Un oubli regrettable - pv
Posté : 06 sept. 2026 23:46
La nuit commençait à tomber. Il était à peine 17 h 30, mais les journées avaient déjà bien raccourci depuis quelques semaines. Ce n’était jamais très agréable pour le moral, et elle le voyait également au niveau de son magasin : il y avait un peu moins de monde. Les gens préféraient rentrer directement chez eux après le travail ou les cours, à la recherche d’un peu de réconfort. Même la beauté et la bonne humeur d’Anouchka ne pouvaient rien y faire.
Anouchka s’approcha de la grande porte en verre de sa supérette, qui s’ouvrit dans une petite mélodie familière. La jeune femme mit un pied dehors et sentit aussitôt le froid lui mordre la peau. Ça s’était sacrément rafraîchi depuis cet été, où la canicule avait écrasé les habitants de la ville. Il fallait dire qu’Anouchka n’était pas vraiment habillée en conséquence. Elle portait une jupe évasée en vinyle vert qui lui arrivait au-dessus des genoux, mettant en valeur ses longues jambes pâles. Sa jupe haute remontait jusqu’au-dessus de son nombril, tandis qu’un petit espace de peau restait visible avant que son top doré ne vienne couvrir le reste de son buste. Son haut, loin d’être moulant, était maintenu par quelques fines ficelles autour de son cou et dans son dos. Le tissu flottait légèrement autour d’elle au gré de ses mouvements, épousant suffisamment ses formes généreuses pour attirer les regards sans même qu’elle ait besoin de les chercher. Avec une tenue pareille, le froid n’était clairement pas son meilleur allié, ses tétons se dressant sous le tissu.
La brise qui se levait faisait virevolter sa longue chevelure noire, dont les reflets trahissaient sa dernière coloration. Son visage dégagé laissait apparaître un maquillage audacieux : un rouge à lèvres vert assorti à sa jupe, des paupières légèrement pailletées et un trait d’eye-liner parfaitement maîtrisé. Il n’y avait pas à dire, Anouchka savait attirer les regards, qu’elle le veuille ou non.
Elle resta plantée là quelques minutes, contemplant le paysage tandis que ses pensées défilaient sans véritablement s’arrêter. Puis elle reprit ses esprits, se redressa et se tapota doucement les joues du bout des doigts, laissant apparaître ses ongles soigneusement vernis de vert.
"Pas le temps de rêver, ma belle. T’as encore des choses à faire aujourd’hui." Un accent de l'est marquait ses phrases.
Elle retourna dans la réserve afin de sortir quelques cartons pour remplir les rayons. Elle en profita pour remettre en ordre ceux qui avaient été laissés en désordre par les clients de la journée. Une fois cela terminé, elle passa un coup de balai dans l’entrée pour retirer la poussière qui s’était accumulée. Une petite mamie passa alors dans le magasin pour acheter quelques légumes afin de préparer un bouillon. Anouchka prit le temps de discuter un peu avec elle, échangeant quelques banalités et souriant chaleureusement avant de finalement se motiver à aller s’occuper de sa paperasse.
Installée derrière son comptoir, elle attrapa les dernières lettres qu’elle avait reçues. Sur les enveloppes, une même mention revenait encore et encore : Supérette de M. Tao. Elle n’avait toujours pas fait les démarches nécessaires pour remplacer officiellement le nom de l’ancien gérant par le sien. Elle ouvrit une première enveloppe, puis une deuxième. Factures d’électricité, d’eau, commandes de marchandises… Rien d’anormal. Anouchka faisait particulièrement attention à tenir ses comptes correctement. Elle voulait que son commerce fonctionne et, surtout, ne souhaitait pas avoir de mauvaises surprises.
Pourtant, une mauvaise surprise, elle allait bientôt en avoir une. Ce qu’elle ignorait encore, c’était que Monsieur Tao avait oublié de lui parler d’un petit… détail avant de lui laisser les clés. Une dépense importante, absente de tous les livres de comptes, tombait environ tous les six mois. Monsieur Tao la réglait lui-même, de sa poche, afin de la dissimuler à sa femme et à Anouchka. Il avait toujours préféré garder cette affaire pour lui et éviter de mêler ses proches à ses problèmes. Sauf qu’avant de partir, il aurait peut-être été judicieux de prévenir l’Ukrainienne. Cette somme n’était pas destinée à une simple entreprise ou à un fournisseur mécontent. Elle servait à assurer la « protection » du commerce auprès d’un groupe particulièrement influent de la ville. Une mafia. Et le véritable problème, c’est qu’Anouchka, sans même le savoir, avait déjà un mois de retard sur le paiement. Or, dans ce genre de milieu, les personnes qui occupaient les hautes sphères n’étaient pas réputées pour leur patience. Anouchka, elle, continuait tranquillement à faire ses comptes, totalement inconsciente de ce qui l’attendait.
