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Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 04 déc. 2025 17:17
par Rini Koken
- Morgane !

Mais le temps que Rini émette ce cri, la SpiderWitch avait déjà fait le nécessaire, esquivant l'attaque plongeante grâce à l'appui non négligeable de sa cape autonome. Elle n'eut guère besoin de son accessoire pour donner la réplique à son assaillant brumeux qui, emporté dans son élan, disparut contre un mur de la pièce. Fin démoniaque insolite que la jeune femme-araignée s'était empressée d'analyser avec un calme typique de chez elle.
Sa mise en garde n'était pas tombée dans l'oreille d'une sourde, et moins encore dans l'œil d'une aveugle.

- Sommes-nous encore au lycée ?

Leur environnement paraissait grandement dénaturé. Le mobilier était le même, certes, mais les dimensions semblaient... fluctuer ? Comme si un bug - ou un virus ? - s'était glissé dans le tissu de la réalité. La première année pouvait très difficilement ignorer cette illusion qu'elle qualifierait de radicale. En l'absence d'adversaire, elle regarda sa partenaire - d'infortune, encore une fois ! - s'approcher de la porte et jeter un œil de l'autre côté.

- La porte était pourtant fermée à clé, il y a de ça quelques minutes, lui fit-elle remarquer.

Ce que lui décrivait la SpiderWitch défiait la logique. Entre les dimensions qui changeaient et la visibilité limitée... comment était-ce seulement possible ?
Il devait faire jour, à cette heure avancée de la matinée !

- Super, soupira la lycéenne. Désormais, ce n'est plus d'une simple pièce que l'on doit s'échapper mais carrément d'un bâtiment entier !

Que diable s'était-il passé ?
Rini n'avait pas de réponse, mais elle se doutait bien que Cruella avait une part de responsabilité dans cette histoire. Elle ignorait comment, ou même pourquoi. Toutefois, son instinct lui soufflait que cette étudiante, désagréable et hautaine, n'y était pas pour rien.
Et puis d'ailleurs, était-elle vraiment humaine ?
En tant que métahumaine, Rini était tout à fait en droit de se poser cette question. Alors avec en prime la présence de la SpiderWitch à ses côtés...
La première année secoua la tête. Elle devait recentrer ses pensées sur l'instant présent, et sur un objectif qu'elles étaient capables d'atteindre.
D'après l'analyse de l'éclaireuse costumée, le couloir, silencieux, n'abritait aucune engeance maléfique.

- Mettez-nous en route, répondit Rini. De toute façon, cette pièce n'est pas sûre. Qui sait quand cette étrange brume refera des siennes ?

L'obscurité était devenue leur ennemie. Elles allaient devoir s'en méfier.
Sur ses gardes, Rini dépassa le seuil du bureau du professeur de sport et commença à avancer dans le couloir. La SpiderWitch la suivit. Elles passèrent devant plusieurs portes derrière lesquelles ne filtrait aucun bruit. L'habituée essaya d'en ouvrir une ; celle-ci refusa de coulisser. Elle tenta sa chance avec une autre. Derrière cette porte se dressait un mur. Celui du fond. Comme si la profondeur de la pièce avait été réduite à zéro.

- On nage en plein délire...

De moins en moins rassurée, Rini prolongea ses essais avec une troisième tentative. La porte s'ouvrit... sur un vide sans fond. Heureusement qu'elle n'avait pas avancé un pied devant l'autre, car le sol avait été fracturé.

- C'est incompréhensible... Whow !

Frôlée par un débris tourbillonnant sorti tout droit des ténèbres infinies, elle avait reculé la tête par réflexe. Le morceau poursuivit sa trajectoire courbe à travers l'obscurité. Rini en vit d'autres, plus petits, virevolter dans son sillage et s'éclipser de la même manière.
Elle fit un pas en retrait et ferma la porte.

- Figure-toi que je commence doucement à me demander s'il existe encore un dehors.

Elle s'adossa au mur pour réfléchir.
A quoi ? Elle n'en savait rien... du moins, jusqu'à ce que lui vint un idée !
Ses yeux couleur noisette retrouvèrent le visage de la SpiderWitch.

- Peux-tu essayer de contacter les araignées ? Tu m'as bien fait comprendre, tout à l'heure, que tu en possèdes la capacité.

Ainsi espérait-elle être fixée sur leur situation, sur... l'ampleur de leur isolement. Car en cas d'absence de réceptivité, cela signifierait ce que redoutait la lycéenne. Une improbabilité de plus en plus plausible après tout ce qu'elle avait vu en à peine quelques troublantes minutes.

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 14 déc. 2025 10:03
par SpiderWitch
« Je vais au-delà de la possibilité de communiquer car je suis en temps réel connectée à leur travail de cartographie. Es-tu familière de l’architecture Escherienne ? »

Quelle étrange coïncidence que le monde de la SpiderWitch et celui de Rini Koken intègre tous deux un Escher. Pour la seconde, c’était un artiste qui avait marqué l’histoire de quelques gravures en noir et blanc. Pour la première, c’était un homme qui avait été à la base d’environnement proprement troublant.

« Pour te simplifier ce qui se passe dans ma tête, c’est comme si je recevais des ondes invisibles qui me permettaient de visualiser virtuellement une cartographie de ton ancienne école. Comme si mes petites araignées saisissaient entre leurs mandibules des ficelles de la Grande Tapisserie pour broder un ensemble de chemins et d’embranchements sans cesse en mouvement. »

Deux doigts graciles de la SpiderWitch se posèrent à sa tempe droite. Elle s’immobilisa un instant. Même masquée, Rini comprit qu’il y avait un problème. Un désagrément serait davantage un terme que celle surnommée Morgane Sparks utiliserait.

« Seulement, la masse d’informations contient une telle ampleur chaotique que mon esprit atteint sa limite et me cause, pour donner un unique exemple, des migraines. Je crains donc de ne pouvoir nous offrir l’itinéraire vers la sortie. Car à cette problématique doit s’ajouter celle que certaines créatures de ce nouvel endroit écrasent, mangent, sacrifient mes petites araignées. »

La SpiderWitch n’avait pas peur. Elle n’était pas bouleversée par l’incessant chaos qui transformait tout ce qui devait être inerte. Ce qui, pour Rini, revenait à avoir une ancre. Une personne sur qui elle pouvait compter quand elle devenait fébrile ou éprise au doute.

« En tant qu’éclaireuse, je peux t’apprendre ceci, Rini Koken. Si nous prenons à gauche dans l’embranchement, nous tomberons sur une créature massive recouverte partiellement d’une armure d’ossement. Si nous prenons à droite, nous devrons faire face à une créature dépassant les trois mètres de hauteur au faciés d’un astre mort. Le premier est bestial et promet un affrontement physique. Le second est humain et dissimule sans aucun doute une intelligence redoutable. Enfin, il y a des portes des deux côtés qui me sont invisibles. Piège sans fond ou sortie potentielle, je ne peux te le dire. »

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Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 15 déc. 2025 20:00
par Rini Koken
L'architecture Escherienne ?
Les paroles obscures de la SpiderWitch l'incitèrent à faire « non » d'une secousse de la tête. Comme elle ne comprenait rien à ce charabia, Rini se contenta de l'écouter de bout en bout et d'imaginer cette carte mentale dressée par les espionnes à huit pattes.
La « Grande tapisserie »... ce n'est pas la première fois qu'elle me parle de ça.
Un sujet d'une importance capitale aux yeux de l'étrange sorcière. La première année ne chercha point à argumenter. Les croyances de la SpiderWitch relevaient du domaine de la magie. Un milieu dans lequel Rini Koken n'avait jamais mis les pieds, ses propres pouvoirs étant une question de gênes mutants.

- Et donc, tu peux essayer, résuma-t-elle.

