Page 1 sur 1

Fons vitae infernalis [PV Maurice Malné]

Posté : 18 janv. 2026 13:21
par Marisa Teritt
Suite à son affrontement avec le Projet, Yggdrasia était tombée. Le lien entre la Fleur des Champs et la Nymphe des Bois s'était rompu en même temps que le fil de vie de la seconde. Son âme traumatisée n'avait cependant point rejoint l'autre monde ; elle demeurait toujours présente au sein des Terres Neutres, au fin fond ce ces contrées sauvages et humides qui s'étaient transformées en un immense territoire marécageux.

Image

Tel un éternel mauvais présage, l'endroit était constamment cerné par les nuages. Les arbres tordus et malades avaient déformé le sol déjà lourdement accidenté à travers leurs tortueuses racines. Il n'y avait pas l'ombre d'une feuille saine qui brillait dans ce grisonnant paysage. L'eau croupie sentait la mort et la décomposition. Quelques nénuphars flottaient à sa surface, de laquelle s'élevait une brume fantomatique.
La zone était la définition même du mot « sinistre. »
Pourtant, c'était ce genre de paysage que le peu d'énergie qu'il restait de la Dryade arpentait...

Image

Son esprit meurtri et abruti par une mort fraîche ignorait sans doute tout du Mal qu'il l'avait prise pour cible. Une envoyée issue des ténèbres les plus profondes qui, à l'instar de l'innocente luminosité verdâtre, explorait silencieusement le marais.

Image

Ironiquement, ce pion cauchemardesque ignorait aussi qu'un autre acteur allait occuper un rôle clef dans cette potentielle histoire de résurrection. Un homme qui n'avait pas froid aux yeux. Un dirigeant sournois et avide de pouvoir ayant déjà fait des siennes au sein d'une réalité alternative, avec à sa botte une belle poignée de Sœurs de Péchés à l'ambivalente loyauté...

Re: Fons vitae infernalis [PV Maurice Malné]

Posté : 21 janv. 2026 21:09
par Maurice Malné
Il se rendit dans cette nature que beaucoup aurait jugé, au minimum, d’inhospitalière. Mais lui n’était pas de cette masse nombreuse. Il faisait partie d’une minorité et avait donc un grand avantage sur les autres : une personnalité. Un caractère. Un dessein. Une force de mouvement. Tout ce qui manquait au troupeau de « moutons ».

Il s’arrêta en plein milieu de nulle part. Ce qui était vrai uniquement pour ceux qui, lorsqu’ils avaient vu un arbre, juraient les avoir tous vus. Mais pour un esprit de la Nature ? Quelle hérésie ce devait être ! Lui n’avait pas cette vision. A la limite, il voyait dans une forêt autant de source de départ de feu… Mais il respectait la Nature pour la force qu’elle détenait.

Aujourd’hui ? Il se situait donc dans un carrefour au sein de cette forêt transformée. Mutilée. Souillée… Un endroit où deux lignes convergeaient et produisaient un nœud. Combien d’histoires de diables et de démons avaient débuté par un pacte à la croisée des chemins ? Tant. Tant et tant qu’il y avait nécessairement un fond de vérité. Et comme une autre expression le voulait : il n’y a pas de fumée sans feu.

Droit, dans son costume noir et absolument seul : il attendit.

Il était sorti de nulle part pour se rendre dans cet endroit particulier.

Aucune peur. Aucun doute. Qui était cet homme ni jeune ni vieux ? Quelle était cette assurance qui l’animait ? De la confiance ou de l’inconscience ?

Eventuellement, il finit par s’exprimer. A voix haute. Alors qu’il n’y avait personne devant lui.

« Je me nomme Maurice Malné. Je suis envoyé par le Baron dans un objectif de recrutement pour peuple les rangs du Cirque. »

Il attendit un instant que sa voix soit portée par le vent mourant et les remugles.

« Je sais que tu m’écoutes. J’ai reçu une information de qualité depuis le monde souterrain. Enfin…un autre monde souterrain que celui qui permet au champignons de tisser une toile de communication. Disons, un monde souterrain plus…chaleureux. »

C’était un rictus parfaitement détestable qui avait ponctué sa tirade.

Et sans rien ajouter de plus, les bras croisés dans son dos, il attendit patiemment que l’entité de ses marais infects viennent à lui. Bien entendu, le démoniste était préparé à un affrontement. En ce cas, il aurait un ou plusieurs démons pour l’épauler. Qui apparaitrait suite à une offensive contre sa personne, se matérialiserait sous la forme d’un dôme invisible puis l’apparition de glyphes faisant saigner le tissu même (de la Grande Tapisserie) de la Réalité.