Yoake est "La Nouvelle Aube" du Japon. Symbole du renouveau économique nippon, Yoake est une commune maritime de premier plan dans la politique du Japon.
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correspondances ; avec Valac

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Lynn
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Demande de RP
À qui lira ces mots,
Je ne sais pas vraiment pourquoi j’écris.
J’imagine que je cherche un endroit — ou quelqu’un — où déposer ce que je n’arrive plus à porter. Je n’ai pas le courage d’en parler et le silence devient chaque jour plus douloureux.
Je veux que quelqu’un m’écoute.

Et c’est tombé sur vous.

Il y a quelque chose de cassé chez moi. Mon corps ne m’obéit pas. Il se replie lorsqu’on l’approche d’un peu trop près. Lorsqu’on lui fait des avances. Comme si quelqu’un d’autre le commandait à ma place.

Cette personne, je la déteste.
Et ce corps qui me trahit, je le déteste encore plus.
Je ne sais pas comment l’approcher, trouver une paix avec lui.

Si vous avez lu jusqu’ici, merci.

Je n’attends pas de solution. Pas de miracle.
J’attends… peut-être une voix en retour.



C'était fait.
Ces mots écrits à brûle-pourpoint, elle avait initialement souhaité les garder pour elle. Par lâcheté, dans la nuit à l’abri des regards, elle avait fait de ses problèmes ceux de quelqu’un d’autre.

Il était trop tard pour regretter.
Entre les battements erratiques de son cœur, elle avait entendu la pochette plastique anonyme se cogner dans le fond de la boîte aux lettres incrustée dans la porte de l'église.
Dedans, il y avait le papier déchiré d'un carnet, plié en quatre, et des indications si on voulait lui répondre.

« A l'angle du restaurant Kurohana, faites trois pas dans la ruelle, il y a une brique descellée, sur votre gauche. »

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Valac
Valac
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La lettre ne resta pas longtemps oubliée dans l’ombre.

Dans cette église moderne, sobre et silencieuse, les mots de Lynn auraient pu finir parmi d’autres misères anonymes, lues à moitié, puis classées sans suite. Mais ce soir-là, ce fut une autre main qui les recueillit.

Une main calme. Soignée. Patiente.

Le père Valentin, comme on l’appelait dans cette paroisse, était un prêtre d’apparence irréprochable : jeune, bien tenu, d’une douceur mesurée, avec ce visage trop harmonieux pour être tout à fait rassurant. Rien, dans sa soutane impeccable ou dans sa voix basse, ne laissait deviner ce qu’il était réellement.

Il lut la lettre une fois. Puis une seconde.

Et un très léger sourire effleura ses lèvres.

Non un sourire moqueur, ni cruel. Plutôt celui d’un homme qui reconnaît, au milieu des âmes ordinaires, une faille rare. Une souffrance intime, honteuse, profonde. Quelque chose de refermé sur soi, qui n’attendait pas qu’on le force… mais qu’on l’approche avec assez de douceur pour qu’il s’entrouvre de lui-même.

Il prit une feuille vierge et se mit à écrire d’une encre fine, dans une calligraphie élégante :

À celle qui a eu le courage d’écrire,

J’ai lu vos mots avec attention. Ce que vous décrivez n’est pas une faute, ni une faiblesse. C’est une douleur qui a appris à vivre dans le corps, jusqu’à lui faire oublier qu’il peut aussi être un lieu de paix.

Vous dites que quelque chose en vous se ferme. Alors il ne faut ni violence, ni honte, ni précipitation. Seulement une présence calme, capable d’écouter sans détourner les yeux.

Je ne vous promets pas de miracle. Mais il existe des formes de soin discrètes : une écoute, une guidance, une manière de réapprendre à ne plus être en guerre contre soi-même.

Si vous le souhaitez, venez le jeudi après vingt heures. Entrez par la porte latérale du jardin. L’église sera vide. Demandez le père Valentin.

Je ne vous jugerai pas.

— P.V.


Il relut la lettre, satisfait de son équilibre. Aucun mot de trop. Rien d’insistant. Juste ce qu’il fallait de douceur pour inspirer confiance.