Il y avait un hic à cela. Rini s'en rendit compte tout de suite en la voyant se toucher la tempe. La cartographie arachnéenne rencontrait quelques problèmes, et Morgane Sparks ne tarda guère à lui donner justification : trop d'informations qui mènent à la saturation. Elles n'étaient pas près de trouver la sortie par ce biais là. En revanche, il y avait tout de même quelques résultats utiles dans sa douloureuse analyse...
Rini projeta son regard au loin, vers les différents embranchements. A gauche, une bête monstrueuse avec laquelle il serait impossible de discuter ; à droite, un colosse de trois mètres de haut capable de tenir une conversation... ou d'y mettre rapidement un terme d'un grand coup de hachoir !
Nous battre dans ces couloirs, sans en connaître les limites, serait une très mauvaise idée.
Simple question d'endurance. Le lycée avait drastiquement changé. Ses dimensions n'avaient plus rien à voir avec l'établissement d'antan. Les portes coulissantes renfermaient des bizarreries, voire des pièges dangereusement élaborés.
Rini se massa pensivement le front avant de regarder sa partenaire d'aventure.

- Evitons tout contact avec ces aberrations ténébreuses. Je préfère que l'on s'économise plutôt que d'avoir à affronter - ou à fuir - un molosse ou un colosse sans que cela ne nous rapporte rien. Tiens-toi prête : je me charge d'examiner ce qui se cache derrière les portes.

Et comme elles se ressemblaient toutes, l'exploratrice en jupette commença par les plus proches. La première s'ouvrit sur une nuée de coutelas qui allèrent se planter dans la porte qui donnait en vis-à-vis.

- Pas la bonne, commenta-t-elle, plaquée contre le mur d'à côté.

Elle essaya l'issue hérissée par les lames en en agrippant certaines par le manche. D'énormes boulets hérissés de pointes en jaillirent, disparaissant à travers les ténèbres infinies de l'ouverture d'en-face.
Rini échangea un regard avec la SpiderWitch, qui avait eu l'intelligence de ne pas se tenir dans l'embrasure de chaque porte.

- Pas la bonne non plus.

Elle ne se découragea point, multipliant les tentatives infructueuses pour découvrir des espaces insondables, des lames pendulaires et tout un tas d'autres surprises mortelles pour les indiscrets.
La première année soupira.

- Cela risque d'être un peu long.

En effet : Rini avait cessé de compter depuis longtemps quand elle ouvrit une porte qui menait ENFIN dans une pièce normale, avec des tables, des chaises, un bureau ainsi qu'un grand tableau noir.
Elle observa à nouveau la SpiderWitch, déglutit discrètement, avant de hocher courageusement la tête.

- Couvre-moi.

Elle franchit le seuil, ses sens en alerte. Tout semblait normal. Tout l'était jusqu'à ce que le mobilier, tout doucement, se mette à pivoter sur ses pieds pour faire de celle qui avait bien avancé le centre de leur attention. Rini, qui s'était dirigée vers le bureau du professeur, remarqua ce phénomène lugubre dès l'instant où elle s'arrêta, silencieuse, face au tableau. Les tables et les chaises furent soudain prises de tremblements sévères.
J'aurais dû m'en douter.
Les pieds s'affinèrent, devenant pointus comme des pieux ; les dossiers et les assises se fendirent en deux, dévoilant des crocs disproportionnés.
Une classe entière de Mimics bondit alors sur les visiteuses !

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 26 déc. 2025 08:13
par SpiderWitch
La SpiderWitch approuva l’esprit méthodique de Rini Koken. Ouvrir une porte après l’autre. S’assurer de lever le voile sur tout mystère et empiler les informations. Progresser lentement mais assurément.

« J’admire ton sang-froid, Rini Koken. Les épreuves aléatoires et mortelles ne te font pas réagir sous l’impulsion et la panique. Une porte après l’autre. Avec précaution. Le temps est un allié, Rini Koken. C’est lorsque que nous en manquons que nous mourrons ou sommes contraintes de faire des choix irréversibles. »

D’une certaine façon, c’était un speech de motivation. Il y manquait la flamboyance et la passion d’une femme charismatique. Mais peut-être que les mots et le message avaient tout de même atteint le cœur de l’étudiante. Que la SpiderWitch ait contribué ou non, les portes avaient été ouvertes. Encore et encore.

« Il y a un schéma qui se tricote. Couteau de jets, boulets hérissés, lames pendulaires, carreaux empoisonnés, gerbes de feu, trou sans fond, seau d’acide. Des pièges inertes encore et encore. Des inventions servant à protéger les couloirs et salles d’un donjon ? Il semblerait que le chaos évolutif soit tout de même rattaché à un corpus de règle spécifique associé lui-même à un environnement particulier. »

La SpiderWitch en avait tout de même conscience. L’énumération de faits et la proposition d’une synthèse ne les aidait pas. Ce n’était pas inutile. Car les informations permettaient de repousser l’inconnu. Cela devenait plus facile d’anticiper la prochaine épreuve. Et force était de constater que Rini Koken s’en sortait toujours un petit mieux qu’avant. L’expérience répétée se heurterait tôt ou tard à la contrainte de la fatigue. Mais pas maintenant. Cette dernière porte ouverte affichait une salle de classe non piégée.

« Je suis derrière toi et en alerte. Tu peux entrer dans cette salle en mettant ta vie entre mes mains, Rini Koken. »

Elle s’élança dès le moment où la première transformation anima le mobilier. Seulement, elle dut déjà faire un choix impossible. Le bois de la porte avait craqué lui aussi. La porte devenant gardien. Et bourreau.

La cape abritant une vie arachnéenne fendit vers une planche qui se dépliait à la façon d’un bras possédant trois coudes. Tels des liens d’immobilisation, le tissu magique retint les « bras » de la porte. Mais pas seulement. Elle condamna la gueule affamée et aussi, et surtout le maintien d’un espace d’entrebâillement. Cela parut essentiel à l’Eclaireuse et son artefact organique pour pouvoir ressortir avec un meilleur taux de succès.

Une fois ce début d’opération mené avec un succès plutôt évident, la SpiderWitch dénudée de sa cape, enchaîna quelques mouvements acrobatiques dans sa tenue moulante pour venir rejoindre l’étudiante spécialisé dans la lutte en vie nocturne. Le pied de la SpiderWitch brisa un pied de table. En réaction de chaîne, la table creva un œil d’une chaise par l’intermédiaire d’un coin de son plateau.

SCRRRRIIIIIIIIIIIIIiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!!!!!

Portant ses mains à ses oreilles derrière son masque, la SpiderWitch fut surprise par l’action insidieuse du tableau noir. Ce dernier se peignait un masque de guerre à l’aide de craies blanches. C’était le frottement de ces bâtonnets d’écriture qui avait produit ce son insupportable.

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 01 janv. 2026 17:06
par Rini Koken
Rini n'était pas du genre à réagir dans l'excès, avec une grande émotivité. La SpiderWitch le découvrit en la voyant tester chaque potentielle issue. Son analyse avait beau être un peu froide, elle n'en était pas moins vraie : en l'absence d'indicateur temporel, elles ne manquaient pas de temps, et n'avaient donc guère besoin de basculer dans la précipitation.

Un peu plus tard, Morgane Sparks suivit donc la lycéenne dans son obscure exploration de cette salle se classe prétendument normale.
Et quand les ennuis ne tardèrent point à lui tomber dessus, l'éclaireuse arachnéenne fut tout aussi prompte à réagir. Sa cape entama une contre-attaque ciblée, s'en prenant à la porte devenue chasseuse d'intruses. Entre-temps, Rini donna du sien, brisant de ses poings et de ses coudes les éléments carnivores d'un contexte scolaire perverti par une magie démoniaque. Des éclats de dents et de bois volaient dans tous les sens quand la SpiderWitch se mouva pour y prendre part, elle aussi.
Nous sommes encerclées.
Et pas au bout de leurs surprises non plus !
En provenance du tableau noir, un bruit absolument horrible déstabilisa les combattantes. Le frottement des craies blanches, qui formait un visage colérique sur la grande ardoise, n'épargnait ni leurs tympans ni leurs nerfs.

- AAARGGGH !!!

Un bureau en profita pour la renverser. Rini perdit l'équilibre. Une chaise bondit vers son visage, ses pieds pointus engagés pour l'éborgner. Elle se rattrapa d'une main avant de rouler entre les pieds d'une autre table. Celle-ci fut traversée de part en part. Allongée sur le dos, Rini s'immobilisa un instant, la pointe d'un pied acéré figé à un cheveu de son œil.

- C'était moins une.

