Page 2 sur 2

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 06 déc. 2025 19:47
par Rini Koken
Malheureusement, Mamar la terrible ne lui laissa guère l'occasion de récupérer. La blafarde lui bloqua le cou à l'aide d'une clé qu'elle ne connaissait que trop bien. Rini ne chercha pas à lui résister. Il était déjà trop tard ; la garce au ventre foutu avait verrouillé sa prise. La pugiliste grimaça de dégoût en sentant l'humidité de sa vilaine langue glisser le long d'une de ses oreilles.
Cette espèce de salope !...
Elle ne répondit pas à sa froide analyse. Cette timbrée ne valait décidément pas mieux que ses déchets d'agresseurs ! Elle avait appris de ces monstres pour conserver la vie sauve. Une vie de merde, d'ailleurs, qui n'enjaillait point sa « luxueuse » otage. Elles n'avaient pas vécu dans le même monde et cela sautait aux yeux.
Rini s'efforça de lui obéir - elle en avait tout juste la force. Marischka la bouscula. Elle perdit l'équilibre, rebondissant contre le sol tête la première. Elle récolta une entaille au front qui se mit à saigner. Bien qu'à moitié sonnée, la première année n'en était pas à son premier coup d'essai. Elle se releva en grognant, les mâchoires bien serrées sous le barrage de ses lèvres closes, son regard braqué sur les portes grandes ouvertes de leur prison dont elle ne connaissait point les limites.
Pour me tirer de ce mauvais pas, je n'ai d'autre choix que de me servir de sa cruauté.
Jalouse de son corps, la folle la poussa du pied dans le bas du dos. Rini réprima son envie de répliquer physiquement, se contentant de lui décocher un regard noir qu'elle avait l'habitude de balancer derrière sa visière de motard. Ce n'est qu'ensuite que ses lèvres s'entrouvrirent pour lui murmurer froidement :

- Le genre que tu n'aimerais pas avoir pour ennemie.

Elle avait fait un effort pour rester polie. Une partie d'elle se voulait compatissante. « Mamar » avait connu un enfer plus d'une fois. Ses propos en disaient long sur son passé.

- Fais nous sortir d'ici, et je tirerai un trait sur tes mauvaises manières.

Parce que sur leur chemin, il y avait du beau monde ! Des hommes en armure qui formaient une « haie d'honneur ». Certains portaient un lourd fusil en bandoulière - ceux-là étaient rares - mais la plupart tenaient une matraque à la main. Ils avaient vraisemblablement reçu pour consigne de ne pas détruire la marchandise. A la limite, la cabosser un peu...

Image

Rini promena un regard glacial sur tous ces casques tournés vers elles.
Un léger rire lui échappa.

- Eh ben ! Même avec tes facultés de métahumaine, tu risques d'avoir du mal à prendre le dessus sur tes petits copains.

Devaient-elles ralentir le pas ? Rini se remettait toujours de ses gazeux déboires. Elle pliait et dépliait les doigts en attendant de récupérer pleinement ses sensations. Elle aurait besoin de toutes ses capacités motrices pour affronter cette armée... et encore !

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 16 déc. 2025 19:25
par Marishka Auschwitz
Ces facultés ? Marischka réfléchissait à toute allure en découvrant l’unité qui bouchait le couloir. Ses yeux nerveux observaient comme elle avait appris à le faire pour survivre. Et sa réaction fut aussi rude que le reste : à savoir qu’elle poussa Rini à travers une porte ouverte.

Elle lui donna un rictus du genre très égocentré : « Regarde. Je vais tous me les faire toute seule. » Pourtant, c’était étrange, non ? Elle qui n’avait pas hésité à se servir du corps de l’étrangère « parfaite » : pourquoi ne pas l’utiliser encore ici et maintenant ? Peut-être alors que Rini intellectualiserait la chose et en viendrait à cette conclusion : Marischka lui donnait du temps pour se soustraire aux effets du gaz. Et donc, par conséquent, récupérer une alliée d’infortune au meilleure de sa forme !

En attendant ? Elle allait gérer toute seule.

« Bande de petite bite ! Vous avez intérêt de ne pas me sous-estimer et utiliser cette longue chose en bandoulière qui compense la taille de votre petite bite ! »

C’était laid. Autant la répétition que la provocation. Mais faire face à Marischka, c’était aussi faire face à l’aura qu’elle dégageait. Elle était chiante. Elle vous mettait les nerfs à fleur de peau. Et franchement, ce n’était pas parce que ces mecs étaient en armure et armés qu’ils faisaient partie du gratin. Ici, ce n’était pas l’armée.

Donc Marischka s’élança dans le tas. Elle aurait bien mis l’épaule en avant mais elle se serait fait arrêtée de suite. Donc elle décida de tomber sur ses fesses maigres et de glisser. Bien entendu, deux cons firent feu et les deux projectiles, de façon directe et une autre indirecte, infligèrent des blessures. Zéro pour Marischka.