Anouchka s’approcha de la grande porte en verre de sa supérette, qui s’ouvrit dans une petite mélodie familière. La jeune femme mit un pied dehors et sentit aussitôt le froid lui mordre la peau. Ça s’était sacrément rafraîchi depuis cet été, où la canicule avait écrasé les habitants de la ville. Il fallait dire qu’Anouchka n’était pas vraiment habillée en conséquence. Elle portait une jupe évasée en vinyle vert qui lui arrivait au-dessus des genoux, mettant en valeur ses longues jambes pâles. Sa jupe haute remontait jusqu’au-dessus de son nombril, tandis qu’un petit espace de peau restait visible avant que son top doré ne vienne couvrir le reste de son buste. Son haut, loin d’être moulant, était maintenu par quelques fines ficelles autour de son cou et dans son dos. Le tissu flottait légèrement autour d’elle au gré de ses mouvements, épousant suffisamment ses formes généreuses pour attirer les regards sans même qu’elle ait besoin de les chercher. Avec une tenue pareille, le froid n’était clairement pas son meilleur allié, ses tétons se dressant sous le tissu.
La brise qui se levait faisait virevolter sa longue chevelure noire, dont les reflets trahissaient sa dernière coloration. Son visage dégagé laissait apparaître un maquillage audacieux : un rouge à lèvres vert assorti à sa jupe, des paupières légèrement pailletées et un trait d’eye-liner parfaitement maîtrisé. Il n’y avait pas à dire, Anouchka savait attirer les regards, qu’elle le veuille ou non.
Elle resta plantée là quelques minutes, contemplant le paysage tandis que ses pensées défilaient sans véritablement s’arrêter. Puis elle reprit ses esprits, se redressa et se tapota doucement les joues du bout des doigts, laissant apparaître ses ongles soigneusement vernis de vert.
"Pas le temps de rêver, ma belle. T’as encore des choses à faire aujourd’hui." Un accent de l'est marquait ses phrases.
Elle retourna dans la réserve afin de sortir quelques cartons pour remplir les rayons. Elle en profita pour remettre en ordre ceux qui avaient été laissés en désordre par les clients de la journée. Une fois cela terminé, elle passa un coup de balai dans l’entrée pour retirer la poussière qui s’était accumulée. Une petite mamie passa alors dans le magasin pour acheter quelques légumes afin de préparer un bouillon. Anouchka prit le temps de discuter un peu avec elle, échangeant quelques banalités et souriant chaleureusement avant de finalement se motiver à aller s’occuper de sa paperasse.
Installée derrière son comptoir, elle attrapa les dernières lettres qu’elle avait reçues. Sur les enveloppes, une même mention revenait encore et encore : Supérette de M. Tao. Elle n’avait toujours pas fait les démarches nécessaires pour remplacer officiellement le nom de l’ancien gérant par le sien. Elle ouvrit une première enveloppe, puis une deuxième. Factures d’électricité, d’eau, commandes de marchandises… Rien d’anormal. Anouchka faisait particulièrement attention à tenir ses comptes correctement. Elle voulait que son commerce fonctionne et, surtout, ne souhaitait pas avoir de mauvaises surprises.
Pourtant, une mauvaise surprise, elle allait bientôt en avoir une. Ce qu’elle ignorait encore, c’était que Monsieur Tao avait oublié de lui parler d’un petit… détail avant de lui laisser les clés. Une dépense importante, absente de tous les livres de comptes, tombait environ tous les six mois. Monsieur Tao la réglait lui-même, de sa poche, afin de la dissimuler à sa femme et à Anouchka. Il avait toujours préféré garder cette affaire pour lui et éviter de mêler ses proches à ses problèmes. Sauf qu’avant de partir, il aurait peut-être été judicieux de prévenir l’Ukrainienne. Cette somme n’était pas destinée à une simple entreprise ou à un fournisseur mécontent. Elle servait à assurer la « protection » du commerce auprès d’un groupe particulièrement influent de la ville. Une mafia. Et le véritable problème, c’est qu’Anouchka, sans même le savoir, avait déjà un mois de retard sur le paiement. Or, dans ce genre de milieu, les personnes qui occupaient les hautes sphères n’étaient pas réputées pour leur patience. Anouchka, elle, continuait tranquillement à faire ses comptes, totalement inconsciente de ce qui l’attendait.