Tirée par les pieds, elle glissa de sous la table perforée. Un regard entre ses jambes lui apprit qu'une chaise transformée était en train de lui mastiquer les chaussures. Rini s'en libéra d'une ruade non sans écarter le carnassier d'un violent coup de talon ! Cela lui fit gagner de l'espace. Elle s'aida alors de ses bras pour se catapulter souplement sur ses jambes et se remettre en garde.
C'est à cet instant que le tableau refit des siennes, exprimant son terrible mécontentement.

- NrrrrGH !! Bon sang !

Serrant les mâchoires, Rini y résista du mieux qu'elle put. Ayant déjà fait l'objet de cette attaque sonore et forte d'un mental en acier trempé, elle ne flancha pas. Elle attrapa une table d'étudiant en plein vol et, les muscles congestionnés dans l'effort, la projeta en plein centre du tableau grimaçant !
Le choc ébranla la structure ténébreuse, faisant choir toutes les craies qui s'y trouvaient collées.

- On se replie !

Cette classe n'avait rien à leur offrir sinon la mort. La pugiliste arrangea sa défense de sorte à ce qu'elle puisse accompagner celle de la SpiderWitch tandis qu'elles reculaient vers la porte diabolique. Dans l'espoir de les rattraper, chaises et tables se bousculaient comme des animaux affamés !

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 10 janv. 2026 12:30
par SpiderWitch
Grâce à la cape-araignée qui avait lutté pour garder la porte-mimique entrouverte, les deux jeunes femmes avaient pu ressortir vivantes et légèrement blessées de leur affrontement…improbable.

« Je n’avais encore jamais eu à livrer confrontation avec du mobilier pseudo-vivant. Je dois avouer que je ne sais trop quoi en penser. Et pourtant… »

Son regard fixait sa cape-araignée qui se tenait droite devant elle. Elle n’avait pas encore réintégré le dos de la SpiderWitch comme le « simple » accessoire avec lequel elle pourrait être confondue. Puis après un petit temps, la « magie » fut rompue. La cape-araignée revint se reposer sur les épaules de la SpiderWitch et cette dernière s’adressa de nouveau à Rini Koken.

« J’ai appris à ne pas me reposer sur l’acquis et le prévisible. Mais je dois avouer ne pas saisir les règles et/ou logiques de ce monde en perpétuel changement ? Même de cela, je ne suis certaine de rien. »

Il se passait tant d’événements que même la terrible Cruella était sorti en partie de la tête de la SpiderWitch. Cette jeune étudiante qui empruntait le même chemin qu’un certain « Faucon de Lumière »… Et de toute manière, sa localisation était inconnue. La recherche arachnéenne ne s’était jamais arrêtée. Seulement, le fait repassait de l’arrière de l’inconscience au-devant de la conscience. La SpiderWitch se concentra un instant pour explorer le « donjon » dans sa visualisation imaginaire en trois dimensions.

« Les signaux sont encore faibles. Mais les flux commencent à converger. C’est une science qu’on a tenté de m’inculquer. Celles de donner sens à des informations dans un temps qui n’existe pas encore. J’ai les bases mais je n’en suis pas une experte. C’est une compétence très utile pour quelqu’un qui a hérité du rang d’Eclaireuse. Mais passons les détails. Je perçois des rassemblements. Mais je ne saurais te dire s’il y en a qui pourrait nous être favorable ou si nous devons tous les esquiver à la recherche de sa la sortie de ce nouveau monde. Si sortie il existe encore. »

La SpiderWitch évoqua dans le côté « Ouest » de leur labyrinthe scolaire un rassemblement de personnes en cape et manteaux longs. Les visages masqués par les ténèbres d’un vêtement, d’un masque d’or, de métal ou de tissu souillé de tâches d’encre. Le lieu carrelé et haut de plafonds augurait de personnes influentes. Riches, célèbres, charismatiques, influentes. Ce genre de qualificatif.

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Du côté « Est », en suivant un certain temps les embranchements de différents couloirs à casier métalliques, tableau d’affichage et portes à ouvrir : au-delà se trouvait sept personnes. Si le premier groupe évoqué par la SpiderWitch semblait porté sur une essence humaine : ce groupe-ci avait une signature démoniaque. Les sept semblaient à l’aide dans cet environnement chaotiques. Et, au contraire du premier groupe, celui-là semblait être un lot d’individualistes. Incapable de travailler ensemble.

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Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 15 janv. 2026 15:55
par Rini Koken
S'arracher à cette fausse salle de classe relevait carrément du soulagement pour la lycéenne. Des chaises et des tables carnivores... un véritable enfer scolaire ! Morgane avait usé de sa cape-araignée pour leur permettre de franchir cette maudite porte, elle aussi vivante. En jetant un œil par-dessus son épaule, Rini vit que le seuil était redevenu... plus ou moins normal.

- Cette monstruosité a réagi à notre présence, souffla-t-elle.

Alors que la SpiderWitch méditait sur ce qu'elles venaient de traverser, Rini en profita pour examiner ses quelques blessures et récupérer un rythme respiratoire plus adapté à ce moment d'accalmie. Elle resta debout, peu désireuse de sentir les lactates générés par ses récents efforts s'accumuler dans ses cuisses. Elle ne fut pas distraite pour autant, écoutant l'Eclaireuse lui fournir de précieuses informations sur les quelques personnes présentes dans le secteur.

- Il ne s'agit probablement pas d'autres étudiants, j'imagine ?

A l'ouest, des individus costumés et masqués. A l'est, d'autres spécimens moins... anodins ? Au nombre de sept, ces derniers disposaient d'une certaine affinité avec leur environnement.
Dans ce contexte, doit-on craindre la qualité ou bien la quantité ?
Y avait-il seulement un choix plus enviable que l'autre ?
Entre une secte à déranger et de potentiels démons à combattre, Rini n'en était pas tout à fait sûre...
Elle prit le temps d'y réfléchir sérieusement avant de déclarer :

- N'attirons pas l'attention des sectaires. Je pense qu'ils mettront beaucoup moins de temps à nous trouver que les autres.

Elle s'était donc tournée vers l'est.

- Par ailleurs, rien ne nous dit que ces groupes soient capables de collaborer. J'aimerais aussi croire que l'on ne les intéresse pas et qu'ils en viennent tout bonnement à nous ignorer mais, après ce que l'on vient de vivre dans cette salle maudite, je m'attends plutôt à une douloureuse confrontation.

Elle frappa du poing dans la paume de sa main.

- Ils sont sept, c'est ça ? Très bien. Peux-tu nous conduire auprès de l'un d'eux ? Nous allons essayer de leur soutirer de précieux renseignements sur cet endroit diabolique.

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 07 mars 2026 09:45
par SpiderWitch
« Qui peut savoir si ta décision est la bonne ? Mais il fallait en prendre une et nous la suivrons. »

Et sans rien ajouter de plus, la SpiderWitch prit les devants et exécuta la tâche pour laquelle elle avait été formé toute sa vie : être l’éclaireuse.

Très rapidement, de nouvelles informations arrivèrent. Il y eut un temps relativement court pour y réfléchir et prendre une décision. Puis la SpiderWitch se souvint qu’elle n’était pas seule. Elle devait communiquer.

« Parmi les Sept, il y en a un qui est immobile. Comme s’il attendait. A moins que… il y aurait d’autres possibilités. La faiblesse. L’absence de prise de décision face à un environnement chaotique et donc changeant. Mais je pense, en fait j’ai déjà pris la décision de nous rapprocher de cet individu. »

Ce qui revenait à répondre à l’interrogation de RIni Koken. A savoir les emmener toutes les deux auprès d’un des Sept. Donc la SpiderWitch reprit son travail. Combien de couloirs et de portes pouvaient-ils y avoir dans cette structure entre un établissement scolaire et des terres infernales ? Une main se leva alors. Une porte s’ouvrit. Un œil énorme dans les ténèbres de l’entrebâillement. Un tentacule qui en sortit. Et finalement la porte se referma « comme par magie » et décapita ce tentacule. La SpiderWitch attendit encore un peu puis fit un nouveau signal de sa main pour indiquer que la voie était claire.

A l’exception de ce bout de tentacule soubresautant sur leur passage.

Plus loin, une double porte avec une poignée horizontale à presser révéla une cafétéria. Sur une chaise en plastique blanche était assis une silhouette noire. Son coude vint se poser sur le dossier plastique. Le reste du corps pivota et révéla un visage blême et une main tenant un verre remplie d’un liquide rouge. De l’hémoglobine ou du vin ?