« Bande de cons !! Ah ah ah ! »

Et le rire s’arrêta aussi vite qu’il était arrivé. Parce que Marischka s’était reconcentrée en un claquement de doigts. Elle était remontée en hauteur comme si elle avait été mise sur ressort. Ses coups étaient violents. Ils suivaient la trajectoire la plus courte. Et ils visaient tous les sales endroits : couilles, yeux, gorge, articulation fragile. Ce n’était pas une femme : c’était une bête.

Puis, dans un second temps, ses lianes de Vert sortirent de ses poignets et elle commença à combattre via ses pouvoirs. Ce qui la rendait encore plus dangereuse.

Un peu plus loin, deux clampins s’étaient souvenus que Marischka n’était pas seule. Ils quittèrent la grappe et s’en allèrent à la rencontre de Rini.

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 16 déc. 2025 21:34
par Rini Koken
Déséquilibrée, Rini s'écrasa lourdement sur le dos. Elle poussa un petit gémissement entre ses mâchoires serrées. Cette fichue timbrée prenait son pied à bousculer les gens, ou quoi ?! Rini croisa le regard de Marischka. La dingue souriait, mais pas aussi méchamment qu'elle s'y était attendu. Il n'y avait pas de folie dans ses yeux noirs - ou en tout cas, pas celle d'une franche kamikaze.
D'accord. Je crois que j'ai compris le message. C'est risqué, mais d'accord.
Elle rampa et s'éloigna de l'encadrement de porte, pressant son dos douloureux contre un mur métallique. Rini s'installa en position du lotus et ferma les yeux. Marischka gueula quelque chose dans le couloir, mais elle ne l'entendait déjà plus. La guerrière des temps modernes s'était centrée sur elle-même dans l'optique de récupérer plus vite tous ses moyens. Le dos de ses mains écartées posé sur les genoux, elle expira et inspira profondément. Dans son organisme, les derniers vestiges de la drogue volatile s'éliminèrent doucement au bénéfice d'une énergie nouvelle. L'esprit de Rini, les traits reposés, se focalisa dessus. Elle capta la chaleur de son feu surnaturel ainsi que le froid de son cœur tranquille. Pour s'en sortir aux côtés de Marischka, l'artiste martiale qu'elle était allait devoir joindre ses deux pouvoirs ou, dans le pire des cas, jongler entre leurs utilisations.
Elle rouvrit calmement les yeux.
Une aura vaporeuse enveloppait ses mains - le bleu d'un côté et le rouge de l'autre.
Un homme mit un pied dans son sanctuaire. Le canon de son arme dépassait de l'embrasure.
Rini attendit patiemment de le voir complètement apparaître. Il tourna le casque dans sa direction et...

- Hors de ma vue.

Une partie de son armure vola en éclats ! Le fusil rebondit par terre. Son utilisateur, lui, percuta le mur du fond. Son flanc gauche fumait blanc lorsqu'il s'étala sur le sol, inconscient. Un autre type jaillit par l'ouverture et l'injuria. Rini ne répondit pas, mais bloqua sa matraque d'un coup qui frigorifia son membre frappeur. Elle enchaîna sur une clé articulaire, le fit tourner brusquement à sur un demi-tour avant de l'envoyer valser avec une projection de judoka. Elle se débarrassa de lui en lui décochant une droite écrasante qui pulvérisa son casque. Si l'homme n'en mourut pas, il en conserverait tout de même quelques séquelles.
Cela fait partie de la vie.
Rini ne perdit pas de temps, rejoignant prestement le couloir où se jouait le gros de la mêlée. La majorité des soldats lui tournait le dos. Elle ne s'attaque pas au plus proche, préférant prendre d'assaut le fusilier occupé à viser Marischka. Comme cette dernière bougeait vite au cœur de la cohue, il hésitait à faire feu. Rini ne lui en laissa guère l'occasion, l'envoyant voler cul par-dessus tête d'un puissant coup de pied fouetté. Elle le cloua au sol d'un grand coup de talon, défonçant son plastron, avant de porter son poids dessus, de vriller sur un pied et de décocher un spectaculaire coup de latte au voisin qui l'avait repérée. Le guignol percuta son collègue, qui en cogna un autre. Rini leur bondit dessus dans la seconde, frappant simultanément dans les deux sens. Le casque de l'un fondit tandis que l'autre, fragilisé par le froid mordant, explosa comme du verre !

- Quand on est poli, on se décoiffe à l'intérieur.

Quelqu'un la frappa dans le dos. Légèrement pliée vers l'avant, Rini encaissa le choc sans broncher. L'homme qui l'avait frappée considéra sa matraque d'un œil suspect. Elle était toute tordue, en plus d'avoir commencé à fondre...

- C'est quoi c'délire ?

L'entendit-elle s'étonner. L'instant d'après, les pieds de l'inquiété se soulevèrent brutalement du sol ; il avait reçu un coup de pied ascendant juste sous la mâchoire. L'importun retomba lourdement sur ses appuis avant de s'écrouler sur place, comme un château de cartes.
Rini élimina rapidement un autre de ses adversaires avant de repérer l'impitoyable Mamar, à qui elle s'en alla prêter main forte.