Plus tard dans la soirée, il glissa lui-même la réponse derrière la brique descellée, au fond de la ruelle indiquée. Puis il se redressa, manteau sombre sur les épaules, visage paisible sous les lumières ternes de la ville.

Il n’avait pas besoin de brusquer l'âme en peine.

Les plus belles chutes commencent toujours ainsi : par un soulagement. Par une voix douce. Par la sensation, presque insoutenable, d’être enfin comprise.

Et lorsqu’elle franchirait la porte latérale, un jeudi soir, croyant venir chercher de l’aide… elle entrerait déjà, sans le savoir, dans quelque chose de bien plus subtil qu’un piège.

Elle entrerait dans son regard.

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Lynn
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Demande de RP
La lettre était là, dans ses mains, bien plus tôt qu'elle ne l'avait imaginé.
En fait, Lynn n’avait jamais vraiment réfléchi à ce qui viendrait après avoir glissé son message dans la cachette improvisée. Dans son esprit, l’acte avait surtout servi à vider ce qu’elle n’osait dire à personne.

Mais maintenant, quelque chose de dangereusement concret reposait entre ses doigts.

Quelqu’un avait lu sa lettre.
Et quelqu’un avait estimé qu’elle méritait une réponse.

Dans le vertige du moment, elle fut tentée de l’ouvrir immédiatement, là, dans la ruelle étroite, entre deux poubelles. Mais à y réfléchir, elle trouvait le lieu indigne de son trésor.

Alors elle glissa soigneusement l’enveloppe dans sa poche.

Son vélo l’attendait un peu plus loin. Elle enfourcha la selle et se mit à pédaler, vite… trop vite peut-être. L’air frais lui mordait les joues tandis que la ville et ses lumières multicolores défilait autour d’elle, mais elle ne ralentit pas avant d’avoir atteint son immeuble.

Une fois chez elle, elle s’imposa une discipline étrange.

Les corvées d’abord.
Puis la douche.

Rien ne devait interrompre ce moment.

Quand enfin elle s’assit sur son lit, l’appartement était silencieux. Lynn déplia l’enveloppe avec un soin presque cérémoniel et lut la lettre d’une traite.

Le ton était doux, tout comme son écriture.

Père Valentin.

Un nom difficile à porter pour un homme ayant fait vœu de chasteté. Encore plus dans un pays où la Saint-Valentin était devenue une institution commerciale bien huilée. Lynn esquissa un sourire en imaginant la montagne de chocolat sur laquelle il était sûrement assis.

La lettre était courte. Une invitation. Jeudi soir. Demain.

Et Lynn n'avait rien de décent à se mettre. Tout montrait un peu trop de peau.

Le lendemain au soir, elle se trouvait devant l'église.
Elle entra sans toquer, non sans avoir caché ses bras nus et son décolleté derrière un hoodie.

A l’intérieur, pas d’électricité mais des bougies et des cierges illuminaient assez pour y voir. Sur l’autel, des reliques dorées bien rangées reflétaient les couleurs des vitraux qui se déposèrent en partie sur les jambes nues de Lynn, seulement surmontées d'une petite jupe blanche.

Elle s'avança au centre de la nef, prenant possession de son environnement. Personne pour le moment.
Son regard fut irrémédiablement attiré vers le confessionnal, sur ce qu’il pouvait y avoir derrière les teintures tirées. Toujours personne.
La curiosité l'emporta.

A pas de chatte, elle se dirigea vers la boîte en bois ciré et souleva un rideau, celui du fidèle. Il y avait un petit banc tout ce qu’il y avait de plus inconfortable et une grille protégeait l'anonymat des deux protagonistes.
Mais ce qui l’intéressait vraiment était ce qu’il y avait derrière l’autre rideau, côté prêtre. Mystérieux et formellement interdit, le meilleur moyen pour qu'elle y jette un œil.

Alors elle glissa un doigt dans l’ouverture du rideau et l’écarta légèrement.

Juste assez pour laisser passer son regard curieux et un visage qui l'était tout autant.
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