??? : « Ah… »

La voix manquait d’énergie. Quoique, ce regard aux iris noirs semblait indiquer une lassitude chez le personnage.

« Vous nous attendiez ? »

??? : « Du tout. J’attendais… »

« Qu’attendiez-vous en particulier ? »


La SpiderWitch avait fait un pas en avant par rapport à Rini Koken pour prendre l’initiative dans cette conversation. Selon son point de vue, cela était le prolongement de sa mission d’éclaireuse. A savoir récolter des informations et juger si la voie était disponible pour le reste de son unité.

??? : « Rien en particulier. Pourquoi sans cesse chercher à atteindre ? Alors que je peux attendre... »

« Mon cerveau ne parvient pas à comprendre. Sans action, il n’y a pas de vie. »


??? : « Certes. Mais pour quel résultat agir ? Même les plaisirs sont fugaces… »

« Quel est votre nom ? »


??? : « La Paresse. Si vous désirez de l’action, poursuivez votre chemin à la recherche de mes frères et sœurs. Autrement, allez vous chercher un verre et nous pourrons partager cette bouteille. Pour commencer… »

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Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 08 mars 2026 13:20
par Rini Koken
Elle avait donné son avis, proposé une piste à suivre. En bonne éclaireuse, la SpiderWitch lui ouvrit la voie, le guidant toutes les deux auprès de l'une de ces sept personnalités distinctes. En chemin, parmi les couloirs et les portes, elles durent tout de même s'arrêter. Morgane ayant levé la main pour lui signaler un danger qui suintait à travers un entrebâillement. Rini vit un gros œil ainsi qu'un tentacule remuer puis... la porte claqua inexplicablement dessus, sectionnant du même coup l'appendice.
Le lycée n'est plus que l'ombre de ce qu'il était. Je ne comprends rien à ce qu'il se passe ici. C'est... déboussolant.
Mais elle n'avait pas peur, et cette absence d'hyperémotivité était essentielle à sa survie. Une jeune femme moins entraînée qu'elle aurait sans doute déjà succombé à la folie. Aussi, même si Rini était pour la première fois confrontée au surnaturel, son instinct guerrier l'avait poussée à combattre les manifestations plutôt qu'à leur tourner dangereusement le dos. Par ailleurs, la présence de la SpiderWitch y était pour beaucoup dans cette histoire. Celle-ci était après tout une sorcière capable de produire quelques miracles. Le Skull Raider l'avait bien vu, la nuit dernière, sur le seuil de ce bar à voyous.
Morgane lui adressa un nouveau signal de la main. Elles reprirent leur avancée jusqu'à une double porte derrière laquelle se trouvait une cafétéria. Là bas, un type au visage d'un blanc impeccable attendait vautré sur une chaise.
Plutôt que de se jeter bêtement sur lui, la SpiderWitch initia la conversation.
Quel flegme de la part de cet homme ! Il m'a l'air de s'ennuyer à mourir...
Dans la continué du dialogue, l'homme très pâle de peau se présenta comme étant La Paresse. Il n'avait vraisemblablement pas envie de se battre, mais cela ne voulait pas pour autant dire que ses intentions n'étaient pas mauvaises.
Rini s'avança histoire de se tenir au même niveau que l'éclaireuse.

- L'action peut attendre. Et le contenu de cette bouteille aussi. Nous sommes en quête d'informations, mais nous ne nous attarderons pas ici plus longtemps que le veut la raison.

Ce type avait des airs de vampire. En conséquence de quoi la lycéenne n'aurait pas été tellement surprise de découvrir du sang dans son verre.

- Vous avez les oreilles pointues et la peau d'un blanc neigeux, lui fit remarquer la jeune femme. Vos dents sont acérées, par-dessus le marché. J'en déduis donc que vous n'êtes pas humain et que cet endroit, comme le souligne votre posture, ne revêt pas grand mystère à vos yeux...

Elle le fixait calmement, sans faire montre de la moindre agressivité. L'atmosphère était froide, mais c'était surtout le lieu qui voulait ça ; pas ceux qui s'y trouvaient.

- Où pensez-vous que nous sommes ? Existe-t-il une porte de sortie parmi toutes celles qui se trouvent dans les couloirs ?

Boire en sa compagnie, non. Le questionner, oui.
Rini espérait ne pas avoir besoin de le soumettre à la question ; elle n'avait jamais aimé brimer autres, alors les torturer...

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 19 mars 2026 20:30
par SpiderWitch
Celui qui s’était présenté sous le nom de la Paresse poussa un soupir qu’il ne cherche pas à cacher.

La Paresse : « Sortir. Entrer. Ce peut être un cycle sans fin… »

« Il est vrai. Mais nous ne pouvons demeurer dans cette prison chaotique. »


La Paresse : « Pourquoi ? Parce que vous croyez que l’herbe est plus verte ailleurs ?... »

« Ce n’est pas la question. Il n’y a pas de règles ici. Un environnement d’un type qui repousse les lois de la nature. Et, sauf cas d’extrême nécessité, je ne souhaite pas chercher à me nourrir en recourant à la voix du cannibalisme. »


Il était vrai qu’il ne valait mieux pas s’éterniser dans des couloirs sans fin où aucune vache ou poulet paissait. Comment se nourrir si l’emprisonnement devait durer une semaine ? Un mois ? Une année ? Voire même carrément une vie ?

L’homme faisant partie d’un groupe de sept soupira à nouveau. Mais il ne parla pas de suite. Son verre bien logé dans les doigts de sa main, il fit lentement pivoter le liquide carmin à l’intérieur. Il se permit même l’outrecuidance d’en boire une gorgée avant de reprendre la parole en observant Rini.

La Paresse : « Je pense que nous sommes nulle part. Et en même temps, nous sommes dans deux endroits à la fois. Ce qui pourrait revenir à dire que nous sommes dans un troisième. Quelle misère… »

Un véritable problème philosophique ? Ou peut-être de physique ? Métaphysique ? Peu importait. Car la SpiderWitch et Rini Koken y vivaient actuellement. La vie s’égrenait sans cesser. Elles n’avaient d’autre choix que de…faire des choix.

La Paresse : « Cet endroit est votre école. Mais c’est aussi un territoire des Enfers. C’est en même bien davantage et bien moins. Peut-être que ce qu’il faut retenir, c’est que c’est un nouveau territoire. Donc un territoire à conquérer. Sous peu, il devrait y avoir des guerres de pouvoir. En réalité, nos choix sont limités, mesdames. Soit nous choisissons un souverain. Soit nous décidons de devenir un souverain et régner dans ce nouveau royaume chaotique… »

« Je ne désire nulle couronne. »

Intervention de la SpiderWitch qui se tourna alors vers sa compagne d’infortune. Il n’y avait pas besoin de poser la question. Rini Koken, dans un nouvel environnement, pouvait soudainement avoir de nouvelles envies. Alors, Rini Koken désirait-elle devenir une souveraine d’un endroit à la croisée des chemins ? Un monde entre son école de jour et son terrain de chasse de nuit ?

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 21 mars 2026 10:05
par Rini Koken
La réflexion sur le long terme de la SpiderWitch fit froid dans le dos à son alliée.
La voie du cannibalisme ?
Rini ne s'imaginait pas non plus se bouffer un membre dans l'espoir d'allonger sa misérable durée de vie. Pas plus qu'elle ne s'imaginait capable de croquer dans un bout d'humain ou de démon. Cette simple pensée lui mit l'estomac au bord des lèvres. Une expression certes un peu forte pour une jeune femme qui, comme Morgane, ne faisait pas souvent montre d'une grande émotivité sur son visage.
La Paresse but un petit coup avant d'émettre la théorie d'un troisième monde. D'une sorte de dimension résultant de la fusion de leur école et d'un coin des enfers.
Super ! Eh bien, nous voilà dans de beaux draps...
Une école qui n'était pas la sienne dans un Enfer qui y avait planté ses racines.
On était pas loin du cauchemar.
Rêvait-elle tout cela, d'ailleurs ?
C'était une possibilité. Bien que Rini ne nourrisse guère l'envie de tester cette théorie du réveil en sursaut avec un game over.
Elle s'aperçut que Morgane la fixait dans l'attente de quelque chose qu'elle n'avait absolument pas pris au sérieux. Cette histoire de conquête de territoire, de souverain et de soumission...