- Je te remercierai plus tard, lui dit-elle, une fois à portée de voix. A ma manière.

Sans plus attendre, elle s'engagea dans un énième combat. La bataille ne durerait pas ; les fusiliers avaient tous été consciencieusement refroidis, aussi ne restait-il plus que les matraqueurs dans le couloir.

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 26 déc. 2025 08:59
par Marishka Auschwitz
Elle esquissa un moche rictus en découvrant que Rini était revenue botter des culs. Elle avait parié et elle avait gagné. Ce n’était qu’une petite victoire de chiottes, mais elle prenait. De toute façon, elle n’était pas encore tirée d’affaire. Enfin… Elles, au pluriel, n’étaient pas encore tirées d’affaire.

*Pas le choix. Va falloir faire du copinage pour s’en sortir. Enfin, pour le moment. *

Voilà que son coude venait de s’enfoncer dans l’estomac d’un gus et qu’en repartant, son bras avec sa plat de main en tête venait de déplacer l’os du pif d’un autre pour le faire remonter jusque dans le cerveau. Un organe peu utile pour le type si on avait demandé à Marischka. Personne lui demanda. Et, dans ce monde, on ne demandait pas : on prenait. Le consentement n’était pas un truc à la mode.

Inévitablement, le combat prit fin. Deux nénettes capable de contrôler les plantes, l’acier, le feu et la glace contre des types lambdas. Même s’ils avaient le nombre avec eux, ça n’avait pas suffi à faire la différence. Bon, les estafilades saignaient. Les ecchymoses s’ouvraient comme des fleurs affamées au premier rayon de soleil d’hiver nucléaire. Marischka s’en était pas sortie indemne. Mais elle vivait.

« Encore… Encore une heure de plus. » avait-elle lâché à voix basse pour elle-même.

*Peut-être même une journée de plus. Et-… *

« Oh putain ! AH AH AH ! »

La folie ? Cette crise de rire post-bataille pouvait en être un symptôme. Elle rit à s’en réveiller des douleurs récentes et plus vieilles. D’un rire peu discret à lui faire couler une larme le long de sa joue. Elle se tapa la cuisse et se plaignit d’en souffrir de ses abdominaux. Enfin elle s’apaisa puis fixa intensément Rini.

« J’avais complètement oublié. C’est leur plan B. Putain ! Je veux dire : BORDEL DE MERDE ! On est deux petites souris blanches à la con dans un labyrinthe d’enfoiré ! Tu comprends ce que je suis en train de te dire ? On est une putain d’expérience pour eux. Un jeu. Là, dans ce couloir, on est peut-être observé. Un trou dans le mur. Un connard discret qui zieute pour aller baver ensuite. Ou peut-être bien qu’ils attendront un certain temps avant d’envoyer quelqu’un, découvrir les macchabés et… j’en sais rien. Sourire ? Parier ? J’en sais foutre rien. Mais on est toujours dans une sacrée merde, toi et moi. »

Elle lâcha un gros soupir d’exaspération. Puis sa posture se redressa et reprit contenance. Elle inspira profondément et expira de la même façon. Maintenant qu’elle avait bien râlé, il fallait repasser à l’action. Mais avant ça, elle n’allait pas se tirer d’ici sans faire le charognard. Elle allait pillé ce qu’elle allait pouvoir de ses cadavres chauds. Barres énergétiques. Armes. Pas trop d’armure. Elle était du genre agile et à s’immiscer dans la plus petite anfractuosité. Non, elle ne préférait pas être à poils tout de même. Mais elle était davantage ninja que chevalier, aurait-on pu dire. Et pendant son pillage, elle balança à Rini :

« J’ai pas trop aimé ce que tu m’as bavé dessus tout à l’heure. C’est quoi ton plan machiavélique ? Fais attention à toi avec tes remerciements foireux, je ne me laisserais pas flamber le cul ou me faire trucider le bide par ta glace. Je t’ai observé combattre. Même dans la mêlée, même dans la folie, j’observe et je retiens. »

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 30 déc. 2025 18:12
par Rini Koken
Rini allongea son dernier adversaire d'un violent uppercut. Le casque, comme tous les autres exemplaires avant lui, n'avait pas résisté au choc contrairement au crâne qu'il avait abrité. Guère aussi criminelle que son alliée de fortune, la pugiliste mesurait chacune de ses frappes, les dosant de manière à ne jamais pulvériser la chair qui se cachait sous le métal. C'était là une preuve flagrante de son humanité et de son self-control. Une grande artiste martiale en devenir, oui !
Mais en attendant...

- Je ne vois pas ce qu'il y a de drôle.

