Leslie courait, seule. Du feuillage et des branches souples lui fouettaient le visage quand elle traversait sans ralentir des obstacles végétaux. Elle était essoufflée, son équipement l'encombrant dans cette course effrénée. La forêt était dense et humide, suffocante. Le sol était glissant, obstrué de racines épaisses qui ne facilitaient pas sa progression. La lumière restait ténue, condamnée à ne pas transpercer les hauteurs de la canopée.
La Trinitaire trébucha, roula sur elle même dans le mouvement de sa chute et se redressa aussitôt en braquant son arme dans sa direction de course. Dans le réticule de son aide à la visée, elle ne vit Lara Croft qu'une fraction de seconde avant que celle-ci ne disparaisse derrière un arbre au tronc aussi large qu'une petite maison.
"Salope!"
Leslie grimaça en jurant. Cela faisait cinq jours que son équipe traquait la célèbre archéologue sur ordre de La Baronne. Cinq jours de galère durant lesquels Croft s'était débarrassée des autres Trinitaires en utilisant son ingéniosité et les ressources de cette forêt primaire. Croft et les Trinitaires se disputaient l'acquisition de l'Oeil du Tigre, un talisman perdu d'une antique tribu oubliée et susceptible d'indiquer l'emplacement d'un point d'accès à l'Atlantide. Lara avait été la première à mettre la main dessus et ordre avait été donné de la capturer au mieux, et de l'abattre au pire. A ce stade désastreux de la traque, la deuxième option était celle qui convenait le mieux à Leslie. Elle n'en était pas à sa première tentative de mettre la main sur l'aventurière britannique et à chaque fois, celle ci lui filait entre les doigts. Rageant mais surtout, la Baronne n'appréciait pas les échecs...
Leslie reprit sa course et profita d'une erreur de Croft pour regagner du terrain. La Trinitaire avait le cœur qui battait à tout rompre, le sel de sa transpiration lui brûlait les yeux et elle peinait à retrouver son souffle. Mais elle avançait et Lara s'en rendait bien compte.
En face à face, la britannique n'aurait pas fait le poids face à Leslie, tueuse accomplie. Et c'est bien pour cela que cette course s'éternisait, plus favorable à la légendaire aventurière. Le layon qu'elles suivaient les mena à l'entrée d'une grotte que Lara franchit pour s'enfoncer dans l'obscurité. Ce faisant et sans s'en rendre compte, elle actionna un piège antique, mystique, déposé là il y a bien longtemps par des personnes soucieuses de protéger cet accès. Le temps avait passé et le piège s'était surement un peu aussi "périmé". Par malchance pour Leslie, il ne fonctionna que sur son passage à elle.
"Que ...?"
Un miroitement aux tons mauves et violets chatoya devant elle alors qu'elle pénétrait elle aussi la grotte. Elle n'eut pas le temps de s'en extraire qu'elle se sentit aspirée dans une spirale à une vitesse folle. La sensation de chute fut brève mais elle mit quelques secondes, yeux fermés, à récupérer d'un tournis nauséeux.
Quand elle ouvrit les yeux, ce fut pour découvrir un environnement différent.
"C'est quoi ce bordel ?"
Elle n'était plus dans la grotte, ni dans la forêt dense d'ailleurs, mais dans une savane aux hautes herbes et aux arbres rares. Le terrain n'était pas totalement plat mais ne proposait aucun vrai refuge pour se cacher et faire le point. Le soleil tapait fort et Leslie décida de ne pas boire tout de suite à sa gourde avant de comprendre où elle était vraiment... Vigilante et aux aguets, elle se déplaça pour grimper sur un petit monticule, ce qui lui permettrait de peut être voir au loin ...