- Non. Même pas en rêve.

La réponse n'avait pas traîné.
Elle secoua la tête, son attention portée sur le démon.

- Nous ne comptons pas dormir ici, Paresse. Ces deux options ne nous conviennent absolument pas. Et je n'ai pas non plus l'impression qu'elles vous font de l'œil.

- Ah bon ?

- Vous n'avez pas le profil pour donner des ordres, et je vous sens beaucoup trop flemmard pour conquérir quoi que ce soit.

Elle vit un sourire se dessiner au coin de ses lèvres.

- Peut-être bien... mais encore ?

- Vous n'êtes pas non plus enclin à obéir à qui que ce soit sur ce nouveau territoire. Vous, ce qui vous intéresse, ce sont surtout les plaisirs les plus simples. Ceux qui sont à portée de vos doigts. Comme cette bouteille que vous êtes en train de vider, par exemple.

- Ce n'est pas faux.

- Pourtant, vous ne pourrez pas continuer à vivre dans ce simulacre de confort. Parce que viendra le moment où il faudra vous ressourcer. Des ressources vitales que vous ne trouverez nulle part ailleurs que chez les autres.

- Et me voilà dans une impasse...

- Pas si vous nous aidez avec cette troisième option.

Alors qu'il allait boire, le démon arqua un sourcil et s'interrompit pour lui jeter un regard curieux.

- Une troisième option ?

- Cette « fusion » inopinée entre vos enfers et notre école n'est pas le fruit du hasard. Elle est partie de quelque chose. D'une source que nous allons devoir trouver avant qu'il ne soit trop tard.

- Vous voulez parler de collaboration.

Rini eut un sourire.

- Ce serait bien trop vous demander, la Paresse. Non, nous comptons surtout sur vous pour ne pas chercher à nous mettre des bâtons dans les roues le temps que les choses se fassent.

- C'est dans mes cordes. Du moins...

- Jusqu'à ce que vous soyez à sec ?

Lui aussi eut un sourire.

- Je crois que je commence à bien vous aimer.

- Vous pourriez devenir notre ennemi. On ne peut donc pas parler de réciprocité.

- Ce qui fait de vous quelqu'un de sage.

Puis il se remit à boire.
La lycéenne se tourna vers la SpiderWitch.

- C'est tout ce que l'on peut attendre de lui. Peux-tu nous diriger vers un autre des Sept ?

Et si... l'un d'entre-eux s'était déjà mis en tête de les rejoindre pendant qu'ils parlaient ?
La double porte qu'elles avaient traversée s'ouvrit brutalement !

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 28 mars 2026 08:20
par SpiderWitch
La SpiderWitch avait écouté attentivement la conversation entre Rini Koken et la Paresse. Une alliée de qualité au vu de son verbe. Elle n’était pas idiote, l’étudiante, loin de là. Tout comme la Paresse qui, avec un effort minimal, cherchait à en retirer une récompense maximale.

Puis, subtilement, l’Eclaireuse s’était détourné du duo en conversation pour se tourner et se rapprocher de la double porte. Son système de surveillance arachnéen l’avait prévenu d’une arrivée. Un hasard car le petit animal était alors en mission de retour de reconnaissance.

??? : « Tu n’as donc aucune fierté, frère ! »

La Paresse : « Une seule. Toi… »

La Fierté : « Ta nonchalance est irritante ! Tu aurais pu mourir dix fois de mon épée ou des capacités de ces deux femmes ! »

Il y avait des ressemblances évidentes entre les deux démons habillés de noirs. Leur vêtement de cuir, leur teint blafard et quelque chose dans leur aura. Mais les deux étaient aussi éloignés l’un de l’autre qu’une ressemblance entre l’astre solaire et l’autre lunaire. Déjà par le fait qu’un restait assis comme si c’était une simple réunion de bureau tandis que l’autre était debout, dans une posture synonyme d’action.

Quant au rouge, cette troisième couleur composante de leur apparence : c’était là leur signature. Le rouge du vin pour la Paresse. Le rouge d’une épée géante sculptée d’un…Christ ? pour la Fierté.

La Fierté : « Lève ton cul, frère ! Nous sommes une race supérieure et nous devons donc le démontrer sans cesse ! Allions-nous et laissons leur cadavre dans notre sillage comme signe de notre puissance ! »

La Paresse : « Non. Ca ne m’intéresse pas. Et puis, nous venons plus ou moins de former une alliance elles et moi… »

La Fierté : « QUOI ? C’est insupportable ! C’est ta tête que je devrais trancher en premier ! »

Quelle énergie de la part de ce nouveau venu. Il ne semblait pas capable de ralentir ou même de parler sans s’exclamer.

« Voulez-vous un duel, la Fierté ? »

La Fierté : « Pardon ! »

« Si j’en crois mon système d’observation, votre système de valeurs vous oblige à une démonstration énergique à chaque fois que vous rencontrez une nouvelle personne. Il vous faut alors savoir votre place sur l’échelle de puissance. Plus fort. Moins fort. Donc en vue de trouver une sortie pour notre duo, j’en viens à la conclusion que nous devons résoudre notre différent. Et la manière la plus rapide et efficace semble être un duel. »

La SpiderWitch était l’Eclaireuse. Cartographie, informations et recherches. C’était là son style. Lorsqu’il s’agissait d’une démonstration de force, il y avait sa sœur de son Unité Moire. Mais elle n’était pas là. Donc tout naturellement le rôle était transmis à Rini Koken qui était alors sujette au regard de la SpiderWitch qui attendait qu’elle réalise tout ce qu’elle venait de dire.

C’était à elle de combattre la Fierté.
(ou de trouver une solution alternative.)

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Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 30 mars 2026 15:45
par Rini Koken
Sa tête se tourna tout de suite vers le nouveau venu. Un démon, tout comme la Paresse, mais avec une mentalité diamétralement opposée à celle de son... frère ? Rini ne tenta point de les interrompre. Ni son alliée d'ailleurs. Les « frères » échangèrent différemment. L'un braillait là où l'autre parlait avec ce flegme incroyable qu'elles lui avaient découvert.
La situation devient tout de suite plus complexe.
Morgane eut sans doute la même réflexion, car elle ouvrit finalement la bouche pour proposer un duel à ce grand gueulard armé d'une épée rouge dont les dimensions n'avaient rien à envier au ton qu'il avait pris l'habitude d'employer. Et comme la SpiderWitch en vint à la suite par l'observer, elle, Rini comprit que celle qui allait devoir combattre ce démon à l'épaisse crinière noire était justement... sa propre personne.
La première année soutint un instant son regard masqué avant de fixer le bretteur qui n'avait pas sa langue dans sa poche.

- Je ne combattrai pas uniquement pour savoir qu'il est le plus fort d'entre nous.

Elle préférait négocier en premier lieu. Ce que le parti opposé ne comprenait visiblement pas.

- Dois-je comprendre que tu te défiles, fillette ? Ce serait raisonnable !

- Non. Cela ne le serait pas.

- Qu'est-ce que tu baves, alors ?!

- Si ce duel doit avoir lieu, il le sera sous certaines conditions.

- Personne ne m'impose quoi que ce soit !

Rini pointa du doigt sa large lame carmine.

- Vous craignez que je vous demande de ne pas la brandir pendant notre éventuel affrontement ?

Paresse gloussa.

- Fais attention, mon frère. Celle-ci est du genre futée.

- Ferma-la, feignasse ! le rabroua la Fierté avant de braquer son seul œil valide sur la lycéenne. Avec ou sans elle, je peux te bouffer quand je veux !

Au tour de Rini de sourire.

- Mais bien sûr.

- Putain ! Toi, je te déteste déjà !

La colère n'est jamais bonne conseillère. En tant qu'artiste martiale, Rini n'en ignorait rien. A ses yeux, le trop plein d'émotion relève presque de l'éthylisme ; bien qu'il ne perturbe pas l'équilibre, il rend partiellement aveugle et passablement négligeant sur bien des points. Voilà pourquoi la jeune femme ne s'emportait que très rarement. A plus forte raison face à un type habillé comme un officier et avec une grande épée comme seul ami.

- Vous en avez parfaitement le droit. Il n'empêche que vous allez devoir nous promettre quelque chose si vous voulez que l'on s'affronte.