Marmar se marrait comme une folle !
Sa compagne, dans l'incompréhension la plus totale, ne la bouscula pas pour qu'elle lui réponde. Elle laissa couler, sentant le feu et le froid de son aura circuler librement à l'intérieur de ses membres. D'une simple pensée, son énergie pourrait se manifester à tout instant ; elle ne craignait donc aucun ennemi. Et moins encore une potentielle agression surprise de la part de son « alliée » hilare.
Au lieu d'en venir aux mains, la dangereuse jeune femme de ce monde décadent lui parla de la stratégie adverse. Du cirque qu'ils avaient mis en place pour leurs petites souris blanche - et jaune, de moitié. Un labyrinthe dans lequel elles allaient toutes les deux devoir survivre... ou s'échapper ?
Rini secoua la tête.

- Et je ne vois toujours pas ce qu'il y a de drôle, là-dedans.

Puis, sans prévenir, Marischka s'en alla ensuite faire les poches à leurs agresseurs. En prenant sans doute la peine d'achever ceux que Rini avait épargnés, car tel était sa façon de conserver la vie sauve - au mépris de celle des autres.
La première année s'efforça de lui masquer sa grimace de dégoût. Ce qui n'était pas vraiment utile dans la mesure où la folle lui tournait le dos et n'avait plus d'yeux que pour ses macabres trouvailles. Elle ne l'avait pas oublié pour autant, hein ! Comme en témoignait si bien sa mise en garde, digne d'une fichue parano.

- Alors te voilà prévenue : brusque moi encore une fois, petite hyène émaciée, et je m'assurerai que tu ne puisses plus jamais te déplacer avec la même agilité que tout à l'heure.

Ce fut tout ce qu'elle lui répondit avant de s'en écarter.
Rini ne fouillerait pas les dépouilles. Elle n'était point intéressée par les armes et, avec Marischka pour coéquipière, ne ressentait aucunement la faim que cette dernière avait réussi à remplacer par un profond écœurement.
Bravo à cette cinglée !

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 02 janv. 2026 14:38
par Marishka Auschwitz
C’était à la limite du risible et du ridicule. Mais Marischka avait « décorée » son corps de tout un tas de ceintures à poches. Autour de sa taille osseuse. Autour de ses cuisses. Et ailleurs. Elle ressemblait à une parodie de militaire. Et actuellement, elle ingérait une dose de crème énergisante en papier plastique comme si c’était la défonce du siècle. Ou le repas cinq étoiles tant attendu.

« Une hyène émaciée ? Ca veut dire quoi ? Que j’ai que la peau sur les os contrairement à toi qui doit bouffer comme une reine ? »

Brisant naturellement l’atmosphère entre les deux jeunes femmes, Marischka vint entourer de son bras l’épaule de Rini. Comme si elles étaient toutes les deux des BFF. Des meilleures amies pour toujours ?... AH AH AH !

Mais ça signifiait aussi qu’elle était capable de percer la défense de l’artiste martial avec un naturel…désarmant.

« Si j’avais déjà assez de bouffe pour moi, tu sais que ça me déplairait pas d’avoir une hyène pour animal de compagnie ? C’est vicieux. Ca rigole bien. Ouais, ça pourrait carrément me plaire. Mais j’ai pas l’impression que tu m’avais comparé à cet animal pour me faire plaisir, hein ! »

Elles pouvaient pas enchaîner les batailles. Evidemment que l’exploration de ce labyrinthe froid et métallique allait leur donner une occasion de papoter de temps à autre. Cet instant en était un. Et après avoir tué, pillé, équipé et nourri : « Mamar » était sous de meilleurs auspices.

« Et donc, quand tu disais me menacer de ne plus marcher correctement. C’est parce que tu penses être meilleure que moi et capable de me vaincre ? C’est vrai que tu as des techniques dangereuses. Mais je ne suis pas en reste non plus… »

Et puis le ton changea. Marischka n’avait pas quitté le contact via son bras. Son aura changea. Son ton aussi. Elle devint soudainement plus menaçante. A peine dissimulée.

« Si tu veux me violer, prépares-toi à devenir une putain de femme-tronc… »

C’était évident qu’il y avait là un traumatisme. De toute façon, Rini avait déjà découvert une partie du corps nu et pleines de cicatrices. Et même sans ça, une femme comme Marischka ne pouvait pas devenir si mauvaise par choix ou par naissance. Elle avait forcément vécu des sales trucs. Encore et encore. Et…encore…

« Mais je préférerais que tu conserves tes jambes. T’es une putain de bonne combattante. J’espère qu’on ne se retrouvera pas dans un putain de tournoi. C’est toujours une idée de merde. Zéro créativité. Quoique, une bonne façon de faire le ménage et de laisser les plus forts sur les rotules pour les achever facilement. Bref, prends ça. C’est dégueulasse mais ça redonne des forces. Tu vas en avoir besoin. »

Elle lui tendit une espèce de crème dans un sachet plastique avec des pictogrammes…qui n’avaient rien de rassurants. Pas même le sourire de Marischka qui pourtant semblait faire des efforts pour que ce « team-up » fonctionne. Du moins pendant un temps.