- Le manoir Croft
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Vous pouvez me contacter sur le compte d' Ombre si ce personnage vous intéresse!!- Le Lys
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- Demande de RP
Khiara et Ajhira avançaient dans la savane, le soleil écrasant l’herbe jaune comme une main brûlante posée sur la terre. La chaleur faisait vibrer l’air, portant avec elle l’odeur sèche de la terre cuite, de la sueur qui perlait sur leur corps nu. Les deux amazones étaient entièrement en tenue d'Eve, leurs corps en forme hybride, mi-humaine mi-furry, offerts sans la moindre gêne à la lumière crue du jour. Seuls quelques ornements tribaux ornaient leur peau : Khiara portait un collier de perles noires qui dansait entre ses petits seins fermes, des brassards de cuir sombre aux bandes rouges et blanches autour des bras et de sa cuisse. Sa queue touffue battait lentement l’air derrière elle comme un pendule vivant au rythme de son souffle calme, tandis que ses nattes blondes collaient contre son cou délicat. Sa lance « Murmure-du-Vent », longue et noire, reposait négligemment sur son épaule, la pointe mate absorbant la lumière comme un puits sans fond.
À ses côtés, Ajhira suivait d’une démarche souple, sa fourrure cuivrée luisant de reflets sanglants sous les rayons impitoyables, sa queue fouettant l’air avec une impatience contenue. Elle aussi était nue, son corps légèrement plus athlétique exposé sans pudeur : un collier de crocs et de perles rouges, cadeau de Khiara, pendait entre ses seins plus généreux, ses hanches étaient un peu plus étroites. Ses yeux marrons scrutaient l’horizon comme deux lames affûtées guettant le moindre mouvement, et son museau fin se plissait parfois en un sourire carnassier qui dévoilait la pointe de ses crocs.
Elles chassaient depuis l’aube, pas pour la faim, mais pour le rituel. Une jeune hybride du clan, à peine sortie de l’adolescence, avait demandé à participer à sa première traque sacrée. Khiara avait accepté, mais avec une condition : elle et Ajhira devaient d’abord ramener une proie « digne », quelque chose de rapide, de farouche, de beau dans sa lutte, une créature dont le corps et l’esprit résisteraient assez longtemps pour mériter d’être offerts au rite de la meute. Elles avaient déjà croisé deux gazelles, mais elles les avaient laissées filer, trop faciles, trop ordinaires, pas assez vivantes pour faire chanter le sang et trembler les chairs comme le voulait la tradition. Aujourd’hui, elles cherchaient autre chose. Quelque chose qui ferait vibrer les queues et les griffes, qui laisserait des marques dans la mémoire collective du clan, une proie dont le plaisir partagé deviendrait légende autour des feux.
Ce fut Ajhira qui la repéra la première. Un mouvement trop raide, trop bruyant au milieu des herbes hautes. Un froissement de tissu synthétique, un cliquetis métallique, une respiration saccadée qui n’appartenait à aucun animal du désert. La renarde rousse s’immobilisa net, oreilles dressées, queue figée en point d’interrogation. Khiara sentit le changement d’humeur de sa seconde avant même de tourner la tête. Elle posa un doigt sur ses lèvres, fit signe de se baisser. Les deux amazones s’aplatirent dans les herbes, leurs corps nus et menus disparaissant presque entièrement sous les tiges dorées qui ondulaient au gré du vent chaud.
À une trentaine de mètres, une humaine émergea de nulle part. Elle grimpait un petit monticule, dos rond, regard balayant le paysage avec une méfiance instinctive. Khiara plissa les yeux ambrés. Une humaine. Ici. Dans les terres du Sable-Rouge, là où même les marchands les plus fous n’osaient plus s’aventurer depuis des générations. La dernière fois qu’une humaine avait foulé ce sol remontait à plusieurs cycles : une exploratrice égarée qui avait fini par être ramenée au camp, offerte au rituel de la meute, puis relâchée vivante, changée, marquée dans sa chair et dans son esprit par des nuits de plaisir partagé, mais vivante. Les anciennes racontaient encore l’histoire autour des feux : comment elle avait d’abord résisté, puis supplié, puis pleuré de plaisir, avant de repartir avec le regard vide et le corps tremblant de souvenirs qu’elle ne pourrait jamais effacer.