- Quoi ? C'est quoi, ce quelque chose ?!

Son impatience ne l'irritait pas du tout. Dans sa position, Rini envisageait surtout d'en tirer avantage. Sournoisement agaçante, elle ne lui répondit pas tout de suite.

- J'aime vraiment pas me répéter, tu sais ?! lâcha-t-il en empoignant des deux mains son espadon par le manche.

Elle l'avait deviné, oui. En outre, elle accueillit cette remarque d'un haussement d'épaules.

- Nous arrêterons ce combat au premier sang. Et le perdant n'aura pas le droit de quitter cette pièce jusqu'à nouvel ordre.

Paresse fit tout de suite tinter son verre contre la bouteille à cette idée.

- Oh-ho ! Quoi qu'il advienne, on dirait bien que je vais avoir droit à un compagnon de beuverie~

- Tu parles ! cracha-t-il en zébrant l'air de sa lame. Il ne me faudra qu'une seule touche pour tuer ! Ce premier sang sera donc le dernier ! Bah ha ha ha !

Rini se doutait bien qu'il verrait les choses d'une façon aussi simpliste.

- J'en déduis que vous acceptez la première condition.

Le démon se raidit aussitôt.

- La première ?! Comment ça la première ?!

Elle poursuivit comme si de rien n'était.

- Comme je vous en propose une, il est logique que vous fassiez de même.

La Fierté leva le menton et arbora un grand sourire supérieur.

- Ah ! J'aime mieux ça ! (Son œil se riva sur la SpiderWicth.) Toi aussi, je ne te sens pas ! Tu parles trop bizarrement, et ça m'énerve ! Alors si... non, disons plutôt quand j'aurai remporté ce duel, tu devras obéir au moindre de mes désirs ! (Il regarda à nouveau Rini.) Etant donné que toi, tu ne seras plus en état d'entendre quoi que ce soit !

Rini frappa du poing dans la paume de sa main.

- Bien. Tâchez de ne pas avoir la mémoire courte.

Elle se mit en garde.

- Tu me prends pour un vioc ?!

Il fit de même.

- Ce n'est pas l'âge qui aura raison de votre intégrité.

- Quoi ?! Tu vas m'dire que c'est toi, c'est ça ?!

Rini secoua la tête.

- La réponse se trouve dans cette pièce.

- Tu m'prends la tête avec tes énigmes à la mord-moi-l'nœud !

Il attaqua le premier. Exactement comme prévu.

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 11 avr. 2026 09:36
par SpiderWitch
Les premiers mots de Rini Koken permirent à la SpiderWitch de savoir que sa conclusion était la bonne. Le fruit de ses observations et de son expérience. Donc Rini Koken allait combattre car c’était dans son tempérament. Dans sa compréhension de ce nouveau monde. Probablement aussi dans sa fierté de guerrière. Ce qui importait maintenant, c’était de continuer à rester aux aguets et observer la Grande Tapisserie continue à se dérouler sous ses yeux comme un tapis rouge au sol. Ce qui, en ce cas, avec pareil énergumène comme La Fierté donnait à la couleur rouge la propriété de sang versé.

En mentionnant le sang, Rini Koken imposait sa condition. C’était malin de sa part. Elle limitait ainsi les dégâts potentiels tout en emprisonnant par la valeur d’un orgueil mal placé un dangereux adversaire. Adversaire qui se situait sur une ligne fine qui pouvait faire basculer ce mot vers ennemi.

« Si Rini Koken perd selon les termes de votre duel, je me soumettrais alors à devenir votre péripatéticienne. »

Peut-être que ce fut ce langage trop châtié et ce synonyme trop littéraire pour évoquer la pute. Le résultat fut le suivant : la Fierté empoigna son arme géante et rua pour asséner le premier coup !

La Paresse : « Attention à ma bouteille, s’il te plaît… »

La Fierté : « Ferme ta gueule, toi ! »

Quelle étrange dynamique entre ces deux-là. Même dans les actions, leur style demeurait. L’intensité de la Fierté avait produit un large coup circulaire pour tenter de trancher en deux le corps de Rini Koken. Mouvement qui aurait conduit à découper la précieuse bouteille du frère de Péché si ce dernier, (en ayant anticipé le coup et la trajectoire ?!) n’avait pas relevé l’objet. D’une vitesse bien lente, il avait paru. Preuve qu’il ne fallait pas se fier aux apparences et prendre garde à ceux qui étaient les plus silencieux et immobiles.

La Fierté n’était pas à sous-estimer. Sa taille effilée et son arme aussi haute que lui ne semblaient pas concorder à première vue. Mais la réalité des choses (cette réalité tordue) était qu’il se débrouillait avec une facilité déconcertante. S’il était bien entendu restreint dans ses mouvements à cause du temps que prenait la lame à terminer son mouvement : il n’empêchait qu’elle ne semblait pas peser son poids entre ses mains gantées de noir. Il venait par exemple de trancher les pieds de quatre chaises et la moitié d’une table, et déjà le coup repartait pour éventrer le plafond et redescendre vers la combattante martiale.

La Paresse : « Tu t’agites bien trop. Cette débauche d’énergie qui ne mène à rien… »

La Fierté : « Dis celui qui a dû bouger son cul pour ne pas périr de ma lame ! »

Où était passé la SpiderWitch ?

Après quelques passes d’arme, la Fierté planta son épée dans le sol de la cafétéria. Son unique œil pulsait d’une haine à l’encontre de RIni Koken. Il y eut alors comme un éclat rouge et sitôt après, l’inquiétant Chris sur son arme rouge se mit à…pleurer du sang. De ses yeux, mais aussi de ses mains et pieds crucifiés. Même la lame au niveau de la garde perla de gouttes.

La Paresse : « Elle t’irrite tant que tu comptes déployer un Coup Interdit ?... »

La Fierté : « Grr ! Tu as-…raison ! »

Alors la Fierté passa sa main sur le visage du Christ pour finalement se barbouiller son visage livide.

La Fierté : « Reprenons ! »

Une vicieuse technique car, en effet, s’il se prenait un coup au visage : qui pourrait affirmer que le premier sang avait été versé ?

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 12 avr. 2026 12:42
par Rini Koken
En voyant la lourde lame fendre l'air, les yeux de la sino-américaine s'écarquillèrent légèrement. Elle s'avisa de sa trajectoire mortelle et s'accroupit en conséquence. La tranche, vraisemblablement puissante, fit vibrer l'air au-dessus de sa tête. Rini vacilla vers l'arrière. Elle dut planter une main au sol, juste derrière ses fesses, pour ne pas basculer dessus.
Sympa'.
Il ne comptait pas la ménager. C'était préférable. La pugiliste aspirait à ce que son adversaire se donnasse à cent pourcent d'entrée de jeu. Ainsi le combat lui paraîtrait autrement plus simple, par la suite. Elle trouverait une ouverture dans sa garde et alors...
La Fierté frappa à nouveau. Il s'était très vite rétabli, le bougre ! Si bien que le poids de son arme semblait tout à fait dérisoire entre ses vilaines mains. Cette fois-ci, Rini dut bondir dans les airs pour éviter que ses membres inférieurs s'arrêtent au niveau des tibias. Le mobilier immobile, lui, en fit largement les frais.
N'attaque pas tout de suite.
Elle retint son poing, conservant sa concentration intacte.
Le fer rouge piqua vers le plafond. Rini se décala in extremis ; elle sentit le déplacement d'air tout contre son flanc que l'arme avait dangereusement frôlé.
Pas encore.
La lame redescendit en un arc létal ! Fidèle à sa stratégie, la première année renonça à toute forme de parade. Elle pivota souplement sur un pied, accusant le passage d'un énième courant d'air, puis se remit aussitôt en garde avec cette même lueur de combativité dans le regard.
Elle souffla doucement par le nez, tentant de calmer son pouls agité.

- J'y vois de plus en plus clair, marmonna-t-elle.

