??? : « Jolies fesses, mademoiselle. Oh ! Oups, pardon. »
Camille était sorti de cours. Il se trouvait dans le couloir, son sac à dos posé sur le sol parce qu’il rangeait ses affaires. Il avait oublié. Avec son corps efféminé, quand il se penchait de cette manière, ceux qui le regardaient par derrière le confondait une fois sur deux avec une femme. Le pire, c’est que c’est lui qui était le plus embarrassé des deux.
*J’ai peut-être fait une erreur en venant étudier ici… *
Il souffla. Puis se reprit ! Il n’allait pas se laisser abattre. C’est lui qui avait choisi. Enfin, c’est le système qui avait choisi. Normalement, il aurait dû partir au Japon. Dans une ville nommée Atarashi Yoake. Il avait même commencé à apprendre le japonais en autodidacte. Il ne pouvait pas parler couramment, du moins le pensait-il. Et de toute façon, il avait fini par étudier aux Etats-Unis.
Il tourna dans le couloir. Ca le rallongeait pour retourner dans sa chambre. Et c’était exactement ce qu’il voulait. Car s’il avait envie de poser ses fesses sur son lit, il n’avait pas envie de le retrouver, lui.
??? : « Mais qui voilà ? Je vous l’avait pas dit, les gars ? Il est encore trop désorienté. Il ne connait pas encore bien le campus. Heureusement que je suis là, Camille, hein. »
Son colocataire. Accompagné de ses potes. Camille se sentir se ratatiner sur lui-même. Sa bête noire. Son nouveau harceleur. Cela finirait-il donc un jour ? Peu importe l’école, peu importe son âge : son look androgyne lui avait toujours valu d’être l’objet de moqueries ou pire. Ca n’avait pas mis longtemps à recommencer dans cette école. Alors, les yeux baissés et l’attitude d’une proie face à son prédateur, il garda le silence et attendit la suite. Parce qu’il les connaissait les harceleurs, ils aimaient beaucoup parler.
??? : « Là je vais faire un petit tour avec les gars. Et j’aurai soif en revenant. Tu as compris, Camille ? Hey ! Dis-moi que tu as compris. »
« Je, euh… oui. Oui. »
??? : « Oui, quoi ? Vous les ploucs, il faut tout vous apprendre. Mais je suis magnanime. Euh, c’est ça le mot, les gars ? Peu importe ! Je suis bon. Et je suis bon avec toi parce que moi, la ville, je la connais. Et c’est pour ça que tu vas être gentil avec moi, hein ! »
« Bien sur… »
Le niveau de harcèlement prit un nouveau cran. La plaisanterie douce était terminée. La comédie devint réelle menace. La face sombre de l’humanité en action… Camille se retrouva coincé entre son harceleur et le mur. Le bras de l’autre s’étant posé contre le mur, juste à côté de son visage imberbe. Une barrière. Une démonstration de force.
??? : « Bon, parfait. Donc t’oublie pas mon soda, mon mignon. Tu vas faire cracher le fric de tes parents. Et j’en ai rien à foutre s’ils doivent prendre un autre job pour survivre. »
Sa main frappe violemment le mur. Camille laissa échapper un couinement. Ce qui les fit tous rire. Tous se barrèrent et on le laissa enfin tranquille. Enfin… Il s’accroupit et sortit un mouchoir de sa poche pour essuyer le molard qu’un des types lui avait craché sur la chaussure.
Il tenta à grand peine de retenir ses larmes. Heureusement, personne n’avait rien vu. C’était impossible d’aller se plaindre, de toute façon. Tout ce qu’il pouvait espérer, c’était repassé par l’administration. Et redemander, encore, s’ils avaient trouvé une solution concernant le fait de le changer de chambre. Mais tout était rempli. On le lui avait déjà dit. Et même l’administration, même les adultes, exprimaient de l’agacement à son encontre.
Il était seul…
Camille était sorti de cours. Il se trouvait dans le couloir, son sac à dos posé sur le sol parce qu’il rangeait ses affaires. Il avait oublié. Avec son corps efféminé, quand il se penchait de cette manière, ceux qui le regardaient par derrière le confondait une fois sur deux avec une femme. Le pire, c’est que c’est lui qui était le plus embarrassé des deux.
*J’ai peut-être fait une erreur en venant étudier ici… *
Il souffla. Puis se reprit ! Il n’allait pas se laisser abattre. C’est lui qui avait choisi. Enfin, c’est le système qui avait choisi. Normalement, il aurait dû partir au Japon. Dans une ville nommée Atarashi Yoake. Il avait même commencé à apprendre le japonais en autodidacte. Il ne pouvait pas parler couramment, du moins le pensait-il. Et de toute façon, il avait fini par étudier aux Etats-Unis.
Il tourna dans le couloir. Ca le rallongeait pour retourner dans sa chambre. Et c’était exactement ce qu’il voulait. Car s’il avait envie de poser ses fesses sur son lit, il n’avait pas envie de le retrouver, lui.
??? : « Mais qui voilà ? Je vous l’avait pas dit, les gars ? Il est encore trop désorienté. Il ne connait pas encore bien le campus. Heureusement que je suis là, Camille, hein. »
Son colocataire. Accompagné de ses potes. Camille se sentir se ratatiner sur lui-même. Sa bête noire. Son nouveau harceleur. Cela finirait-il donc un jour ? Peu importe l’école, peu importe son âge : son look androgyne lui avait toujours valu d’être l’objet de moqueries ou pire. Ca n’avait pas mis longtemps à recommencer dans cette école. Alors, les yeux baissés et l’attitude d’une proie face à son prédateur, il garda le silence et attendit la suite. Parce qu’il les connaissait les harceleurs, ils aimaient beaucoup parler.
??? : « Là je vais faire un petit tour avec les gars. Et j’aurai soif en revenant. Tu as compris, Camille ? Hey ! Dis-moi que tu as compris. »
« Je, euh… oui. Oui. »
??? : « Oui, quoi ? Vous les ploucs, il faut tout vous apprendre. Mais je suis magnanime. Euh, c’est ça le mot, les gars ? Peu importe ! Je suis bon. Et je suis bon avec toi parce que moi, la ville, je la connais. Et c’est pour ça que tu vas être gentil avec moi, hein ! »
« Bien sur… »
Le niveau de harcèlement prit un nouveau cran. La plaisanterie douce était terminée. La comédie devint réelle menace. La face sombre de l’humanité en action… Camille se retrouva coincé entre son harceleur et le mur. Le bras de l’autre s’étant posé contre le mur, juste à côté de son visage imberbe. Une barrière. Une démonstration de force.
??? : « Bon, parfait. Donc t’oublie pas mon soda, mon mignon. Tu vas faire cracher le fric de tes parents. Et j’en ai rien à foutre s’ils doivent prendre un autre job pour survivre. »
Sa main frappe violemment le mur. Camille laissa échapper un couinement. Ce qui les fit tous rire. Tous se barrèrent et on le laissa enfin tranquille. Enfin… Il s’accroupit et sortit un mouchoir de sa poche pour essuyer le molard qu’un des types lui avait craché sur la chaussure.
Il tenta à grand peine de retenir ses larmes. Heureusement, personne n’avait rien vu. C’était impossible d’aller se plaindre, de toute façon. Tout ce qu’il pouvait espérer, c’était repassé par l’administration. Et redemander, encore, s’ils avaient trouvé une solution concernant le fait de le changer de chambre. Mais tout était rempli. On le lui avait déjà dit. Et même l’administration, même les adultes, exprimaient de l’agacement à son encontre.
Il était seul…