Celle-ci… celle-ci n’avait pas l’air d’une voleuse. Elle avait l’air perdue. Furieuse. Et surtout, vivante d’une façon qui fit frissonner la queue de Khiara. Ajhira se rapprocha en rampant, museau collé à l’oreille de sa cheffe. Sa voix n’était qu’un souffle rauque, chargé d’excitation mauvaise. « Une humaine, Khiara. Armée. On la prend vivante ? »
Khiara ne répondit pas tout de suite. Elle observait la femme escalader le monticule, s’arrêter au sommet, tourner lentement sur elle-même. Elle ne savait pas encore qu’elle était déjà encerclée par deux paires d’yeux de prédateurs tapis dans les herbes. « Vivante, oui, » murmura enfin Khiara, sa voix douce comme une brise avant la tempête. « Mais pas tout de suite. On la laisse courir encore un peu. On voit ce qu’elle a dans le ventre. »
Ajhira émit un petit rire silencieux, un grondement bas qui fit vibrer sa gorge. « Tu veux jouer avec elle ? » Khiara sourit, dévoilant la pointe de ses canines. « Je veux savoir si elle est digne du rituel. Si elle sait résister… ou si elle préfère se rendre tout de suite et nous montrer ce qu’elle a d’autre à offrir que son arme. Le rituel attendra qu’elle soit prête à le recevoir. »
À ses côtés, Ajhira suivait d’une démarche souple, sa fourrure cuivrée luisant de reflets sanglants sous les rayons impitoyables, sa queue fouettant l’air avec une impatience contenue. Elle aussi était nue, son corps légèrement plus athlétique exposé sans pudeur : un collier de crocs et de perles rouges, cadeau de Khiara, pendait entre ses seins plus généreux, ses hanches étaient un peu plus étroites. Ses yeux marrons scrutaient l’horizon comme deux lames affûtées guettant le moindre mouvement, et son museau fin se plissait parfois en un sourire carnassier qui dévoilait la pointe de ses crocs.
Elles chassaient depuis l’aube, pas pour la faim, mais pour le rituel. Une jeune hybride du clan, à peine sortie de l’adolescence, avait demandé à participer à sa première traque sacrée. Khiara avait accepté, mais avec une condition : elle et Ajhira devaient d’abord ramener une proie « digne », quelque chose de rapide, de farouche, de beau dans sa lutte, une créature dont le corps et l’esprit résisteraient assez longtemps pour mériter d’être offerts au rite de la meute. Elles avaient déjà croisé deux gazelles, mais elles les avaient laissées filer, trop faciles, trop ordinaires, pas assez vivantes pour faire chanter le sang et trembler les chairs comme le voulait la tradition. Aujourd’hui, elles cherchaient autre chose. Quelque chose qui ferait vibrer les queues et les griffes, qui laisserait des marques dans la mémoire collective du clan, une proie dont le plaisir partagé deviendrait légende autour des feux.
Ce fut Ajhira qui la repéra la première. Un mouvement trop raide, trop bruyant au milieu des herbes hautes. Un froissement de tissu synthétique, un cliquetis métallique, une respiration saccadée qui n’appartenait à aucun animal du désert. La renarde rousse s’immobilisa net, oreilles dressées, queue figée en point d’interrogation. Khiara sentit le changement d’humeur de sa seconde avant même de tourner la tête. Elle posa un doigt sur ses lèvres, fit signe de se baisser. Les deux amazones s’aplatirent dans les herbes, leurs corps nus et menus disparaissant presque entièrement sous les tiges dorées qui ondulaient au gré du vent chaud.