« Et donc, ça ressemble à quoi d’où tu viens ? Tu sais, avant la chute. »

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 02 janv. 2026 17:58
par Rini Koken
Envers et contre toute logique, l'insulte de Rini avait surtout eu pour effet de l'inspirer. Marischka se permit de la traiter de petite bourgeoise. Cette dernière ne fut malheureusement pas suffisamment réactive pour éviter ce bras qu'elle lui avait passé autour des épaules. Rini se crispa sur le coup, avant de croiser les bras sur sa poitrine pour se donner encore plus mauvais air.

- Cette hyène de compagnie, tu serais plutôt du genre à la laisser crever, non ?

Une remarque qu'elle avait grommelée du coin de la bouche. Marischka n'en fut pas choquée pour un sou ; elle continuait à peser sur elle, non sans prendre le temps d'analyser ses véhémentes paroles.

- Méfie-toi. Il existe mille et une façon de handicaper un adversaire.

Alors pour n'en voir aucune, qu'elle se tienne à carreau du bon côté du tableau, cette folle en puissance !
Mais Marischka, bien sûr, adorait avoir le dernier mot sur tout. D'une voix froide comme un couperet, elle mit en garde Rini sur une possible intention de viol de sa part.

- Tu te méprends, espèce de dégénérée. Si jamais je dois te toucher, ce sera uniquement pour te coller mon pied au cul.

Rini savait que ce genre de personne ne pardonne pas la faiblesse. La blafarde ressemblait ni plus ni moins à une harceleuse. Une grande gosse ayant eu une enfance (extrêmement) difficile. Son profil était inquiétant, mais la vraie lycéenne n'allait certainement pas courber l'échine et lui chier bijou sur bijou chaque matin.

- Je ne t'apprécie pas, « Mamar », mais ça ne veut pas pour autant dire que j'ai envie de te tuer. Contrairement à toi, je n'ai aucune envie de tuer personne, d'ailleurs. Là d'où je viens, on nous l'interdit. Pour une bonne raison qui, visiblement, échappe complètement à ton univers de débauchés et de matraqués.

La pugiliste lui prit des doigts ce petit sachet qu'elle lui tendait. Rini l'observa subrepticement avant de zieuter à nouveau cette crapule qui lui servait d'alliée par intermittence.

- Ce n'est pas cher payé pour obtenir des infos sur un lieu de vie autrement plus idéal que le tien, lui fit-elle remarquer tout en rangeant le produit suspect dans une de ses poches. Parle-moi de comment s'est produite cette fameuse chute, et je t'en dirai plus sur la civilisation d'où je viens.

Et bien sûr, avant cela, Rini la repoussa. Gentiment. Sans toutefois baisser sa garde.

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 11 janv. 2026 07:46
par Marishka Auschwitz
« La chute ? Mais c’est toi qui t’es crashée sur mon monde. Comment je pourrais en savoir plus que toi ? T’es conne ou quoi ? »

Avec Marischka, rien n’allait être simple. Elle ne faisait pas partie de cette espèce de gens qui arrondissaient les angles et faisaient des compromis pour une bonne entente globale. Déjà, elle passait du temps avec Rini sans trop d’envie de la tuer. Ou de la blesser. Ou de lui amputer un membre. Ou encore de… La liste était donc longue dans sa tête.

Toujours dans cette même tête, elle se considéra comme « miséricordieuse » en acceptait que son bras soit repoussé. Par contre, il y a un truc qu’elle n’allait pas laisser passer plus longtemps. Un truc qui l’avait fait tiquer. Mais elle était si ronchonne, à grommeler pour tout et rien, que ça avait été un tic perdu dans leur pseudo conversation qui avançait aussi péniblement que les deux petites souris de laboratoire qu’elles étaient dans leur labyrinthe.

« Ne m’appelle plus jamais Mamar. Ou j’te jure qu’on va en finir en main pour savoir laquelle handicapera l’autre le plus rapidement. Et vu que t’as des limitations à la con parce qu’on t’interdit de tuer, ça me donne clairement un avantage. »

Sans pudeur, le bras se tendit et la main à plat toucha la poitrine de Rini. Pas pour la peloter mais pour l’empêcher de faire un pas supplémentaire.

« Tss ! Fais gaffe où tu fous les pieds. Que tu sautes sur une bombe, je m’en branle. Mais être prise dans la tourmente, hors de question. T’as pas vu la différence de couleur au sol ? Ca se voit pourtant que ça a été ajouté après. Et que donc c’est un piège. Comment t’as fait pour survivre jusqu’à maintenant avec aussi peu d’observation ? Sans déconner ! Tss… »

A bien y regarder, il y avait eu une couche de peinture sur le mur. C’était plus ou moins du bon travail pour un monde post-apo. Le truc, c’est que plus on regardait le mur, et plus on pouvait croire y voir une silhouette emprisonnée. A la façon dont le Vésuve avait emprisonné des « photos » dans la pierre des condamnés.

