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Entre amoureux de la bonne chaire [ft. Yrgal]

Posté : 20 oct. 2026 14:20
par Velvet Crowe
Dans le calme de la nuit, un vieil homme court à travers bois. Habillé de vêtements de soie, couvert de bijoux d'or et de pierres précieuses. Il souffle fort, les yeux écarquillés, regardant derrière lui. Il court ; ses vêtements peu adaptés lui donnent une allure pataude, inconfortable, un état presque comique. Cet homme avait une escorte dont il ne reste plus rien. Lui qui était autrefois un bandit craint, un escroc notoire. Né dans la fange, les bas quartiers, il n'a reculé devant rien pour s'élever, avoir une meilleure vie. Puis, une fois devenu grisonnant, il a racheté sa vie de crime par des dons et des œuvres de charité. Quand on devient vieux, le poids de son âme devient parfois trop lourd à porter. Ceux qui se trouvent derrière le voile nous font bien plus peur quand on se rapproche de la fin. Lui qui pensait qu'il avait racheté son âme, fait preuve de pénitence. Le voilà poursuivi comme une bête traquée, comme un vieux cerf pourchassé par un prédateur.

Il fuit, court, court à en perdre haleine. Son front sue, ses vêtements de soie tachés par la transpiration et la boue sont inconfortables, presque trop lourds à porter. L'ancien donne tout ce que son vieux corps est capable de donner. Puis, une racine maligne frappe son pied. Il chute dans la boue, finissant de tacher ses beaux habits. Il sent l'ombre se rapprocher, ses yeux jaunes brillants qu'il avait entraperçus l'épier. Ses sens en alerte lui crient de fuir, lui hurlent qu'elle est encore là. Mais ses jambes n'en peuvent plus, son vieux cœur pompe tout ce qu'il peut. Le vieux bandit, celui qui dirigeait plusieurs bandes, qui avait construit un empire criminel de ses mains, se traîne dans le sol et la boue. Mu par la peur la plus basique de l'être humain, celle de se faire dévorer, il se retourne et la voit encore.

Devant ce spectacle pathétique, les yeux jaunes apparaissent entre les fourrés. Une femme au visage froid, inexpressif, avance. De longs cheveux noirs en bataille, des habits déchirés, un visage parfait, mais si inexpressif. Elle marche là où l'homme court ; elle n'avait pas besoin de courir. Comme un chat qui s'amuse de voir sa proie faire des efforts surhumains pour lui échapper alors que son destin est déjà scellé. La bête ne donne pas plus d'effort qu'elle n'en a besoin pour attraper sa proie. Glaive armé d'une justice divine, elle se fiche bien des belles actions de l'homme, il sent le meurtre, l'extorsion, le vol, de délicieuses odeurs pour elle. Guidée par sa faim de pouvoir, mue par un instinct animal, la démone a surgi pour se nourrir du délicieux repas qui se présente devant elle. L'homme utilise ses dernières forces pour mettre le plus de distance entre elle et lui.

"- Ne t'approche pas, tu ne sais pas qui je suis !"

L'homme hurle. Un dernier acte de résistance, un geste instinctif, menacer quand on n'a plus le choix. On ne chasse pas le naturel, sa nature a toujours été dans la violence. La femme, pour seule réponse, active le mécanisme de son bracelet. Une lame brillante en sort, dans un bruit de mécanisme, tout en continuant sa marche inexorable. La lame est attachée à son poignet droit, l'arme des exorcistes d'Aselia, une arme tueuse de démons, utilisée par l'une d'entre eux. Son bras gauche couvert d'un bandage se balance au rythme de ses pas. L'homme comprend alors qu'elle se fiche bien de qui il est.

"- Qui vous envoie ?"

La femme se rapproche, toujours aussi silencieuse ; on remarque alors que la lame est déjà couverte de sang, de celui de ses gardes du corps. C'étaient des types rompus au combat, des mercenaires, des professionnels. Ils ont pourtant été rapidement éliminés par une attaque aussi sauvage qu'imprévisible. Velvet ne savait pas qui étaient ces hommes ; ils étaient seulement sur sa route, ce n'était qu'une attaque purement opportuniste. Elle se rapproche de lui. Le vieil homme écarquille les yeux.