À une trentaine de mètres, une humaine émergea de nulle part. Elle grimpait un petit monticule, dos rond, regard balayant le paysage avec une méfiance instinctive. Khiara plissa les yeux ambrés. Une humaine. Ici. Dans les terres du Sable-Rouge, là où même les marchands les plus fous n’osaient plus s’aventurer depuis des générations. La dernière fois qu’une humaine avait foulé ce sol remontait à plusieurs cycles : une exploratrice égarée qui avait fini par être ramenée au camp, offerte au rituel de la meute, puis relâchée vivante, changée, marquée dans sa chair et dans son esprit par des nuits de plaisir partagé, mais vivante. Les anciennes racontaient encore l’histoire autour des feux : comment elle avait d’abord résisté, puis supplié, puis pleuré de plaisir, avant de repartir avec le regard vide et le corps tremblant de souvenirs qu’elle ne pourrait jamais effacer.
Celle-ci… celle-ci n’avait pas l’air d’une voleuse. Elle avait l’air perdue. Furieuse. Et surtout, vivante d’une façon qui fit frissonner la queue de Khiara. Ajhira se rapprocha en rampant, museau collé à l’oreille de sa cheffe. Sa voix n’était qu’un souffle rauque, chargé d’excitation mauvaise. « Une humaine, Khiara. Armée. On la prend vivante ? »
Khiara ne répondit pas tout de suite. Elle observait la femme escalader le monticule, s’arrêter au sommet, tourner lentement sur elle-même. Elle ne savait pas encore qu’elle était déjà encerclée par deux paires d’yeux de prédateurs tapis dans les herbes. « Vivante, oui, » murmura enfin Khiara, sa voix douce comme une brise avant la tempête. « Mais pas tout de suite. On la laisse courir encore un peu. On voit ce qu’elle a dans le ventre. »
Ajhira émit un petit rire silencieux, un grondement bas qui fit vibrer sa gorge. « Tu veux jouer avec elle ? » Khiara sourit, dévoilant la pointe de ses canines. « Je veux savoir si elle est digne du rituel. Si elle sait résister… ou si elle préfère se rendre tout de suite et nous montrer ce qu’elle a d’autre à offrir que son arme. Le rituel attendra qu’elle soit prête à le recevoir. »
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Depuis qu'elle était au service des Trinitaires, Leslie avait vu quantité de choses qui n'auraient pas dû exister. Le Mystique et l’Ésotérique n'était pas des idées, des racontars, des utopies. Des endroits, des gens, des objets improbables existaient bel et bien, dissimulé aux yeux de l'immense majorité de l'humanité. Mais les Trinitaires avaient suffisamment exploré l'inconnu pour savoir que rien n'était impossible et que la Terre et son plan n'était qu'une toute petite pièce d'un immense terrain de jeu. Aussi, bien que perdue et un peu désorientée, Leslie se reprit. Elle venait de passer un genre de porte donc si cela fonctionnait dans un sens, il devait y avoir un retour possible, quelle qu'en soit la manière.
Elle sut qu'elle n'était pas en Afrique quand un petit singe curieux, ou un truc dans le genre, s'approcha d'elle tout en conservant une distance respectable. La créature avait six pattes et une couleur ... bizarre, rien de terrestre en tout cas.
"Ok, je suis dans la merde ..."
Pourtant, la savane ressemblait bien à un paysage du Kenya ou de la Tanzanie. Non, elle n'était même plus sur Terre. Elle vérifia ses appareils qui évidemment ne disposaient d'aucun réseau.
" ... vraiment dans la merde ..."
Que faire et ou aller? Attendre la nuit pour déterminer le Nord ou le Sud? Pfff, ici, rien n'était moins sûr que sa position exacte. Mais au moins elle pourrait faire un comparatif avec les constellations visibles.
Mais avant ça, et c'était la priorité, il fallait trouver un endroit sûr pour s'abriter, en hauteur de préférence. Leslie regarda au loin et crut deviner une sorte de bosquet. Un bosquet signifiait un abri éventuel mais aussi un endroit surement prisé. Méfiance. Elle vérifia son arme. Le silencieux fit son office. Elle quitta le monticule en laissant le cadavre de la petite bête derrière elle.