« Faut aussi avoir un œil en l’air. Ils aiment bien y pendre des scies pendulaires. Ou faire lâcher des espèces de pieu. Je les déteste ceux-là. J’ai toujours l’impression de m’retrouver sous une pluie de seringues géantes… N’empêche que, garde un œil en l’air. Et pas qu’un œil, une oreille aussi. Si tu entends un cliquetis de chaîne, y’a des chances que ce soit le lien qui retienne le piège. Donc fais gaffe. A tout en fait. »

Et à Marischka aussi en même temps. Ce que son rictus provocateur signifia. Parce qu’il n’y avait jamais assez de menaces dans ce monde. Et tout ce potentiel à pouvoir trahir régulièrement… Mais pour le moment, les deux jeunes femmes avaient une alliance d’infortune.

Posté : 13 janv. 2026 19:05
par Rini Koken
Rini secoua la tête. La blafarde n'avait pas compris le sens du mot « chute » qu'elle avait employé. La combattante des temps modernes ne se fit pas prier pour lui glisser entre ses deux phrases caustiques :

- Je ne parle pas de ma chute mais celle de ton monde. Il ne s'est pas ravagé tout seul, j'imagine... Lui aussi doit avoir une histoire tragique, pas vrai ?

Si quelqu'un avait bien voulu l'immortaliser quelque part. Rini ignorait depuis combien d'années ce monde avait basculé. Peut-être que Mamar était née et avait grandi - de A à Z - dans ce type d'environnement. D'où son horrible caractère et ses manières déplacées. Mamar qui, en l'occurrence, n'aimait pas du tout qu'on l'appelle ainsi.

- Dans ce cas, tu seras gentille de bien vouloir me révéler ton nom. Parce que je ne tiens pas non plus à t'appeler « Cachet d'aspirine » ou encore « Blanche Cendre ».

Elle ne méritait pas qu'elle se fatigue à prononcer autant de syllabes. Rini se garda bien de le lui faire remarquer, d'ailleurs. Parce que dans le fond, elle n'avait aucune envie de se bagarrer avec cette cinglée.
Cinglée qui, encore une fois, eut un mouvement brusque à son attention.
La première année baissa les yeux sur cette fâcheuse main qui, sous le devant de sa combinaison de motard, lui compressait encore plus la poitrine. Mamar lui fit alors remarquer qu'elle avait bien failli poser le pied sur une dalle piégée.
Génial, comme Marelle.
Elle regarda la blafarde en faisant de son mieux pour ne pas froncer les sourcils.

- Je te remercie. Ton sens de l'observation est affuté. Maintenant, si tu peux avoir la délicatesse de retirer ta main cela m'arrangerait beaucoup.

En l'absence de réaction de sa part, Rini comptait bien s'en dégager d'une manière ou d'une autre.
En parallèle de cela, la rompue partagea avec elle quelques astuces de survie relatives à l'activation des pièges qui, apparemment, étaient légion dans le secteur...

- Avec toutes ces informations que tu me délivres, j'ai comme la désagréable impression que mon crédit à ton nom est en train de s'alourdir.

Ça ne la faisait pas rire - mais alors pas-du-tout. Cela la mettait presque mal à l'aise, pour toute vérité.
Rini évacua un soupir agacé.

- Tu voulais en apprendre plus sur le monde d'où je viens, lui rappela-t-elle. Dans son ensemble, il n'est pas si différent du tien. Au sein des grandes villes, par exemple, les bâtiments y ont poussé comme des champignons. L'Homme et son envie constante de s'élever, de toucher le ciel du bout des doigts... Bref. On y dénombre de vertigineuses tours en fer et en verre peuplées d'innombrables bureaux où l'on y gère quantité d'affaires nécessaires à la survie de la nation. A leurs pieds, les petits commerces - boutiques comme restaurants - pullulent en compagnie des habitations. Entre ces dernières, l'asphalte. Des rues et des routes régies par un code universel, conçu pour la sécurité de tout un chacun.

La sécurité. Un mot qui ne voulait pas dire grand chose ici bas.
Rini haussa les épaules, continuant sur sa lancée :

- Là d'où je viens, les gens travaillent pour toucher un salaire à la fin du mois. Salaires qui diffèrent en fonction du degré de compétence et de responsabilité, du niveau d'étude et du type d'emploi de l'individu qui le perçoit. Autant te dire que l'égalité que l'on y prône relève de la chimère. Il n'empêche, malgré tous ses défauts, que ce système déséquilibré permet à des gens comme moi de manger à leur faim.

Le côté doucereux de la société : tel était ce qu'elle venait de lui exposer. L'étudiante en première année de lycée avait volontairement omis de lui parler de son côté sombre où les truands vivaient de la violence et de la magouille à différentes échelles.
Rini était sûre que son interlocutrice serait plus à même de suivre cette voie tordue...

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 24 janv. 2026 10:43
par Marishka Auschwitz
Parce que Marischka serait moins pénible à prononcer que Blanche Cendre ?