"- Piti..."

En un geste expert, la jeune femme tranche la gorge de l'homme. Le reste n'est qu'un gargouillis de sang. Les poumons se remplissent de liquide carmine, tuant lentement l'homme qui ne peut même plus crier. La jeune femme l'observe froidement, comme s'il n'était rien de plus qu'un caillou posé au sol. Puis elle le quitte des yeux, observant sa lame maculée de sang. Calmement, elle nettoie sa lame alors que l'homme agonise. Une fois la lame propre, elle enclenche le mécanisme qui la rétracte. Puis, de son bras gauche, les bandages s'effacent pour laisser apparaître une main griffue monstrueuse, disproportionnée par rapport à la demoiselle. L'homme, au regard de plus en plus vitreux au fur et à mesure que son cerveau estompe ses fonctions, voit à peine la main le couvrir avant que des bruits de succion peu ragoûtants se fassent entendre. C'est comme si ce bras sucé la chaire du vieil homme.

Re: Entre amoureux de la bonne chaire [ft. Yrgal]

Posté : 20 oct. 2026 19:01
par Yrgal
Loin de sa tanière enneigée, il fallait bien se nourrir ! Et ce n’était pas un petit lièvre qui allait remplir le ventre d’un dragon. Il fallait chasser du gibier, du vrai ! Alors cet endroit était un endroit idéal pour ce genre d’activité. Hors de question de survoler la zone. Avec la densité des feuillages, il serait difficile de localiser des proies par la voie des airs. De plus, faire quelques battements d’aile allait alerter le gibier de la présence d’un prédateur au sommet de la chaine alimentaire dans la région.

Alors c’est à pied qu’il parcourait cette zone. Pour un dragon, il avait le pieds léger. Le mouvement de la semelle était fluide et caressait le sol lors de la pose. Le poids se répartissait et il évitait de mettre le pied sur un élément compromettant telle qu’une branche, une pive ou un caillou qui ressortait un peu trop du sol. Il fallait également éviter de glisser sur les racines qui sortaient du sol, éviter de les abimer en posant la patte dessus pour ne pas faire craquer l’écorce … Tout un exercice.

La première proie a été attrapé, Un sanglier. Puis une deuxième, un cerf. Alors qu’il cherchait un endroit ou allumer un feu, il tomba sur un autre sanglier qu’il ne laissa pas fuir. Il marchait donc à présent avec un cerf sur les épaules et un sanglier sous chaque bras. Ce n’était que peu d’effort pour lui.

Puis son oreille se dressa. Un homme qui hurlait. Difficile de comprendre ce qui avait été dit, il était trop loin. Mais la curiosité le piqua. Alors il se dirigea vers la provenance du son. Au fur et à mesure, l’endroit se dégageait et il tombait alors sur cette scène. Un bras qui semblait avoir attraper quelque chose et ça faisait un bruit assez étrange. Il pencha alors la tête en observant … intriguant. Mais le visage de cette demoiselle à qui ce bras appartenait … magnifique, un vrai petit trésor sur patte … et un corps bien mis en valeur dans ces vêtements déchiré avec son air sauvage ! Mais en voyant le corps de l’homme changer … il comprit !

-Je ne connaissais pas cette méthode !

Il s’avança alors d’un air calme. Il ne la considérait pas comme une menace et il n’avait pas de comportement hostile envers elle. Il déposait alors son gibier sur le sol. L’endroit était pas mal pour allumer un feu.

-Oh … Ne t’inquiète pas. Je ferme les yeux sur ce qui se passe en ce moment.

Il lui fit un léger clin d’œil avant de ramasser du bois pour en faire un petit tas. Il ne l’embête pas dans son processus, démontrant ainsi l’inattention de l’interrompre. Il finit par faire un joli tas de bois avant de le pointer du doigt pour qu’une mini boule de flamme en sorte et atterrisse sur le feu pour le démarrer.

-Si tu as encore faim, je peux partager un sanglier avec toi … Qu’en dis-tu ?