Leslie marcha droit sur le bosquet. Elle n'avait aucun moyen de s'approcher discrètement, progressant dans des une plaine d'herbes hautes. Seul point positif, le vent soufflait face à elle. La tueuse ne vit pas grand chose de vivant. Il faisait horriblement chaud et les animaux devaient se cacher en attendant eux aussi la nuit.
Fréquemment, Leslie s'arrêtait et sondait les alentours, son regard suivant le mouvement du canon de son arme braquée.
Il lui fallut une heure pour atteindre l'orée du bosquet qui effectivement abritait quelques arbres épais mais surtout un fouillis d'arbustes bas aux coupoles végétales permettant de se glisser dessous.
"Putain!!!!!!!"
Elle tira avant d'identifier ce qui lui sautait dessus. Le réflexe était bon. La rafale faucha le gros fauve brun, le tuant sur le coup, et il s'écrasa lourdement à l'endroit ou se tenait Leslie une seconde plus tôt. Elle ne l'avait pas vu venir. Des grognements s’élevèrent alentours, des bêtes apparurent, révélant leur stature puissante. Immobiles, on ne les voyaient pas. Actives, elles étaient impressionnantes. Ça aurait pu être des lions mais leurs canines rappelaient les tigres à dents de sabre de l'histoire ancienne de la Terre. Et eux aussi avaient six pattes. Ils étaient gros et tournaient autour de Leslie, peut être surpris par la mort d'un des leurs. Donc, intelligents dans une certaine mesure et analysant la menace. Leslie s'adossa à un arbre frêle incapable de la protéger ni de lui assurer l'assurance de sa hauteur.
Volontairement, elle ôta son silencieux de son arme et abattit le prédateur le plus proche. Elle obtint l'effet voulu, les détonations claquant comme un fouet de mort. Les choses s'éloignèrent mais ... pas assez longtemps ni assez loin. Leur attaque fut collective et coordonnée. Leslie fut impitoyable, efficace, mortelle et aussi sauvage que ses adversaires. Quand ses munitions furent épuisées, elle dégaina son couteau, une lame impressionnante et se mit en garde. Elle esquiva la charge d'une Bête, virevolta, l'égorgea au passage, roula pour se dégager, en éborgna une autre et ... trébucha, ce qui lui sauva la vie. Une énorme patte griffue la frôla, ne lui labourant que l'épaule. Leslie ne cria pas, elle n'en avait pas le temps. Elle fonça droit devant elle, survolant les obstacles, le souffle court et de la sueur pleins les yeux. Elle avait repéré ce putain de gros arbre là bas et filait droit dessus. Elle bondit à son approche, sentant un souffle bestial dans son dos. Elle s'accrocha à une branche, s'éleva, se rétablit dessus et bondit plus haut, et encore, et encore.
"Putain de bordel!!!!"
Elle n'était plus dans la merde, elle se noyait dedans.
Les Bêtes ne semblaient pas capables de monter, curieux ... Leslie souffla enfin et c'est à cet instant qu'elle ressentit la brulure de la griffure. Elle farfouilla dans son kit de survie et se planta une seringue dans le bras pour s'injecter une dose miracle d’antiseptique.
Elle sut qu'elle n'était pas en Afrique quand un petit singe curieux, ou un truc dans le genre, s'approcha d'elle tout en conservant une distance respectable. La créature avait six pattes et une couleur ... bizarre, rien de terrestre en tout cas.
"Ok, je suis dans la merde ..."
Pourtant, la savane ressemblait bien à un paysage du Kenya ou de la Tanzanie. Non, elle n'était même plus sur Terre. Elle vérifia ses appareils qui évidemment ne disposaient d'aucun réseau.
" ... vraiment dans la merde ..."