Oh que certains esprits tordus auraient adoré avoir l’idée de renommer leur piège « Marelle » !

« Mon nom c’est Marischka. C’est comme ça que mes enfoirés de parents m’ont appelé. J’ai beau ne pas l’aimer, c’est le mien. »

Sur une autre ligne temporelle, ce prénom avait succédé à un autre, lui permettant de couper le lien avec ce monde post-apo. Mais ici, « Mamar » était une enfoirée de première aux pulsions violentes avec aucun espoir de voir sa vie s’améliorer. Ou alors, il faudrait qu’elle s’accroche à Rini comme à un de ces champignons qu’elle avait évoqués. Mais c’était dégueulasse. Autant que de s’imaginer se retrouver sur des pieds ou entre des cuisses, ou même de simplement les bouffer pour accompagner l’eau croupie des égouts…

« Ouais, je crois bien qu’il y a une partie de Néo-Auschwitz qui fonctionne comme ça… Putain d’ironie que mon nom de famille soit le même que cette méga-cité de dégénérés, hein ?... »

Ce n’était pas une question qui attendait une réponse.
Et puis, elles devaient reprendre leur marche. Pour sortir de ce labyrinthe.

« Tss ! Va falloir que j’te cause et que j’te cause quelques réponses de temps en temps, hein ? Putain. Fait chier, je ne suis pas une foutue historienne, moi. Qu’est-ce que je peux te dire sur ces chiottes érigées à peu près à hauteur de civilisation ? Je crois que tout a commencé pendant une guerre. Un petit endroit où on envoyait des gus se faire doucher. Pas avec de l’eau, avec du gaz mortel, tu vois le genre ? Et puis ça a dérapé. Enfin, question de perspective, j’dirais. Parce que pour ceux qui régnaient dans ce petit endroit, il y a eu…comment on dit déjà ? Je sais plus. Ils ont gravi les échelles. Bref, ils ont pris toujours plus de pouvoirs. Extensions après extensions, ça s’est agrandi. Il parait, et j’pense que c’est la vérité, qu’ils ont fait de la guerre un commerce. Il leur fallait des gens à tuer dans leurs douches donc ils ont fait en sorte d’en avoir. Mais franchement, je vois pas à quoi ça va t’avancer de savoir toutes ces vieilleries. »

Elles avaient tourné déjà trois fois le temps que Marischka joue à la prof’.
Et puis il y eut ce grand tableau qui devait osciller les presque trois mètres. Le cadre avait peut-être été éclatant de richesse à une époque. Mais aujourd’hui le métal s’était oxydé.

« Tsch ! Foutue Maman Missile… »

Dans une espèce de composition simpliste, et une sorte d’approche « mignonne » ?... En tout cas, le peintre semblait avoir voulu transmettre comme une sorte de lien, de complicité entre l’œuvre et l’œil voyeur. (l’artiste était probablement décédé après avoir exécuté comme on lui avait ordonné la toile…). Maman Missile semblait vouloir confier un secret, avec un « sourire », à ses ouailles.

Image

Et puis un aboiement !
Le mur métallique, un peu plus loin était devenu panneau contenant des barreaux d’acier. Mais ce « mur » avait coulissé et une gueule épouvantable en sortait.

« Encore un connard qui s’est amusé à greffer pleins de trucs sur un clébard. Foutue chimère… »

Image

Re:

Posté : 25 janv. 2026 18:06
par Rini Koken
La blafarde portait donc le nom de Marischka... malgré elle. Rini préférait ne pas trop s'interroger sur ses parents. Et moins encore l'interroger, elle, sur son éducation inexistante.
Je ne dois pas éprouver de la pitié pour cette fille. Elle confondrait mon empathie avec de la faiblesse et n'hésiterait pas à s'en servir à son seul avantage.
Comble de l'ironie, la première année apprit de la bouche même de sa... « camarade » que son nom de famille, de fort mauvais goût, était aussi le nom de ce complexe malfamé.
Je préfère ne pas croire aux coïncidences. Alors, est-elle née ici ?
Une question qui allait devoir attendre encore un peu.
Elles se remirent en route à travers les couloirs. Marischka commença doucement par se plaindre en jurant, puis elle lui parla de l'histoire de son monde. Tout d'abord, la guerre. Ensuite, des douches mortelles à base de gaz toxique. Des montées en grade parmi les monstres à face humaine. Davantage de pouvoirs pour ces dirigeants abjects. Un complexe de plus en plus grand. Une guerre ignoble passée source de rentabilité.
Rini comprit alors que ce monde était devenu complètement fou depuis bien trop longtemps pour pouvoir le changer du jour au lendemain.
C'est donc en devenant une folle dangereuse à son tour que Marischka a survécu ici bas.
Elle s'abstint de le dire à voix haute. Au lieu de ça...

- Détrompe-toi. Cela m'aide à comprendre beaucoup de choses.