Même s’il pouvait paraitre généreux, le ton de sa voix restait tout du long d’une neutralité exemplaire. L’air glacial sur le visage de la demoiselle faisait bien comprendre qu’elle n’était pas une adepte des sourires et de la gentillesse excessive. Il fallait donc le juste milieu. Même s’il proposait ce partage, sa gestuelle ne laissait paraitre aucune ouverture. Oui, il restait sur ses gardes même s’il ne craignait pas une blessure. Sa peau restait aussi résistante que des écailles de dragon noir sous sa forme humanoïde.

-Tu sais dépecer ?

Re: Entre amoureux de la bonne chaire [ft. Yrgal]

Posté : 20 oct. 2026 21:36
par Velvet Crowe
Je ne connais pas cette méthode. Voilà les mots qui font tourner la tête à la jeune fille. C'est un homme qui a l'air calme, comme s'il maîtrisait la situation. Il avait attrapé deux sangliers et un cerf qu'il dépose au sol, explique qu'il ferme les yeux en clignant et sans interrompre Velvet, rassemble du petit-bois. Il ne fallut que peu de temps à la Thérion pour se nourrir. Un humain est un bien faible repas, un hors-d'œuvre, c'est le nombre qui fait leur consistance. La brune l'observe allumer un feu avec un doigt, elle reste silencieuse pendant quelques temps, comme un chat jaugeant une situation.

L'odeur qui sort de cet homme est délicieuse, à l'image des crimes qu'il a dû commettre, mais les sens de la bête sont formelle, il est une proie hors catégorie. Ce n'est clairement pas un humain et elle ne fait pas le poids face à lui. Pourtant, elle reste calme et continue de jauger. Il sait utiliser la magie, une information qui en dit trop peu sur lui, beaucoup de personne savent utiliser la magie. Le plus dérangeant est plutôt son calme, il est calme, car il sait qu'il maîtrise la situation. Il lui propose même de partager son repas et son feu. Velvet reste parfaitement calme.

"- Si vous voulez."

Elle reste uniquement pour jauger, la situation l'intrigue. Depuis sa transformation, tout n'est plus que violence et rapport de force, tout le monde tente de la tuer. Alors faire face à l'absence de menace la surprend. Il reste sur ses gardes, la jaugeant sûrement. Elle se rapproche des flammes, laissant la chaleur du feu l'atteindre. À la place de l'homme, il ne reste plus qu'une tache rougeâtre. Les vêtements, la chaire, les os, tout a été dévorer par la démone. Il lui demande ensuite si elle sait dépecer. Velvet répond en opinant affirmativement du chef.

"- Oui, et le cuisiner aussi."

Elle se rapproche calmement d'un des sangliers, gardant le contact visuel avec l'étranger. Il est bien fichu, pour une mortelle, il serait bien classé, mais pour elle, elle le regarde de manière neutre. Elle s'accroupit calmement, puis elle le quitte enfin du regard pour regarder l'animal. Elle profite d'un instant pour évaluer les blessures des animaux. Ils ont été tués rapidement, par la force, pas par la magie. Cela confirme ceux que ses sens lui disent, si cet homme se décide à la tuer, elle ne pourrait rien faire. Elle sort un couteau de chasse planqué dans une de ses bottes, puis elle se met à dépecer les animaux. Sa découpe est experte, ses mouvements assurés, c'est comme si elle avait fait cela toute sa vie. Elle entaille la peau et la décroche sans l'abîmer, permettant de la réutiliser pour faire du cuir. Il en va de même pour les muscles qu'elle entaille pour les décrocher de l'os avec une rapidité et une précision montrant bien qu'elle sait ce qu'elle fait. Durant son œuvre, elle se met même à chantonner, une vieille berceuse de sa terre natale, le royaume sacré d'Aselia. La chanson suit les mouvements de la découpe. Elle récupère la peau, utilisant l'intérieur pour poser la viande en un petit tas. Les parties immangeables comme les boyaux sont mises en petit tas. Les os sont également mis de côté. Après avoir coupé une certaine partie du sanglier, elle se tourne un instant vers l'homme.