Que faire et ou aller? Attendre la nuit pour déterminer le Nord ou le Sud? Pfff, ici, rien n'était moins sûr que sa position exacte. Mais au moins elle pourrait faire un comparatif avec les constellations visibles.
Mais avant ça, et c'était la priorité, il fallait trouver un endroit sûr pour s'abriter, en hauteur de préférence. Leslie regarda au loin et crut deviner une sorte de bosquet. Un bosquet signifiait un abri éventuel mais aussi un endroit surement prisé. Méfiance. Elle vérifia son arme. Le silencieux fit son office. Elle quitta le monticule en laissant le cadavre de la petite bête derrière elle.
Leslie marcha droit sur le bosquet. Elle n'avait aucun moyen de s'approcher discrètement, progressant dans des une plaine d'herbes hautes. Seul point positif, le vent soufflait face à elle. La tueuse ne vit pas grand chose de vivant. Il faisait horriblement chaud et les animaux devaient se cacher en attendant eux aussi la nuit.
Fréquemment, Leslie s'arrêtait et sondait les alentours, son regard suivant le mouvement du canon de son arme braquée.
Il lui fallut une heure pour atteindre l'orée du bosquet qui effectivement abritait quelques arbres épais mais surtout un fouillis d'arbustes bas aux coupoles végétales permettant de se glisser dessous.
"Putain!!!!!!!"
Elle tira avant d'identifier ce qui lui sautait dessus. Le réflexe était bon. La rafale faucha le gros fauve brun, le tuant sur le coup, et il s'écrasa lourdement à l'endroit ou se tenait Leslie une seconde plus tôt. Elle ne l'avait pas vu venir. Des grognements s’élevèrent alentours, des bêtes apparurent, révélant leur stature puissante. Immobiles, on ne les voyaient pas. Actives, elles étaient impressionnantes. Ça aurait pu être des lions mais leurs canines rappelaient les tigres à dents de sabre de l'histoire ancienne de la Terre. Et eux aussi avaient six pattes. Ils étaient gros et tournaient autour de Leslie, peut être surpris par la mort d'un des leurs. Donc, intelligents dans une certaine mesure et analysant la menace. Leslie s'adossa à un arbre frêle incapable de la protéger ni de lui assurer l'assurance de sa hauteur.
Volontairement, elle ôta son silencieux de son arme et abattit le prédateur le plus proche. Elle obtint l'effet voulu, les détonations claquant comme un fouet de mort. Les choses s'éloignèrent mais ... pas assez longtemps ni assez loin. Leur attaque fut collective et coordonnée. Leslie fut impitoyable, efficace, mortelle et aussi sauvage que ses adversaires. Quand ses munitions furent épuisées, elle dégaina son couteau, une lame impressionnante et se mit en garde. Elle esquiva la charge d'une Bête, virevolta, l'égorgea au passage, roula pour se dégager, en éborgna une autre et ... trébucha, ce qui lui sauva la vie. Une énorme patte griffue la frôla, ne lui labourant que l'épaule. Leslie ne cria pas, elle n'en avait pas le temps. Elle fonça droit devant elle, survolant les obstacles, le souffle court et de la sueur pleins les yeux. Elle avait repéré ce putain de gros arbre là bas et filait droit dessus. Elle bondit à son approche, sentant un souffle bestial dans son dos. Elle s'accrocha à une branche, s'éleva, se rétablit dessus et bondit plus haut, et encore, et encore.
"Putain de bordel!!!!"
Elle n'était plus dans la merde, elle se noyait dedans.
Les Bêtes ne semblaient pas capables de monter, curieux ... Leslie souffla enfin et c'est à cet instant qu'elle ressentit la brulure de la griffure. Elle farfouilla dans son kit de survie et se planta une seringue dans le bras pour s'injecter une dose miracle d’antiseptique.
Vous pouvez me contacter sur le compte d' Ombre si ce personnage vous intéresse!!