La Fierté avait beau enchaîner les tailles à une vitesse presque inhumaine, il n'était visiblement pas fan des coups d'estoc. Il confirma cet état de fait en forçant la jeune femme à se baisser, à se dévisser, à sauter, à se cambrer... jusqu'à ce qu'il se décide de jouer son va-tout. La colère flambait dans son œil solitaire. Rini Koken crut même voir un éclair rouge le traverser. Puis cette couleur vitale, en plus liquide, s'écoula du Jésus accroché à son support de fer.
La lycéenne tiqua en entendant La Paresse parler de « Coup Interdit. »
L'épiste démoniaque montra les dents avant de se frotter le visage d'une main trempée de sang.

- ...C'est idiot.

Certes, il avait l'air plus féroce comme ça. Certes, il avait trouvé le moyen de masquer un éventuel saignement au visage.
Mais aux yeux du Skull Raider, cela n'aurait que pour effet de rallonger sa peine.

- Idiot ? s'étrangla le démon.

- Stupide, si vous préférez.

- Stupide ?!! grailla-t-il.

- Votre confère a raison : vous êtes inutilement épuisant.

- Dixit la grande gueule qui n'a toujours pas répliqué !

Il se relança dans une offensive à couper le souffle ! Rini évita une fois, deux fois, trois fois avant de frapper à son tour. La Fierté se prit un coup de poing en pleine mâchoire. Cela ne le ralentit pas plus de deux secondes. Il décrivit un violent arc de cercle avec sa lame, déchirant le sol au passage. Une frappe ascendante, à trajectoire légèrement oblique. La pugiliste recula pour mieux le frapper au genou d'un coup de talon. La Fierté laissa choir un genou à terre.

- Tchrr !! Crève !

D'un mouvement ample, il menaça de la couper en deux. Rini se détendit, effectuant un salto arrière qui la fit retomber sur ses pieds - à l'exact endroit où elle avait bondi. D'un coup de pied fouetté, elle faucha le second appui du borgne. Planté sur les genoux, il n'eut pas la force de manipuler correctement sa lame. Il faillit même la lâcher pour se jeter à mains nues sur Rini. Cette dernière lui balança un jab, suivi d'un autre, pour finir par un crochet du droit qui envoya sa tête grimaçante de côté.
Avec un sourire joueur au coin des lèvres, elle rétablit ensuite la distance entre eux.

- Vous saignez du nez, ou bien c'est moi qui saigne des poings ? Pardonnez-moi mais j'ai un peu de mal à discerner le vrai du faux...

- ...Tu te fous de ma gueule !

Courroucé, il se redressa d'un coup. Bien trop vite, selon toute vraisemblance, car son genou droit lui fit défaut, le ramenant à cette froide leçon d'humilité.

- Vous êtes en droit de jeter l'éponge.

Comme pour ne pas perdre le rythme, Rini sautillait sur place. Le buste de profil par rapport à son adversaire, elle n'avait pas abandonné sa garde, qu'elle inversait pour le déboussoler. Elle était ambidextre.

- Plutôt crever !

- Les rôles ont tendance à vite s'inverser, avec vous...

Il frappa le sol de son poing...

- C'en est trop !

...prit appui sur sa lame et se redressa - cette fois-ci sans faillir.
Puis il chargea en hurlant !
Rini continua de faire du surplace. Elle vit sa lame s'approcher, encore et encore. Son arc s'étirer vers sa poitrine. Il allait la trancher en deux. Il était vraiment à deux doigts de le faire. Mais ce qu'il vit le fit halluciner. L'acier épais passa à travers un mirage. Une image rémanente, pour être exact ! Il découpa le vide alors que la véritable Rini s'était glissée dans sa garde. La Fierté arqua un sourcil avant de recevoir un uppercut d'une précision redoutable. Ses mâchoires claquèrent avec force. Sa tête fut la première à s'étirer vers le plafond. Son cou pâle suivit le mouvement, secondé par le reste de son corps. Décoiffé par le choc, La Fierté se cassa le nez contre la voûte. Il avait manqué s'encastrer dedans mais, au lieu de cela, s'était « contenté » de le fissurer.
Il y eut comme un moment de flottement avant qu'il ne retombe sur les fesses.

- Ghurf !

Du sang, il en cracha - ça, oui ! Avec trois-quatre dents en supplément.
Rini posa une main sur son poing et inclina respectueusement le buste.

- C'est terminé.

- Connerie ! Je vais te-... ?!

Son épée avait disparu.
Hébété, La Fierté regarda par terre. Puis il se mit à tourner tête dans toutes les directions tel un canidé excité par le mouvement de sa propre queue.
Rini porta un poing à sa bouche, se raclant bruyamment la gorge.
Le démon releva la tête. Il la trouva enfin : sa lame, à plat par terre... sous le pied droit de la jeune artiste martiale ?
Mais quel affront !

- Echec et math.

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 23 avr. 2026 19:43
par SpiderWitch
« J’aurai juré que l’arme avait disparu suite à un corpus de règles flous de cet endroit qui sont deux et à la fois unique. »

La SpiderWitch était reparu comme elle avait disparu : sans aucune explication. Elle se trouvait dans le dos de la Fierté. Ce qui signifiait, en terme de stratégie, que le Péché était pris en tenaille par les deux femmes du même camp.

La Fierté : « Tu n’aurais pas du gagner ! C’est ce lieu, il- ! »

La Paresse : « Mon frère, lieu ou non, une défaite est une défaite… »

La Fierté : « Tais-toi, feignasse ! Tu aurais du les tuer par derrière. Comme tu as tant l’habitude de le faire ! »

La Paresse : « Peut-être. Ou peut-être que j’ai aimé ne fournir aucun effort et en ressortir en meilleure condition que toi. Toi qui en a tant gaspillé de ces efforts… »

Ce qui équivalait à lui infliger une deuxième défaite si proche de la première. Une de corps puis d’esprit. Il grommela sans que cela soit compréhensible.

« Comme je l’avais dit, il vous fallait une épreuve de force pour savoir où vous situer par rapport à nous. Au-dessous donc. Vous n’êtes donc plus autorisé à vous exclamer à tort et à travers. Encore moins à nous empêcher de trouver la sortie. »

La Fierté : « Vous voulez sortir ! »

« C’est ce que je viens de dire. »


La Paresse : « Tu devrais cesser d’essayer de communiquer avec elles. Nous ne sommes pas faits pareils… »

La Fierté : « Mais ! Il y a tant à prendre ici ! La Luxure a déjà fait sien tout un cheptel de jeunes prépubères ! »

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La Fierté : « Et que dire de cette salle aux casiers métalliques ? Je n’ai pas compris si chaque espace de rangement était devenu une fenêtre vers autre chose. De toute façon, je n’ai pas voulu m’y attarder. Cette espèce de spectre épineux rôdait d’une façon qui me déplaisait ! »

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La SpiderWitch se tourna vers Rini Koken.

« Il me semble que nous devrions nous diriger vers ces casiers métalliques. S’il y a un moyen de sortir, il faut s’en saisir. Qui plus est, je n’ai jamais reçu un retour d’une de mes araignées. Soit qu’on lui a coupé son fil de vie. Soit que son fil ait voyagé ailleurs. Ce qui revient à couper le fil qui me lie à elle. Bien entendu, j’entends déjà le dilemme moral en toi. Comment partir d’ici alors que tu as déjà rencontré deux membres de cette famille et qu’une troisième doit abuser à des degrés sexuels différents des camarades de classe à toi. Je pense, en ma qualité d’Eclaireuse, qu’il vaut mieux sortir et prendre de la distance par rapport à une situation pour en trouver une solution. »

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 02 mai 2026 12:28
par Rini Koken
La SpiderWitch réapparut sans prévenir. Rini aurait peut-être sursauté si elle l'avait fait dans son dos ? Ce ne fut pas le cas. Celle qui se faisait appeler Morgane se trouvait dans celui de la Fierté qui, fidèle à son péché, refusait d'accepter sa défaite. Sentiment outrageant qui donna lieu à quelques ébats avec son homologue flemmard. Catégorique, SpiderWitch mit un point final à cette histoire. La Fierté dériva alors sur un sujet qui, de l'avis de Rini, relevait de l'urgence.

- Vous dites que la Luxure s'est entourée de nos semblables ?