"- Vous avez des ustensiles de cuisine ou des légumes à faire avec ?"

C'est peu probable, mais sait-on jamais. Elle se doute que déjà, le simple fait qu'elle sache dépecer alors qu'elle n'en a clairement pas le besoin, en dit un peu sur elle. Elle continue son œuvre jusqu'à avoir entièrement dépecé le sanglier, ce qui lui a pris une dizaine de minutes, ce qui est extrêmement rapide. Pendant un temps, elle est replongée dans le temps où elle préparer un sanglier pour son frère. Le poigné de sa main droite qui tient le couteau repose sur sa cuisse droite, elle observe les deux autres proies.

"- Vous voulez que je fasse le second sanglier ? Il y a longtemps que je n'en ai pas dépecé."

Peut-être qu'elle voulait juste replonger dans le temps où son frère était encore en vie, au moins pour quelques minutes. Le sang qui avait recouvert sa main semble aspirer par sa peau, s'évaporant dans une légère fumée violette.

Re: Entre amoureux de la bonne chaire [ft. Yrgal]

Posté : 20 oct. 2026 22:44
par Yrgal
Yrgal semble avoir adopter le bon comportement. Ou alors avait-elle compris ce qu’il y avait en face d’elle ? Peut-être un mélange des deux. Mais quelle raison avait-il de se montrer hostile en sachant qu’il ne risquait rien ? La peur menait inévitablement à des émotions négatives, l’envie de s’en débarrasser en dérivant vers l’hostilité. C’était purement humain.

Elle accepta de partager le repas. Cela le fit légèrement sourire. Partager de la viande avec une jolie fille était mieux que d’être seul face à l’obscurité de cet endroit. Elle savait dépecer et cuisiner. Au moins, elle pourrait cuir ses propres morceaux si elle craignait un empoisonnement. C’était d’ailleurs ce qu’il lui suggèrera plus tard afin d’établir un climat de confiance. Qu’elle puisse ainsi constater qu’il ne veut pas lui imposer ses méthodes pour des raisons qui pourraient être cachées.

-Très bien … Alors je te laisse t’occuper du sanglier.


Il n’avait pas besoin d’en dire plus. De son côté, il attrapa le cerf avec une facilité déconcertante. Il le déplaçait et lui retira ses bois à main nu dans ce gros clac qui résonnaient. Ils pouvaient être vendu à bon pris certainement. Il laissait sortir au bout de son doigt une fine lame de rasoir en glace pour commencer à dépecer le cerf. Il était très rapide dans son exécution également. Mais c’était en parti parce qu’il arrivait manipuler le cerf d’environ 250 kilos sans problème. Cependant, la question de la demoiselle sur les légumes le surpris. Il tourne la tête vers elle afin de lui répondre.

-Non … Je pensais simplement cuir la viande au-dessus du feu. C’est peut-être un peu barbare, mais la viande sauvage à une saveur si forte que ça reste délicieux sans accompagnement.

Il était moins doux qu’elle avec le cerf. Il désarticulait la jambe de la bête pour avoir un gigot. Après y avoir enlever le sabot, il plantait la partie osseuse dans le sol à côté du feu, comme si le morceau était près à être cuit de cette manière. Il observait d’ailleurs le travail de la jeune femme. C’était propre … rien à dire. Il en était même jaloux ! Il observait alors le deuxième sanglier et ricana alors amuser.

-Fais toi plaisir … Ce sera moins charcuter que si je le fais ! Tu es douée. Et … cela semble te plaire.

Oui, un compliment venant d’un dragon ! Il continuait alors de désarticuler le cerf pour que les quatre pattes soit l’une à côté de l’autre. Il s’occupait alors du reste du corps. Retirant ce qui ne se mangeait pas en y allant à pleine main. Quelques goute de sang finirent par gicler sur son torse exposer dans sa tenue sans qu’il ne s’en rende compte. Cependant, lorsqu’il avait fini, il observa ses mains couvertes de sang avant de les lèches lentement …

-On m’a nommé Yrgal … et toi ?