Psylocke [Valiobservée !]
Posté : 21 janv. 2026 22:23

Ma fille,
Je ne me souviens pas de ton visage.
Seulement de la chaleur de ton corps contre le mien, de ce battement fragile que j’ai senti trop peu de temps. Ils m’ont laissée te tenir juste assez longtemps pour que ton absence devienne une blessure qui ne se refermerait jamais.
Ils ont appelé cela de la miséricorde.
Ils ont tué ton père, puis ils t’ont prise. Avant de t’arracher à moi, ils ont marqué ta peau d’un papillon, comme si un symbole pouvait me remplacer, comme si cela suffisait à me dire que tu existais encore quelque part. Ce papillon est devenu mon serment silencieux. La preuve que tu étais réelle. La preuve que je n’avais pas rêvé mon amour pour toi.
Avant toi, je n’étais qu’une arme.
Après toi, je suis devenue une mère qui savait ce qu’elle avait perdu.
J’ai continué à vivre parce que je n’avais pas le droit de mourir. Chaque esprit que j’ai traversé, chaque vie que j’ai prise, je l’ai fait avec ton souvenir en moi. Non par fierté. Par nécessité. Tant que tu pouvais être en vie, je devais l’être aussi. C’est cette pensée qui m’a empêchée de devenir complètement vide. C’est elle qui m’a donné la force de tuer ceux qui m’avaient façonnée, pour qu’ils ne puissent jamais t’atteindre.
Quand on m’a volé mon corps, quand j’ai vécu dans la chair d’une autre femme, j’ai cru que c’était la punition ultime. Ne plus être moi, ne plus pouvoir te chercher, ne plus savoir quel nom murmurer dans le noir. J’ai été malade. J’ai retrouvé la vérité trop tard. J’ai choisi de mourir libre, en espérant que quelque part, tu respirais encore.
Mais je suis revenue.
Je suis revenue dans un monde qui parlait d’avenir, alors que tout ce que je voyais était ton absence. On m’a offert une nation, un titre, une cause. Aucun de ces mots n’a jamais apaisé le vide que tu as laissé. J’ai laissé des monstres me guider parce qu’ils me promettaient l’impossible : te retrouver. Même changée. Même brisée. Tant que tu existais encore, je pouvais supporter n’importe quelle trahison.
Puis j’ai senti ta mort.
Avant qu’on me la dise. Avant qu’on me l’explique. J’ai ressenti le même arrachement qu’au jour de ta naissance. Le même silence brutal. Pourtant, même alors, tu ne m’as pas quittée. Tu existes encore, autrement. Transformée. Comme moi.
Je me bats pour toi.
Chaque coup que je porte est une prière que je ne sais pas formuler. Chaque innocent que je protège est une tentative de réparer ce que je n’ai pas su faire pour toi. Si un jour tu te demandes qui j’étais, souviens-toi de ceci : je ne t’ai jamais abandonnée. J’ai seulement survécu assez longtemps pour continuer à t’aimer.
Je suis Kwannon.
Je suis ta mère.
Et tant que mon esprit existera, ton nom ne disparaîtra jamais.
Kwannon — Psylocke

Avant sa chute, Kwannon servit comme assassin principale du seigneur du crime japonais Nyoirin et entretint une relation amoureuse tragique avec Matsu’o Tsurayaba, membre influent de la Main. Leur affrontement, dicté par l’honneur et les loyautés opposées, la laissa gravement blessée et plongée dans le coma. Dans une tentative désespérée de la sauver, Tsurayaba fit appel à la sorcière Spiral, qui échangea son esprit avec celui de Betsy Braddock, la télépathe des X-Men connue sous le nom de Psylocke.
Piégée dans le corps de Braddock sous l’identité de Revanche, Kwannon se retrouva au cœur d’un conflit d’identité profond, affrontant les X-Men tout en cherchant la vérité sur sa propre existence. Atteinte du virus Legacy, elle retrouva progressivement la mémoire de sa vie passée et fit le choix de quitter les X-Men. Refusant de mourir en victime, elle demanda à Tsurayaba de mettre fin à ses jours, léguant avant sa mort une partie de son énergie psionique afin de restaurer pleinement l’esprit de Psylocke.
Des années plus tard, à la suite d’événements psychiques et cosmiques, Kwannon fut ramenée à la vie dans son corps d’origine. Désorientée et fragmentée, elle se présenta un temps comme « Rien », symbole de sa perte d’identité. Peu à peu, elle renoua avec son passé, collaborant à nouveau avec les X-Men et Wolverine, oscillant entre alliée et combattante solitaire, guidée par un sens strict de la justice et de la vengeance.
Experte du combat rapproché, maniant le katana et une lame psychique redoutable, Kwannon est à la fois une arme vivante et une protectrice. Marquée par la perte de sa fille, la culpabilité et une vie de sang, elle incarne le conflit permanent entre ce qu’on a fait d’elle et ce qu’elle s’efforce de devenir : une guerrière cherchant la paix dans un monde qui ne cesse de la replonger dans la violence. Elle évolue actuellement au Japon, où elle est retournée après des années d'exil, dans l'espoir de trouver des traces, n'importe quoi, lui permettant de se souvenir plus précisément de sa fille qu'elle n'a jamais connue.