraîcheur en toi. »

Le dos de sa main se rapprocha du visage d’une Marisa ébranlée. Mais les doigts s’arrêtèrent à quelques centimètres de la peau vivante.

Crâne : « Tout ce vert et cette eau, cette vie. C’est exactement tout ce qui manque ici. Cela en devient précieux. Méprisable ? Je crois que ce sera surtout dangereux. Mais je ne préfère pas évoquer, tâter cette dangerosité trop loin dans des circonvolutions philosophiques. »

Alors il se redressa et abandonna là la conversation. Puis il se remit à marcher vers l’extrémité du pont.

Crâne : « Nous parlerons plus tard, loin du voleur Zéphyr. »

Deux titanesques portes s’ouvrirent alors que Crâne s’en approchaient. Il n’avait rien dit. Aucun geste n’avait été accompli. Il y avait là un capteur de quelque sorte ou…un peuple invisible. Et pendant un bref instant, Marisa eut sur la rétine une image de désolation collée sur la rétine. Un enfer de gris et de mort…

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Après les doubles portes immenses se trouvaient une ville moderne qui semblait encore vivre l’après catastrophe. Le feu flambait dans les débris, à travers les fenêtres en double vitrage, tout en haut d’immenses gratte-ciels et d’immeubles de taille plus modeste en comparaison.

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Quelle vision étrange que ces deux tours jumelle en proie au feu. C’était comme un « arbre » dont sa canopée était un immense et dense nuage gris et noir. Et cette chose qui « dépassait » du bâtiment : qu’était-ce ? Une branche de fer ? Un cauchemardesque oiseau qui avait fiché sa « tête » au-dedans ? Un…avion ?

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Le dénommé Crâne et Marisa marchaient dans une large avenue. Au loin détona une explosion ! Une colonne de feu s’éleva dans le ciel noir qui rougeoya. Et quand elle arriva à son pic, elle se…stabilisa. Elle ne disparut pas. Elle était toujours en mouvement et pourtant immobile. Comme ces étranges oiseaux capables de faire du sur-place. Excepté que c’était une explosion et que ce devait être, normalement, un phénomène éphémère.

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Et puis il y eut l’effondrement d’un immeuble en feu vers le centre de l’avenue où ils se trouvaient tout deux. Un fracas terrible contre l’immeuble de l’autre côté de la rue. Et dans un équilibre précaire et dangereux, tout tint en place. Dans cette nouvelle lumière qui s’embrasait, au loin de cette perspective formée par la large avenue, une silhouette noire lévitait et semblait attendre.

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Re: Fermière au Cirque Kowai [avec Marisa Teritt]

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Demande de RP
Marisa recula la tête avec un léger temps de retard. Crâne s'était légèrement penché vers elle, et son visage enflammé n'exprimait rien d'autre que cet intraductible rictus squelettique. Le souffle coupé, elle regarda du coin de l'œil cette main osseuse qui s'approchait de sa joue...

- Cette... fraîcheur ?

Il voulait parler d'Yggdrasia. Ce qui incita immédiatement la dryade camouflée à renforcer leurs défenses.
Je ne le laisserai pas nous atteindre.
Sauf que, finalement, la main n'atteignit point sa destination. Les phalanges osseuses s'étaient figées à quelques centimètres de cette joue rebondie et presque brunie par le pouvoir.
Les yeux incandescents de la fermière soutinrent l'intensité des globes vides et enflammés du squelette.

- Je vous interdis de l'approcher.

Elle n'avait plus aucune raison de lui dissimuler son existence.
L'Esprit de la Sylve ne dit rien, mais sa reconnaissance envers son hôte n'échappa guère à cette dernière.
Tu n'es pas la seule à couvrir l'autre, Pot de Sève. Toi et moi formons une équipe.
Marisa s'y était attachée. En fait, elle n'avait jamais eu peur de son amie de la forêt.
Jamais.
Crâne n'insista pas ; il se dirigea de l'autre coté du pont.
La Fleur des Champs lui emboîta le pas en silence. Elle ne s'arrêta pas lorsque les grandes portes s'ouvrirent sur leur passage. En revanche, la demi-pyrône s'immobilisa à la réception de cette vision d'un route bitumée, encadrée par de grands bâtiments et couronnée d'un ciel nuageux.

- Mais qu... ?!

Son regard s'étendit par delà cette impressionnante ouverture. Le gris laissa place au rouge et au noir au sein d'un environnement postapocalyptique, en proie à une mer de flammes voraces.
Quel enfer, oui...
Marisa ne reprit pas tout de suite la route. Crâne avança le long de cette avenue et, contrairement à elle, ne sursauta point lorsque retentit cette explosion aussi lointaine qu'aérienne. Les yeux ronds, la fermière observa cette colonne de fumée et de flammes qui s'élevait... pour finalement s'immobiliser dans les airs comme sur une simple photo.
Marisa ouvrit la bouche...
Je ne comprends rien à ce qui se passe.
Y a-t-il seulement quelque chose à comprendre dans ce monde qui n'est pas le nôtre ? dont la physique diffère radicalement de la nôtre ? s'interrogea Yggdrasia de façon bien plus profonde.
Son hôte reprit la marche, mais sans se presser et avec une certaine réticence...
Elle eut bien raison car ce fut un immeuble qui, cette fois-ci, s'effondra de l'autre côté de la rue !
La Fleur des Champs, totalement dépaysée, porta une main à son cœur et y serra les doigts à s'en pincer vêtements comme peau. Puis, tout comme Yggdrasia, elle vit cette silhouette obscure, aux proportions bel et bien humaines, léviter au milieu d'un ballet irréel de débris d'asphalte et de métaux que constituaient la voirie.

- Qu'est-ce qu'il fait... ?

Toujours aussi imperturbable, Crâne continuait de marcher vers cette sinistre et flamboyante entité.
Beaucoup moins sûre que lui, aussi petite qu'elle en avait l'air malgré sa brûlante transformation, Marisa entreprit tout de même de ne pas se laisser trop distancer. La peur et l'inquiétude reprenant lentement le dessus sur le soutien de la dryade.

- O-où allons-nous ?

A défaut de pouvoir la tranquilliser davantage, Yggdrasia se contenta de veiller à ce qu'aucun obstacle, au sein de leur environnement chaotique, ne vienne à leur tomber dessus.
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