Il avait fait mention d'un « cheptel de jeunes prépubères. »
Rinir n'en croyait pas ses oreilles...
Ce n'est donc que d'une seule qu'elle écouta cette courte aventure de Fierté au sein de la « salles aux casiers métalliques. » Un lieu protégé par un gardien recouvert de piquants acérés. Soit un nouvel adversaire à faire tomber, en plus de ceux qu'elles avaient déjà et qui représentaient très fidèlement les autres péchés capitaux.
La SpiderWitch fut prompte à lui donner son avis.
Un de ceux auquel Rini n'accrochait visiblement pas :

- Je n'aime pas avoir à te contredire, mais rien ne nous garantit que nous pourrons retourner ici une fois que nous seront parvenues à en sortir.

Cet établissement, sous cette forme pervertie, fonctionnait de façon bien trop imprévisible. En toute logique, Rini craignait que leur possible porte de sortie se transformasse en impasse pour les autres élèves.

- Quoiqu'il en soit, le plan reste le même : nous ne nous séparerons pas.

Elle se mura dans une courte phase de réflexion avant de demander au démon le plus virulent du duo :

- Où se trouve cette salle, précisément ?

- Pourquoi je te le dirais ?

- Vous avec perdu. Ce qui fait de vous notre obligé pendant un bon bout de temps.

- Quoi ?! On avait pas convenu d'un truc pareil !

- C'est que vous n'avez pas été très clairvoyant. Un peu comme lors de notre duel.

- Tu oses me provoquer ?!

- Je n'en ai plus besoin maintenant que je vous ai vaincu.

- Putain de Dieu !

- Vous devriez jurer sur son opposé.

A bout de nerf, la Fierté tapa du pied au sol

- Mais je fais ce que je veux, bordel !

La Paresse poussa un soupir avant d'offrir à Rini l'information qu'elle convoitait. A l'en croire, la salle des casiers métalliques n'était qu'à quelques embranchements de sa relaxante cafétaria.

- Vous y avez déjà mis les pieds ?

- Avant de m'installer ici, oui. Mais je ne m'y suis pas attardé. Le cliquètement des chaînes du gardien de cette salle m'agaçait terriblement...

- Je vois.

Elle regarda la SpiderWitch.

- Nous allons y faire un crochet, le temps que tes araignées se mettent en quête de ce cheptel. Il ne devrait pas passé inaperçu, non ?

Comme les premières arachnides n'avaient pas donné signe de vie, elle comptait sur l'Eclaireuse pour en solliciter d'autres si besoin.

- Tu dois néanmoins comprendre, Morgane, que je ne peux pas quitter cet endroit maintenant que je sais qu'il y en a d'autres élèves qui, comme nous, y sont piégées.

Localiser une sortie, oui ; s'y précipiter au détriment des autres, sûrement pas.

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 08 mai 2026 16:17
par SpiderWitch
Cela devenait problématique. Silencieuse, la SpiderWitch réfléchit à sa dernière interaction avec Rini Koken. S’il n’y avait pas eu la présence de la Paresse et de la Fierté, très certainement qu’elle aurait donné à voix haute le résultat de ses tergiversations. Mais les deux Péchés représentaient des ennemis. La SpiderWitch devait faire rétention de l’information.

Selon elle, aller au secours de cheptel détenu par un troisième Péché était une porte ouverte à une mission sans fin. Elle ne réfutait pas le fait qu’il était louable d’aller au secours de son prochain. Car sans prochain, et en extrémisant cette logique, il n’y aurait alors plus personne à la fin. Seulement, était-ce la destinée de la SpiderWitch d’errer jusqu’à l’entièreté de ses cheveux blanchissent puis jusqu’à un dernier baroud d’honneur où elle sacrifierait son vieux corps pour sauver une autre jeune vie de moindre importance ? Elle en concevait un fort doute.

« Rini Koken. »

Et sitôt qu’elle héla sa compagne, les deux Péchés se retrouvèrent avec un glyphe émettant une lumière rouge cousue dans la tapisserie même de la réalité.

« Un sortilège d’hypnose. Ils sont fascinés par les lignes, piégés au-dedans d’une géométrie impossible et infinie. »

Puis il y eut un ajout de glyphe rouge au premier, complexifiant la structure.

« Je ne peux espérer que par fainéantise et obéissance d’un contrat martial, ils ne se retournent pas contre nous. Je leur ai donc ordonné de rester dans la cafétéria. Mais tôt ou tard, ils comprendront que je les ai manipulés. »

A bien regarder une partie du sort d’hypnose de la SpiderWitch, Rini Koken découvrit qu’une ligne s’épuisait, étiolant de particules rouges pour laisser comme une marque fantôme en surimpression dans le vide : un compteur, donc. Un sablier dont les grains de sable était limité.

« Nous allons nous diriger vers la salle des casiers tandis que mes petites ouvrières continueront de cartographie cet environnement. Mais par prévention, sache que nous nous confronterons tôt ou tard. Car nous serons obligés de choisir une stratégie, et également des vies. Sauf signe des Grandes Araignées, je ne peux pas sacrifier ma vie pour venir en aide à tous les élèves de ton établissement de savoir. »

Re: La nuit, synonyme d'ennuis. [PV SpiderWitch]

Posté : 13 mai 2026 18:13
par Rini Koken
Le ton qu'avait employé la Spiderwitch en prononçant son nom n'était pas tout à fait le même que celui de d'habitude. En conséquence de quoi Rini la fixait plus sûrement, avec un pied légèrement retrait par rapport à l'autre. Un semblant de garde qui ne trahissait pas pour autant ses éventuels intentions ; les bras de la pugiliste n'ayant pas remué d'un poil le long de ses flancs.
Elle ne lui répondit toutefois pas. Parce que la première année voyait maintenant cette lueur écarlate qui, depuis l'endroit où se trouvaient les deux Péchés, lui chatouillait la rétine. Morgane ayant usé d'un sortilège glyphique d'hypnose sur le fainéant et l'orgueilleux.

- Tu ne leurs fais pas confiance. Je suis d'accord. Et ?

Et il y avait encore à discuter hors de portée des oreilles profanes. Ce sort, justement, leur permettait d'avoir cette conversation privée à côté des zigotos dont l'état de « stase » était limité par le temps que mettraient les lignes lumineuses à s'étioler sous leur regard attentif.
La SpiderWitch joua alors cartes sur table avec son alliée du moment. Rini comprit qu'il n'était pas question pour la missionnée des Grandes Araignées de courir le risque de sauver la vie de ses camarades au prix de la sienne.

- Qui t'as demandé de te sacrifier ? riposta la brune. Je ne suis pas naïve, tu sais ? Pas plus que je ne me sens l'étoffe d'une héroïne. Il y aura très probablement des pertes humaines au sein d'un tel environnement. Nous ne pourrons rien y faire. Notamment pour ceux auprès de qui nous arriverons trop tard...

Elle s'était préparée à cette sinistre éventualité. Elle y avait été obligée. Son bon sens le lui avait rappelé pendant cette laborieuse excursion, exactement comme lors de ses expéditions nocturnes. Rini n'était donc pas dépaysée. Quand bien même son environnement, lui, était dénaturé avec des nuances démoniaques.

- Je ne t'oblige pas à me soutenir dans cette entreprise, Morgane. Ta vie t'appartient tout comme la mienne ne dépend que de mes décisions prises. En ces termes, tu ne dois pas t'attendre à ce que je plaide toujours en ta faveur ; tu dois surtout t'attendre à ce que j'agisse pour ce qui me semble juste, quitte à ce que cela ne fasse pas du tout partie de tes impératifs.

Elle se tourna face aux portes puis, de dos par rapport à la SpiderWitch, sourit en coin.
Que donnerait une confrontation entre deux combattantes de leur trempe dans un contexte aussi tendu que celui-ci ?
Rini s'attendait à du très lourd ; elle ignorait beaucoup de choses au sujet de la magie de cette femme-araignée. Son art mystique lui poserait très certainement de grosses difficultés en temps voulu. Elle s'y était déjà préparé mentalement dans la mesure où il n'était pas à exclure que les couloirs lugubres de cette dimension pervertie renfermassent d'autres dangers de ce type.

- Ne trainons pas : le gardien de la salle des casiers attend de pied ferme qu'on vienne lui mettre une déculottée.

Elle se mit en route. Sereine parce que son accompagnatrice lui avait prouvé qu'elle n'était pas du genre à faire des cachoteries. Une qualité que la pugiliste appréciait à sa juste valeur. Malgré son sens aigu du devoir, la SpiderWitch n'avait en rien baissé dans son estime.