Après la troisième bifurcation figurait un grand tableau au cadre métallique rongé par les années. Le personnage peint dessus était une femme casquée, entourée de divers explosifs. « Maman Missile » portait bien son nom. Même si le « Maman » possédait peut-être un côté un petit peu trop mignon pour une fanatique des bombes. Rini nota sa posture, légèrement inclinée et les jambes serrée, le visage tourné vers un missile auprès de quoi elle semblait éprouver une... forme d'affection ?
Si c'est elle la grande patronne, alors l'état des bâtiments de la région n'est plus un mystère.
Très clairement, une adepte du : "tout faire sauter."
Un aboiement soudain interrompit son analyse picturale. Plus loin, un mur s'ouvrit à la verticale sur un chien trapu et abominable. Une bête que l'on jurerait croisé avec un mille-pattes ! Rini, qui n'avait rien contre les animaux, eut pourtant du mal à réprimer son malaise face à cette créature mutilée.

- Tu es en train de me dire que les scientifiques de cet endroit sont capables de produire ce genre d'horreur ?

Le monstre chargea sur ses quatre pattes, les autres étant trop courtes pour lui servir à autre chose que filer la gerbe à son entourage. Rini réagit par instinct, se dressant entre Marischka et l'animal baveux. Son poing droit recula en même temps qu'il produisait une intense chaleur. Des volutes de vapeur rouge se dégagèrent du gant renforcé. Ce dernier repartit brutalement dans l'autre sens avec un parfait timing. Il percuta la gueule du cabot, l'interceptant au point culminant de son bond. L'impact flamboyant projeta le chien à l'autre bout du couloir. Il y rebondit deux fois avant de se redresser précipitamment sur ses pattes et de couiner de douleur. Du côté gauche de ses mâchoires, le cuir continuait à brûler. Cette lente morsure du chaud énerva davantage l'animal qui, en émettant un grognement sourd, se hâta de réitérer son assaut.
Il n'avait pas choisi de fuir, non.
Peut-être parce qu'un autre molosse du même acabit venait de faire irruption dans le couloir ?
C'était du deux contre deux !

Re: Frictions temporelles [PV Marishka Auschwitz]

Posté : 01 févr. 2026 10:09
par Marishka Auschwitz
« Ah ah ! Le preux chevalier est venu s’interposer pour protéger sa « princesse ». »

Des mots chuchotés à l’oreille de Rini après que cette dernière est renvoyée la chimère de l’autre côté du couloir. De l’ironie avec une sorte d’intonation pseudo-sexuelle. Mais peut-être que celle d’un autre monde savait mieux lire les intentions de la survivante maintenant. Et que derrière cette énième provocation se cachait autre chose. Comme le fait que ça l’emmerdait qu’elle avait été prise de vitesse. Pire encore : protégée…

Après avoir fait un pas pour se mettre au même niveau que Rini (qu’est-ce qu’elle détestait qu’on la fasse se sentir inférieure…faible…) : elle sauta sur place. Quelques bonds. Elle se chauffait pour l’affrontement à venir.

« Je me demande si tu vas encore avoir la chance insolente de survivre à ce bordel. »

Il y eut un sourire en coin. Et peut-être même que derrière cette façade éternellement provocatrice, il y avait un début de respect qui s’installait. Parce que Marischka devait bien admettre l’efficacité de ce coup de poing surchauffé. Et puis elle rua après avoir mimé un baiser dans l’air !

« Allez, viens par là, l’clébard ! J’vais être miséricordieuse et te faire crever ! »

*Putain, il est passé tout seul ce mot d’intello : ah ah !*

Marischka chuta soudain ?! Non, elle se laissa glisser sur le sol pour passer au-dessous de la chimère. Elle tiqua, s’énervant toute seule de ne pas avoir pensé à lui infliger un coup sur son « bidou ». Mais elle se relevait déjà alors que son adversaire se retournait en ouvrant sa terrible triple mâchoire. Ou un truc du genre. Marischka n’était pas anatomiste.

Son poing fusa entre les deux langues qui jaillirent, balançant des salves de bave qui l’obligèrent à fermer un œil.

*Je suis à moitié aveugle ! Foutre-catin !! *

Mais son poing continua sur sa trajectoire. Deux lianes végétales sortaient déjà de son poignet et s’entortillaient l’une avec l’autre. Le clébard refermait sa gueule, anticipant déjà le goût de cette viande à digérer. Que nenni ! Les lianes agressives se recouvrèrent d’un métal liquide qui durcit pour devenir une défense d’attaque. Parce qu’il s’en brisa des dents !

*Un peu plus, il me brisait des os !... Je vais avoir de sacrés bleus après ça… *

Les petites pattes de « T-rex » au niveau de son poitrail lacérèrent le torse de Marischka qui se vit commencer à pisser le sang. Mais c’était déjà terminé. Pas pour elle : pour la chimère. Ses lianes végétales devenues aussi aiguisés que des néo-katanas japonais venaient de faire un Hiroshima dans les entrailles canines.